2 décembre 2015

Etat de droit, pas état d'urgence !

 Voici la conclusion d'un article de Vincent Bénard, analyste à l'Institut Turgot (Paris), conseiller national du Parti Libéral Démocrate, article intitulé  "Nous avons besoin d’État de droit, pas d’état d’urgence"que vous pouvez lire sur son blog dans son intégralité.

Pourquoi nous battons-nous ? Retrouver tout l’État de droit pour vaincre le terrorisme

À ce stade, une bonne partie de mes lecteurs, celle qui soutient à 84% les décisions sécuritaires gouvernementales, pense que je suis au mieux un bisounours, au pire un idiot utile de l’islamisme radical. Je pourrais répondre sur un plan simplement utilitariste : nous allons vers une troisième loi antiterroriste en 3 ans, pouvez-vous affirmer que les deux précédentes ont été efficaces ? Non ? Donc vous en voulez davantage ?
Mais élevons le débat. Pourquoi nous battons-nous ? Quelle est l’idée de la France que nous voulons préserver en luttant contre le terrorisme ? Notre territoire ne doit-il n’être qu’un havre de tranquillité où nous pouvons nous estimer heureux de (bien) manger, boire et baiser tranquilles après un bon match de football ou un concert de rock, sous le regard intrusif mais nécessairement bienveillant de l’État-nounou qui veut notre bien, voire même tout notre bien, pourvu que nous restions silencieux à ses dérives ?
Ou bien pensons-nous au contraire que les valeurs républicaines dont certains nous rebattent les oreilles tout en les foulant aux pieds, comportent la liberté, et l’État de droit ? Le droit à un procès équitable, la présomption d’innocence, font ils partie de nos valeurs communes ?
Certains pensent-ils au contraire que les droits de l’homme sont devenus une option trop coûteuse pour que nous nous en embarrassions ?
Rappelons-nous ce que fut la triste fin de l’empire Romain. Celui-ci, tant qu’il fut fondé sur une certaine idée de la justice, symbolisée par les tables de la loi du IVe siècle avant JC, permettant à tout un chacun de prospérer, de s’enrichir même, et de bénéficier de tribunaux impartiaux et appliquant un droit unique pour tous, trouva toujours au sein de la population des gens désireux de le défendre. Cela lui permit de se relever de guerres terribles, comme les guerres puniques contre l’envahisseur carthaginois. Mais lorsque cet empire devint… impérial, autoritaire, injuste et spoliateur, alors les populations cessèrent de le défendre et laissèrent les barbares du nord de l’Europe l’envahir et le détruire.
Croyons-nous sérieusement que nos enfants auront éternellement envie de se battre pour un pays qui étouffera leurs droits élémentaires ? Nous battrons-nous uniquement pour la possibilité de prendre tranquillement une bière en terrasse ?
La France et son gouvernement doivent se ressaisir. Les libertés individuelles ne sont pas une survivance du passé. Elles sont le cœur du “pacte républicain”, pour ce que vaut cette expression.
L’état d’urgence ne doit pas être utilisé comme un substitut à la réforme de l’action régalienne quotidienne de l’État. L’État doit non pas « effacer » l’état de droit mais le renforcer, à la fois par souci d’efficacité, pour assécher l’un des viviers du terrorisme, et par souci de garantir la légitimité de son action envers les malfaisants dans le temps.
Si la justice n’est plus efficace, il faut lui donner les moyens de le redevenir, et non tenter de s’en affranchir. Car même si l’actuel gouvernement ne souhaitait pas abuser des pouvoirs qu’il se donne (et cela reste à prouver), rien ne dit que ces pouvoirs exceptionnels, dans d’autres mains, ne produiront pas des situations épouvantables.
Nous nous grandirions, et honorerions la mémoire des 130 morts et 300 blessés du 13 novembre, en mettant un point d’honneur à inscrire la lutte contre le terrorisme dans un État de droit sans concession.

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Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy