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28 mai 2020

Le temple... de la finance


Cette expression, '' Temple de la finance '' est utilisée couramment pour désigner de grandes institutions financières, comme Wall Street à New-York,  la City de Londres, ou la Bourse de Paris. Il s'agit d'institutions qui détiennent et brassent quotidiennement des masses monétaires gigantesques. ''Wall Street est plus qu'une rue. C'est le centre de la finance mondiale et le temple du capitalisme.''(1) L'emploi du mot temple ajoute une connotation religieuse à la finance. D'ailleurs, on notera que les temples antiques assuraient déjà un rôle monétaire  à ce qui était leur fonction première, c'est à dire la relation avec les divinités. En associant temple et finance, on divinise l'argent, devenu un dieu, le dieu que Jésus a désigné sous le nom de Mamon. A cet égard le temple de Jérusalem, à l'époque de Jésus, s'était  transformé en une entreprise de captation des flux monétaires.

31 mars 2020

Joseph, bienfaiteur de l'Égypte, vraiment ?

© Droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur 


Le triomphe de Joseph, Cathédrale de Toulouse
Qui ne connaît l’histoire de Joseph ? On retient le récit d’un homme, fils du patriarche Jacob, vendu par ses frères jaloux et conduit en Égypte. Après pas mal de péripéties, il devient gouverneur du pays, le second après le Pharaon. On retient surtout que sa gestion avisée a permis au pays d’entasser des réserves considérables de grains, pendant les années d’abondance. Stocks ayant permis de nourrir les habitants pendant les années de  famine qui ont suivi. Quant à l’authenticité de cette histoire, les exégètes et historiens la mettent en doute. Nous examinerons leurs arguments. Mais au-delà de cette question, une analyse plus poussée de ce récit va nous présenter un aspect méconnu de Joseph et d’ailleurs soigneusement évité par les commentateurs. On notera en effet que les commentaires émanant, tant des milieux religieux juifs que chrétiens, sont toujours admiratifs devant un homme qui a ‘’ sauvé ‘’ les Égyptiens  de la famine.

8 février 2020

Plaidoyer pour un livre et son auteur

Plaidoyer pour un livre et son auteur, par Marc
©Tous droits réservés. Reproduction interdite sans accord de l'auteur et de l'administrateur


Rarement un livre n'aura suscité un tel déferlement de haine, de colère et de fureur envers son auteur que l'ouvrage de Roger Garaudy '' Les mythes fondateurs de la politique israélienne'' (1). L'ensemble des médias et la classe politique française se sont unis pour lyncher et brûler sur la place publique cet écrit, et marquer son auteur du sceau de l'infamie, pour le restant de sa vie et même après sa mort. Les rares, très rares soutiens, comme l'abbé Pierre, ont été aussitôt vilipendés et jetés aux chiens ( pour reprendre la phrase célèbre du Président Mitterrand après le suicide de Pierre Beregovoy).



27 décembre 2019

Les différents noms de la divinité dans la Bible hébraïque


Dans la Bible hébraïque, la divinité est présentée sous différents noms ou expressions, comme Yahweh, Yahweh Elohim, Elohim, El Elyon.. traduits par ''Eternel'', ''Eternel Dieu'', ''Dieu'', ''Dieu-Très-Haut''.
Dans le Nouveau Testament, la divinité est nommée par Jésus, ''Père'', ''Père céleste'', ou Dieu tout simplement.  Il va sans dire que les exégètes et les chercheurs, tels des archéologues, ont décapé les textes de la Bible hébraïque, et, plus spécialement, les écrits du Pentateuque,[ formant les cinq premiers livres de la Bible] pour chercher le moindre indice de l'origine de ces noms. C’est un travail considérable, qu'il serait impossible de résumer en quelques lignes. Notre intention est d'apporter la démonstration, à travers les matériaux bibliques eux-mêmes, de l' évolution de la conception de dieu par les compilateurs de la Bible hébraïque. Oserions nous dire de l'invention de dieu, comme l'affirme le titre d'un ouvrage récent?(1)

27 septembre 2019

Jean Calvin, un précurseur des Talibans ?

© Roger Garaudy A contre-nuit. Reproduction autorisée avec mention de l'auteur et lien

https://www.museeprotestant.org/notice/loeuvre-de-jean-calvin/

Jean Calvin(1509-1564) est connu  comme théologien auteur d'innombrables commentaires des textes bibliques(1) mais surtout par son œuvre maîtresse l'Institution de la religion chrétienne (1536). On reconnaît au personnage une capacité de travail phénoménale, une intelligence hors du commun, et des talents d'organisateur sans pareil. Sans doute, après la période de bouillonnement intellectuel qui suivit la Réforme, initiée par Martin Luther, était-il nécessaire, sinon indispensable, de stabiliser les initiatives multiples  et de fixer un cadre et une organisation à l'église naissante. Ce fut la grande œuvre de Calvin. Malheureusement, selon l' adage '' le Pouvoir rend fou'',  Calvin, une fois installé solidement dans la ville de Genève, va instituer une véritable dictature sur les habitants de la cité.

15 juillet 2019

Le ''peuple élu'', une mystification ?

© Droits réservés. 
par Marc


L'idée d'un '' peuple élu'', choisi par Dieu, trouve son origine dans un texte de la Bible hébraïque(1) :

Car tu es un peuple saint, pour Yahweh, ton Elohim(2) ; Yahweh, ton Elohim, t'a choisi, pour que tu fusses son peuple qui lui appartînt entre tous les peuples qui sont sur la terre.
Deutéronome 7:6



Nous n'allons pas engager une discussion théologique ou philosophique sur ce sujet. Le débat serait stérile et resterait cantonné à des généralités.Les théologiens nous expliqueront que la divinité, être transcendant et tout puissant, est libre de faire ce qu'elle veut, sans  rendre compte à quiconque de ses actes et décisions. Yahweh ne déclare-t-il pas, par la bouche du prophète Malachie :

 Je vous ai aimés, dit Yahweh. Et vous dites : En quoi nous a-tu aimés ? Esaü n'est-il pas frère de Jacob ? dit Yahweh. Cependant j'ai aimé Jacob, et j'ai eu de la haine pour Esaü.
Malachie 1:1-3

Et pourtant, nous connaissons la fourberie de Jacob, qui n'a pas hésité, sur les conseils de sa mère, à user d'une  tromperie infâme envers son père malvoyant. Mais, encore une fois, selon les  théologiens, le dieu Yahweh  n'a pas à justifier de ses choix, même s'ils nous apparaissent choquants.

Ce qu'il nous faut analyser en premier lieu, ce sont les conséquences de cette ''élection'' des descendants d'Abraham. Ensuite, nous apporterons la démonstration que cette notion de '' peuple élu'' est une mystification.

23 février 2018

Jésus, fils de David, vraiment ?

Marc, contributeur du blog, et auteur du livre "Du fondamentalisme biblique à la lumière de l'Evangile", livre très documenté, très argumenté, et d'une lecture agréable et presque haletante, jette ici un regard critique sur la prétendue filiation davidique de Jésus...[A.R.]



©Droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation 

La lecture des évangiles semble attester que Jésus est de la lignée du roi David. En effet, de nombreux passages des évangiles rappellent cette filiation. Mais la question est de savoir si Jésus lui même a revendiqué cette filiation davidique. C'est l'objet de cette étude.

Le roi David

Il semble d'abord utile de retracer la vie et les actes de David. Bien évidemment, le récit du combat entre David, jeune berger armé de sa seule fronde, et le guerrier philistin Goliath, est bien connu.  Nous ne l'évoquerons pas. Mais il est d'autres épisodes de la vie de David, plus obscurs et aussi plus sanguinaires, que l'on évite soigneusement de citer, mais qu'il nous faut évoquer.

Les relations ambigües entre les Philistins et le peuple d'Israël

Les Philistins qui occupaient les régions le long de la mer constituaient une menace permanente pour le peuple d'Israël. Il semble qu'il y ait eu régulièrement des conflits, suivis de périodes de cohabitation paisible. A cet égard, le récit de Samson est emblématique. Nous lisons les informations suivantes dans le livre des Juges

14.1 Samson descendit à Thimna, et il y vit une femme parmi les filles des Philistins.
14.2 Lorsqu'il fut remonté, il le déclara à son père et à sa mère, et dit: J'ai vu à Thimna une femme parmi les filles des Philistins; prenez-la maintenant pour ma femme.
14.3 Son père et sa mère lui dirent: N'y a-t-il point de femme parmi les filles de tes frères et dans tout notre peuple, que tu ailles prendre une femme chez les Philistins, qui sont incirconcis? Et Samson dit à son père: Prends-la pour moi, car elle me plaît.
14.7 Il descendit et parla à la femme, et elle lui plut.
14.10 Le père de Samson descendit chez la femme. Et là, Samson fit un festin, car c'était la coutume  des jeunes gens.
14.11 Dès qu'on le vit, on invita trente compagnons qui se tinrent avec lui.
15.1 Quelque temps après, à l'époque de la moisson des blés, Samson alla voir sa femme, et lui porta un chevreau. Il dit: Je veux entrer vers ma femme dans sa chambre.
Juges 14 et 15

Ce récit montre qu'il y avait à ce moment là des relations pacifiées entre Philistins et le peuple d'Israël.


Mais revenons à David. Après sa victoire sur le géant Goliath, il devint un héros national et fut l'objet d'un accueil triomphal à son retour

18.6  Comme ils revenaient, lors du retour de David après qu'il eut tué le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d'Israël au-devant du roi Saül, en chantant et en dansant, au son des tambourins et des triangles, et en poussant des cris de joie.
18.7  Les femmes qui chantaient se répondaient les unes aux autres, et disaient: Saül a frappé ses mille, et David ses dix mille.
18.8  Saül fut très irrité, et cela lui déplut. Il dit: On en donne dix mille à David, et c'est à moi que l'on donne les mille! Il ne lui manque plus que la royauté.
18.9  Et Saül regarda David d'un mauvais oeil, à partir de ce jour et dans la suite.
1 Samuel 18, 6 à 9
La jalousie du roi Saül allait bien vite se transformer en une haine farouche obligeant David  à ''prendre le maquis''.
22.1 David partit de là, et se sauva dans la caverne d'Adullam. Ses frères et toute la maison de son père l'apprirent, et ils descendirent vers lui.
22.2 Tous ceux qui se trouvaient dans la détresse, qui avaient des créanciers, ou qui étaient mécontents, se rassemblèrent auprès de lui, et il devint leur chef. Ainsi se joignirent à lui environ quatre cents hommes.
1 Samuel 22,1 à 2

David, un guerrier sanguinaire
Avec sa troupe de rebelles, on dirait aujourd'hui ''d'insoumis'', David va parcourir le pays, continuellement poursuivi par une troupe d'élite et bien souvent en danger extrème. Finalement il ne lui restera plus d'autre issue que  de se réfugier chez les Philistins.
27.1 David dit en lui-même: je périrai un jour par la main de Saül; il n'y a rien de mieux pour moi que de me réfugier au pays des Philistins, afin que Saül renonce à me chercher encore dans tout le territoire d'Israël; ainsi j'échapperai à sa main.
27.2 Et David se leva, lui et les six cents hommes qui étaient avec lui, et ils passèrent chez Akisch, fils de Maoc, roi de Gath.
27.3 David et ses gens restèrent à Gath auprès d'Akisch; ils avaient chacun leur famille
1 Samuel 27, 1 à 3
Pendant cette période, David va opérer des razzias dans la région du Neguev,
Le temps que David demeura dans le pays des Philistins fut d'un an et quatre mois.
27.8 David et ses gens montaient et faisaient des incursions chez les Gueschuriens, les Guirziens et les Amalécites; car ces nations habitaient dès les temps anciens la contrée, du côté de Schur et jusqu'au pays d'Égypte.
27.9 David ravageait cette contrée; il ne laissait en vie ni homme ni femme, et il enlevait les brebis, les boeufs, les ânes, les chameaux, les vêtements, puis s'en retournait et allait chez Akisch.
27.10 Akisch disait: Où avez-vous fait aujourd'hui vos courses? Et David répondait: Vers le midi de Juda, vers le midi des Jerachmeélites et vers le midi des Kéniens.
27.11 David ne laissait en vie ni homme ni femme, pour les amener à Gath; car, pensait-il, ils pourraient parler contre nous et dire: Ainsi a fait David. Et ce fut là sa manière d'agir tout le temps qu'il demeura dans le pays des Philistins.
27.12 Akisch se fiait à David, et il disait: Il se rend odieux à Israël, son peuple, et il sera mon serviteur à jamais.
1 Samuel 27
David agit avec une rare cruauté, massacrant des tribus bédouines, et raflant le butin. Avec cynisme aussi, puisque, en ne faisant aucun prisonnier, il élimine tout témoin gênant. A son retour d'expédition, il n'hésiste pas à mentir  sans vergogne au roi des Philistins.
Devenu roi après la mort de Saül, David va encore mener de nombreuses guerres.
8.1 Après cela, David battit les Philistins et les humilia, et il enleva de la main des Philistins les rênes de leur capitale.
8.2 Il battit les Moabites, et il les mesura avec un cordeau, en les faisant coucher par terre; il en mesura deux cordeaux pour les livrer à la mort, et un plein cordeau pour leur laisser la vie. Et les Moabites furent assujettis à David, et lui payèrent un tribut.
8.3 David battit Hadadézer, fils de Rehob, roi de Tsoba, lorsqu'il alla rétablir sa domination sur le fleuve de l'Euphrate.
8.4 David lui prit mille sept cents cavaliers et vingt mille hommes de pied; il coupa les jarrets à tous les chevaux de trait, et ne conserva que cent attelages.
8.5 Les Syriens de Damas vinrent au secours d'Hadadézer, roi de Tsoba, et David battit vingt-deux mille Syriens.
2 Samuel 8, 1 à 5

Le roi David représente donc le roi guerrier, victorieux et triomphant de tous ses ennemis. Mais au prix de beaucoup de sang versé. Ce sera la raison pour laquelle ce ne sera pas à lui que reviendra la mission de construire le  temple de Yahweh à Jérusalem.

28.1 David convoqua à Jérusalem tous les chefs d'Israël, les chefs des tribus, les chefs des divisions au service du roi, les chefs de milliers et les chefs de centaines, ceux qui étaient en charge sur tous les biens et les troupeaux du roi et auprès de ses fils, les eunuques, les héros et tous les hommes vaillants.
28.2 Le roi David se leva sur ses pieds, et dit: Écoutez-moi, mes frères et mon peuple! J'avais l'intention de bâtir une maison de repos pour l'arche de l'alliance de l'Éternel et pour le marchepied de notre Dieu, et je me préparais à bâtir.
28.3 Mais Dieu m'a dit: Tu ne bâtiras pas une maison à mon nom, car tu es un homme de guerre et tu as versé du sang. 
 1 Chroniques 28, 1 à 3
Alors, oui, pour le peuple judéen en l'an 30 ap.J.C., le roi David représentait un idéal, celui d'un souverain vainqueur de tous ses ennemis. Le peuple, soumis à l'occupation romaine, aspirait à retrouver un libérateur, qui, tel David, viendrait le libérer du joug romain. On comprend l'enthousiasme de la foule. Beaucoup de gens étaient attirés par ce courant de pensée.
'' Leur envie naturelle était de  voir la destruction de l'ennemi, de venger l'injustice et d'humilier les adversaires. Il n'est pas surprenant que dans une tradition de chefs militaires, et de rois guerriers, les gens préféraient que le messie soit un roi guerrier dans la lignée du roi David, débouchant sur une ère de paix sans fin.''(1)
La foule lors de l'entrée de Jésus à Jérusalem était enthousiaste, comme nous le rapporte l'évangéliste Matthieu ;
21.8 La plupart des gens de la foule étendirent leurs vêtements sur le chemin; d'autres coupèrent des branches d'arbres, et en jonchèrent la route.
21.9 Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna au Fils de David! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Hosanna dans les lieux très hauts!
Matthieu 21, 8 à 9
Et pourtant Jésus ne partage pas cette vision d'un roi guerrier. D'abord, il demande comme monture un ânon, symbole s'il en est de la douceur et de la paix, le contraire d'une monture de guerre comme un cheval.
21.1 Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent arrivés à Bethphagé, vers la montagne des Oliviers, Jésus envoya deux disciples,
21.2 en leur disant: Allez au village qui est devant vous; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée, et un ânon avec elle; détachez-les, et amenez-les-moi.
21.3 Si, quelqu'un vous dit quelque chose, vous répondrez: Le Seigneur en a besoin. Et à l'instant il les laissera aller.
21.4 Or, ceci arriva afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par le prophète:
21.5 Dites à la fille de Sion : Voici, ton roi vient à toi, plein de douceur, et monté sur un âne, Sur un ânon, le petit d'une ânesse.
Matthieu 21, 1 à 5
Comme le rapporte Naïm Stifan Ateek (2) il semble que Jésus lui-même refuse cette filiation davidique, si on en juge par ses propres paroles :
«  Les trois évangiles synoptiques rapportent un débat entre Jésus et les scribes et les pharisiens sur la relation entre le messie et David. Jésus souligne que le messie ne peut pas être le fils de David, parce que David l'appelle '' Seigneur''. « Comment les scribes peuvent-ils dire que le messie est le fils de David ? David lui-même, guidé par le Saint-Esprit, a déclaré : Le Seigneur a dit à mon Seigneur, assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je mette tes ennemis sous tes pieds' »( Mc 12,35-37;Mt 22, 41-46 ; Lc 20, 41-44). Cela ne signifie-t-il pas que Jésus ait remis en question, ou même rejeté, le courant davidique guerrier  de la tradition ? »(3)
Roger Garaudy aussi remet en cause cette filiation. Dans son livre '' Vers une guerre des religions'', il écrit : «  Jésus refuse d'être tenu pour le'' roi des juifs'' .Lorsque Pilate l'interroge : « Es-tu le roi des juifs ? » Jésus lui répond : « C'est toi qui le dis. ». Pilate dit aux grands prêtres et aux foules : « Je ne vois rien qui mérite condamnation en cet homme »(Lc 23, 3-4). Il est donc clair que la réponse de Jésus ne signifie pas qu'il accepte ce  titre, sans quoi Pilate ne l'aurait pas absous : se proclamer ''roi des juifs'' étant un acte de rebellion contre l'Empereur romain, acte passible de mort.
Ce qui est confirmé par la version de Jean( 18,33-38). Lorsque Pilate pose la question : «  Es-tu le roi de juifs ? », Jésus lui répond : « Dis-tu cela de toi même ou d'autres te l'ont dit de moi ? ».Et il précise : « Ma royauté n'est pas de ce monde ». Pilate revient à la charge : « Tu es donc roi ? », Jésus  lui répond : «  C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né et venu dans le monde pour rendre témoignage de la vérité. » »(4)
Roger Garaudy pose la question de la continuité entre l'Ancien et le Nouveau Testament, et il ajoute : '' Jésus est-il l'héritier de David ?''(5)
Jésus n'a jamais voulu de cette puissance, il n'a jamais voulu être un messie de puissance. Et Garaudy de poursuivre : «  Nous avons montré dans ''Avons-nous besoin de Dieu ?'',(6) en rappelant la biographie de David établie dans Samuel I et II, combien il était paradoxal de prétendre trouver en Jésus les ''traits fondamentaux'' de ce condotierre sanglant »
Garaudy relève aussi(6) que « le Catéchisme de 1992 nous dit que «  David fut par excellence le roi selon le cœur de Dieu » et qu'on a pu trouver en Jésus-Christ, Messie d'Israël, ses «  traits fondamentaux ». Cette identification est d'autant plus fâcheuse, poursuit Garaudy, que la biographie de David d'après la Bible( il n'existe aucune trace historique de David(7) en dehors de ce qu'en dit la Bible), de 1 S 16 à  2 S 24, en fait un personnage inquiétant. » Nous avons évoqué précédemment les '' exploits '' guerriers de David. « Cette ascendance davidique sera revendiquée par Paul et les évangélistes et elle va peser sur toute l'histoire de l'Eglise. Comment le dieu tribal, Yahweh, peut-il être assimilé au Père qu'invoque Jésus, et ses plus féroces exécutants, par exemple Josué et David, être considérés comme des précurseurs de Jésus ? »(8).
Relevons aussi que pour justifier la thèse de Paul, soucieux d'intéger Jésus à l'histoire juive, disant de son Christ qu'il est «  issu selon la chair de la lignée de David »(Rm 1,2), Matthieu( 1,1-16) et Luc(3,23-38) sont contraints à d'étranges manipulations. Comme l'écrit Garaudy, « l'un,(Luc) énumérant quarante-deux générations de David à Jésus, l'autre, (Matthieu), vingt-six avec des noms si arbitraires que deux seulement( Salathiel et Eliakim) se retrouvent dans les deux listes, tout cela pour aboutir à Joseph, père adoptif de Jésus et non «  selon la chair », selon la «  race » comme le dira Paul, revendiquant son appartenance juive( Rm 9,3) »(9)

En conclusion, nous avons relevé que Jésus lui-même ne revendique nullement une filiation davidique, bien au contraire. Par  ses paroles, par ses actes, il rejette toute idée de domination ou de restauration d'un royaume terrestre. Il ne s'agit pas, pour Jésus, conclut Roger Garaudy,(10) de restaurer le royaume d'Israël et d'être un messie de type davidique, mais de donner de l'espérance à tous les hommes.

Marc

(1)  Naïm Stifan Ateek, Le cri d'un chrétien palestinien pour la réconciliation, Editions l'Harmattan, Paris, 2013, p.153

(2)Naïm Stifan Ateek, prêtre de l'Eglise épiscopalienne( anglicane) du diocèse de Jérusalem et du Moyen-Orient, est né en 1937 à Beit-Schéan en Galilée. Sa famille est expulsée de son domicile en 1948 lors de la guerre israélo-arabe. Il fut le fondateur et directeur du centre oecuménique Sabeel de théologie de la Libération à Jérusalem, créé en 1990. Sur le site de Sabeel France, le lecteur trouvera tous les renseignements ainsi que la revue Cornerstone qui donne des nouvelles régulières sur la Palestine: http://amisdesabeelfrance.blogspot.fr/

(3) Naïm Stifan Ateek, Le cri d'un chrétien palestinien pour la réconciliation, Editions l'Harmattan, Paris, 2013, p.153

(4) Roger Garaudy, Vers une guerre de religion ?, Desclée de Brouwer, p.158

(5)Titre du chapitre 4, Roger Garaudy, de Vers une guerre de religion ? p.160

(6) Roger Garaudy, Avons nous besoin de Dieu ?, p.41 à 43

(7) A l'exception d'un indice relevé sur  des débris d'une stèle  découverte en 1993-1994 à Tel Dan et datée de la seconde moitié du IX e siècle av.J.C. Ces quelques lignes incomplètes gravées dans la pierre ont fait couler beaucoup d'encre. D'abord parce que la pierre est brisée et qu'on a de la peine à
reconstituer le texte manquant, ensuite parce que cette stèle peut mentionner(ou pas) la « maison de David » 

(8) Roger Garaudy, Vers une guerre de religion ?, Desclée de Brouwer, p.168 et suiv.

(9) Roger Garaudy, Vers une guerre de religion ?, Desclée de Brouwer, p.162

(10) Roger Garaudy, Vers une guerre de religion ?, Desclée de Brouwer, p.158















4 janvier 2018

Jésus et le "péché originel"

Le péché originel
Mais qu'en a dit Jésus ?

Portique. Basilique de Vérone
Le péché originel est une doctrine de la théologie chrétienne qui décrit l'état dégradé de l'humanité depuis la Chute, c'est-à-dire la désobéissance d'Adam et Ève, premiers êtres humains créés par Dieu qui, selon le Livre de la Genèse, mangent le fruit défendu de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Elle affirme que la nature humaine a été blessée ou corrompue par cette faute originelle et que tout être humain se trouve en état de péché du seul fait qu'il relève de la postérité d'Adam. On parle parfois de « premier péché », « péché d'Adam » ou encore « péché de nos premiers parents »(1).
Cette doctrine, extrêmement débattue depuis ses origines, a toutefois pris des formes bien distinctes dans les différentes confessions chrétiennes, et le péché originel est décrit de différentes façons, depuis une simple déficience, ou une tendance au péché qui exclut toute idée de culpabilité a priori, jusqu'à l'idée d'une nature totalement corrompue et d'une véritable culpabilité collective. Ces conceptions différentes du péché originel induisent des différences notables dans la théologie du salut, notamment en ce qui concerne le libre-arbitre et la grâce.
L'expression « péché originel » ne figure nulle part dans la Bible, mais la doctrine du péché originel s'appuie sur plusieurs passages de l'Écriture : les chapitres 2 (versets 16 et 17) et 3 du Livre de la Genèse, les épîtres de Paul aux Romains (5:12-21) et aux Corinthiens (1 Co 15:22), ainsi qu'un passage du Psaume 51. Le premier exposé systématique qui en a été proposé, et à partir de l'interprétation duquel les controverses se sont déployées, est celui d'Augustin d'Hippone au IVe siècle
L'objet de cette contribution n'est pas de rediscuter sur cette question sur laquelle  des générations de théologiens ont réfléchi et écrit. Relevons que les rares textes bibliques sur lesquels on a bâti cette doctrine sont sujets eux même à interprétation divergente.
Se baser sur le récit de Genèse 2 et 3 est pour le moins hasardeux, lorsqu'on sait que ces notices racontant la ''fabrication'' d'Ève à partir d'une côte d'Adam et ensuite l'histoire de la tentation dans le jardin d'Éden, sont des récits mythiques, élaborés par des narrateurs s'inspirant,( on pourrait dire ''plagiant'') des textes sumériens. Nous en avons apporté la preuve dans un livre publié récemment.(2) D'ailleurs, les exégètes  sérieux des textes bibliques reconnaissent bien le caractère mythique de ces  récits(3). Quant aux écrits de Paul, lisons les  observations de John Shelby Spong (4):
La pensée de Paul était limitée par la vision du monde et les événements de son temps. Vouloir trouver à tout prix une vérité éternelle dans des paroles conditionnées par une culture et une époque qui ne sont pas les nôtres est le comble de la bêtise. Les mots de Paul ne sont pas la parole de Dieu|[...]Paul n'était pas un savant universel. Il n'était même pas un spécialiste de la Bible. Il avait étudié les Écritures, mais il ne connaissait rien au contexte, à l'histoire, à la formation de l'Ancien Testament, contrairement à n'importe quel étudiant d'un grand séminaire anglais ou américain aujourd'hui. La sagesse populaire, à son époque, attribuait la Torah à Moïse et Paul ne mettait pas cela en doute( Rm 9:15;10:15;10:19;1Co 9:9;2Co 3:15). Pour lui, Adam était tout autant que Jésus de Nazareth  un personnage historique au sens propre( Ro 5:14,18). Aucun savant ne défendrait aujourd'hui une telle idée[ ….]Vouloir traiter les mots de Paul comme s'ils étaient la parole infaillible de Dieu suppose que le Chrétien renonce à toute analyse intelligente et admette des schémas culturels depuis longtemps abandonnés.(5).

14 décembre 2017

Jésus et Luther, même combat ?


https://www.herodote.net/Martin_Luther_1483_1546_-synthese-286.php
A l'occasion des célébrations des cinq cents ans de la Réforme , il m'a semblé instructif d'établir un parallèle entre Jésus et Luther. Rappelons au préalable l'événement survenu le 31 octobre 1517.

Ce jour-là, un moine Martin Luther, placarda sur la porte de l'église de Wittemberg( aujourd'hui en Saxe-Anhalt) un texte dénommé en latin'' Disputatio pro declaratione virtutis indulgentiarum'' ou  ''Dispute sur la puissance  des indulgences'', plus connu sous le nom des 95 thèses.(1) Ce texte est à l'origine de la Réforme protestante en Allemagne.
 Si l'authenticité du document n'est pas contestée, la réalité de l'événement lui-même fait aujourd'hui l'objet de débats parmi les historiens. La date n'a pas été choisie au hasard, le 31 octobre était la veille de la Toussaint; le vaste public, devant venir le lendemain pour vénérer les reliques et diminuer son temps à passer au purgatoire, était, pour Luther la garantie d'une diffusion maximale de ses idées. 
Luther a rédigé ses 95 thèses comme support pour un débat, une dispute théologique,[dispute ayant à l'époque le sens de ''discussion ou débat'',] une pratique courante à l'époque. Conçues pour être diffusées dans un cercle restreint de théologiens, leur succès aurait surpris Luther lui-même. Les 95 thèses sont ensuite imprimées en grande quantité et largement diffusées. Devant leur retentissement, les autorités religieuses hésitent cependant à condamner Luther. Ce dernier continue de débattre avec les théologiens défendant la position de Rome comme Johann Eck lors de la fameuse dispute de Leipzig en 1519.

Quelle analogie entre le ministère de Jésus et le mouvement de réforme initié par Luther ?
https://www.biblicalarchaeology.org/daily/people-cultures-in-the-bible/jesus-historical-jesus/did-jesus-exist/

Relevons que tous deux, bien que séparés par 1500 ans, vivaient dans une société soumise totalement à l'emprise du pouvoir religieux. Nous avons du mal aujourd'hui, dans nos sociétés ouvertes et tolérante, à imaginer quelle pouvait être la mainmise des religieux sur les sociétés, juive de temps de Jésus, et catholique, du temps de Luther.
En Judée, le dirigeants religieux formaient une caste dominante. Les écrits des évangiles sont très révélateurs à cet égard. Au temps de Jésus, certes, ces dirigeants devaient composer avec la puissance romaine, mais il faut préciser que l'occupant romain n'interférait pas dans le domaine religieux, pour autant qu'il ne contestait pas la suprématie romaine. D'ailleurs, nous lisons dans  la Bible au livre des Actes, ch.24,1 à 4 :
24.1.Cinq jours après, arriva le souverain sacrificateur Ananias, avec des anciens et un orateur nommé Tertulle. Ils portèrent plainte au gouverneur contre Paul.
24.2.Paul fut appelé, et Tertulle se mit à l'accuser, en ces termes:
24.3.Très excellent Félix, tu nous fais jouir d'une paix profonde, et cette nation a obtenu de salutaires réformes par tes soins prévoyants; c'est ce que nous reconnaissons en tout et partout avec une entière gratitude. 
24.4. Mais, pour ne pas te retenir davantage, je te prie d'écouter, dans ta bonté, ce que nous avons à dire en peu de mots. 
  

30 octobre 2017

La rejudaïsation de Jésus


Le titre peut sembler provocateur ou tout au moins étrange. Jésus n'est-il pas juif, élevé dans les rites judaïques, circoncis le huitième jour selon la loi selon l'évangéliste Marc '' le huitième jour auquel l'enfant devait être circoncis, étant arrivé, on lui donna le nom de Jésus...et quand les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Joseph et Marie le portèrent à Jérusalem, pour le présenter au Seigneur -  suivant ce qui est écrit dans la loi du Seigneur : Tout mâle premier-né sera consacré au Seigneur – et pour offrir en sacrifice deux tourterelles ou deux jeunes pigeons, comme cela est prescrit dans la loi du Seigneur''(Ev.selon Luc, ch.2, 21-24).

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Certes, mais son message tout entier marque une rupture avec les prescriptions tâtillonnes de la loi judaïque. Roger Garaudy l'affirme avec force en écrivant : '' Toute la vie de Jésus, ses paroles, ses actes,sont en effet une remise en question de la foi et de la culture juives....Une remise en question de la Loi écrite, celle de la Torah et de ses tabous, ..une contestation du rituel, même le plus décisif, le sabbat.....''(1)

Roger Garaudy analyse les textes de Paul pour relever que '' le Christ de Paul n'est pas Jésus. Le dieu de Paul n'est pas le Dieu de Jésus....''(2). A cet égard, la lecture de la  lettre aux Hébreux(3) est édifiante et apporte un éclairage complémentaire. L'auteur en est inconnu, mais de toute évidence, il s'agit d'un Juif, ou Hébreu, soucieux d'expliquer à ses contemporains juifs, ou hébreux, la vie de Jésus et son message, mais en les revêtant d'une dimension judaïque. Ce narrateur est donc parfaitement en phase avec Paul, mais ce faisant, il va aller lui-aussi, à transformer Jésus et son message.

1 septembre 2017

Massacres bibliques:le Dieu de la Torah est-il le Dieu de Jésus ?

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Yahweh, le dieu de la Torah et le dieu de Jésus, le même dieu ?

Voilà une question bien étrange, direz-vous, comment en effet pourrait-il y avoir deux dieux différents dans la Bible ? Et pourtant c'est l'affirmation de Roger Garaudy dans son livre ''Vers une guerre de religion''(1).
Beaucoup de chrétiens, sinon la majorité, ignorent que le dieu appelé ''l'Eternel '', ou le ''Seigneur '' dans leurs bibles porte un nom propre dans les textes de la Torah ( les 5 premiers livres de la Bible hébraïque que les chrétiens appellent le ''Pentateuque''). Son nom est ''YAHWEH'', en consonnes ''YHWH'', car l'hébreu ignore les voyelles. Pour ne pas prononcer ce nom '' ineffable '', les compilateurs ont placé sur les 4 consonnes les voyelles du vocable Adonaï, Seigneur, de façon que toutes les fois qu'en lisant la Torah, on rencontrait le mot Yahweh, on prononce Adonaï. Et les traducteurs de la bible hébraïque ont tout simplement traduit ''Yahweh'' par'' l'Eternel'' ou ''le Seigneur''. A l'origine donc, Yahweh est le dieu propre à la tribu des Israélites. Qui est donc ce dieu Yahweh, voilà ce que nous nous efforcerons  de découvrir à travers les textes bibliques eux mêmes.

15 juin 2016

La Bible et le premier génocide




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[Marc continue à décortiquer la Bible dans une perspective très "garaudienne"]
La Bible et le génocide
Yahwe, le dieu d'Israël, ordonne le premier génocide de l'histoire
 
Le XX ème siècle a connu plusieurs génocides, celui des Arméniens en 1915, celui du Cambodge dans les années 75-80 et celui du Rwanda en 1994, pour ne citer que les plus connus, et bien entendu l'extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Mais sait-on que le génocide, c'est à dire l'anéantissement et la destruction de toute une population d'un pays ou d'une région, est déjà rapporté dans la Bible, et même ordonné par Yahwe, le dieu d'Israël ?

Roger Garaudy écrit dans « Vers une guerre de religion ? » (1) :

« Accomplir un génocide s'appelle dans la Torah( les cinq premiers livres de la Bible, que les chrétiens appellent le Pentateuque) : « vouer à l'interdit » : «  Le Seigneur(2) notre Dieu a livré Og et tout son peuple(....), nous les avons voués à l'interdit(....), les hommes, les femmes, les enfants » (Dt 3,3-6)(3) »
Aussitôt après avoir proclamé dans le Décalogue : «  Tu ne commettras pas de meurtre(Dt 5,17) », il(Moïse) définit ainsi «  le rôle d'Israël face aux nations » : « Écoute, Israël ! Tu vas aujourd'hui passer le Jourdain pour déposséder des nations plus grandes que toi...C'est le Seigneur ton Dieu qui passe le Jourdain avant toi comme un fleuve  dévorant, c'est Lui qui les exterminera.Tu les déposséderas et tu les feras disparaître aussitôt »(Dt 9,1-4).Le successeur de Moïse, Josué, poursuit cette politique de génocide avec le même zèle religieux. Le livre de Josué est par excellence le livre des massacres qui commencent à Jéricho, dès la traversée du Jourdain : « Ils vouèrent à l'interdit tout ce qui se trouvait dans la ville, aussi bien l'homme que la femme, le jeune homme que le vieillard... les passant tous au fil de l'épée »(Josué 6,21)(2)

1 juin 2016

Un récit historique étonnant dans la Bible, le livre d' « Esther »

[Un lecteur du blog décortique un des livres les plus "anti-évangéliques" de la Bible. Merci à lui. AR]


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Dans le Canon juif le livre d'Esther fait partie des Hagiographes. C'est un des cinq Meguilloth ou rouleaux des jours de fête. Il est même appelé quelquefois la Meguilla, le rouleau par excellence; car, à cause de son contenu, il jouit d'une très grande considération chez les Juifs, dont il flatte l'orgueil national. Ils ne se sont pas lassés de le copier, et quand, dans un musée, on voit un beau manuscrit hébreu, on peut immédiatement supposer que c'est une paraphrase (targoum) d'Esther. Maïmonides, au XIIe siècle, disait qu'à l'avènement du Messie tous les livres saints seraient abolis, sauf la Loi et Esther qui, avec la Tradition, demeureraient impérissable
Ce livre nous raconte l'histoire d'un roi, Assuérus, qui régnait sur l'empire perse. De caractère colérique, versatile, à la suite d'un épisode que l'on pourrait qualifier de « scène de ménage », il renvoie la reine en titre et se met en recherche d'une nouvelle reine. Ce sera Esther, d'origine juive qui sera choisie. Le grand vizir de la cour, Haman, vexé dans son orgueil par l'attitude de l'oncle d'Esther, Mardochée, qui refuse de se courber devant lui, décide et obtient du roi, un décret d'anéantissement de la communauté juive dans l'ensemble du royaume qui comprenait 127 provinces. La reine intervient et usant de son charme, réussit à empêcher l'accomplissement de l'ordre de génocide. Bien plus, c'est la communauté juive qui massacre tous ses ennemis (75 800 morts, dont le  grand vizir et ses dix fils, tous pendus au gibet). Cet événement a donné lieu à une fête, dite des Pourim, un genre de carnaval, encore fêtée aujourd'hui par la communauté juive.

Marc