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1 janvier 2020

La laïcité dévoyée


Pour Angela Davis, "la laïcité a été transformée en arme contre les musulmans"
par Clément Arbrun

"Je n'accepte plus les choses que je ne peux pas changer, je change les choses que je ne peux pas accepter" déclarait Angela Davis, l'une des activistes les plus emblématiques du paysage américain. Mais que peut-on changer à la victoire de Donald Trump, à l'échec de la gauche et aux troubles de la société contemporaine ? Interrogée par Mediapart, l'icône anti-capitaliste de l'afro-féminisme l'affirme : "Nous avons sous-estimé l'attrait idéologique du racisme, de l’antisémitisme, de la misogynie et de la xénophobie". Douloureux constat que cette hégémonie de "la suprématie blanche" pour l'ex-adhérente des Black Panthers, qui en profite pour pointer du doigt les incohérences du système bi-partisan de vote américain.

Pour cette représentante de la fierté noire, le féminisme consiste à "transformer la société". Un appel révolutionnaire qui convient peu à la démocrate Hillary Clinton, à ses yeux "version étriquée" de cette lutte des sexes. En point d'orgue, l'intellectuelle exprime son inquiétude quant à l'islamophobie, dont l'omniprésence se traduit jusqu'en France. Ce qu'elle déplore en étudiant notre situation politique ? "La manière dont la notion de laïcité a été transformée en une arme contre les musulmans et la confusion entre le terrorisme et l'Islam...malheureusement, tout cela me rappelle les méthodes de Donald Trump". Plus qu'une analyse, un avertissement...

30 décembre 2019

Juan José Tamayo presenta 'Hermano Islam'

La Iglesia de El Salvador, Iglesia Evangélica Española, invita a la presentación del libro: 'Hermano Islam' (Trotta), de Juan José Tamayo, a las 19h, en la calle Noviciado, 5. En la presentación, participa el autor, junto a Alfredo Abad Heras, Pastor de la Iglesia Evangélica Española, presidente de la Comisión Permanente IEE).
Este libro reúne análisis y reflexiones representativos de lo que el autor llama su«viaje iniciático por el islam». Una andadura que conoció sus primeros frutos con Islam. Cultura, religión y política, premio Internacional de la República de Túnez, donde, desde una nueva aproximación al islam, su historia, su presencia en España y sus creencias, así como al profeta Mahoma, se articula la original propuesta de una teología islamo-cristiana de la liberación en clave feminista.
Sus posteriores encuentros con el islam han llevado al autor a explorar algunas de sus dimensiones menos conocidas. Entre ellas destacan la ilustración filosófica en al-Ándalus; el pluralismo étnico, religioso y cultural dentro del mundo árabe-musulmán; las relaciones entre islam y Occidente analizadas desde dos enfoques enfrentados, el belicista e intolerante o el dialogantee integrador; la figura del intelectual francés Roger Garaudy como ejemplo de diálogo entre civilizaciones desde una concepción sinfónica de las culturas; Córdoba, símbolo de pluriverso religioso, cultural y lingüístico, y la mística musulmana y cristiana como superación de los fundamentalismos y lugar de encuentro de religiones y espiritualidades.

21 décembre 2019

L'ayatollah Khamenei et Roger Garaudy, 21 ans après

D’après AFP
Le guide suprême iranien l’ayatollah Khamenei a reproché lundi à la France le sort réservé à Roger Garaudy, condamné il y a 21 ans pour « contestation de crimes contre l’humanité ».
« Roger Garaudy, philosophe français, a remis en question dans son livre [« Les mythes fondateurs de la politique israélienne »] le nombre des victimes de l’Holocauste », peut-on lire dans un twitt en français sur le compte de l’ayatollah. « Le gouvernement français a […] traîné cet auteur devant le Tribunal. Voilà les porte-drapeaux de la liberté d’expression ! ».
Le site internet en français du leader iranien publie un article « à l’occasion de l’anniversaire de la condamnation de Roger Garaudy par le tribunal de Paris, pour avoir posé des questions sur l’Holocauste », article qui a pour titre « Qu’est-ce que l’ayatollah Khamenei a dit à Roger Garaudy au sujet des juifs et des sionistes ? » le 20 avril 1998 à Téhéran. Lors de cette rencontre, M. Khamenei avait dénoncé la « contradiction dans le comportement des Américains et des Européens, qui dénoncent le racisme contre les juifs mais soutiennent les sionistes qui ont un comportement similaire à celui des nazis ».
Roger Garaudy, mort en 2012, avait été condamné le 16 décembre 1998 par la cour d’appel de Paris à 9 mois de prison avec sursis et 160 000 francs d’amende (32 000 euros) pour contestation de crimes contre l’humanité et provocation à la haine raciale  pour son livre « Les Mythes fondateurs de la politique israélienne ». Dans ce livre, Garaudy écrit que l’extermination de six millions de juifs par les nazis durant la deuxième guerre mondiale est un  des « mythes » servant à justifier « les exactions de l’Etat d’Israël en Palestine ». 

4 décembre 2019

Cheikh Mahmoud Bouzouzou

LA COMMUNAUTÉ MUSULMANE D'EUROPE SE SOUVIENT : Le savant Algérien Cheikh Mahmoud Bouzouzou (Extraits)


Le savant Algérien, Cheikh Mahmoud Bouzouzou, le chef spirituel de la guerre de libération, a servi l'arabe et s'est consacré à l'islam en Occident durant un demi-siècle. Au cours des dernières années, cinq conférences en mémoire du Cheikh Mahmoud Bouzouzou ont été organisées par l’Association Cheikh Mahmoud Bouzouzou en collaboration avec la communauté musulmane de Suisse. Certains des compagnons de Cheikh Mahmoud Bouzouzou d’Europe et du Maghreb y ont été invités et quelques-uns de ses collègues d’Algérie y ont marqué leur présence, notamment les regrettés Abdelhamid Mehri, Cheikh Abderrahmane Chibane, le Professeur Bouamrane Chikh, qu’Allah leur fasse miséricorde, et Cheikh Larbi Kechat, qu’Allah le garde, ainsi que d'autres professeurs, collègues et disciples du Cheikh en Suisse et en Europe.

...
  
Contribution à la traduction du Coran en français et conversion à l’islam du philosophe français Roger Garaudy 
Cheikh Bouzouzou a contribué aux traductions du Coran de Jean-Louis Michon et d’autres. Il a également participé dans la production et la rédaction de nombreux ouvrages et études avec des non-musulmans. Certains d’entre eux ont embrassé l’islam grâce à lui, et notamment le philosophe français Roger Garaudy, qui a bénéficié pendant plusieurs années de la bibliothèque et de l’accompagnement de Cheikh Bouzouzou, avant de publier des dizaines d'ouvrages importants, notamment sur l'islam après sa conversion. Le rêve de Garaudy était d'unir les trois religions: l'islam, le christianisme et le judaïsme, car il considérait qu'il y avait un message commun entre elles, comme nous l'ont dit certains des disciples de Cheikh Bouzouzou.  Cheikh Bouzouzou a également participé dans de nombreuses œuvres culturelles avec d’autres auteurs, tels que le journaliste et écrivain suisse Roger Dupasquier et son livre Découverte de l’islam. Ce dernier s’est également converti à l’islam et est devenu, avec sa plume et sa langue, un de ses fervents défenseurs en Occident. Et ce n’est pas un secret que Malek Bennabi avait choisi Mahmoud Bouzouzou pour traduire son livre Le phénomène coranique, mais ce dernier s’est excusé en raison de ses nombreuses occupations et voyages, et c'est l'Egyptien Abdassabour Chahine qui le traduisit. 

    
Les religions monothéistes ont pour source un seul Dieu, telles des cours d’eau qui proviennent d’une même source 
En Suisse, Cheikh Bouzouzou a contribué à la création du Comité consultatif des religions en 1968. Ce conseil a réuni un groupe d’intellectuels et d’écrivains de différentes religions, dont le théologien et pasteur protestant Henry Babel, auteur de plus de quarante ouvrages, considéré comme l’un des théoriciens du christianisme en général, et du dialogue interreligieux en particulier. Il fut en relation avec Cheikh Bouzouzou pendant des dizaines d’années. Dans l’hommage qu’il lui a rendu il y a sept ans, il a énuméré les points communs des religions monothéistes et a rappelé la nature encyclopédique de Cheikh Bouzouzou en disant : « Cheikh Mahmoud est une véritable bibliothèque diversifiée et complète et englobe toutes les branches de la connaissance. » […]. « Sa maîtrise des langues arabe et française lui a permis de comprendre sa religion islamique et de dialoguer avec les Occidentaux dans une langue française éloquente. » À cette occasion, Henry Babel avait conclu son hommage en disant que « Cheikh Bouzouzou était une personne ouverte au dialogue et son raisonnement était très puissant. Il mérite d’être un exemple à suivre à travers les générations afin de réorganiser un dialogue interreligieux actuellement au point mort pour des considérations politiciennes aussi fragiles qu’une toile d’araignée. » Il a également rappelé la célèbre phrase de Cheikh Bouzouzou selon laquelle « les trois religions monothéistes ont pour source un seul Dieu, telles des cours d'eau qui proviennent d’une même source, comme le Rhône et le Rhin, qui proviennent d'une même source en Europe et se déversent dans la Mer Méditerranée ».   
...
 En conclusion, les organisateurs de la conférence ont annoncé leur volonté de mettre sur pied   l’année prochaine une journée d’étude sur les exemples d’efforts fournis par les érudits et les réformateurs en vue de la coexistence entre les peuples à travers les générations en Europe. 

 

Mohamed Mustapha Habes / Genève 
Article source à lire en entier: ICI

10 août 2019

L'islam et le socialisme, par Roger Garaudy

Document de travail (début des années 1980). Tenir compte de la date, la vision que l'on a aujourd'hui de l'islam (religion) et de la civilisation islamique ayant subi des changements importants du fait de l'évolution de la géopolitique internationale au cours des 40 dernières années.

Comme d'habitude, pour lire cliquez deux fois sur chaque image






Disponible sur demande au format PDF (formulaire de contact colonne de gauche du blog)

15 juin 2019

D'Amman à Riad, via Washington et Tel-Aviv

La résistance des palestiniens et leurs enfants n'ayant d'autres armes que des pierres contre les blindés et les armes automatiques de l'armée israélienne, est née après la dernière session de la Ligue Arabe à Amman.
Pour la première fois depuis 40 ans l'oppression du peuple palestinien n'y était plus considérée comme le problème majeur. Le peuple palestinien, devant cet abandon, a pris conscience qu'il ne mettrait fin à l'occupation étrangère qu'en ne comptant que sur lui-même, fût-ce avec des pierres.
Il importe que l'on sache sous quelle pression s'est produit le revirement d' Amman qui constitue un alignement total sur la politique américaine: ne condamner l'occupation israélienne qu'en paroles , et concentrer tous les efforts contre l'Iran.
Le rôle déterminant est joué par le deuxième agent des Etats-Unis au Proche-Orient, après Israël: l'Arabie Saoudite.
Les espoirs américains, après la chute du Shah, se sont reportés sur le roi Fahd pour accomplir les mêmes fonctions.
L'analogie est saisissante: les "placements" saoudiens aux Etats-Unis, comme autrefois ceux du Shah, dépassent les 172 milliards de dollars, dont une grande partie en "Bons du Trésor" directement à la disposition de l’armement des Etats-Unis et d'Israël.
Ces "placements" servent de "caution" pour assurer la docilité du vassal (comme autrefois le blocage des fonds du Shah lors de la révolution iranienne).
La C.I.A veille sur l e secret de ces Investissements.
L'ancien dirigeant de la C.I.A., Casey, dans ses Mémoires, se vante d'avoir obtenu du roi Fahd 200 millions de dollars en 1984 et 240 millions en 1985.
Un exemple typique de cette vigilance de la CIA est la saisie, par ses agents, de tous les enregistrements des séances consacrées à 1'Arabie Saoudite par la sous-commission de la Chambre des représentants chargée d'investigations sur les investissements étrangers le 6 mai 1982.
Le 17 février 1982 le Président Reagan avait adressé personnellement une lettre aux membres du Congrès leur expliquant la nécessité de ce secret.
Cette connivence permet à des Compagnies américaines notamment la Bechtel Corporation, qui compte deux anciens dirigeants de la CIA dans son Etat-Major, d'être le bras des Etats-Unis au Moyen -Orient.
Dans cette colonie, l' armée américaine a ses bases, et elle est assez assurée de sa soumission pour lui livrer les armes les plus sophistiquées: depuis les AWACS, qui ont coûté 8 milliards et demi (sans compter les "pots de vin") et qui permettent à l'armée américaine de contrôler tous les mouvements dans le Golfe, jusqu'aux "stingers" (missiles portatifs à bras).
Le budget de l'armée de répression représente 30% du budget de 1'Arabie Saoudite(le deuxième pays au monde, après les Etats-Unis, pour les dépenses militaires par tête d'habitant).Bien entendu ces armements ne sont livrés qu'à la condition de ne servir que contre d'autres pays musulmans. (C'est pourquoi le gouvernement d' Israël ne proteste que pour la forme et laisse passer, bien qu'il ait le pouvoir, par son "lobby"f de bloquer tous les votes.)
La force de répression saoudienne, la "Garde nationale", a été dressée par les instructeurs de la "Vinnel corporation" des Etats-Unis. En décembre 1979, furent appelés les gendarmes français du trop fameux capitaine Barril. Le 1er août 1987 le général allemand Ulrich Wegener (technicien de la répression) est désigné comme organisateur des forces de répression saoudiennes.
Telles sont les causes profondes des décisions d' Amman, abandonnant les Palestiniens, et désignant l'Iran comme cible, et aussi des massacres de la Mecque d'août 1987.
Le problème se pose pour le prochain pèlerinage en juillet 1988. L'Iman Khomeiny a déjà annoncé la venue de 170000 pèlerins iraniens, et une manifestation de "contestation des dieux païens" à la Mecque, où, en dehors de formes extérieures, le seul culte réel des dirigeants est celui du Veau d'Or.
Nous l’avons dit, et nous le répétons: les dirigeants saoudiens, faisant appel aux maîtres de la répression des Etats-Unis, de France, ou d’Allemagne, pour faire régner leur "ordre" à  La Mecque, sont moralement indignes et politiquement incapables d'assurer la sécurité des Lieux Saints .
En utilisant la foi sincère des multitudes pour des fins politiques, les rois protégés de Reagan peuvent créer une nouvelle barrière de sang entre musulmans.
Dans le "Monde" du 4 février, le Prince Talal, avançait des paroles de sagesse: "le conflit isrélo-arabe est notre problème central" disait-il, et les arabes doivent encourager les israéliens partisans de la Paix, pour négocier un accord donnant à chacun une patrie. Il ajoutait: "Nous devons trouver un moyen de parler avec l'Iran."
Il appartient à tous les musulmans d'empêcher de nouveaux massacres dont seuls peuvent se réjouir les dirigeants américains .
Il leur appartient de montrer ce qu'est un Islam à visage humain et divin,- qui n'a rien à voir avec celui des vassaux saoudiens de Reagan-le visage qu'en révèle le Coran: celui d’ Abraham, de Moïse, de Jésus, et de Mohammed parachevant leur message.



Roger Garaudy
Inédit, 1988

[Archives personnelles de RG]

3 juin 2019

L'islamisme est une maladie de l'islam, par Roger Garaudy

L'islamisme est une maladie de
l'Islam. Et cette épidémie se présente
sous des formes très diverses.
Je voudrais donc en rappeler la principale
source, celle d'ailleurs, dont on
parle d'ordinaire le moins. Elle en est
pourtant le modèle idéologique par ses
interprétations les plus étroites de la
"tradition", et sa lecture la plus littérale
et la plus formaliste du Coran. Elle en
est l'aliment économique de loin le plus
important.

12 mai 2019

Un livre de John Tolan sur "Mahomet"

«MAHOMET L’EUROPÉEN», ASSAUTS D’AVATARS

Figure païenne, diabolique ou révolutionnaire : en Occident depuis le Moyen Age, le prophète de l’islam a endossé divers rôles, que l’historien John Tolan développe dans un ouvrage érudit.

3 avril 2019

Deux recensions du livre de R. Garaudy "Promesses de l'islam"

Roger Garaudy, Promesses de l'islam, Paris, Seuil, 1981, 180 p


 — Si les bonnes intentions faisaient de bons livres, nul doute que nous nous trouverions, ici, en face d'un « très bon livre ». Mais, disons-le d'emblée, M. G. procède d'une manière qui ne risque guère de convaincre ses lecteurs ; ou plutôt disons que les thèses soutenues par l'A. auront toutes les chances d'emporter l'adhésion des convaincus d'avance. Par contre, si l'on recherche la cohérence de l'analyse, l'objectivité, la clarté et la lucidité ; encore plus le respect de la dimension historique dans l'analyse des problèmes, on a toutes les chances de « rester sur sa faim », et de refermer cet ouvrage, certes pétri de bonnes intentions, avec le sentiment que les « promesses » de M. G. n'ont pas été remplies. L'A. part de postulats sur lesquels on ne le chicanera pas : le « modèle occidental » de croissance et de civilisation a abouti à une série d'interrogations et d'impasses : économiques, sociales, politiques, culturelles, morales (encore que l'A. ait eu trop tendance à « noircir le tableau »). Devant ce « mal développement planétaire », il faut chercher des remèdes qui ne assortissent pas uniquement au domaine du matériel : nos sociétés doivent « sauver leur âme » ; et les solutions du développement et de l'industrialisation ont fait faillite à beaucoup d'égards. « Un nouvel ordre culturel mondial, c'est le passage de l'hégémonie occidentale à la concertation planétaire pour redéfinir un projet humain » (p. 21). La solution, R. G. l'a découverte dans un retour à ce qu'il considère comme les deux pôles indivisibles de l'Islam : « la transcendance (c'est-à-dire au moins la possibilité permanente de rupture avec les dérivés du passé et du présent, et de la création d'un avenir inédit) et la communauté (c'est-à-dire la conscience que chacun de nous est personnellement responsable de l'avenir de tous les autres... » (même page). C'est là que nous adresserons notre reproche essentiel à l'A. : pour mieux plaider sa cause, il a recours à un véritable « amalgame », faisant fi de l'histoire, de l'esprit d'analyse, du sens critique. Au gré de ses besoins, il « navigue » des principes à la réalité, et contraint ses lecteurs à un véritable parcours sinueux, où tout est placé pêle-mêle, où tout l'héritage de l'Orient est subtilement baptisé « Islam ». M. G. reproche aux « orientalistes » (tous frappés du sceau d'infamie d'avoir été les serviteurs zélés du colonialisme) d'avoir forgé une image faussée de l'Islam ; et il n'a pas tout à fait tort. Encore fallait-il ne pas pécher par l'excès inverse, en se « choisissant » un Islam sur Revue de l'Histoire des Religions, cc-3/1983 Notes bibliographiques 343 mesure, qu'il se garde bien de définir, au demeurant, car sinon tout son bel édifice risquait de s'écrouler. Il y aurait de longues pages à écrire pour énumérer les contradictions de l'A. et ses affirmations contestables. On se limitera à quelques brèves remarques : il n'est pas sain de désigner sous le même vocable d' « Islam » un ensemble d'idées-forces relevant d'une révélation et d'une tradition sacralisée ; et les formes qu'ont prises, au gré des circonstances, les sociétés dites musulmanes, formes qui, bien souvent n'eurent que de très lâches rapports avec le donné traditionnel (et ceci n'est évidemment pas propre au seul Islam) ; et la réflexion de savants et de philosophes ; et la problématique du monde arabe contemporain. Cet « amalgame » conduit notre auteur à des aberrations : une image « idéalisée » du proto-Islâm où les schismes et les « trop humains » intérêts sont recouverts du manteau de Noé ; les poncifs classiques sur la dynastie umayyade responsable des déboires de la Communauté ; les conquérants arabes présentés comme des libérateurs de populations opprimées, et les protagonistes d' « un renversement d'un système social périmé » (p. 39) ; une contre-vérité criante : « Si la guerre n'est pas exclue, elle n'est acceptée que pour la défense de la foi lorsque celle-ci est menacée, et non pas pour la propagation de la foi par les armes » (p. 40) ; l'Islam ramené, quand les besoins de la cause l'exigent, à un idéal né des aspirations irréalisées de mystiques et de moralistes, à tel point qu'on se demande si Islam et Soufisme ne sont pas synonymes ; les sciences profanes, souvent développées au grand dam des théologiens, présentées comme les sciences islamiques, alors que celles-ci sont opportunément « oubliées » par l'A. ; l'affirmation que la poésie arabe contemporaine (y compris celle de poètes chrétiens) est « islamique » ; l'amalgame pays arabes/oPEP/Islâm ; la fréquente comparaison des réalisations historiques de l'Occident avec les principes (fort idéalisés au demeurant) de l' Islam. Est-ce loyal ? Et l'on pourrait multiplier les exemples. En fait, l'A. n'aura guère innové par rapport aux thèses apologétiques qui ont cours dans certains milieux musulmans, et qui font bon marché de la vérité historique ou, plus exactement, choisissent dans l'histoire ce qui est à leur convenance. Il aurait fallu distinguer « Islam idéal » et « Islam vécu », comme on le dirait d'ailleurs pour n'importe quelle religion ou doctrine. Et pourtant comme on est d'accord avec M. G. lorsqu'il aspire à dénoncer les impostures qui ont longtemps eu cours sur la religion musulmane, comme on souscrit à son appel, sincère, au dialogue des civilisations et à s' « enrichir de nos mutuelles différences ». Pour ce faire, il aurait peut-être fallu ne pas offrir un tableau manichéen, un paysage en noir (Occident) et blanc (Islam) ! On attendait mieux de M. G. qui est, à l'accoutumée, mieux inspiré et plus critique. 
[compte-rendu]
Revue de l'histoire des religions  Année 1983  200-3  pp. 342-343

15 janvier 2019

"Notre empathie a trop longtemps fait défaut..."

Editions La Découverte
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Notre empathie a trop longtemps fait défaut. Aux musulmans, aux Arabes, aux juifs, aux Noirs, aux Roms et aux Tziganes, etc. : à tous ceux qui, successivement ou en même temps, sont les victimes de cette idéologie barbare des civilisations supérieures contre des peuples maudits qui rôde de nouveau parmi nous. C'est dans l'espoir de rattraper ce retard que j'ai voulu lui opposer, ici, l'expérience du monde, du divers et du pluriel, qui a fait de nous des Français.
J'en suis un, parmi des millions d'autres, et je n'ai d'autre titre que celui-là pour justifier ce livre. Celui d'un Français qui ne se réduit pas à son origine. Né en Bretagne, de parents bretons, l'un élevé catholique, l'autre élevée protestante, je n'ai pas été baptisé. J'ai grandi outre-mer jusqu'à l'âge de dix-huit ans, loin de la France hexagonale, en Martinique puis en Algérie (après l'indépendance) qui sont, en vérité, mes vrais pays d'enfance et d'adolescence, mes patries de jeunesse.
J'ai donc été façonné par une diversité de cultures (bretonne, antillaise, créole, caraïbe,
maghrébine, arabe, berbère, française, etc.) où se jouent diverses influences spirituelles (catholicisme, protestantisme, vaudou ou quimbois, islam, etc.) jusqu'à celle, d'un judaïsme diasporique, que m'a apportée la famille construite avec ma compagne, issue de l'immigration juive
d'Europe centrale. Sans compter, évidemment, l'éducation républicaine transmise par des parents
profondément attachés à l'école laïque.
Bref, je suis a-religieux, sans goût pour la transcendance mais sans obsession maladive vis-à-vis de ceux pour qui elle importe. Et ceci d'autant moins que ma génération, celle qui est née après les catastrophes mondiales de la première moitié du XXE siècle, a appris que les civilisations qui se réclament de la raison, voire du refus de Dieu, peuvent aussi bien céder à la déraison collective jusqu'à commettre de redoutables folies criminelles.
Je suis donc seulement soucieux du royaume immédiat dont nous avons tous la charge, au présent,
que l'on croie au ciel ou que l'on s'y refuse : ce monde commun qu'il nous revient de construire tous ensemble, et non pas de détruire en sombrant dans la guerre de tous contre tous. Ce monde si fragile et si incertain dont les divinités secrètes se nomment la beauté et la bonté. C'est en leur nom qu'il faut dire non à l'ombre qui approche, par la solidarité concrète avec celles et ceux qu'elle menace. Au premier chef desquels, nos compatriotes d'origine, de culture ou de croyance musulmanes.
Présentant en avril 1941, alors que la nuit était tombée sur l'Europe, le premier numéro de
sa revue Tropiques , née à Fort-de-France, le poète Aimé Césaire écrivait ceci : « Où que nous
regardons, l'ombre gagne. L'un après l'autre les foyers s'éteignent. Le cercle d'ombre se resserre
parmi des cris d'hommes et des hurlements de fauves. Pourtant nous sommes de ceux qui disent
non à l'ombre. Nous savons que le salut du monde dépend de nous aussi. Que la terre a besoin de n'importe lesquels d'entre ses fils. Les plus humbles. L'Ombre gagne... "Ah ! tout l'espoir n'est pas de trop pour regarder le siècle en face !" Les hommes de bonne volonté feront au monde une nouvelle lumière. »
Hommes et femmes de bonne volonté, qu'attendons-nous ?


Edwy Plenel
Pour les musulmans
Pages 141 à 144, Chapitre X (conclusion)

6 août 2018

El fundamentalismo islámico es una secuela del colonialismo


El fundamentalismo islámico es una secuela del colonialismo, afirma Roger Garaudy
  El Escorial 


El integrismo islámico, como forma de rechazo a la cultura occidental, es una secuela del colonialismo, declaró ayer Roger Garaudy, ex miembro del Partido Comunista Francés, ex cristiano, ahora convertido al islam. A juicio de este filósofo, el constantinismo -alianza entre religión y política- es una enfermedad que afecta también a los países musulmanes.
El Garaudy convertido al islam conserva todavía parte de su herencia izquierdista. Ahora se encuentra en El Escorial, donde hasta el próximo viernes dirigirá un seminario sobre religión y política. "En todos los regímenes existe constantinismo tanto en los que se llaman cristianos como en los que se llaman islámicos; es la utilización de la religión por la política que en el islam ya se da con la dinastía Omeya"."Lefebvre [el arzobispo católico integrista que se separó de Roma] cree que el catolicismo no puede vivir fuera del Concilio de Trento, y esto existe también en los países musulmanes", dijo el filósofo francés, para quien el fundamentalismo islámico, no obstante, ha nacido como una reacción contra el colonialismo. Garaudy criticó la imposición de leyes islámicas -charla- en algunos países. "La charia es lo contrario a lo que enseña el islam; es un clericalismo", destacó. "En el islam no hay intermediarios entre Dios y los creyentes, esto es una desviación del chiismo, una imitación del clericalismo cristiano", dijo. A juicio del filósofo francés, no por eso se debe rechazar el islam: "Es como si un cristiano dijera que no cree en Jesucristo porque ha existido la Inquisición, y hay que recordar que también Franco se reclamaba de Cristo y, desde luego, Jesús no era el responsable de lo que hacía".
De esta manera respondió Garaudy a la pregunta del totalitarismo existente en países de mayoría musulmana, donde se da una estrecha alianza entre la religión y el poder político. Eso, a su juicio, son caricaturas, como también lo es el sistema soviético con respecto al marxismo. En este punto, todavía vive bajo el Garaudy musulmán aquel crítico tenaz de la tecnoburocracia estaliniana. "Con la caída de los regímenes del este no se ha hundido el marxismo sino su caricatura", sentenció.
Maniqueísmo
Garaudy criticó la óptica eurocéntrica y occidentalista para solucionar los problemas del Tercer Mundo. Para él, es un falso dilema la oposición entre el capitalismo a la americana y el socialismo a la soviética, porque hay que ir hacia un diálogo de civilizaciones. "Ése es para mí un problema esencial; hay que potenciar el desarrollo autóctono del Tercer Mundo", agrego el filósofo, para quien "se trata de hacer justo lo contrario de lo que dice el Banco Mundial o el Fondo Monetario Internacional, que han decidido aplicar el modelo de desarrollo occidental a todos los países del mundo", dijo. "Eso es un gran crimen. Hemos de cambiar nuestra política hacia el Tercer Mundo, hay que potenciar su desarrollo autóctono". Garaudy denunció las exportaciones de armas a países subdesarrollados, a las que calificó de "una de las especialidades francesas".
Roger Garaudy se mostró especialmente crítico frente a Estados Unidos. "Vivimos una decadencia total, a la que no habíamos asistido desde la decadencia roinana". La industria cultural norteamericana, especialmente los filmes, constituyen para Garaudy una amenaza más grande para la cultura francesa que el hecho de que las mujeres lleven, chador. A este respecto, y sobre la polémica desatada en Francia sobre el uso del chador, el filósofo francés dijo: "Somos los más ridículos del mundo entero; cuando hay chicas que llevan una pequeña cruz en el cuello, otras la cruz hugonote y otras la estrella de David, nadie dice nada".

22 juillet 2018

Politique et religion. Inédit de Roger Garaudy

L’intégrisme naît toujours d'un double détournement du religieux et du politique: politisation de la religion ou sacralisation de la politique. Toute loi devenant sacrée et toute infraction sacrilège.
Les premières sociétés furent fondées sur cette indistinction: les dieux donnant la terre et la loi, des peuplades du Proche-Orient aux tribus  du Pacifique, à celles de 1’Afrique et de 1'Amérindie. Ils sont garants de 1’intégration de la communauté. Le mythe est la caution de la légitimité du pouvoir.
Apparaît ainsi une constante éternelle et une indissoluble unité: la religion assignant à la société ses fins, et la politique 1'organisation des moyens pour les atteindre.
Pourrait-on concevoir, aujourd'hui encore, une religion authentique qui n’eut point de dimension politique ou une politique digne de ce nom qui n'eut pas de dimension religieuse, c'est-à-dire indifférente au choix des fins dernières de 1'homme et de son histoire ?
Une politique sans âme. Une religion sans corps.

Une religion de notre temps peut-elle se tenir en marge des problèmes de la justice sociale, des rapports entre le Tiers Monde et le monde riche, de la guerre et de la paix, du pouvoir et du monothéisme païen de 1'argent, de la sauvegarde des équilibres naturels ?
Inversement quel homme d'Etat oserait -, même si telle est sa pratique -, prendre à son compte, sans masque, la doctrine de MACHIAVEL, et définir la politique comme 1'art de gouverner efficacement sans préoccupation d’ordre moral?

9 juillet 2018

"J'ai changé parfois de communauté, jamais de but" (Roger Garaudy)

ACHETER LE LIVRE
[Ebauche de présentation du livre publié chez Laffont en 1989.NDLR]
Disant de quoi je meurs et pour quoi j'ai vécu, ce livre n'est pas une confession, ni un testament, ni une biographie.
Les explorateurs qui tentaient d'atteindre le Pôle, avant que la mâchoire des glaces, se refermant sur leur navire, arrêtât leur aventure, faisaient dépôt de leurs expériences dans un "cairn" dressé sur la banquise : au delà de leur échec final, et grâce à ces repères, d'autres au moins pouvaient poursuivre 1'épopée, utilisant le savoir des morts.
Je voudrais que ce livre jouât un rôle analogue pour d'autres chercheurs de pistes n'ayant plus à creuser ce qui fut mon chenal: j' en ai éprouvé les passes et les impasses.
J'ai fait ce tour du siècle en solitaire.
A 1'écoute de toutes les conjugaisons du Verbe Dieu : de 1' Inde au Yucatan, de la Chine à 1’Islam. De ces moissons multiples il est temps de nouer la gerbe.
Mon itinéraire fut parfois orienté, parfois perverti par la rencontre personnelle et passionnelle de quelques uns de ceux qui ont fait ou défait ce siècle: de Staline à Fidel Castro et Che Guevara, de Sartre à Picasso, Saint John Perse ou Dom Helder Camara.
Je voudrais que rien de ce qu'ils m'ont apporté, recherche fraternelle ou affrontement, ne fût enseveli avec moi.
Je puis aujourd'hui saisir en plénitude le projet fondamental de ma vie, autour duquel s'ordonnent toutes mes aventures d' âme, de la politique à 1'amour, de la poésie à la foi: une philosophie de 1'acte rompant avec la philosophie de 1'être qui règne, en Occident, depuis Aristote.
La conclusion majeure de mon expérience militante est celle-ci: la transcendance-et non le déterminisme-est le postulat nécessaire de toute pensée et de toute action révolutionnaire.
Ce fut 1'idée directrice de 1'action pour le dialogue chrétien -marxiste dont je fus pendant vingt ans 1'organisateur en Europe et en Amérique.
Ma reconnaissance du message coranique exprime la même visée: il unit au delà de ses perversions historiques les dimensions de transcendance et d'intériorité du christianisme, et le principe de leur incarnation dans les structures sociales.
Cet "Appel aux vivants" interpelle certains et dérange le plus grand nombre : mes livres furent traduits en 27 langues, et 17 thèses de doctorat, dans le monde , ont été consacrées â mon oeuvre ; en France "L'Appel aux vivants", après "Parole d' homme" a touché un million de gens, mais mon arrêt de mort littéraire fut prononcé en 1982 quand j'ai voulu appliquer ce critère politique en ne respectant aucun tabou.
Et c’est de quoi je meurs.
Il ne s'agit pas de ma personne, mais du boycott de toute tentative de ma part, depuis six ans, d'exprimer cette question centrale qui pose aux vivants un problème de survie, car les dérives du siècle, avec ses conservatismes aveugles et ses révolutions mutilées, nous conduisent à la mort.
Mon espérance demeure intacte.
Il est possible d'étouffer un temps ma parole, non de contourner la question qu'elle pose: elle est enracinée dans tous les drames du siècle.
Pour faire prendre conscience de cette synthèse nécessaire: transcendance et révolution, je n'ai cessé de chercher la force sociale qui pût en être porteuse et donner un visage à 1’espérance.
J'ai changé parfois de communauté, jamais de but.
Ma joie la plus grande est d’être resté fidèle, à 75 ans, aux rêves de mes vingt ans.

Roger Garaudy

        -------------------------------------------
 [Ebauche du plan du livre. Au final le plan changera peu, sauf certains titres de chapitres. NDLR]
1 - NE DU FEU.
J'ai eu vingt ans en 1933. Livres brûlés à Nuremberg ; blé brûlé de la "crise". Né du feu. Kierkegaard et Marx. Dieu m'est une question, le marxisme une espérance. Le premier jour de ma vie.
2 - L'ANNONCIATRICE.
L'amour d'une femme donne à Dieu un visage.
3 - LA GUERRE ET LES DEMONS DE L'ESPRIT.
4 - L' EXPERIENCE D' ANTEE: la déportation de 1'âme. Au Sahara.
5- LE HUITIEME JOUR DE LA CREATION: libération d'un peuple et de Prométhée(1945).
6 - LE TOURNANT DES REVES, 1956 : quand le soleil se couche à 1'Est.
7 - PRINTEMPS DES HOMMES (mai 1968), et 1' <>
{février 1970). Résurrection ?
8 - APPEL AUX VIVANTS pour la reconquête de 1'espoir.
9 - LE DERNIER MESSAGE: L'Islam n'est pas une religion nouvelle née avec Mohammed. Eternité de 1'esprit.
10 - UN ROMAN D'AMOUR; le dialogue des cultures et de la foi.

EPILOGUE : A contre - nuit

[Document Archives personnelles de RG]

8 janvier 2018

13 septembre 2017

Roger Garaudy, "El Islam en Occidente"


ACHETER-MERCAR
En la Universidad Musulmans de Cordoba convergieron , y se enriquecieron
mutuamente, las culturas de Oriente y de Occidente.
Esta simbiosis se produjo con l a penetraciôn del Islam en Al-Andalus, que tuvo
lugar, no a través de una conquista militar, sino gracias a una revoluciôn cultural.
A este cambio contribuyeron, entre otros, estos factores:
1 . El que el reino visigodo, en su mayoria arriano, tuviera una de sus provincias
en el Norte de Africa, en la antigua Mauritania, como nos recuerda Isidoro de

Sevilla.
2 . Ante la imposicion, en la Penînsula Ibérica, de un rey trinitario, don Rodrigo,
los arrianos solicitaron, de la provincia africana , ayuda para sacudirse su yugo.
3 . La derrota de los trinitarios, con don Rodrigo a la cabeza, en la batalla de
Guadalete, constituyo el punto de arranque para la extension fulgurante del Islam,
el cual, partiendo de la provincia visigoda africana, y de los puntos costeros méditerràneos, se injerto armônicamente en el pensamiento unitario que caracterizaba
al cristianismo arriano, opuesto al Concilie de Nicea.
Esta trayectoria religiosa, hincando sus raices en la antigüedad druidica celta, pasa
par Prisciliano de Avila y , tras él, a ibn Masarra de Cordoba, dando el Islam
Occidental su originalidad. Fenômeno que desembocô en una realidad histôrica capital:

la que se produjo con el verdadero Renacimiento europeo, que tuvo lugar en Al -
Andalus, en el siglo XIII, y no en Italia, en el siglo XVl.




1 août 2017

La science musulmane


Ses principes. La science musulmane est intimement
liée à une vision du monde, de l'homme et de
Dieu : celle de l'islam.
Elle reçut l'héritage des grandes civilisations des
pays que les Arabes occupèrent. Héritage grec, à travers l'Empire byzantin, et souvent à Alexandrie, où s'était opérée
la synthèse des cultures égyptiennes et grecques 
après la
décadence de ces deux civilisations, et où 
avaient pénétré les
 doctrines orientales. Héritage de 
l'Iran, qui ne transmettait
 pas seulement sa propre 
culture, celle de la Chaldée et de la
Babylonie, mais 
aussi celle de l'Inde. Les premiers califes invitèrent à
Bagdad des savants indiens et firent traduire leurs
traités de mathématiques et de médecine. Enfin les
Arabes apprirent des Chinois l'usage de la boussole,
l'alchimie et la fabrication du papier : c'est en effet
après la bataille du Talas en 751, en Sogdiane, sur la
route de la soie (entre les troupes chinoises des
empereurs T'ang et les Arabes), que des prisonniers
chinois apprirent aux Arabes la méthode de la
fabrication du papier avec du lin et du chanvre ; la
première fabrique fut fondée à Bagdad en 800. C'est par
l'Espagne musulmane que le papier gagna l'Europe
qui n'en fabriqua, en Italie et en Allemagne, qu'au
XIVe siècle. L'importance du papier pour la diffusion
de la culture est incalculable.
Mais tout cela fut repensé, transformé et fécondé
par la vision spécifiquement islamique du monde :
toutes les formes de l'univers ne sont que reflet ou
symbole de Dieu. L'Un s'y révèle à travers le multiple.
Ce principe d'unité implique une conception vivante,
unique (et non pas analytique et mécaniste de la
science). Tout ce qui a été amené à l'être par l'acte
créateur de Dieu est en interaction, et les diverses
sciences elles-mêmes sont interdépendantes : il y a
unité des diverses formes de savoir. De cette conception
découle un certain rapport de l'homme avec la nature et
avec les sciences. La loi qui gouverne la vie, et que les
sciences, comme toutes les forces du savoir, aident à
connaître, doit aider l'homme à vivre d'une vie plus
haute, en harmonie avec la nature, en communion avec
les hommes et avec Dieu, contemplé au miroir de son
oeuvre. Enfin, l'importance accordée à la perception
sensible des êtres, qui sont symboles visibles du Dieu
invisible, permet de mettre l'accent sur la méthode
expérimentale, à l'inverse des seules spéculations
déductives des Grecs classiques — dont nous avons vu
qu'aucun, à Athènes, ne s'intéressait aux sciences de la
nature, pratiquées en Asie Mineure par les présocratiques,
et à Alexandrie en Egypte (d'Euclide à Ptolémée).
Il est remarquable que le précurseur des méthodes
d'observation et d'expérimentation en Occident, Roger
Bacon (1214-1294), qui avait étudié l'arabe, a écrit que
la connaissance de la langue et de la science arabes était,
pour ses contemporains, la seule possibilité d'accès à la
connaissance véritable. La Ve partie de son Opus
majus, consacré à la perspective, est une traduction de
L’Optique d'Ibn Haitham (965-1032), que l'Occident
appelait Alhazen. La science islamique et les techniques
qui en découlent sont la source principale de la
science de la Renaissance occidentale.

Ses réalisations. Cette science islamique, à la
différence de la science occidentale moderne, positiviste,
ne sépare pas les sciences particulières de la
sagesse. Le positivisme, en laissant à une métaphysique,
coupée de la connaissance quotidienne, le
problème des fins et de l'ouverture à l'infini, a réduit les
sciences à n'être que techniques de manipulation de la
nature et de l'homme, et à laisser se développer une
véritable religion des moyens, n'offrant, pour satisfaire
la vraie soif de l'homme, que le faux infini des désirs et
de leur démesure.
Cette rupture était-elle nécessaire au développement
des sciences ?
Les résultats obtenus par la science islamique
prouvent le contraire.
En mathématiques, les musulmans, tout en
intégrant la géométrie des Grecs, ont mis l'accent sur
l'algèbre, et sur l'infini plus que sur le fini. Le poète
Omar Khayyam (v. 1050-1123) résout les équations du
troisième degré cinq siècles avant Descartes.
En astronomie, Farghani écrit en 860 un traité qui
fait autorité en Europe jusqu'au X V I e siècle. L'observatoire
fondé à Maragha (Iran) par Houlagou, puis
celui de Samarcande, construit par OulougBeg, seront
les modèles de ceux de Tycho Brahé et de Kepler.
Birouni (973-1048) calcule le diamètre de la terre.
En médecine, l'Iranien Razi (v. 860-v. 923), auteur
d'une monumentale encyclopédie médicale qui,
traduite en latin, fait autorité dans tout l'Occident
médiéval, est un véritable précurseur de la « clinique ».
Les médecins musulmans pratiquaient l'opération de
la cataracte par succion, au moyen d'une aiguille
creuse, dès le VIIIe siècle, savaient cautériser et suturer
les plaies, connaissaient la chirurgie dentaire.
En chimie, outre la découverte de produits tels que
l'ammoniaque et l'acide nitrique, les méthodes de
distillation, de sublimation, de cristallisation sont
couramment pratiquées par les Arabes.
En sociologie, Ibn Khaldoun (1332-1406), trois
siècles avant Montesquieu, à une époque où l'Europe
ne connaissait que des « chroniqueurs », recherche les
lois du développement historique, et, au-delà du
« hasard », les causes cachées. Il-énonce le principe de
base du matérialisme historique :« Les différences que
l'on remarque dans les usages et les institutions des
divers peuples, écrit-il dans ses Prolégomènes, dépendent
de la manière dont chacun d'eux pourvoit à sa
subsistance. » Alors que les économistes européens ne
s'affranchiront du « mercantilisme » qu'au XVIIIe
siècle, il note que ce ne sont pas les métaux précieux
qui constituent la richesse d'une nation, mais le travail.


Roger Garaudy
Comment l’homme devint humain
pages 207 à 212