26 novembre 2018

En accès libre la thèse de Didier Gauvin sur Roger Garaudy communiste

Didier Gauvin. Un intellectuel communiste illégitime : Roger Garaudy. Science politique. Université Grenoble Alpes, 2018.

Résumé : Après avoir atteint l'excellence en tant qu'intellectuel de parti stalinien pendant la Guerre froide, Roger Garaudy s'est construit comme intellectuel "véritable" contre la doxa du PCF qu'il était pourtant chargé d'incarner, à la faveur de son autonomisation suite au choc du XX° Congrès du PCUS périmant sa foi en Staline. C'est ainsi que la résurgence progressive de son habitus théologico-philosophique a fait de lui l'homme du dialogue par excellence adapté à la démarginalisation du PCF dans le champ intellectuel des années 1960. Mais si son engagement sur la tangente hérétique a fait de lui l'un des intellectuels communistes poussant le plus loin le projet de rénovation du PC en offrant une véritable stratégie alternative à celle du Parti après 1968, l'exclusion qui s'en est suivie s'est traduite par un retour du refoulé religieux qui, couplé à la posture prophétique d'un intellectuel désormais excentré dans la champ intellectuel français, a largement contribué à la délégitimation de l'ancien philosophe du PC avant même sa radicalisation ultime qui a achevé de le disqualifier suite à sa condamnation pour négationnisme.


https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01929228

"Si vous ne faites pas de la politique, on la fera pour vous."

https://lenouvelliste.com/article/195210/la-politique-une-veine-dinspiration-pour-notre-imaginaire:

La politique, une veine d’inspiration pour notre imaginaire


Publié le 2018-11-23 | Le Nouvelliste
La politique a conduit Haïti au plus haut sommet du désespoir. C’est la politique qui tue le rêve de millions de jeunes Haïtiens et les pousse hors de cette moitié d’île. C’est la politique en Haïti qui fait manger la poussière à des millions de gens. C’est la politique qui met des armes entre les mains de nos jeunes au lieu de leur donner du pain, de l’instruction et du travail. En effet, c’est une certaine politique inconsciente qui fait le black-out sur la vie, la santé, l'environnement, le bien-être, le développement d’une collectivité évoluant sur un territoire libre, indépendant où le sang a coulé pour que l’Homme Noir trouve sa dignité.
C’est la politique qui a arraché ce cri à l’âme nègre : « Liberté ou la mort ! Liberté ou la mort ! ». Cet imaginaire nourri dans le feu sacré de la liberté ouvre la conscience sur des idées généreuses, il appelle à un pouvoir structuré harmonisé par des lois pour que la vie sur terre ne soit pas un enfer pour l’esprit et le corps.
La petite minorité qui suce à la mamelle le pays est honnie, haïe, exécrée. Elle n’a pas un beau rôle dans l’histoire qui s’écrit. L’histoire d’Haïti qui donne des ailes à l’imagination est une histoire d’unité digne de mémoire que l’on raconte continuellement pour qu’une autre vie soit possible sur cette terre que nos ancêtres nous ont léguée en héritage. L’union des Noirs et des Mulâtres pour accéder à l’indépendance d’Haïti est inscrite dans notre ADN. Elle est une page enluminée de fierté.
Aujourd’hui, regardez comme tout le monde se terre dans un trou pour se mettre à l’abri. Regardez comme on s’encaserne entre de hauts murs pour protéger sa vie et ses biens. Regardez comme tant de gens risquent leur vie dans les manifestations de rue pour que les choses changent ! Sur les réseaux sociaux, dans les médias traditionnels, l’écume de l’opinion monte, elle fait des vagues et claque le ras-le-bol d’une société qui en a marre. En paroles, en chansons, en images, en capsules audio et vidéo, le peuple revendicatif demande des comptes : « Kote kòb PetroCaribe a ? » Il remonte à tous les comptes d’avant cette lancinante interrogation : « Kote kòb PetroCaribe a ? » Regardez comme cette politique suicidaire réduit en miettes toute confiance dans l’avenir.
Est-ce qu’on n’est pas fatigué de vivre dans un pays qui se transforme jour après jour en une jungle ? Ne dit-on pas que nous sommes des homos sapiens ? Belle image qui définit l’homme tel un être sage. Si nous croyons que l’humain dans l’homme est nourri par cette sagesse, la politique pourrait se faire en Haïti autrement.
Une certaine culture de la politique en Haïti laisse croire que la politique pourrit tout. Quand l’homme prend le contrôle de cette machine qui fait de lui un dieu ou encore un démon, l’ivresse s’empare de lui ; il oublie la collectivité. Les plus vulnérables, les masses souffrantes ne font pas sens dans une politique exclusiviste. Autour de l’homme politique, à ses pieds, des flatteurs chantent ses louanges. N’est-ce pas un dieu dans un «paradis terrestre» ? Lucifer a tenu ses promesses : faire de l’homme un dieu.
« L’homme n’est ni ange ni bête... », disait Pascal. Ce support de pensée nous conduit à postuler que la politique n’est pas une affaire d’ange ou de démon, elle est plutôt la voie obligée, la voie déterminante pour amener Haïti vers sa rédemption.
Pour cette rédemption, depuis les hauteurs du pouvoir doit régner la transparence. Ainsi la politique devient cet oxygène indispensable à la vie. C’est la politique qui nous sauvera. La politique pour nourrir notre imagination ; l’arme politique comme stratégie pour dérouter les dilapidateurs des fonds publics ; la politique pour toute arme pour forcer cette société à prendre une autre voie ; une culture politique pour corner urbi et orbi que ce ne sont pas des malfrats sous couvert de beaux discours qui doivent être aux commandes de l’État ; la politique pour signifier aux partis politiques de se remembrer et prendre le pouvoir par les élections ; la politique pour pousser l’État à organiser des élections libres, honnêtes et démocratiques ; la politique pour amener le citoyen à dire sur tous les tons aux leaders politiques qu’ils sont des chefs responsables et qu’ils ont pour mission de structurer leur parti, de rassembler leurs partisans autour d’une vision, de se mettre en chemin pour que s’ouvre l’espoir, un espoir façonné par un imaginaire né dans le cœur de citoyen inspiré par des valeurs républicaines qui génèrent des idées pour une Haïti nouvelle, une Haïti digne, humaine et inclusive.
Voir ce pays poindre à l’horizon nécessite une veine d’inspiration pour notre imaginaire. Le citoyen ouvrira grand ses yeux avec Victor Cherbuliez qui a écrit dans ‘’Les hommes et les choses du temps présent’’, « Lorsqu'on ne s'occupe pas de politique, elle vous joue quelquefois le mauvais tour de s'occuper de vous ». Dans cette perspective, chacun, dans sa sphère d’action, assume la mission de faire de la politique pour que cela change. Et là, convoquons Roger Garaudy, pour sa formule inoubliable : « La politique, c’est l’affaire de tout le monde. Si vous ne faites pas de la politique, on la fera pour vous. »

20 novembre 2018

Celui qui n'est plus candidat...(1981)

Celui qui n’est plus candidat
Garaudy toujours en lutte
• par Marie-Laure SANTANDER
LORSQUE j'étais enfant, les portes des fermes bretonnes étaient grandes
ouvertes. Quiconque pouvait entrer à toute heure du jour. Dans les champs les hommes chantaient.
Aujourd'hui les portes sont closes et les hommes non seulement ne chantent plus, mais ne communiquent plus entre eux.
Ces deux images résument assez bien, je crois, notre croissance mal vécue, car dans les pays pauvres, sans bien sûr mentionner ceux où l'on meurt de faim, les gens sourient, sont accueillants et chantent. Cela nous pouvons nous en rendre compte, si nous voyageons un tant soit peu hors d'Europe ou
même en Italie du Sud ou en Espagne et Portugal.
Notre tâche est donc d'apprendre à gérer le bonheur d'être bien nourris et souvent riches de superflu.
Dans l'Evangile il est dit « qu'il sera plus difficile à un homme riche d'entrer dans le royaume des cieux, qu'à un chameau de passer par le chas d'une aiguille ».
Ceci est le problème philosophique de notre monde occidental. Comment échapper au pouvoir destructeur de la richesse mal gérée ? Celle qui rend
l'homme égoïste et aveugle de pouvoir.
Que faire pour bien gérer notre richesse ?
Roger Garaudy répond « S'arracher aux dérives suicidaires de l'actuel modèle de croissance, demande un acte de foi, un acte de foi dans l'homme ».
Comment ?« En donnant à nos vies un sens et un but. En luttant contre la croissance simultanée et complémentaire des armements et de la famine, en créant autre chose que la croissance des profits et des dominations, en la remplaçant par une autre croissance, celle de chaque homme afin que tous puissent donner un sens à leur vie. »

13 novembre 2018

La "croissance" vue par Garaudy en 1980

[En 1980, Roger Garaudy, qui tentait de se présenter à l'élection présidentielle de 1981, publie, après l'Appel aux vivants - plus de 300 000 ex vendus, prix des Deux Magots - un livre-programme, dont voici un extrait qui expose son analyse de la sacro-sainte "croissance" à l'occidentale.]


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Y a-t-il un sens à tout cela ? A tout le quotidien de notre vie ? Quel est le chef d'orchestre invisible de cette cacophonie ?
— La croissance. C'est-à-dire l'extension à la société tout entière du modèle d'organisation de l'entreprise, telle qu'on la concevait dans la première moitié du xxe siècle, celle de Chaplin dans Les Temps modernes. Une entreprise qui n'a d'autre but, quel que soit le produit qu'elle fabrique, que d'en fabriquer le plus possible.
Mais peut-être serait-il utile de définir la croissance clairement et simplement.
La croissance est fondée sur la notion la plus absurde de l'économie : celle de produit national brut (P.N.B.). En France, on utilise une notion très proche, celle de production intérieure brute (P.I.B.).

1 novembre 2018

Le 9 novembre sur France Culture

Pendant les Nuits de France Culture, plus précisément celle du vendredi 9 au samedi 10 novembre 2018  de 2h56 à 4h51.



Deux heures pour comprendre - La danse contemporaine (1ère diffusion : 19/02/1976)
Par Claude Hudelot - Avec Susan Buirge, Françoise Ferly, Anne-Marie Reynaud, Odile Azagury, Daniel Dobbels, Robert Wood, Georges Léon et Roger Garaudy 


                                          Avec les voix de John Cage, Merce Cunningham et                                                                                                         Martha Graham