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21 février 2020

A propos des "Mythes fondateurs de la politique israélienne" (suite...)

TRIBUNE LIBRE
A PROPOS DES « MYTHES », SUITE…

« L’Histoire (…) cesse d’exister si elle n’est plus recherche du vrai,  
fondée sur des documents authentiques ; elle s’évapore littéralement ; 
 
mieux : elle n’est plus que fraude et mystification. » (Régine 
 
Pernoud, "Pour en finir avec le Moyen Âge", Éd. Points, 2014, p. 123)

Il faut aussi bien évidemment une totale et inconditionnelle et véritable 
 
liberté pour l’histoire, car autrement elle cesse d’exister en tant que 
 
science positive, et cette exigence inaliénable est rappelée par le titre 
 
du livre dont est tirée la citation suivante :

« L’Histoire n’est ni une religion ni une morale ; elle ne doit pas être 
 
l’esclave de l’actualité ni s’écrire sous la dictée de la mémoire ; la 
 
politique de l’État n’est pas la politique de l’histoire. » (Pierre Nora et 
 
Françoise Chandernagor, "Liberté pour l’Histoire", 2008)


Par ailleurs le travail de l’historien est dépeint à merveille en ces 
 
termes :

« L’historien, comme le juge, occupe une position de tiers, et, de fait, 
 
aspire à l’impartialité. Mais, il s’agit là d’une aspiration nécessairement 
 
inassouvie, au sens où l’impartialité totale est impossible. L’historien ne 
 
peut, ni ne veut, porter un jugement historique - et quand bien même il le 
 
ferait, le jugement historique est par nature provisoire et sujet à 
 
controverse. Dans le prolongement, de même qu’il est impossible d’accéder à 
 
l’impartialité absolue, l’historien n’a pas les moyens d’écrire une 
 
histoire globale, qui annulerait les différences entre points de vue, une 
 
histoire unique qui embrasserait celle des exécutants, celles des victimes 
 
et celles des témoins. (…) La controverse semble donc inévitable, et 
 
l’histoire est vouée à un perpétuel révisionnisme. » (Pauline Seguin, 
 
2012 ; la citation est ici :
 http://indomemoires.hypotheses.org/3261 ; il  
s’agit du compte-rendu d’un livre de Paul Ricœur)

8 février 2020

Plaidoyer pour un livre et son auteur

Plaidoyer pour un livre et son auteur, par Marc
©Tous droits réservés. Reproduction interdite sans accord de l'auteur et de l'administrateur


Rarement un livre n'aura suscité un tel déferlement de haine, de colère et de fureur envers son auteur que l'ouvrage de Roger Garaudy '' Les mythes fondateurs de la politique israélienne'' (1). L'ensemble des médias et la classe politique française se sont unis pour lyncher et brûler sur la place publique cet écrit, et marquer son auteur du sceau de l'infamie, pour le restant de sa vie et même après sa mort. Les rares, très rares soutiens, comme l'abbé Pierre, ont été aussitôt vilipendés et jetés aux chiens ( pour reprendre la phrase célèbre du Président Mitterrand après le suicide de Pierre Beregovoy).



5 février 2020

Apartheid en Ecuador

El filósofo francés Roger Garaudy sostenía que en América Latina y en los pueblos pobres, como parte del proceso implacable de dominación, se asesinaban todos los días escritores, científicos, artistas; talentos formidables como los de Cervantes Saavedra, William Shakespeare, García Márquez, Pablo Neruda, Gabriela Mistral, Tolstoi, Dostoiyewski, Gorki, Hemingway, Stembeich, Pablo Picasso, Bethoveen, Mozart, y muchísimos otros genios singulares, con la fórmula perversa de no brindar educación, en forma planificada, a niños y jóvenes de esas sociedades.
Diego C. Delgado Jara
LIRE L'ARTICLE EN ENTIER ICI

22 janvier 2020

Deux cartes de Jeanne Mortier à Roger Garaudy

 Secrétaire et collaboratrice de Pierre Teilhard de Chardin Jeanne Mortier fut l'héritière éditoriale de son oeuvre philosophique et théologique. 

30 décembre 2019

Juan José Tamayo presenta 'Hermano Islam'

La Iglesia de El Salvador, Iglesia Evangélica Española, invita a la presentación del libro: 'Hermano Islam' (Trotta), de Juan José Tamayo, a las 19h, en la calle Noviciado, 5. En la presentación, participa el autor, junto a Alfredo Abad Heras, Pastor de la Iglesia Evangélica Española, presidente de la Comisión Permanente IEE).
Este libro reúne análisis y reflexiones representativos de lo que el autor llama su«viaje iniciático por el islam». Una andadura que conoció sus primeros frutos con Islam. Cultura, religión y política, premio Internacional de la República de Túnez, donde, desde una nueva aproximación al islam, su historia, su presencia en España y sus creencias, así como al profeta Mahoma, se articula la original propuesta de una teología islamo-cristiana de la liberación en clave feminista.
Sus posteriores encuentros con el islam han llevado al autor a explorar algunas de sus dimensiones menos conocidas. Entre ellas destacan la ilustración filosófica en al-Ándalus; el pluralismo étnico, religioso y cultural dentro del mundo árabe-musulmán; las relaciones entre islam y Occidente analizadas desde dos enfoques enfrentados, el belicista e intolerante o el dialogantee integrador; la figura del intelectual francés Roger Garaudy como ejemplo de diálogo entre civilizaciones desde una concepción sinfónica de las culturas; Córdoba, símbolo de pluriverso religioso, cultural y lingüístico, y la mística musulmana y cristiana como superación de los fundamentalismos y lugar de encuentro de religiones y espiritualidades.

24 décembre 2019

Projet de film sur Jésus, "Le sillon"

Maurice DENIS, "La Nativité", 1894
JOYEUX NOËL A TOUTES ET TOUS DANS LA FOI DE LA PAIX UNIVERSELLE


21 décembre 2019

L'ayatollah Khamenei et Roger Garaudy, 21 ans après

D’après AFP
Le guide suprême iranien l’ayatollah Khamenei a reproché lundi à la France le sort réservé à Roger Garaudy, condamné il y a 21 ans pour « contestation de crimes contre l’humanité ».
« Roger Garaudy, philosophe français, a remis en question dans son livre [« Les mythes fondateurs de la politique israélienne »] le nombre des victimes de l’Holocauste », peut-on lire dans un twitt en français sur le compte de l’ayatollah. « Le gouvernement français a […] traîné cet auteur devant le Tribunal. Voilà les porte-drapeaux de la liberté d’expression ! ».
Le site internet en français du leader iranien publie un article « à l’occasion de l’anniversaire de la condamnation de Roger Garaudy par le tribunal de Paris, pour avoir posé des questions sur l’Holocauste », article qui a pour titre « Qu’est-ce que l’ayatollah Khamenei a dit à Roger Garaudy au sujet des juifs et des sionistes ? » le 20 avril 1998 à Téhéran. Lors de cette rencontre, M. Khamenei avait dénoncé la « contradiction dans le comportement des Américains et des Européens, qui dénoncent le racisme contre les juifs mais soutiennent les sionistes qui ont un comportement similaire à celui des nazis ».
Roger Garaudy, mort en 2012, avait été condamné le 16 décembre 1998 par la cour d’appel de Paris à 9 mois de prison avec sursis et 160 000 francs d’amende (32 000 euros) pour contestation de crimes contre l’humanité et provocation à la haine raciale  pour son livre « Les Mythes fondateurs de la politique israélienne ». Dans ce livre, Garaudy écrit que l’extermination de six millions de juifs par les nazis durant la deuxième guerre mondiale est un  des « mythes » servant à justifier « les exactions de l’Etat d’Israël en Palestine ». 

20 décembre 2019

Résumé de la thèse de Didier GAUVIN sur Roger GARAUDY

"Après avoir atteint l'excellence en tant qu'intellectuel de parti stalinien pendant la Guerre froide, Roger Garaudy s'est construit comme intellectuel "véritable" contre la doxa du PCF qu'il était pourtant chargé d'incarner, à la faveur de son autonomisation suite au choc du XX° Congrès du PCUS périmant sa foi en Staline. C'est ainsi que la résurgence progressive de son habitus théologico-philosophique a fait de lui l'homme du dialogue par excellence adapté à la démarginalisation du PCF dans le champ intellectuel des années 1960. Mais si son engagement sur la tangente hérétique a fait de lui l'un des intellectuels communistes poussant le plus loin le projet de rénovation du PC en offrant une véritable stratégie alternative à celle du Parti après 1968, l'exclusion qui s'en est suivie s'est traduite par un retour du refoulé religieux qui, couplé à la posture prophétique d'un intellectuel désormais excentré dans le champ intellectuel français, a largement contribué à la délégitimation de l'ancien philosophe du PC avant même sa radicalisation ultime qui a achevé de le disqualifier suite à sa condamnation pour négationnisme."


Lire et télécharger la thèse ICI

ou me contacter (formulaire colonne de gauche du blog)

12 décembre 2019

Créateurs de l'avenir

« Nous souffrons de vivre dans un monde sans but. Ce quon appelle la politique de croissance est une politique pour laquelle le fonctionnement de la machine est le but. Même si c’est une machine inutile, nuisible, ou mortelle. (…) Croissance pour quoi ? Croissance pour qui ? Pour les profits de quelques-uns par la manipulation et le conditionnement de tous. Il n’est pas vrai que la croissance économique permette de surmonter les crises : elle les engendre. Elle conduit à une répartition de plus en plus inégale du pouvoir et des privilèges. Il n’est pas vrai non plus qu’on puisse arrêter la croissance alors que des milliards d’hommes n’ont pas encore les moyens d’une vie proprement humaine. Il ne s’agit pas d’arrêter la croissance mais de l’orienter pour qu’elle serve non l’abaissement de l’homme mais son épanouissement. (…) Nous voulons que notre vie ait un sens, notre histoire un but. Nous voulons que chacun de nous participe à la découverte de ce sens, à la réalisation de ce but. Nous voulons que l’histoire de tous soit faite par tous et non imposée par quelques-uns. (…) Les peuples sont désormais adultes. Il devient de plus en plus intolérable que leur histoire et leurs vies soient décidées et faites par d’autres qu’eux-mêmes. Il est aujourd’hui nécessaire que chacun participe, autrement que par un vote illusoire tous les quatre ou sept ans, aux décisions majeures dont dépend son destin. Il est possible de créer une culture et une formation qui aident chaque homme et tous les hommes à être créateurs de l’avenir. Il est possible de changer la vie. Avec vous, par vous, là où vous êtes l’avenir et l’espérance peuvent commencer à exister, aujourd’hui. »

Roger Garaudy, Le Projet Espérance, Ed. Robert Laffont, 1976.   
(L'appel dont est extrait ce texte   est à lire ICI en entier)     

4 décembre 2019

Cheikh Mahmoud Bouzouzou

LA COMMUNAUTÉ MUSULMANE D'EUROPE SE SOUVIENT : Le savant Algérien Cheikh Mahmoud Bouzouzou (Extraits)


Le savant Algérien, Cheikh Mahmoud Bouzouzou, le chef spirituel de la guerre de libération, a servi l'arabe et s'est consacré à l'islam en Occident durant un demi-siècle. Au cours des dernières années, cinq conférences en mémoire du Cheikh Mahmoud Bouzouzou ont été organisées par l’Association Cheikh Mahmoud Bouzouzou en collaboration avec la communauté musulmane de Suisse. Certains des compagnons de Cheikh Mahmoud Bouzouzou d’Europe et du Maghreb y ont été invités et quelques-uns de ses collègues d’Algérie y ont marqué leur présence, notamment les regrettés Abdelhamid Mehri, Cheikh Abderrahmane Chibane, le Professeur Bouamrane Chikh, qu’Allah leur fasse miséricorde, et Cheikh Larbi Kechat, qu’Allah le garde, ainsi que d'autres professeurs, collègues et disciples du Cheikh en Suisse et en Europe.

...
  
Contribution à la traduction du Coran en français et conversion à l’islam du philosophe français Roger Garaudy 
Cheikh Bouzouzou a contribué aux traductions du Coran de Jean-Louis Michon et d’autres. Il a également participé dans la production et la rédaction de nombreux ouvrages et études avec des non-musulmans. Certains d’entre eux ont embrassé l’islam grâce à lui, et notamment le philosophe français Roger Garaudy, qui a bénéficié pendant plusieurs années de la bibliothèque et de l’accompagnement de Cheikh Bouzouzou, avant de publier des dizaines d'ouvrages importants, notamment sur l'islam après sa conversion. Le rêve de Garaudy était d'unir les trois religions: l'islam, le christianisme et le judaïsme, car il considérait qu'il y avait un message commun entre elles, comme nous l'ont dit certains des disciples de Cheikh Bouzouzou.  Cheikh Bouzouzou a également participé dans de nombreuses œuvres culturelles avec d’autres auteurs, tels que le journaliste et écrivain suisse Roger Dupasquier et son livre Découverte de l’islam. Ce dernier s’est également converti à l’islam et est devenu, avec sa plume et sa langue, un de ses fervents défenseurs en Occident. Et ce n’est pas un secret que Malek Bennabi avait choisi Mahmoud Bouzouzou pour traduire son livre Le phénomène coranique, mais ce dernier s’est excusé en raison de ses nombreuses occupations et voyages, et c'est l'Egyptien Abdassabour Chahine qui le traduisit. 

    
Les religions monothéistes ont pour source un seul Dieu, telles des cours d’eau qui proviennent d’une même source 
En Suisse, Cheikh Bouzouzou a contribué à la création du Comité consultatif des religions en 1968. Ce conseil a réuni un groupe d’intellectuels et d’écrivains de différentes religions, dont le théologien et pasteur protestant Henry Babel, auteur de plus de quarante ouvrages, considéré comme l’un des théoriciens du christianisme en général, et du dialogue interreligieux en particulier. Il fut en relation avec Cheikh Bouzouzou pendant des dizaines d’années. Dans l’hommage qu’il lui a rendu il y a sept ans, il a énuméré les points communs des religions monothéistes et a rappelé la nature encyclopédique de Cheikh Bouzouzou en disant : « Cheikh Mahmoud est une véritable bibliothèque diversifiée et complète et englobe toutes les branches de la connaissance. » […]. « Sa maîtrise des langues arabe et française lui a permis de comprendre sa religion islamique et de dialoguer avec les Occidentaux dans une langue française éloquente. » À cette occasion, Henry Babel avait conclu son hommage en disant que « Cheikh Bouzouzou était une personne ouverte au dialogue et son raisonnement était très puissant. Il mérite d’être un exemple à suivre à travers les générations afin de réorganiser un dialogue interreligieux actuellement au point mort pour des considérations politiciennes aussi fragiles qu’une toile d’araignée. » Il a également rappelé la célèbre phrase de Cheikh Bouzouzou selon laquelle « les trois religions monothéistes ont pour source un seul Dieu, telles des cours d'eau qui proviennent d’une même source, comme le Rhône et le Rhin, qui proviennent d'une même source en Europe et se déversent dans la Mer Méditerranée ».   
...
 En conclusion, les organisateurs de la conférence ont annoncé leur volonté de mettre sur pied   l’année prochaine une journée d’étude sur les exemples d’efforts fournis par les érudits et les réformateurs en vue de la coexistence entre les peuples à travers les générations en Europe. 

 

Mohamed Mustapha Habes / Genève 
Article source à lire en entier: ICI

25 octobre 2019

Monothéisme du marché...


Intervention de Jamel El Hamri sur la radio France Maghreb 2 dans l'émission "Le Grand Forum" animée par Christophe Frot du lundi au vendredi de 16h a 18h (aout 2019.

22 octobre 2019

"La personne et l'oeuvre de Roger Garaudy n'ont pas cessé de fasciner les uns et rebuter les autres...."

Serge Perottino, Roger Garaudy et le marxisme du XXe siècle. Présentation, choix de textes, biographie, bibliographie ,Paris, Seghers, 1969

Revue Philosophique de Louvain. Quatrième série, tome 74, n°22, 1976. pp. 331-332
La personne et l'oeuvre de Roger Garaudy n'ont pas cessé de fasciner les uns et rebuter les autres. C'est que Garaudy représente, dans un sens, ce que l'homme de notre siècle a été appelé à expérimenter et à vivre : il intéresse par son activité comme marxiste venu du christianisme, comme militant communiste, comme député, comme voyageur aux quatre coins du monde rencontrant différents personnages de la scène politique ou de hautes personnalités du savoir; et aussi par son oeuvre sociologique et surtout philosophique. Serge Perottino nous propose une étude de cette philosophie, de son début jusqu'à 1968. Il s'efforce de montrer comment le comportement concret de Garaudy en est la réalisation conséquente. La philosophie de R. Garaudy est régie par deux principes fondamentaux : la subjectivité et la transcendance. C'est-à-dire, pour notre philosophe, c'est l'homme qui est l'acteur de l'histoire. Mais cet homme n'est pas une entité figée. Pour que l'homme soit vraiment lui-même, il faut que son initiative soit une création continue de son histoire. Dans ce sens, aucun système, même le plus révolutionnaire, ne peut l'empêcher de prendre le risque de vivre consciemment et d'assumer sa responsabilité historique. Mais l'homme ne peut être une subjectivité vraie qu'à condition de pouvoir
dépasser ce qu'il est, de devenir transcendance. La subjectivité exige l'ouverture, le dialogue et le courage de faire marche arrière pour reprendre son chemin. La transcendance renvoie, de son côté, à la subjectivité, car l'homme n'est transcendance qu'à condition de se vouloir création consciente du réel. Bien sûr, on se trouve devant une philosophie qui s'inspire consciemment du marxisme. Roger Garaudy a toujours cru que le marxisme est la meilleure manière d'approcher la réalité et l'histoire. Toutefois, il se défend de reproduire tout simplement le schéma marxiste. C'est pour cette raison qu'on ne devrait pas s'étonner, une fois qu'on a saisi le double aspect de cette philosophie, si le chemin parcouru par R. Garaudy est plein d'enseignements.


John L. Borg

Rappel de la ligne éditoriale

©Roger Garaudy A contre-nuit. Droits réservés. Reproduction autorisée avec mention de  la source
La ligne éditoriale du blog découle de la synthèse présentée ci-dessous  entre les deux versions de la Déclaration des Devoirs rédigées en 1997 puis en 1998 par Roger Garaudy. Cette synthèse reprend les termes exacts de l'auteur, sans y ajouter quoi que ce soit. Seul l'ordre des paragraphes de la déclaration de 1997 a été modifié. Le texte de 1998 est surligné en marron.

La différence fondamentale entre l'évolution biologique et l'histoire humaine, c'est que l'homme n'a pas fait la première alors que la seconde est son œuvre.
L'homme n'a donc pas seulement une nature; il a une histoire. Il est habité, qu'il en soit conscient ou non, par toutes les créations antérieures de la culture humaine. Il est bénéficiaire et responsable de cet héritage. Ceci comporte le devoir de participer de façon créatrice à son enrichissement pour continuer cette humanisation de l'homme.
Distinguant l'homme de l'animal, ce devoir est le fondement de tous les autres.


L'Humanité, dans la diversité de ses composantes, est un tout indivisible.
Le devoir primordial des communautés et de leurs membres est de servir cette unité et son développement créateur.

Il exclut toutes les tyrannies et garantit tous les droits.
Il exclut toute prétention à l'exclusivité et à la domination d'une croyance, d'une nation, d'un groupe comme d'un individu. L'humanisation de l'homme étant l'oeuvre des cultures de toutes les familles de la terre, tous nos devoirs s'ordonnent en fonction de cette universalité : toute action et toute pensée ne peut acquérir valeur humaine que si elle tend à donner à tout enfant, à toute femme, à tout homme, quelles que soient sa culture d'origine, sa foi ou son terroir natal, les moyens économiques, politiques, culturels ou spirituels de développer toutes les possibilités humaines, créatrices, qu'il porte en lui.
Toute organisation sociale qui se veut humaine ne peut avoir d'autre but. Est ainsi abolie, comme négation tribale de l'unité humaine, la prétention de quiconque à s'autoproclamer « peuple élu ».

Il garantit la liberté d'expression à tout humanisme (c'est-à-dire à toute doctrine servant les intérêts de l'humanité comme un tout), comme la liberté d'expression, de foi ou de pratique à toute religion (c'est-à-dire à toute croyance attribuant une origine divine à cette unité) ; à toute aspiration nationale apportant la contribution de sa culture spécifique à la symphonie de cette unité mondiale ; à l'épanouissement, en tout individu (quel que soit son sexe, son origine, sa vocation) de toutes les possibilités créatrices qu'il porte en lui.

20 octobre 2019

Muerte y marxismo humanista

Juan Luis Ruiz de la Pena, Muerte y marxismo humanista. Aproximaciôn teolôgica (Agora). Salamanque, Ed. Sigueme, 1978.
Revue Philosophique de Louvain. Quatrième série, tome 78, n°39, 1980. pp. 460-461

Il s'agit, à partir d'une anthropologie philosophique ou de ce que Adam Schaff appelle la philosophie de l'homme, de reconnaître et de défendre, en unissant thèses chrétiennes et marxistes, le concept d'humanisme contre les tendances déshumanisantes, donc antihumanistes, qui se font jour actuellement, spécialement dans le rationalisme scientifique. L' (auteur). croit à la rencontre de ces thèses qui expriment des préoccupations, des convictions communes. Le point de départ est le fait de la mort que ne peut escamoter aucune anthropologie. Certes, la mort pose à l'homme des questions troublantes et l'affecte même d'un coefficient de finitude, c'est-à-dire de nullité ontologique. Ni Prométhée, ni Titan ne peuvent éluder sa fatale nécessité. Plus profondément: la finitude de l'homme ne prouve-t-elle pas la fin à venir de l'humanité? Le jeune Marx pose nettement le problème: «La mort apparaît comme une dure victoire de l'espèce sur l'individu et paraît contredire l'unité de l'espèce; mais l'individu déterminé est seulement un être générique déterminé et, comme tel, mortel».
Afin d'étayer sa recherche, l'(auteur) se réfère à Roger Garaudy, c'est-à-dire à une théorie marxiste de la subjectivité. A une espérance sans Dieu répond ainsi un humanisme qui accepte une certaine transcendance de la personne; à la mort de l'homme, s'oppose la résurrection de l'humain qui permet le choix et le risque de créer. Le sens de la vie devient une intégration dans la totalité par l'amour. Cependant, il reste difficile de définir la mort: continuité biologique ? rationalisation de la vie? A l'intérieur d'une anthropologie à laquelle des penseurs comme Ernst Bloch, Kolakovski, Schaff et Garaudy donnent une coloration religieuse, l'humanisme marxiste récupère les notions de sujet et de transcendance, de vie et de mort. L'(auteur) lui oppose la réponse chrétienne : la résurrection du Christ apportant la réponse de Dieu à la mort de l'homme. Alors le mystère de la mort devient le mystère même de la personne, celui-ci étant le mystère de la transcendance divine. Demeure la vraie question: le marxisme peut-il accepter cette conclusion, et plus généralement, l'humanisme n'est-il pas le contrepied absolu de toute religion révélée? L'espérance fondée sur un néant est-elle encore une espérance?


André Reix.

1 octobre 2019

Les femmes, la vie et l'amour

par Geneviève Gontier
In: Population, 24e année, n°2, 1969. p. 378

Les femmes, la vie et l'amour. Semaine de la pensée marxiste à Bruxelles (16, 17, 20, 21 février 1967)
Paris, Éd. du Pavillon [1968]
Le thème de cette semaine était : « La femme et ses responsabilités dans le monde actuel ». Préfacé par Roger Garaudy, directeur du Centre d'études et de recherches marxistes à Paris, cet ouvrage est le compte-rendu des exposés, ainsi que de certaines interventions du public, lors de cette réunion. Dix orateurs ont pris la parole, dont les propos s'orientaient autour de quatre grands axes :
— le premier, « Travail égal, salaire inégal », donnait lieu à un rappel historique, à une prise de conscience de la situation actuelle et à l'adoption d'un certain nombre de recommandations ;
— le second, « La femme dans l'art », étudiant nettement le problème de la femme objet, déclare un peu rapidement que l'art est destiné aux mâles et insiste sur les difficultés sociales que rencontrent les femmes qui ont un tempérament artistique ;
— le troisième, dont le titre est le même que le titre général, faisait le tour des sujets trop importants pour être notés en si peu de phrases : le travail de la femme, la vie du couple et la contraception;
— le quatrième enfin, « La femme et ses responsabilités », envisage la rédaction du statut social de la femme, examine la participation des femmes à la vie économique, sociale et politique.
En conclusion, il faut faire appel à la justice et à l'amour fraternel, pour donner aux femmes leur place dans la société.


G. Go.

26 septembre 2019

Un livre de 2000 dans la pleine actualité de 2020...

LE XXIe SIECLE
Suicide planétaire ou résurrection ?
L'avenir n'est pas ce qui sera mais ce que nous ferons. Yehudi
Menuhin, dans l'un de ses premiers discours à la chambre des Lords,. « Défense du sacré », a posé le problème central. L'avenir se construit d'abord dans la conscience des hommes, dans la foi, qui est la recherche du sens et des fins dernières de la vie, et dans l'action pour l'accomplir. Cette réflexion a des antécédents prestigieux.
Or aucune religion institutionnelle ne répond aujourd'hui à
cette question fondamentale pour la construction de l'avenir. Il y a plusieurs religions, comme il y a plusieurs cultures, mais une seule foi.
Ici des hommes de foi maîtres du dialogue inter-religieux
s'expriment, à partir de leur vécu du XXe siècle :
-Yehudi Menhuin (1914-1999), fils du rabbin Mosché
Menhuin, auteur de La décadence du judaïsme.
- Roger Garaudy (1913), initiateur du dialogue entre chrétiens et marxistes avant le concile Vatican II, auteur par exemple de De
l'anathème au dialogue.
- Le Père blanc Michel Lelong (1925), auteur notamment de Si
Dieu l'avait voulu (sur l'unité de la foi), et, récemment La vérité rend
libre (éd. Olivier de Guibert).
- Raimundo Pannikar (1918-1998), de parents indien et
catalane, auteur de plus de trente livres dont La trinité et l'expérience
religieuse et Le silence de Bouddha.
- Dom Helder Camara (1909-1999), ex-archevêque de Recife,
l'un des fondateurs de la théologie de la libération.
- Leonardo Boff (1938), franciscain brésilien qui a quitté
l'Église, auteur entre autres de La face maternelle de Dieu, Écologie et
pauvreté, Avec la liberté de l'Évangile.
- Le rabbin Elmer Berger (1908-1996), ex-président de la « Ligue
pour le judaïsme aux États-Unis », puis directeur de la revue

Alternative au sionisme.

16 septembre 2019

L'éducation, la culture, le dialogue...

Tous droits réservés © Laval théologique et philosophique, Université Laval, 1984 Ce document est protégé par la loi sur le droit d’auteur. L’utilisation des services d’Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d’utilisation que vous pouvez consulter en ligne.
Cet article est diffusé et préservé par Érudit.
Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. https://www.erudit.org/fr/
Laval théologique et philosophique
Compte rendu de Valdemar Cadó (EXTRAIT)
Volume 40, numéro 1, février 1984
Éditeur(s)  Faculté de philosophie, Université Laval
ISSN 0023-9054 (imprimé)  1703-8804 (numérique)
Cadó, V. (1984). Compte rendu. Laval théologique et philosophique, 40, (1), 128–131. https://doi.org/10.7202/400077ar

Mohamed BEDJAOUI, Helder CAMARA, Roger GARAUDY, Joseph KI-ZERBO, Lucien MORIN, Aurelio PECCEI, Han SUYIN
Éduquer au
dialogue des civilisations, Les Éditions du
Sphinx, St-Jean-Chrysostome, Québec, 1983

Cet ouvrage collectif, dans sa partie principale, reproduit les propos tenus lors d'une table ronde intitulée «Pour un dialogue des civilisations», dans le cadre du Congrès Mondial des Sciences de 
l'Éducation, à Trois-Rivières, Québec, en juillet 1981. Cette partie centrale est précédée d'un texte d'« introduction», et suivie de deux autres textes qui n'ont pas été lus lors du congrès, mais qui s'y rapportent.
Comme le titre l'indique, ce petit livre porte essentiellement sur le dialogue entre les différentes cultures. On y trouve donc à la fois la défense des diversités et l'affirmation de leur complémentarité.
Incidemment, on y rencontre des critiques sévères de «l'action civilisatrice» de l'Occident qui très souvent a oublié ces deux aspects fondamentaux du dialogue, en imposant de force sa façon de voir et de concevoir la vie et le développement humain et du monde.