25 décembre 2018

Roger Garaudy. Discours au Congrès international de la danse. Valladolid, 1992

TEXTE DU DISCOURS INAUGURAL CONGRES INTERNATIONAL DE LA DANSE
VALLADOLID LE 19 Octobre 1992
Roger GARAUDY

Martha Graham
Il n'y a d'art que sacré, car dans quelque religion que ce soit dire: DIEU c'est dire: la vie a un sens.
Non pas un sens déjà écrit avant nous et sans nous.
Mais l'exigence de rechercher à tous risques ce sens. Tout art véritable nous somme de poser la question du sens de notre vie, et projette devant nous de nouveaux possibles.
MARTHA GRAHAM disait que la danse doit pouvoir dire en son langage ce que MICHEL ANGE ou SHAKESPEARE ont dit dans le leur.
La danse est la synthèse de tous les arts, parce que tous les arts requièrent la participation de l'homme entier, et d'abord de son corps.

20 décembre 2018

Thomas Munzer: un prophète communiste

Chapitre 5 (« Conclusion et la moitié du royaume ») de « Thomas Munzer, théologien de la révolution » d’Ernst BLOCH

N'ayons plus égard qu'à ce principe, laissons ce qui est mort. Rien ne nous retient plus là où le festin est terminé, nous allons de l'avant, nous nous projetons en rêve dans notre avenir. L'élan vital de notre temps, immensément accru, se nourrit déjà à de nouvelles sources ; son évidence incontestable instaure une foi secrète, encore cachée.

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Si de puissantes forces réussissent à prendre appui sur cette foi, l'homme enfin quittera le sol, il s'élancera vigoureusement vers les hauteurs. Nous ne sentirons plus le poids de notre vie, nous lui échapperons, elle qui est de plus en plus asservie à la machine et à la domination, à la domination finalement libératrice de l'inessentiel. Cette force qui créa la machine et qui, transformant le vouloir, pousse vers le socialisme, c'est elle justement qui instaure aussi cette autre réalité mystérieuse, encore latente dans le socialisme, que Marx a méconnue, qu'il ne pouvait point ne pas méconnaître s'il voulait en finir à jamais avec la misère et le hasard, mais qui hante nécessairement, dans l'Allemagne de Munzer et en Russie, le souvenir hérité de son révolutionnarisme religieux. Certes pourtant l'ennemi reste en vue, retranché encore dans le solide complexe des puissances industrielles du militarisme ; mais son idéologie est dès à présent réduite en miettes, et surtout de ce dernier réduit il sera plus aisé, plus rationnel de le déloger que de l'antique fortin, incoordonné, corporatiste, petit-bourgeois et féodal, sur lequel se brisa autrefois l'élan révolutionnaire des Baptistes. Le monde des puissances économiques et politiques qui nous entoure - si perfide, si étranger aux valeurs, longtemps auréolé par l'éclat mensonger d'une « culture », qui n'était que l'inconsistante atmosphère de luxe réservée à la classe dominante - est à présent enfoncé, privé de tout point fixe, dénué de toute valeur téléologique pour ceux qui dépendaient de lui et qui lui fournirent jusqu'ici son idéologie. Un dynamisme interne l'entraîne à la perte de ses propres forces, en direction d'un horizon constructif, ouvert à tous les opprimés, aux victimes de tous les mensonges accumulés depuis la Guerre des Paysans et le gothique tardif, à tous les impératifs de la volonté d'absolu.

Ainsi le cours des événements ne saurait faire plus longtemps obstacle à la vertu, à la justice, à tout ce qui est l'objet d'une juste prémonition. Mais la force centrifuge de ce même mouvement libérateur entraîne l'humanité effervescente jusqu'à son vrai domaine et voici que s'étend devant elle l'immensité des mondes supérieurs, ceux du pressentiment, de la conscience morale et de ce qui constitue la moitié du Royaume. Le temps revient, le choc prolétarien de l'Occident le fait renaître ; en Allemagne et en Russie, il connaîtra son plein essor : là les peuples sentent la présence d'une lumière qui chasse les plus épaisses ténèbres, qui brusquement replace au centre le plus voyant tout ce qu'on avait oublié, les réalités célestement souterraines, - qui érige enfin le secret de l'hérésie en évidence publique puissamment efficace, en pôle et en principe directeur de la société. Elle attend qu'on écoute sa voix, cette histoire souterraine de la révolution dont le mouvement s'amorce déjà dans la bonne direction, mais voici que les Frères de la Vallée, les Cathares, les Vaudois, les Albigeois, l'abbé Joachim de Calabre, les Frères du Bon Vouloir, du Libre Esprit, Eckhart, les Hussites, Munzer et les Baptistes, Sébastian Franck, les Illuminés, Rousseau et la mystique rationaliste de Kant, Weitling, Baader, Tolstoï, voici que tous unissent leurs forces, et la conscience morale de cette immense tradition frappe derechef à la porte pour en finir avec la peur, avec l'État, avec tout pouvoir inhumain. Voici que brille l'ardente étincelle qui ne s'attardera plus, obéissant à la plus sûre exigence biblique : ce n'est point ici bas qu'est notre demeure, nous cherchons une demeure à venir1. Un nouveau messianisme se prépare, enfin familier à la migration et à la véridique puissance de notre nostalgie : non point aspiration à la tranquillité du sol ferme, des œuvres figées, des fausses cathédrales, d'une transcendance recuite, coupée maintenant de toutes ses sources, - mais aspiration à la lumière de l'instant même que nous vivons, à l'adéquation de notre émerveillement, de notre pressentiment, de notre rêve continu et profond de bonheur, de vérité, de désensorcellement de nous-même, de déification et de gloire intérieure. Jamais le ciel ne serait si sombre au-dessus de nous sans la présence d'un orage absolu, d'une lumière centrale et la plus immédiate de toutes ; mais, par là même, notre au-delà s'est déjà nommé et nous l'avons entendu ; encore caché derrière une mince muraille craquelée, voici le nom le plus intime, Princesse Sabbat, supérieur à celui de tous les dieux qui nous abandonnèrent ici-bas avec le simple palliatif d'un miracle larmoyant et rageur. Haut dressé sur les décombres d'une civilisation ruinée, voici que s'élève l'esprit de l'indéracinable utopie, assurée pour la première fois de son propre pôle, la plus intime des Ophirs2, des Atlantides, des Orplids3, dans la demeure de son absolue manifestation communautaire. Ainsi s'unissent finalement le marxisme et le rêve de l'inconditionné, allant du même pas, incorporés dans le même plan de campagne - puissance de progrès et fin de tout cet univers ambiant où l'homme ne fut qu'un être accablé, méprisé, anéanti - reconstruction de la planète Terre, vocation, création, saisie violente du Royaume. Avec tous les Millénaristes, Munzer reste celui qui appela les hommes à cet orageux pèlerinage. Il ne peut être question d'une simple vie nouvelle infusée à une ancienne réalité : l'espace s'offre à tous les débordements ; s'ouvrent à nous le monde et l'éternité, le
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nouveau monde de la ferveur et de la percée, de la lumière largement et tumultueusement diffusée à partir de ce qui est en l'homme sa part la plus intime. A présent il est impossible que n'advienne point le temps du Royaume ; c'est vers ce temps que rayonne en nous un esprit qui refuse toute démission, qui ignore toute déception. Nous avons suffisamment vécu l'histoire du monde, nous avons assez connu, nous avons trop, beaucoup trop connu de formes, de cités, d'oeuvres, de fantasmagories, d'obstacles nés de la culture ; voici que se dresse librement une autre vie, une vie irrésistible ; voici que faiblit le mince arrière-fond de la scène historique, de la scène politique, de la scène culturelle ; voici que se manifestent l'âme, les profondeurs, par-dessus tous les espaces du ciel où se situaient nos rêves, étoilées depuis le sol jusqu'au zénith, voici que se déroulent les véritables firmaments et que s'élève inlassablement la voie de notre destin, jusqu'à ce mystérieux emblème vers lequel se meut, depuis le commencement des temps, la sombre, l'inquiète, la lourde terre.


Editions Les prairies ordinaires, Collection Singulières modernités, 2012, pages 297 à 300

13 décembre 2018

Un nouveau Jésus-Christ

Dire que vous pensiez bien connaître le personnage le plus illustre de tous les temps ! Vous allez en découvrir de belles, et corriger bien des erreurs !


11 septembre 2001. Puis, en France, Charlie, Nice, le Bataclan. Crises identitaires, flux migratoires, craintes sécuritaires, bouleversements politiques, lourdes incidences économiques... l'essentiel de notre actualité s'enracine désormais dans le fait religieux.

Là où il faudrait comprendre, le regard français se détourne, vouant tout Credo, au mieux à l'ombre ou plus souvent aux gémonies, selon des analyses guère encombrées d'examens contradictoires.

À l'anti-cléricalisme salutaire de 1900 succède une anti-religiosité volontiers christianophobe. Naguère assez unanimement vénérée, la personne de Jésus-Christ relève dès lors du lazaret, tandis que des bateleurs de foire prétendent nier son existence. De son héritage, l'ignorance crasse d'une majorité de commentateurs  retient d'abord les fourvoiements, exacts contraires du message original.

Deux obscurantismes contribuent à alimenter ce rejet : un fonda-mentalisme chrétien prenant l'esprit de l'Évangile pour la lettre ; un athéisme dogmatique nourri des errements, rééls ou supposés, des "croyants".

Comment rendre compte d'une révélation si utile à la marche du monde ?

Depuis un siècle et demi, des  spécialistes chrétiens, juifs ou agnostiques se sont appli-qués à  reconsidérer l'Évangile  à la lumière, non des dogmes mais de la raison.

"Le suaire arraché aux ténèbres" restitue la synthèse de leur inappréciable recherche critique, restée à peu près inconnue du public. Destiné aux esprits curieux de vérité, le livre permettra à beaucoup de quitter l'ignorance abyssale où les tiennent des "sachants" ne sachant rien. Apparaît alors le témoignage intemporel d'un Jésus-Christ plutôt homme que Dieu, porteur d'une philosophie destinée à une humanité consciente de son destin. Un éclaireur aux antipodes des déclinaisons aventureuses qui se sont méprises sur son message.

Rédigé par un  chrétien frondeur, l'ouvrage s'adosse à la relecture et la préface d'un jésuite reconnu, auteur d'une douzaine d'ouvrages. Cet attelage inusité offre la garantie du sérieux et de la probité pour un travail de  vulgarisation destiné à un large public.


11 décembre 2018

Roger Garaudy:L'important n'est pas le sujet mais le langage


Marc Chagall, Esquisse pour "La Guerre", Gouache et encre de Chine, 1964

Une oeuvre d'art n'est pas politique par son sujet. Pas plus, d'ailleurs, qu'elle n'est religieuse par son sujet.
Un portrait de Louis XIV par Rigaud est service de courtisan.
Une peinture de bataille d'Horace Vernet est affaire de journaliste.
Une sculpture d'Arno Brecker ou un tableau du «réalisme socialiste» relèvent, avec   plus ou moins de bonheur, de  la propagande.
Ce qui n'exclut nullement que, de l'icône de l a Trinité de Roublev à l'oeuvre de Daumier, des «Odes mystiques» de Roumi aux romans de Dostoïevski, du «Cuirassé Potemkine» d'Eisenstein au «Guernica» de Picasso, des poèmes de Claudel à ceux d'Aragon ou de Neruda, la foi ou la politique n'aient inspire des chefs-d'oeuvre. Ni le génie du Greco ni celui de Goya n'ont été ternis par la ferveur mystique ou la résistance nationale et politique.
Le problème des rapports de l'art et de la politique, comme de l'art et de la foi, se situent sur un autre plan que celui de sujet. Je ne connais pas de grand art qui ne soit, à la fois, politique et religieux. Politique parce qu'il interpelle une communauté, religieux parce qu'il ouvre, dans la vie, une brèche de transcendance.
L’Iliade est une épopée politique parce qu'elle appelle le  peuple grec à la conscience de son  unité et de ses valeurs, tout comme  Shakespeare réalise un théâtre politique en donnant à une nation le sens de la continuité de son message  historique, et, dans Hamlet, le pressentiment de ses contradictions et de ses ruptures.
Les «sujets» n'y sont pour rien. Bruegel peut  peindre la «Montée au Calvaire» ou Grunewald le Retable d'Isenheim, nul ne peut  s'y tromper: il s'agit de la «levée des gueux», de la résistance des Flandres, ou de la «Théologie de la révolution» de Thomas Munzer, et de la «Guerre des paysans».
Une création n'est ni politique ou religieuse ni comme «reflet», plus ou moins «embelli», d’un ordre existant, ni comme «projet» qui ne serait que le prolongement ou l'idéalisation de cet ordre, ou le cri de guerre d'un tract d'opposition. Ni sucrerie de Saint-Sulpice, ni  gesticulation «contestataire».
"Esperenza", sculpture sur bois de Segundo Guttierez
Une oeuvre est indivisiblement politique et création de la foi par son pouvoir d 'interpellation.
Interpellation d'une communauté et pas d'un cénacle (j'appelle «cénacle» un groupe
élitiste qui situe une oeuvre par rapport à une école ou un «style», et non par rapport à un mouvement historique global). Giotto ou Duccio, Balzac ou Hugo interpellent une communauté. Ingres ou Dali sont au service de la suffisance et de l'autosatisfaction d'un cénacle. Un masque africain est, à mon sens, l'exemple typique d'un art politique et religieux: condensation des énergies de la nature, des ancêtres, des dieux, il irradie, par la danse, effectuée sous le masque, cette énergie dans toute la communauté.
Interpellation et appel à la rupture, à la transcendance. Par la prise de conscience des mouvements profonds d'une époque, de ses angoisses et de ses espoirs, de ce qui meurt en elle, par la satire, comme Cervantes, ou le symbole, comme Kafka, ou de ce qui naît en elle et préfigure l'avenir, comme l'amour des poètes d'Occitanie, la foi visionnaire de Rembrandt , ou la réalité devenant tourbillon de lumière avec Delaunay.
Il n'y a d'art politique (ou religieux) que l'art prophétique, celui qui nous aide à inventer l'avenir en nous désignant une réalité plus réelle que le réel: celle du possible.
Cette politique et cette foi ne s'expriment, à chaque époque, en oeuvre d'art, qu'en inventant le langage nouveau donnant à cette «interpellation» sa plus grande puissance d'étonnement et de percussion. Dire un avenir neuf exige une nouvelle manière de le dire à un peuple neuf. Le génie consiste à inventer à la fois le message et le langage.
C'est pourquoi la pratique des arts et l'esthétique (comme réflexion sur l 'acte créateur) doivent, à mon sens, constituer la base de toute éducation  il n'y a pas d'enseignement plus révolutionnaire que d'apprendre à un enfant à aborder le monde on pas comme une réalité donnée, toute faite, mais comme une oeuvre à créer.


Article de Roger Garaudy dans la Revue hebdomadaire « Arts », 3 juillet 1981, p.7
[Les tableaux illustrent l'article du blog, non l'article de Garaudy dans la revue]

Picasso, "Les femmes d'Alger", 1955

9 décembre 2018

"Egregio Prof. Garaudy..."

Plusieurs travaux universitaires ont été et sont (voir la récente thèse de Didier Gauvin) consacrés à l'oeuvre de Roger Garaudy, vue de différents côtés et de différents points de vue. Voici une demande qui lui est faite en 1965 (déjà), et la réponse de Garaudy qui a toujours accueilli avec bienveillance et curiosité les demandes de ce type.


Cingoli, l8 febbraio 1965.

Egregio Prof. Garaudy,

ho il piacere di conoscerla alquanto attraverso la lettura delle sue opere. Esse mi hanno bene impressionato per la chiarezza e lo sforzo deciso di portar luce nel l'uomo contemporaneo, che spesso non riesce ad inquadrarei fenomeni,le realtà in apparenza discordanti e sempre per lui inquetanti del mondo delle scienze, della tecnica, della politica, ecc.
Sono uno studente della Facoltà di Magistero-corso di Pedagogia e Filosofia-della Università di Urbino esto per concludere gli studi. Il mio professore di Storia della Filosofia, Pasquale Salvucci, mi ha dato da svolgere questa tesi di laurea: "La filosofia francese contemporanea nella interpretazione di Roger Garaudy". Egli mi ha anche suggerito discriver le per avere un suo consiglio. Non sento affatto facile il compito assegnatomi, ma il professore è del parere che possa venir fuori un buon lavoro.
Come Sua opéra fondamentale ha il testo "Perspectives de l'homme". Ho raccolto un discreto materiale e proprio in questi giorni mi sono messo ad ordinarlo.
La mia intenzione è di fare un primo capitolo sugli aspetti fondamentali, sugli sviluppi e le convergenze del pensiero francese con altri sistemi anteriori, che in essi hanno influito maggormente. Un secondo capitolo sullo sviluppo e sulla validità del suo pensiero, come esso si présenta nelle sue opere e anche attraverso citazioni di altri autori. Altri capitoli impostati in questo modo:"R. Garaudy interpetra Sartre",ecc. Infine, nell'ultimo capitolo, vorrei sottolineare la sostanziale affinità di scopi dei vari pensatori francesi per la definizione del l'uomo totale.
Se lo riterrà opportuno,gradirei,ripeto,un Suo consiglio e un Suo pensiero.Mi piacerebbe includere nell'opéra alcune notizie biografiche, riguardanti la Sua persona ; notizie che io non sono riuscito a trova re da nessuna parte e in nessun libro: non so neanche l'anno e il luogo délia Sua nascita !
Spero di non averLa importunata nè offesa con questo mio scritto. Se non sentirà il bisogno di rispondere, voglia almeno farmi conoscere il suo indirizzo di modo che io possa mandarle a suo tempo una copia del lavoro di tesi, per farle osservare quanto il mio sforzo abbia contribuito a farmi vedere con maggior chiarezza il mondo e la  realtà della quale e nella quale Ella vive...noi tutti in qualche modo viviamo.
Voglia ricevere deferenti ossequi e molti auguri per la Sua présente e futura attività.

Studente, [...]

P.S: Le ha scritto nella mia lingua, perchè non me la sentivo di rovinare la Sua, che è tanto armoniosa e precisa.[...]


LA REPONSE DE ROGER GARAUDY

Paris. 5 mars 1965
[...]

Cher Monsieur,

Jai été très heureux d'apprendre que vous consacriez à l’étude de mon oeuvre une thèse de doctorat sur le thème " La philosophie française contemporaine dans l'interprétation de Roger Garaudy".
Naturellement je suis à votre disposition pour vous aider dans ce travail.
Le texte fondamental sur ces questions est évidemment « Perspectives de 1homme », mais je tiens à vous signa1er des textes plus récents qui le prolongent et le complètent.
Notamment, sur Sartre, après la parution de sa
« Critique de la Raison dialectique» j'ai publié une plaquette
intitulées « Questions à Sartre » que je vous envoie par le même courrier. En outre» dans le n°160 de la "Nouvelle Critique",
en novembre 1964» jai publié un article « Pour une discussion sur le fondement de la morale », où je traite des rapports de la morale marxiste avec 1existentialisme de Sartre.
Sur Teilhard de Chardin je vous signale que je viens de publier un long article dans la revue"Europe" de mars 1965.
Par ailleurs, en raison de 1importance que j'attache aux problèmes de l'esthétique contemporaine, je vous conseille de vous référer à un texte pour moi très important : celui d'une conférence que j'ai faite au Collège de France et qui a été publiée dans les "Lettres Françaises", du 21 au 27 janvier 1965 sous le titre « LEcole de Paris et 1'humanisme de notre temps »9 et qui prolonge mon livre "D'un réalisme sans rivages".
En ce qui concerne la pensé catholique et ce qu'à mon sens le marxisme lui doit je vous adresse un tiré à part de la revue "Comprendre" sur "Religion et culture", et le texte d'une conférence inédite sur « Humanisme et religion ».
Pour l'orientation générale vous avez pu voir que mon interprétation du marxisme est plus fichtéenne qu'hégélienne
comme en témoigne mon livre sur "Karl Karx", paru chez Seghers en 1964.
Je lirai avec joie votre travail dès que vous me l'adresserez».

Veuillez croire, Monsieur, à mes sentiments les meilleurs.

Roger Garaudy

[...]

Les livres de RG chez Livrenpoche:

[Archives personnelles RG]

2 décembre 2018

La sympathie des âmes

Texte proposé par A.D, ami du blog

Nous avons beaucoup à apprendre...

 Nous avons beaucoup à apprendre de ce grand philosophe
pour construire ensemble l’humanisme spirituel de demain.
« Tout homme qui est un vrai homme doit apprendre à rester seul au milieu de tous
, à penser seul pour tous - et, au besoin, contre tous. Penser sincèrement, même si c’est contre tous, c’est encore pour tous. » (Romain Rolland, L’Un contre tous, 1917)
« La philosophie, c’est cette bataille pour mettre debout les dormeurs. » (Garaudy)

Extrait de cet hommage posthume à un prophète pour notre temps : « "La ré-surrection, c'est tous les jours" : une des formules magiques de Garaudy. Il n'est de véritable religion que bâtie sur ce credo, il n'est pas de véritable pen-sée dépassant le cynisme ordinaire qui ne repose sur cette certitude de vie. »
« Il vient toujours une heure dans l'histoire celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort. » (Albert Camus, La Peste, 1947)
« On se prononce sur des livres et des auteurs qu’on n’a jamais pris la peine de lire, parce qu’on préfère la dénonciation et l’exécution sommaire à l’inconfort de l’étude et du débat» (Claude Durand)
« L’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâ-ter l’explosion de la vérité et de la justice. » (Émile Zola, J’Accuse, 1898)
Vous qui persistez à ignorer complètement un philosophe qui était l’honnêteté intellectuelle faite homme, un être qui avait pour devise : « Si je ne brûle pas, si tu ne brûles pas, si nous ne brûlons pas, comment les ténèbres deviendront-elles clarté ? » (Nazim Hikmet), vous sauverez votre crédibilité en reconnaissant enfin son mérite et les services qu’il a rendus à l’homme.

Pendant que le monde se disloque et court à sa perte, vous continuez à
discourir dans le vide, mais halte à cette haute trahison qui indigne l’Histoire !
Texte de A.D, ami du blog

Appel aux vivants...

« L’idéal permanent de l’évolution humaine n’est pas douteux. Ce qui manque à l’humanité, c’est la force de s’imposer à elle-même la poursuite constante de cet idéal. 
(Jules Romains, Le Problème numéro Un, 1947)
« Il nous reste peu de temps pour sauver l’honneur et l’espoir d’une
humanité en grand danger. »
 (René Dumont, Un monde intolérable, 1989)
« Nous devons procéder à une révolution de nos modes de pensée et
d’action, une révolution de nos modes de vie. Nous devons le faire maintenant. »

(Jacques Chirac, Demain il sera trop tard, 2008)

[Citations proposées par A.D]