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26 janvier 2020

Un ami du blog réagit à la censure de Facebook


J'ai voulu partager avec un ami ce lien vers un appel de Garaudy (http://rogergaraudy.blogspot.com/2016/04/avec-vous-par-vous-la-ou-vous-etes.html).

Facebook m'a aussitôt envoyé cette notification : 
Vous ne pouvez pas partager ce lien :rogergaraudy.blogspot.com
Impossible de partager votre message, car ce lien enfreint les Standards de la communauté.
Si vous pensez que ceci ne va pas à l’encontre des règles de la communauté, dites-le nous.

Voici ma réplique immédiate :
« La vérité est éternelle : on la méconnaît, on l’outrage ; mais on ne l’anéantit pas. » (Anonyme)
En lisant ce qui suit comment ne pas penser également à celui que vous venez de censurer : Garaudy ?

« Le drame de Georges Valois (1878 - 1945) est d’arriver trop tôt, dans un monde où certaines vérités ne seront finalement comprises ou reconnues qu’après de terribles orages. (…) Georges Valois appartenait à cette catégorie d’esprits qui ne parviennent pas à trouver le système politique de leurs vœux, et dont le destin est d’être déçus par ce qui les a passionnés. Mais c’était aussi, de toute évidence, un homme qui ne se résignait pas à la division de l’esprit public par les notions de droite et de gauche. » (Paul Sérant, "Les Dissidents de l’Action française", 1978) 

Tout ce qui n’est pas fondamentalement vrai est voué à disparaître. C’est que rien de bon et de durable ne se construit sur le faux… Tout finit par se savoir. C’est absolument sûr. Mais après combien de drames ? Tout cela pourrait vite cesser si nous cessons de faire l’autruche... Oui l’amour sauvera le monde, mais en étant allié à la vérité. 
« Tout homme qui est un vrai homme doit apprendre à rester seul au milieu de tous, à penser seul pour tous - et au besoin contre tous. » (Romain Rolland, "L’Un contre tous", 1917) 
« Le petit nombre d’hommes qui ont fait l’histoire sont ceux qui ont dit non. » (Pasolini) 
« L’individu qui pense, contre la société qui dort, voilà l’histoire éternelle. » (Émile-Auguste Chartier, dit Alain, "Éléments d’une doctrine radicale", 1925)

« Il ne suffit pas d’être un grand homme, il faut l’être au bon moment. » (Pompidou) 
« La loi du clerc est, quand l’univers entier s’agenouille devant l’injuste devenu maître du monde, de rester debout et de lui opposer la conscience humaine. » (Julien Benda, "La Trahison des Clercs", 1946)

Devenons enfin des Hommes.
A.D

26 septembre 2019

Un livre de 2000 dans la pleine actualité de 2020...

LE XXIe SIECLE
Suicide planétaire ou résurrection ?
L'avenir n'est pas ce qui sera mais ce que nous ferons. Yehudi
Menuhin, dans l'un de ses premiers discours à la chambre des Lords,. « Défense du sacré », a posé le problème central. L'avenir se construit d'abord dans la conscience des hommes, dans la foi, qui est la recherche du sens et des fins dernières de la vie, et dans l'action pour l'accomplir. Cette réflexion a des antécédents prestigieux.
Or aucune religion institutionnelle ne répond aujourd'hui à
cette question fondamentale pour la construction de l'avenir. Il y a plusieurs religions, comme il y a plusieurs cultures, mais une seule foi.
Ici des hommes de foi maîtres du dialogue inter-religieux
s'expriment, à partir de leur vécu du XXe siècle :
-Yehudi Menhuin (1914-1999), fils du rabbin Mosché
Menhuin, auteur de La décadence du judaïsme.
- Roger Garaudy (1913), initiateur du dialogue entre chrétiens et marxistes avant le concile Vatican II, auteur par exemple de De
l'anathème au dialogue.
- Le Père blanc Michel Lelong (1925), auteur notamment de Si
Dieu l'avait voulu (sur l'unité de la foi), et, récemment La vérité rend
libre (éd. Olivier de Guibert).
- Raimundo Pannikar (1918-1998), de parents indien et
catalane, auteur de plus de trente livres dont La trinité et l'expérience
religieuse et Le silence de Bouddha.
- Dom Helder Camara (1909-1999), ex-archevêque de Recife,
l'un des fondateurs de la théologie de la libération.
- Leonardo Boff (1938), franciscain brésilien qui a quitté
l'Église, auteur entre autres de La face maternelle de Dieu, Écologie et
pauvreté, Avec la liberté de l'Évangile.
- Le rabbin Elmer Berger (1908-1996), ex-président de la « Ligue
pour le judaïsme aux États-Unis », puis directeur de la revue

Alternative au sionisme.

16 septembre 2019

L'éducation, la culture, le dialogue...

Tous droits réservés © Laval théologique et philosophique, Université Laval, 1984 Ce document est protégé par la loi sur le droit d’auteur. L’utilisation des services d’Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d’utilisation que vous pouvez consulter en ligne.
Cet article est diffusé et préservé par Érudit.
Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. https://www.erudit.org/fr/
Laval théologique et philosophique
Compte rendu de Valdemar Cadó (EXTRAIT)
Volume 40, numéro 1, février 1984
Éditeur(s)  Faculté de philosophie, Université Laval
ISSN 0023-9054 (imprimé)  1703-8804 (numérique)
Cadó, V. (1984). Compte rendu. Laval théologique et philosophique, 40, (1), 128–131. https://doi.org/10.7202/400077ar

Mohamed BEDJAOUI, Helder CAMARA, Roger GARAUDY, Joseph KI-ZERBO, Lucien MORIN, Aurelio PECCEI, Han SUYIN
Éduquer au
dialogue des civilisations, Les Éditions du
Sphinx, St-Jean-Chrysostome, Québec, 1983

Cet ouvrage collectif, dans sa partie principale, reproduit les propos tenus lors d'une table ronde intitulée «Pour un dialogue des civilisations», dans le cadre du Congrès Mondial des Sciences de 
l'Éducation, à Trois-Rivières, Québec, en juillet 1981. Cette partie centrale est précédée d'un texte d'« introduction», et suivie de deux autres textes qui n'ont pas été lus lors du congrès, mais qui s'y rapportent.
Comme le titre l'indique, ce petit livre porte essentiellement sur le dialogue entre les différentes cultures. On y trouve donc à la fois la défense des diversités et l'affirmation de leur complémentarité.
Incidemment, on y rencontre des critiques sévères de «l'action civilisatrice» de l'Occident qui très souvent a oublié ces deux aspects fondamentaux du dialogue, en imposant de force sa façon de voir et de concevoir la vie et le développement humain et du monde.

23 août 2019

Djelfa, archives et témoignages

Contribution à l’histoire du camp de Djelfa, archives et
témoignages (de Roger Garaudy à Max Aub)
par Bernard Sicot - EXTRAITS
In:
Exils et migrations ibériques au XXe siècle, n°3, 2009. Sables d’exil. Les républicains espagnols dans les camps d’internement au Maghreb (1939-1945) pp. 146-216

L’article source est à lire ici EN ENTIER :
https://www.persee.fr/doc/emixx_1245-2300_2009_num_3_3_862

13 avril 2019

Paulette Garaudy est décédée

Paulette Garaudy en janvier 2018
Dans la nuit du 11 au 12 avril 2019, Paulette est décédée. La cérémonie de crémation aura lieu le mardi 23 avril à 10h30 au crématorium d'Orange. Roger Garaudy, qui fut son camarade de parti, son compagnon et son époux, à qui elle fut liée - en dépit des vicissitudes inévitables d'une vie - par tous les pores de son humanité, lui a notamment consacré un chapitre de ses Mémoires. en voici de larges extraits où se nourrissent l'un l'autre, comme dans la vie, l'ardeur de l'espérance militante et la tendresse d'un amour.

Un communisme lyrique
La renaissance de la Verrerie de Jaurès
Un nouvel amour (1946)

29 août 2018

28 janvier 2018

Communistes: l'espérance d'un amour

© Droits réservés. Reproduction interdite.
Madeleine Delbrêl (1904-1964), poète, assistante sociale et mystique.
L’envergure de «l’idée communiste», telle que Marx l’a esquissée, la construction de «l’homme nouveau», à la différence des chrétiens engagés dans le dialogue «de fond» avec des communistes comme Roger Garaudy, Gilbert Mury ou André Moine, cette problématique philosophique, ou politique, en tout cas intellectuelle, n’intéresse pas Madeleine Delbrêl. 

Pour les avoir côtoyés de 1933 à 1957 à Ivry, ville de Maurice Thorez, «ville-capitale» selon elle du marxisme français de son époque, elle
aime les communistes, mais elle est en «terre de mission», elle veut évangéliser, convertir, ces athées.
A-t-elle été «utilisée» par la hiérarchie ecclésiastique pour contrer l’influence communiste indéniable à cette époque sur nombre de chrétiens y compris prêtres ou responsables laïques? C’est possible, mais en réalité sans importance, car elle porte une parole si sincère, si bienveillante, et si claire par son
refus de tout syncrétisme christiano-marxiste , qu’elle peut être entendue sans crainte  par les marxistes comme par les chrétiens, et encore aujourd’hui porter des fruits.

 A.R


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Dans le Parti communiste, je suis persuadée que le mobile le plus puissant qui fasse agir un communiste est, très souvent, pour ne pas dire le plus souvent, l'amour. L'espérance communiste est l'espérance d'un amour, c'est un amour qui espère quelque chose.
Je me rends trop bien compte de ce que cette affirmation peut avoir d'insolite pour ne pas m'abriter derrière celle que j'ai déjà évoquée plusieurs fois : la religieuse, soeur d'un communiste (4). Ce n'est, en effet, que dans un regard fraternel que nous pouvons comprendre la part d'amour qui reste prédominante dans l'action, non pas du Parti communiste, mais des hommes qui composent le Parti communiste.
Même si, comme partout, il y a chez les communistes de faux communistes, des communistes qui ont pensé trouver leur intérêt dans le fait d'être communiste, même si certains autres ont perdu en vieillissant l'objectif primitif vers lequel ils comptaient marcher, je prétends que la plupart des communistes ne sont communistes que parce qu'ils aiment les hommes, que parce qu'ils n'ont pas voulu prendre leur parti de ce qui, dans le monde, est souffrance évitable. C’est qu'ils n'ont pas voulu prendre leur parti d'une injustice dont ils n'étaient pas certains qu'elle fût nécessaire.
Ce que leur amour espère, c'est un monde à venir où on ne verra plus, par manque d'argent, des enfants garder une fringale d'études sans que les études ne viennent jamais. On n'y verra plus de gens travailler à fabriquer des richesses dont ils n'auront pas le droit de se servir. On n'y verra plus des machines produire du superflu pour les uns, et menacer la vie des autres. On pourra, dans ce monde, être un travailleur manuel, sans être fatalement privé de liberté, à côté des non-manuels qui eux, semblent avoir normalement le privilège de la liberté. Dans ce monde on ne pleurera plus pour des souffrances qui sont évitables et on pourra se réjouir des joies faites pour tous et qui, mises à prix, sont devenues des joies de quelques-uns.
C'est avec toute la force de leurs coeurs rassemblés que les communistes espèrent un bonheur. Et si ce bonheur est un bonheur d'ordre économique basé sur une meilleure répartition des richesses, cela ne veut pas dire que c'est un bonheur fait de marchandises achetées. Le manque d'argent, en effet, entraîne la privation de biens qui ne sont pas des biens économiques, tels que la culture, une certaine liberté, un certain épanouissement humain. Quand on parle de ce bonheur, il s'agit donc d'être précis et d'être nuancé.
L'espérance communiste, à travers le monde entier, charrie d'innombrables espoirs personnels, l'espoir qu'un jour viendra où ce dont on a souffert n'existera plus; l'espoir qui, dans le coeur de chacun porte un nom particulier, un désir singulier; l'espoir de la femme qui dit : « Plus tard, il n'y aura plus d'hommes que le travail forcera à boire. » - l'espoir de la femme qui dit : «  Plus tard il n'y aura plus de guerre qui tueront les gosses de vingt ans. » - l'espoir du vieillard qui économise passionnément de quoi survivre, et qui dit : « Plus tard, quand on sera vieux, on vivra sans contrainte. »
Dans tous ces espoirs les hommes reconnaissent l'écho de ce que chacun d'entre eux souffre. Ils reconnaissent leur propre malheur, accusé, condamné à disparaître, accusé d'être le vrai mal dont l'homme doit se libérer.

C'est parce que ces espoirs innombrables la vivifient que l'espérance du Parti communiste est une grande espérance. Il ne faut pas chercher ailleurs la principale cause de l'expansion communiste; cause sans laquelle tous les moyens mis en oeuvre par le communisme seraient incomplets et inefficaces, car cette espérance constitue leur dynamisme propre. C'est elle qui explique la ferveur unanime des plus obscurs militants : colleurs d’affiches ou distributeurs de tracts aux quatre coins du monde. Et c’est elle  qui s'explique spontanément au cours de la vie quotidienne : je rencontre le dernier jour de l'année une de mes amies, communiste, je lui dis : « Alors il faut se souhaiter une bonne année... Espérons quelle le sera. » Elle me répond : « Elle le sera sûrement puisque pour toi comme pour moi elle nous rapproche du but. »

Extrait de Espoir marxiste et espérance chrétienne (14 mai 1961), texte reproduit dans le Tome 12 des Œuvres Complètes : En dialogue avec les communistes, Editions Nouvelle Cité, 2014, pages 293 à 295.                                  

15 juin 2017

Cécile Angrand, une statue

La force des tempêtes - Cécile et Épicure (1)



par Jean-Baptiste Kiya - 15 juin 2017- Source:http://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/la-force-des-tempetes-cecile-et-epicure-1,89880

Cours de philosophie (Définition de la philosophie, Le problème fondamental de la philosophie, L’idéalisme, Le matérialisme) par Cécile Angrand, éditions Sociales.
Agrégée de l’université – elle se targuait d’avoir été l’une des premières à l’être en philo-, elle fut l’auteure en 1945-46 de quatre plaquettes aux Éditions Sociales dans la série des « Cours de l’Université nouvelle ». Une entrée au Dictionnaire du mouvement ouvrier et social, le Maitron, indique qu’elle avait « milité sous l’Occupation avec Jeanne Gaillard et contribué à la parution clandestine de L’Université libre ».
Fondées au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les Éditions Sociales furent sur une quarantaine d’années la principale maison d’éditions du Parti communiste français.
Les Cours de l’Université Nouvelle visaient dès la Libération à faire « Apprendre pour mieux servir la France et son peuple », il s’agissait d’une université populaire qui prodiguait des cours libres dans les salles de réunion parisiennes. Cécile en était membre, au côté de Roger Garaudy, de quelques autres. Parmi le comité de patronage, figuraient deux prix Nobel : Paul Langevin et Frédéric Joliot-Curie, dans cette liste les noms d’Henri Wallon, et de Marcel Prenant.
Rédactrice du 1er fascicule à être tiré, celui-ci porte pour titre : « Cours de philosophie : Définition de la philosophie, Le problème fondamental de la philosophie, L’idéalisme, Le matérialisme » (juxtaposition à valeur adversative), la jeune professeure de philo fut inscrite, en avril, sur la liste d’Union patriotique, républicaine et antifasciste présentée par le Parti communiste, liste qui rassemblait « des militants de la résistance. » Elle s’était présentée sur le 3e secteur de Paris, à savoir les « quartiers riches ». Cela est omis de la part du Maitron, pourtant ces élections municipales de 1945 étaient les 1ères élections depuis la fin de la guerre, les premières aussi où les femmes faisaient usage de leur droit de vote. Le PCF l’emporta sur Paris avec 32 % des votants devant la SFIO.
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L’année suivante, Cécile signa un 2e fascicule des Cours de l’Université nouvelle en collaboration avec Roger Garaudy, jeune député communiste du Tarn : ce fut le « Cours de philosophie : Les origines françaises du matérialisme, 1. Descartes, 2. Les origines françaises du matérialisme dialectique, 3. Diderot et les origines françaises du matérialisme (par Garaudy) ».
L’écrivain Pierre Gripari, en 1989, m’indiquait avoir entendu son prof de philo de khâgne d’Henri IV, Ferdinand Alquié, s’exclamer – ce devait être en 44- : « Madame Angrand se fout du monde ! » par le fait qu’elle faisait de Descartes un matérialiste. Lui ayant rapporté ce mot, alors, elle s’est mise à sourire et balaya d’un revers de main comme on chasse une mouche : « Une erreur de jeunesse »… Mot qui mit en joie le conteur : « Oh, la charmante dame ! »…
Elle ne m’expliqua, pourtant, en rien ce reniement. Je regrette encore de ne pas lui en avoir prié de m’en fournir.
En 46 toujours, parut le fascicule III : « Le Matérialisme dialectique de Marx et Engels, les lois de la dialectique ».
Un fascicule IV le suivit de près, en collaboration avec Garaudy avec pour titre : « Le Matérialisme historique, Les principes du matérialisme historique, Les lois de l’histoire (par Garaudy) ».

La notice du dictionnaire précise que Cécile Angrand se présenta cette année-là aux élections législatives du 10 novembre sur la liste des candidats communistes dans la 1ère circonscription de la Seine. Il est indiqué qu’elle figura aussi sur la liste du Parti communiste d’Union républicaine et résistante en 5e position en 1951 », alors que divorcée, elle s’était remariée dès 48 avec un directeur commercial.
Et puis plus rien. Aucune marque de représentation politique, ni de publication pendant 31 ans, jusqu’en 1979, où sous la sollicitation d’anciennes élèves, elle participa à un numéro de la revue féministe « Sorcière » (n°18).
Faut-il dire que la presse de l’époque épluchée montre qu’avant la rédaction des plaquettes, début 1938, elle avait rédigé un texte, « Les jeunes filles et le choix d’une profession », pour la Revue de France, où elle affirmait déjà son féminisme.
Sans doute le divorce avec l’historien Pierre Angrand l’avait-elle éloignée de la sphère politique ainsi que de toute volonté éditoriale.
Les archives du Colonel Fabien n’ont rien conservé de cet engagement communiste.
Le rédacteur de la notice du Maitron, Claude Pennetier, précise : « Issue d’une famille de petits fonctionnaires, elle était fille d’un professeur au petit lycée et d’une mère professeure de musique » (de piano). Milieu protestant austère. « Elle enseigna au lycée de jeunes filles de Bourges (Cher) où elle se maria le 26 juin 1931 avec Pierre Angrand, professeur dont elle partageait le militantisme communiste. Ils eurent deux enfants. »
Sur la page de garde de « Souvenirs romantiques » de Théophile Gautier, imprimé en 1929, daté par son propriétaire de mai 1930, le futur mari de Cécile reprenait une note de stage de 1927 : Melle Joint (future Madame Angrand) « sera dans l’enseignement une personnalité de haute valeur ». Cécile aidera son mari plusieurs années durant (en 1933, 1934, 1935, admission en 1937) à répéter le grand oral de l’agrèg d’histoire-géographie qu’il finira par décrocher.
« Cécile Angrand fut nommée avec son mari en 1935 au lycée de Reims (Marne), en 1937 au lycée d’Amiens (Somme) puis au lycée Jules Ferry à Paris en 1939. » Décédée en 1993.
Voilà.
Mais cela n’était pas ma grand-mère, c’était juste une statue.

Jean-Baptiste Kiya
-http://www.temoignages.re/chroniques/c-en-est-trope/la-force-des-tempetes-cecile-et-epicure-1,89880 
- http://www.temoignages.re/IMG/pdf/2017-06-15-temoignages.pdf

5 mai 2017

Garaudy, le communiste, 1933-1970. Autobiographie partielle. 1/ De la Grande Guerre à Thorez



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Parler de la vie ce n'est pas seulement dire ce
qu'on a tenté d'en faire, mais aussi ce qu'elle a
fait de nous.
Voici donc la trame, l'histoire de tous, dans
laquelle mon aventure personnelle s'est inscrite,
telle que je la retraçais, en 1968, dans Peut-on être
communiste aujourd'hui? L'éclairage de ma vie n'a
pas changé. J'écris toujours à la même lumière,
depuis l'âge de vingt ans, et c'est ma fierté et ma
joie : être resté fidèle, après soixante ans, aux rêves
de mes vingt ans.

23 novembre 2016

Face au « centralisme démocratique » du PCF. Témoignage



 © Droits réservés. Reproduction interdite

Un jeune militant face au « centralisme démocratique ». 1968-1970

J’adhère au cercle de la Jeunesse communiste de mon Lycée en 1965, à 17 ans.
Depuis longtemps, depuis mon enfance, je baigne dans le jus d’une famille de militants communistes. Ma mère, femme de ménage, n’est « que » sympathisante mais est très active au Secours Populaire: nous sommes pauvres mais il y a encore plus pauvres que nous. Mon père, maçon, est communiste de cœur depuis toujours et « en carte » depuis 1945. Il est très actif à la CGT et au parti. Tous deux ont participé à la Résistance.
Une maison « envahie » de camarades, de journaux (« L’Echo du Centre », « France Nouvelle », plus tard « l’Huma dimanche », plus rarement « l’Huma » quotidienne) et de livres (des Editions Sociales, des Editions Hier et Aujourd’hui, des Editions de Moscou,…), d’affiches avec leurs pots de colle et de tracts surtout en période électorale mais pas uniquement, et l’enfant puis l’ado que je suis savourant cette agitation  toujours fraternelle et généralement débonnaire malgré le contexte souvent grave (par exemple la guerre en Algérie - où se trouvait l'un de mes frères  - pendant laquelle nous prenions nos infos sur Radio Moscou en ondes courtes).
En 1967, en Terminale philo, je découvre Roger GARAUDY avec « Marxisme du 20e siècle » publié en 1966 et édité en poche 10-18. Je dévore ce livre où sans doute des choses m’échappent alors mais qui m’ouvre à une vision ouverte et moderne du marxisme, de la lutte des classes et du combat communiste. J’adhère au parti en septembre 1967 sur la base de cette vision à laquelle je peux dire être encore fidèle en 2016 quoique dans des conditions et sous des formes différentes.
J’apprécie notamment la façon dont GARAUDY traite dans son livre des rapports entre le marxisme et la foi religieuse. J’ai encore en mémoire en effet certaines promenades familiales dominicales dans la ville à la fin des années cinquante et au début des années soixante où des gaullistes ou bien des adhérents du MRP, catholiques militants, traversaient la rue pour venir saluer mes parents alors que des responsables de FO ou de la SFIO, changeaient eux de trottoir pour ne pas avoir à le faire. C’était la guerre froide et les athées militants manquaient manifestement de charité chrétienne…
Nous avons parmi nos amis deux prêtres ouvriers, tous deux syndiqués à la CGT et l’un également membre du parti. Ma famille, bien qu’athée, n’est absolument pas obsédée par l’anti-cléricalisme, elle est encore moins anti-religieuse. La politique de la « main tendue », ma mère au Secours pop et mon père à la CGT la pratiquent naturellement.
La parole de GARAUDY a donc dès cette époque un écho chez moi et j’en parle aux réunions de cellule – très conviviales mais qui, il faut le reconnaître, ne sont suivies que par une toute petite partie des adhérents. Je parle aussi sans précautions (privilège de la jeunesse !) de mes doutes sur la vérité et le bien fondé de la politique menée en URSS non seulement par rapport à la question religieuse mais aussi par rapport à la « démocratie socialiste ».
Le Secrétaire Fédéral du parti est ce que j’appellerai plus tard un « stalinien persévérant », comme tous les secrétaires fédéraux de l’époque, même après le rapport KROUTCHEV au 20e Congrès du PCUS sur les « crimes « de STALINE. Il me reprend parfois sèchement lors de certaines de ces réunions. Du coup, mon père, qui avait déjà quelques démêlés historiques (apparemment ça remontait à la Libération) avec le secrétaire de l’UD CGT, est carrément en froid avec lui. Les liens de la CGT et du PCF sont alors quasiment structurels : catastrophe !
Une certaine déception commence ainsi à s’installer en moi – déjà ! -, déception qui à part de rares périodes ne m’a pas quitté depuis : et si le parti n’était pas le guide infaillible proclamé, s’il n’était pas à la hauteur des espérances de la classe ouvrière et de la visée communiste ? Mais la section  est « tenue » par Paul, un militant EDF inattaquable, résistant, dirigeant en 1945 le Comité Local de Libération, qui m’ a « à la bonne » même s’il ne partage pas mes doutes.

Garaudy à la tribune du 19e Congrès du
PCF. 1970. Photo Henri Bureau/Sygma
Ces doutes, il va y en avoir de plus en plus, et de plus en plus forts, entre 1967 et 1970. Je suis étudiant à partir d’octobre 1967. J’ai quitté les JC pour le Cercle Lettres de l’Union des Etudiants communistes dirigé par Yves. Yves mettra fin à ces jours quelques années plus tard, victime au moins en partie du « déboussolage » induit par des changements aberrants de ligne politique et une gestion dictatoriale du « centralisme démocratique ». Forme « communiste » de l’actuel « burn-out », ce  « déboussolage » a atteint de nombreux militants parmi les plus impliqués.
Je milite donc dans un haut-lieu du gauchisme (l’UNEF est tenue par l’AJS, organisation de jeunesse de l’OCI trotskiste), lors du mouvement de mai-juin 1968 et à ma section d’origine  du parti à partir de l’invasion de la TCHECOSLOVAQUIE par les troupes du Pacte de Varsovie (août).
Les évènements se 1968 ont brisé la confiance que j’avais dans le parti. Pourquoi ? D’abord j’ai constaté de visu, dénoncé en interne, et condamné publiquement quand je le pouvais, la violence physique et l’argumentaire calomniateur dont le parti et la CGT usaient envers « les gauchistes ». Ensuite j’ai vécu à plusieurs reprises le refus obstiné et suicidaire du parti et de la CGT de faire se rencontrer la jeunesse notamment étudiante et le mouvement ouvrier. Enfin j’ai été choqué par l’incompréhension radicale du mouvement dont le parti a fait preuve à la suite de Georges MARCHAIS : il s’agissait bien d’une remise en cause globale du système capitaliste  et non d’une lutte simplement revendicative. Dernier point : la condamnation de l’intervention militaire contre le « printemps de PRAGUE » sera suivie rapidement d’une approbation de la « normalisation ».
La prise de conscience de ces « erreurs » me font adhérer d’emblée, comme traduction théorique de ce que j’ai personnellement vécu et commencé à analyser, aux théories avancées en 1968 et 1969 par Roger GARAUDY dans ses livres : « Le problème chinois »,« Peut-on être communiste aujourd’hui ? », Pour un modèle français du socialisme », et « Le grand tournant du socialisme ».
Une parenthèse pour noter que, parmi les membres du Bureau politique et du Comité central qui ont tenté de parler aux étudiants, seul Roger GARAUDY a pu dignement et longuement le faire ( pendant trois heures !), quand Pierre JUQUIN et Roland LEROY s’étaient fait vulgairement expulser le premier par la fenêtre le second… par la porte ce qui était moins pire. Passons sur ARAGON bêtement humilié par COHN-BENDIT.
Revenons aux thèses post 68 de GARAUDY, dont je me fais évidemment le porte-parole dans les réunions de cellule. La nouvelle révolution scientifique et technique (avec notamment la cybernétique) révolutionne le travail ;  de ce fait le travail intellectuel est de plus en plus incorporé dans le travail vivant ; un « nouveau bloc historique » se forme entre une classe  ouvrière elle-même en mutation et les couches montantes d’ingénieurs, cadres et techniciens ; c’est ce « bloc historique » (le terme est emprunté à GRAMSCI) qui porte l’avenir et non pas l’ « alliance anti-monopoliste » proposée par la direction du PCF et fondée en réalité sur le retour à un passé dépassé (le petit entrepreneur individuel allié à la classe ouvrière industrielle) ;  sur le plan international, l’Union Soviétique n’est pas le modèle du socialisme, est-elle d’ailleurs même socialiste ? Voilà quelques points d’hypersensibilité pour les communistes de l’époque. GARAUDY reçoit du Bureau Politique deux blâmes pour ces thèses, que je continue à défendre mais sans remettre en cause mon appartenance au parti : les militants surtout les plus convaincus ont une grande capacité à avaler les couleuvres ! Comme disait ARAGON, champion des avaleurs, « mon parti n’est pas beau, mais c’est le seul ! ». A la veille du 19e Congrès, après des mois de dénigrement systématique de la part de la presse et des cadres du parti (eux-mêmes encadrés par "super-Staline" Gaston PLISSONNIER[voir note]), le 2 janvier 1970, GARAUDY peut enfin publier un article dans « l’Huma ». C’est trop tard !
Grâce à la protection de Paul, je suis désigné comme l’un des délégués à la Conférence Fédérale de mon département. Je dois y prendre la parole. Ce que je fais avec grande appréhension : un jeune de 22 ans ne peut pas « donner des leçons » de communisme à la plupart des délégués présents dont beaucoup étaient déjà là pendant la résistance et qui pour la plupart ont des responsabilités dans le parti, la CGT, le MODEF ,le Mouvement de la Paix, le Secours Populaire et les autres organisations de la planète communiste.
Je n’ai malheureusement pas gardé le texte de cette intervention. Mais je m’y revois encore. Courte, pas plus de cinq minutes, je me souviens des deux idées que j’y ai exposées : d’abord comme l’URSS n’est pas un exemple à suivre il faut que le PCF donne par son fonctionnement une idée du type de socialisme « à visage humain » (formule des communistes de PRAGUE en 1968) que nous voulons pour notre pays ; ensuite il faut prendre en compte les nouveaux rapports de classe nés de la révolution scientifique et technique de façon à élaborer les objectifs d’avenir communs à la classe ouvrière et aux nouvelles couches intellectuelles formant ensemble le « nouveau bloc historique ».
Le député de la HAUTE-VIENNE, directeur du quotidien « l’ECHO DU CENTRE », membre du Comité central, futur ministre de Pierre MAUROY, Marcel RIGOUT en personne, qui n’avait pas encore goûté aux délices ravageurs de l’opposition interne, n’eut pas de peine – et pas de mérite – à réduire en cendres devant une assemblée convaincue d’avance car préfabriquée le petit feu que j’avais naïvement cru (un peu) allumer. Après avoir vingt ans auparavant contribué à faire condamner et exclure le non-orthodoxe Colonel GUINGOUIN héros de la résistance  et Compagnon de la Libération, ce qu’il n’a jamais regretté,  et avant de suggérer en 1984 à Georges MARCHAIS de se suicider après une défaite électorale, ce qu’il n’a jamais regretté non plus, il s’est offert l’un des plus jeunes délégués de la Conférence fédérale 1970, maigre victoire…
Je n’ai jamais oublié cet épisode. Je ne renouvelle pas ma carte en 1971. De cette « attirance-répulsion » alors naissante, je n’ai jamais vraiment pu me départir envers le PCF et ses orgas « associées ». De 1977 à 1984, bien qu’à nouveau membre du parti je participe discrètement aux travaux de l’Association Appel aux Vivants qui tente (vainement) de porter la candidature de GARAUDY à la Présidentielle de 1981. En 1987 je quitte définitivement le PCF pour soutenir, notamment avec Marcel RIGOUT ( !)  la candidature de Pierre JUQUIN (re !) à la Présidentielle de 1988…

Mais c’est une autre histoire…Le problème est d’ailleurs aujourd’hui réglé : après les renoncements démagogiques (par exemple à la « dictature du prolétariat » et à un « syndicalisme de classe et de masse » et à leur remplacement par…rien !), après les ralliements sans principes (au tout-nucléaire, à la force de frappe, aux mythes de la croissance et de l’Europe, à l’alliance électorale avec le PS,…etc) il n’y a plus en France de parti communiste produisant une analyse et une perspective politique dignes de ce nom ni de classe ouvrière consciente d’elle-même. J’en viendrai presque à regretter Georges MARCHAIS au sujet duquel je partage pourtant l’opinion émise en 1968 par GARAUDY selon laquelle il fut à partir de 1968 "le fossoyeur" en chef du parti : ses derniers coups de pelle étant en 1979 (année maudite…) l’approbation depuis MOSCOU de l’invasion soviétique en AFGHANISTAN et le « bilan globalement positif » de l’URSS…

Alain RAYNAUD

Note: je publie ici une circulaire adressée le 6 septembre 1968 aux secrétaires fédéraux par Gaston PLISSONNIER, circulaire qui montre bien le type d'organisation quasi militaire -ou policier, à vous de choisir le qualificatif...- et de politique à la fois sectaire (philosoviétique quoi qu'il arrive) et opportuniste (ne pas s'aliénerGuy MOLLET !) qu'est toujours le PCF à cette date.

3 avril 2016

Les droits de la Terre-Mère. Conférence de Diego Landivar à Clermont-Ferrand le 14 avril



Les droits de la Terre-Mère



Docteur en Economie (CERDI-CNRS), normalien,  enseignant chercheur au Groupe ESC Clermont et directeur du laboratoire Origens Media Lab. A travaillé pour le gouvernement bolivien en tant que conseiller du ministre de la planification du développement (2006-2007) et depuis 2014 du ministre du développement productif. Ses travaux portent sur le droit de la nature, les controverses environnementales, les assemblées constituantes et les humanités numériques.


Conférence-débat
Jeudi 14 avril 2016 à 20h
Salle Multimedia Georges Conchon
– 3 rue Léo Lagrange à Clermont-Ferrand


« Pourrait-on imaginer que la nature se rebelle et se mette à poursuivre en justice tous ceux qui la détruisent ? Un scénario de film fantastique devenu réalité en Equateur avec l’affaire Rio Vilcabamba contre l’Etat de Loja en 2011. Une rivière contre un état. Un cas d’école qui a permis à ce pays d’appliquer un « principe de juridiction universelle » : en effet chacun peut saisir la cour de justice au nom de la nature. Un nouvel ordre juridique qui, en Bolivie, permet aussi de représenter tous les êtres passés, présents et…à venir. » (Diego Landivar, Emilie Ramillien, Revue« ORBS », n°3)



2ème publication