Texte de ma contribution personnelle à la préparation du 40e Congrès du Parti Communiste Français (Juillet 2026). L'ensemble des contributions personnelles et collectives peut être consulté sur contributions - Congrès PCF 2026
Une
nouvelle politique de la main tendue
Pour que la
société fasse lien il lui faut une ou des références : un mythe fondateur,
un héros, une idée, une conception du monde, ce qui implique rupture du lien si
ces références se rétrécissent ou disparaissent. En France (mais également dans
d’autres pays d’Europe et du monde) les deux sources de références qui ont
structuré la société au XXe siècle, la source religieuse avec les Eglises,
principalement l’Eglise catholique, et la source matérialiste/marxiste avec le
Parti communiste, sont très affaiblies, ce qui explique en partie les dérives
et les blocages de notre vie collective, notamment politique.
Dans cet esprit, la question des rapports
entre marxistes, ou communistes, et croyants est, pensons-nous, non la seule
mais UNE question fondamentale pour la cohésion de la société demain. La
politique de la main tendue peut sans aucun doute trouver une application dans
bien des domaines, de politique nationale (les alliances plutôt que les
clivages) ou internationale (les coopérations plutôt que les confrontations).
Mais c’est ici de la seule problématique d’une nouvelle rencontre du
communisme et de la foi qu’il sera question. Il faudrait dire « des »
communismes et « des » fois, car les deux se déclinent au
pluriel ; ils revêtent différentes formes selon les temps historiques et
les lieux. Le communisme, idéologie d’émancipation fondée sur la « mise en
commun », ne peut retourner à une conception pré-marxiste, mais aurait tort
d’ignorer les communismes d’avant Marx, notamment religieux, malgré leur
caractère utopiste, c’est-à-dire détaché des conditions qui pourraient rendre
possible leur réalisation à grande échelle. On trouve chez eux une exigence
éthique qui ne s’oppose pas à la visée communiste marxiste.