04 juin 2026

Vers le 40e Congrès du Parti Communiste Français. N'ayons pas peur des mots.

[ Mon intervention le 03/06/2026 à l'Assemblée Générale de ma Section]

En 1848 Le Manifeste du parti communiste commençait par ces mots : « Un spectre hante l’Europe, c’est le spectre du communisme ». Et bien ce fantôme hante aussi notre 40e Congrès. Nous sommes effectivement appelés dans la préparation de ce congrès à dire notre choix pour les prochaines élections, mais tous les textes qui nous sont proposés - tous - parlent en effet de socialisme et de communisme, ce qui vise - on sera d’accord - plus loin et plus haut qu’une simple élection. Il s’agit du changement du type de société. Et c’est de cela dont j’ai choisi de vous parler dans mon exposé, plus que des éléments programmatiques du parti « du travail et de la paix », éléments que partagent, avec des nuances, les quatre textes, et que tous nous connaissons, pour l’essentiel. Donc, une synthèse « à ma sauce ». Mais qui permettra peut-être, par un biais, d’entamer notre débat. Ce biais c’est le long terme.
Fabien Roussel dans l’édito du « Journal du congrès » nous demande de réfléchir et de décider pour le temps long : « en nous projetant, écrit-il, dans les 15 ou 20 ans qui viennent ». De la même façon, le préambule du texte UN COMMUNISME DE CONQUÊTE, « veut doter le PCF d’une démarche dans la durée ». Les textes STRATÉGIE COMMUNISTE et RÉSISTER ET CONSTRUIRE mettent aussi l’accent sur cette exigence de voir loin. Le texte COMMUNISTES A L’OFFENSIVE s’inscrit plus dans l’immédiateté du danger RN et d’un communisme « ici et maintenant ». « Socialisme, communisme », n’ayons donc pas peur des mots !

18 avril 2026

Marx, l’état-nation, le secteur public, le monde

 2e contribution personnelle à la préparation de la base commune pour le 40e congrès du Parti Communiste Français 

Bien qu’il se soit toujours refusé à présenter un catalogue de prêt-à-porter, il y a un apport spécifique de MARX à l’élaboration d’un projet politique concret. Prenons l’exemple des services publics et secteur public en général, dont chacun reconnaît le rôle central qu’ils jouent (ou devraient jouer) dans l’émancipation des hommes et la réconciliation de la cité avec elle-même.

Le service public est exercé au nom des différentes collectivités institutionnelles, de la commune à la communauté internationale, en passant par l’état-nation. La notion de service public recouvre au moins en partie celle d’intérêt général. Pour ROUSSEAU, l’intérêt général est dicté par les devoirs que les citoyens doivent à la société, notamment par leur travail, l’intérêt de la communauté (de la plus petite à la plus grande) passant avant les intérêts partiels et n’étant pas la somme de ces intérêts.

14 avril 2026

Pour une nouvelle politique de la main tendue

Texte de ma contribution personnelle à la préparation du 40e Congrès du Parti Communiste Français  (Juillet 2026). L'ensemble des contributions personnelles et collectives peut être consulté sur contributions - Congrès PCF 2026

 

Une nouvelle politique de la main tendue

Pour que la société fasse lien il lui faut une ou des références : un mythe fondateur, un héros, une idée, une conception du monde, ce qui implique rupture du lien si ces références se rétrécissent ou disparaissent. En France (mais également dans d’autres pays d’Europe et du monde) les deux sources de références qui ont structuré la société au XXe siècle, la source religieuse avec les Eglises, principalement l’Eglise catholique, et la source matérialiste/marxiste avec le Parti communiste, sont très affaiblies, ce qui explique en partie les dérives et les blocages de notre vie collective, notamment politique.

Dans cet esprit, la question des rapports entre marxistes, ou communistes, et croyants est, pensons-nous, non la seule mais UNE question fondamentale pour la cohésion de la société demain. La politique de la main tendue peut sans aucun doute trouver une application dans bien des domaines, de politique nationale (les alliances plutôt que les clivages) ou internationale (les coopérations plutôt que les confrontations). Mais c’est ici de la seule problématique d’une nouvelle rencontre du communisme et de la foi qu’il sera question.  Il faudrait dire « des » communismes et « des » fois, car les deux se déclinent au pluriel ; ils revêtent différentes formes selon les temps historiques et les lieux. Le communisme, idéologie d’émancipation fondée sur la « mise en commun », ne peut retourner à une conception pré-marxiste, mais aurait tort d’ignorer les communismes d’avant Marx, notamment religieux, malgré leur caractère utopiste, c’est-à-dire détaché des conditions qui pourraient rendre possible leur réalisation à grande échelle. On trouve chez eux une exigence éthique qui ne s’oppose pas à la visée communiste marxiste.

21 décembre 2025

"Fonder pour durer", le dernier livre de Loïc Chaigneau

Ce texte de Loïc Chaigneau est la reprise in extenso d'un post public. Je ne connais pas Loïc Chaigneau, je ne lui ai pas demandé l'autorisation de publier ce post et c'est pourquoi je le publie sans rien en enlever ou y ajouter pour ne pas trahir ses intentions. Après avoir lu ce qu'il a écrit sur le communisme et le marxisme, j'attends avec le plus grand intérêt la parution de ce livre à la thèse plus qu' attirante pour quelqu'un qui cherche comme je le fais une nouvelle rencontre du communisme et de la foi, et plus précisément du communisme et du christianisme.  


Fonder pour durer.

Anthropologie de l'alliance Jésus - Marie-Madeleine.

 




LIRE DANS L'APP
 

Introduction

Le christianisme contemporain souffre moins d’un excès de dogme que d’un défaut de structure. Il parle abondamment de foi, de valeurs, de conversion intérieure, mais il peine à penser ce qui fait tenir une vie, un couple, une communauté dans le temps. Il produit des discours spirituels, mais rarement des formes de durée.

C’est ce point aveugle que Fonder pour durer prend pour objet.

Dans ce livre, je ne part ni d’un problème moral, ni d’une crise affective, ni même d’un débat exégétique isolé. Je pars d’une question plus radicale : qu’est-ce qui, dans le christianisme, est capable de fonder durablement une forme de vie humaine ? Non pas seulement de sauver des âmes, mais de produire de la continuité, de la transmission, de la stabilité vivante.

C’est à partir de cette question que s’organise l’ensemble de cet ouvrage dont la parution publique est attendue au début du mois de Février 2026, mais dont la commande est déjà ouverte aux membres de l’Institut Homme Total, que je préside*.