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28 septembre 2025

Divins massacres ?

 Dans la guerre désormais historique que l’état d’Israël mène contre la population palestinienne, bien des éléments peuvent et doivent retenir l’attention de toutes celles et ceux qui croient en la valeur et en l’efficience d’une spiritualité, qu’elle soit religieuse ou laÏque.
Parmi ces éléments, deux sont particulièrement sources de pièges voire (et on le voit!) de perversions : l’argument de l’Holocauste et l’argument historico-biblique.

L’argument de l’Holocauste permet d’exploiter sans vergogne la mauvaise conscience des européens à qui l’on fait croire, dans la plus pure tradition colonialiste, que l’on doit éternellement expier les crimes nazis aux dépens des arabes en général et des Palestiniens en particulier. Pourtant, dés 1982, Nahum Goldman, ancien dirigeant du mouvement sioniste et Président-fondateur du Congrès Juif Mondial, mettait Israël en garde : « Invoquer l’Holocauste pour excuser les bombardements sur le Liban, comme le fait Mr Begin, est une profanation du mot et une banalisation de la réalité de cet holocauste, qui ne saurait en aucun cas justifier des actions politiquement et moralement indéfendables ». Que dirait aujourd’hui Nahum Goldman devant les massacres de masse à Gaza, les agressions organisées en Cisjordanie, les attaques contre le Liban ou l’Iran ?

Deuxième argument, l’histoire biblique. Cet argument consiste à revendiquer un « droit divin » de propriété sur la Palestine, l’antique Judée-Samarie, au nom des thèmes bibliques de l’Alliance, de la Terre Promise à Abraham, et du Peuple élu. Moshe Dayan disait clairement en août 1967 : »Si l‘on possède le livre de la Bible et si l’on se considère comme étant le peuple de la Bible, on devrait également posséder les terres bibliques ». Dans cette perspective s’inscrivirent toutes les agressions et annexions qui se sont succédées depuis et qui trouvent aujourd’hui leur acmé.
Cette mythologie, ignorante des droits de l’homme, réduit ainsi la vision biblique du judaïsme à une religion tribale, nationaliste, chauvine, dont l’état d’Israël est le bras armé.
Cette mythologie ignore délibérément le grandiose prophétisme pacifique d’Amos, d’Ezechiel ou d’Isaïe, pour ne retenir que les seuls textes prônant la conquête de Canaan et l’extermination sacrée des populations qui l’habitent. Sont ainsi « justifiés » la spoliation et le massacre. Cette logique est implacable, elle justifie également le racisme car la « postérité d’Abraham » n’est plus alors celle de la communauté abrahamique de la foi mais celle du sacrifice par le sang de la conquête.
L’argumentation « biblique » est d’autant plus inacceptable que la plupart des israéliens qui en abusent ne sont pas des croyants. La « Terre de la promesse » n’est pas pour eux un acte de foi mais un slogan de propagande et d’endoctrinement.

Aux « croyants » et « non-croyants » de notre pays trompés par ces manipulations de l’histoire ancienne (le récit biblique) et de l’histoire récente (le génocide nazi), il faut dire, redire et souligner toujours : le problème de la Palestine n’est pas un problème théologique ou religieux, mais un problème politique. Il faut aussi dire, redire et souligner que la politique colonialiste et raciste menée par Israël se drape d’un travestissement culturel et religieux opposé en tout au message universaliste des grands prophètes juifs, chrétiens et musulmans. Nous savions depuis Hitler ce que coûtent les prétentions d’un « peuple élu », comment pouvons-nous aujourd’hui laisser faire ce qui se passe à Gaza et en Cisjordanie ?


A.R.

13 décembre 2022

Jean Jaurès. Idéalisme et matérialisme dans la conception de l'histoire

 Conférence de Jean Jaurès devant les Etudiants collectivistes, décembre 1894, salle d’Arras, à Paris

Citoyennes et citoyens, 


Je vous demande d’abord toute votre patience, parce que c’est à une déduction purement doctrinale que j’entends me livrer ce soir devant vous.

Je veux aussi, tout d’abord, vous prémunir contre une erreur qui pourrait résulter de ce fait que le sujet que je vais traiter devant vous, j’en ai déjà parlé il y a quelques mois. J’ai, alors, exposé la thèse du matérialisme économique, l’interprétation de l’histoire, de son mouvement selon Marx ; et je me suis appliqué à ce moment à justifier la doctrine de Marx, de telle sorte qu’il pouvait apparaitre que j’y adhérais sans restriction aucune. [*]

Cette fois-ci, au contraire, je veux montrer que la conception matérialiste de l’histoire n’empêche pas son interprétation idéaliste. Et, comme dans cette deuxième partie de ma démonstration, on pourrait perdre de vue la force des raisons que j’ai données en faveur de la thèse de Marx, je vous prie donc, pour qu’il n’y ait pas de méprise sur l’ensemble de ma pensée, de corriger l’une par l’autre, de compléter l’une par l’autre, les deux parties de l’exposé que nous avons été obligés de scinder.

J’ai montré, il y a quelques mois, que l’on pouvait interpréter tous les phénomènes de l’Histoire du point de vue du matérialisme économique, qui, je le rappelle seulement, n’est pas du tout le matérialisme physiologique. Marx n’entend pas dire, en effet, le moins du monde, que tout phénomène de conscience ou de pensée s’explique par de simples groupements de molécules matérielles ; c’est là même une hypothèse que Marx et plus récemment Engels traitent de métaphysique et qui est écartée aussi bien par l’école scientifique que par l’école spiritualiste.

Ce n’est pas non plus ce que l’on appelle parfois le matérialisme moral, c’est-à-dire la subordination de toute l’activité de l’homme à la satisfaction des appétits physiques et à la recherche du bien-être individuel. Au contraire, si vous vous rappelez comment, dans son livre Le Capital, Marx traite la conception utilitaire anglaise, si vous vous rappelez comment il parle avec dédain, avec mépris, de ces théoriciens de l’utilitarisme comme Jérémie Bentham, qui prétendent que l’homme n’agit toujours qu’en vue d’un intérêt personnel consciemment recherché par lui, vous verrez qu’il n’y a rien de commun entre ces deux doctrines. Bien mieux, c’est l’inverse ; car précisément parce que Marx estime que les modes même du sentiment et de la pensée sont déterminés dans l’homme par la forme essentielle des rapports économiques de la société où il vit, par là, Marx fait intervenir dans la conduite de l’individu des forces sociales, des forces collectives, des forces historiques dont la puissance dépasse celle des mobiles individuels et égoïstes. Ce qu’il entend, c’est que ce qu’il y a d’essentiel dans l’histoire, ce sont les rapports économiques, les rapports de production des hommes entre eux.

C’est selon que les hommes sont rattachés les uns aux autres par telle ou telle forme de la société économique, qu’une société a tel ou tel caractère, qu’elle a telle ou telle conception de la vie, telle ou telle morale, et qu’elle donne telle ou telle direction générale à ses entreprises. De plus, suivant Marx, ce n’est pas selon une idée abstraite de justice, ce n’est pas selon une idée abstraite du droit, que les hommes se meuvent : ils se meuvent parce que le système social formé entre eux, à un moment donné de l’histoire, par les relations économiques de production, est un système instable qui est obligé de se transformer pour faire place à d’autres systèmes ; et c’est la substitution d’un système économique à un autre, par exemple de l’esclavage à l’anthropophagie, c’est cette substitution qui entraine une correspondance naturelle, une transformation équivalente dans les conceptions politiques, scientifiques et religieuses : en sorte que, selon Marx, le ressort le plus intime et le plus profond de l’histoire, c’est le mode d’organisation des intérêts économiques.

Le nom du matérialisme économique s’explique donc en ce que l’homme ne tire pas de son cerveau une idée toute faite de justice, mais qu’il se borne à réfléchir en lui, à réfléchir dans sa substance cérébrale, les rapports économiques de production.

En regard de la conception matérialiste, il y a la conception idéaliste sous des formes multiples. Je la résumerai ainsi : c’est la conception selon laquelle l’humanité, dès son point de départ, a pour ainsi dire une idée obscure, un pressentiment premier de sa destinée, de son développement.

Le principe Transcendance (suite) - 7/- De quoi Dieu est-il le nom

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«Dieu est circonférence et centre, lui qui est partout et nulle part».

Nicolas de Cues

 

On ne peut pas prouver que Dieu existe. Pascal a tenté, par un «pari», de trouver remède à cette impossibilité. «Qui m’aime me crée», dit Aragon, résolvant ainsi en partie le problème de Pascal : Dieu est créé par l’amour. L’amour donne sens à la vie humaine et existence à Dieu. L’hypothèse Dieu est une façon de poser la question du principe Transcendance, mais affirmer «par l’amour, Dieu existe» ne démontre rien quant à l’hypothèse Dieu. De même affirmer que «Dieu n’existe pas» ne démontre rien quant à l’hypothèse «non- Dieu». Dire «Dieu est mort» ne nie pas son existence, mais l’affirme, car ne peut mourir que ce qui vit. Au-delà de la question toujours irrésolue de son existence, question que Les Lumières, fondées sur le rationalisme et l’anti- métaphysique, avaient tenté de trancher au 18e siècle, poser l’hypothèse Dieu est donc exercer une certaine façon de penser, qui ne refuse ni la grandeur ni les postulats et qui interpelle aussi bien les athées que les «croyants».

 

L’existence ou la non-existence de Dieu n’est pas un problème dès lors que n’est pas défini le contenu du mot «Dieu», et il ne peut pas l’être, sauf éventuellement en négatif (théologie négative : ce que Dieu n’est pas). C’est dans cette zone de doute que se cache Dieu, puisqu’en définitive, quel que soit le préjugé de chacun, l’hypothèse de son existence n’est jamais qu’une façon de nommer une transcendance.

 

L’amour de Dieu, fait de fusion entre le monde et l’au-delà du monde, entre immanence et transcendance n’est pas radicalement différent de l’amour humain.

 

L’amour divin n’est abandon total dans le transcendant qu’à travers l’expérience mystique qui, par une profonde méditation - l’oraison -, permet à l’amant d’accéder sans intermédiaire à la connaissance de Dieu. Rousseau lui-même aspire à cette expérience : «Que d’hommes entre Dieu et moi !» regrette le Vicaire savoyard dans «L’Emile». Thérèse d’Avila et Jean de la Croix l’ont pratiquée, jusqu’à la mort pour ce dernier, sans pouvoir en établir un manuel de savoir-faire car les «choses de l’oraison» sont «bien obscures pour celui qui n’en a pas l’expérience».

 

Jean de la Croix ne peut que décrire l’oraison. Retrait total du monde et de soi- même et abandon dans les mains de Dieu. Sensibilité d’abord, puis raison, s’effacent dans une «nuit obscure» s’achevant en radieuse aurore. Même «prier vocalement» ou pratiquer quelques dévotions devient impossible pendant l’oraison.

 

L’expérience mystique est par définition incommunicable. Pour paraphraser Wittgenstein, la transcendance absolue ne peut être dite, elle se montre. L’Eglise catholique proposant une méthode pour «savoir faire oraison», assimilant celle-ci à une simple variété de la prière, en en déterminant les conditions matérielles et le déroulement, met de la lumière où il faut l’obscurité, du rite où il faut de l’informulé. En vérité, bien qu’ignorant tout de l’oraison, Aragon en parle infiniment mieux lorsque, dans «Le Fou d’Elsa», il glorifie ainsi Jean de la Croix : 

«Jean de la Croix je te reconnais tu ressembles

A tous ceux pour qui le rite et le dogme étaient prisons

Et qui cherchèrent chemin droit vers Dieu laissant les lacets interminables de la raison

Jean de la Croix tu n’es que le nom chrétien de tous ceux qui se damnent d’amour».

Le mystique n’est pas du domaine de la compréhension mais de l’adoration, pas de la communion mais de l’extase ; oraison n’est pas raison, ni déraison, mais au-delà de la raison. Difficile d’être en oraison vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Le reste du temps, le mystique utilise les ressources «normales» d’un être humain pour mettre en actes son amour de Dieu, sa foi en lui. L’indicible laisse place au logos, la transcendance absolue à une transcendance relative, celle qui passe un compromis avec l’immanence, avec le réel.

26 septembre 2021

1941, la déportation des "indésirables", par Georges Sentis, historien

 "L'Humanité" des 24, 25 et 26 septembre 2021 évoque (trop) brièvement Roger Garaudy déporté à Djelfa. Voici l'article dans son intégralité.





28 mai 2020

Le temple... de la finance


Cette expression, '' Temple de la finance '' est utilisée couramment pour désigner de grandes institutions financières, comme Wall Street à New-York,  la City de Londres, ou la Bourse de Paris. Il s'agit d'institutions qui détiennent et brassent quotidiennement des masses monétaires gigantesques. ''Wall Street est plus qu'une rue. C'est le centre de la finance mondiale et le temple du capitalisme.''(1) L'emploi du mot temple ajoute une connotation religieuse à la finance. D'ailleurs, on notera que les temples antiques assuraient déjà un rôle monétaire  à ce qui était leur fonction première, c'est à dire la relation avec les divinités. En associant temple et finance, on divinise l'argent, devenu un dieu, le dieu que Jésus a désigné sous le nom de Mamon. A cet égard le temple de Jérusalem, à l'époque de Jésus, s'était  transformé en une entreprise de captation des flux monétaires.

31 mars 2020

Joseph, bienfaiteur de l'Égypte, vraiment ?

© Droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur 


Le triomphe de Joseph, Cathédrale de Toulouse
Qui ne connaît l’histoire de Joseph ? On retient le récit d’un homme, fils du patriarche Jacob, vendu par ses frères jaloux et conduit en Égypte. Après pas mal de péripéties, il devient gouverneur du pays, le second après le Pharaon. On retient surtout que sa gestion avisée a permis au pays d’entasser des réserves considérables de grains, pendant les années d’abondance. Stocks ayant permis de nourrir les habitants pendant les années de  famine qui ont suivi. Quant à l’authenticité de cette histoire, les exégètes et historiens la mettent en doute. Nous examinerons leurs arguments. Mais au-delà de cette question, une analyse plus poussée de ce récit va nous présenter un aspect méconnu de Joseph et d’ailleurs soigneusement évité par les commentateurs. On notera en effet que les commentaires émanant, tant des milieux religieux juifs que chrétiens, sont toujours admiratifs devant un homme qui a ‘’ sauvé ‘’ les Égyptiens  de la famine.

12 mars 2020

21 août 1968, invasion des troupes du Pacte de Varsovie pour museler le Printemps tchécoslovaque

Le traumatisme du 21 août 1968 crée un effet de souffle jusqu'au sein du bureau politique du PCF qui aboutira à l'exclusion du philosophe officiel du Parti, Roger Garaudy. Ce dernier avait déjà émis des critiques sur le dialogue avec les intellectuels chrétiens et exprimé ses insatisfactions en mai 1968, jugeant la direction du Parti trop timorée vis-à-vis du mouvement étudiant. La crise tchécoslovaque constitue pour lui un nouvel objet de critique, même s'il exprime celle-ci avec prudence,  regrettant que le PCF ne manifeste pas suffisamment sa solidarité avec les Tchécoslovaques, et espérant par ailleurs dans un entretien accordé au Nouvel Observateur en septembre 1968 que la situation évolue : « Je vous répondrai avec Lénine qu'il ne faut pas ériger son impatience en principe théorique [...]. Je comprends le souci de la majorité de mes camarades de la direction du parti de ne pas bousculer le pot de fleurs au moment où les roses sont en train de pousser. » Roger Garaudy pense encore convaincre la direction du Parti en  revenant sur sa première impulsion, qui fut de réprouver l'invasion soviétique, mais le cap pris, désormais, est celui du soutien à la politique de normalisation. À la conférence mondiale des Partis communistes qui se tient à Moscou en 1969, le PCF entérine même le principe de non-ingérence dans les affaires internes de la Tchécoslovaquie, tout en laissant au nom de la normalisation se déployer sans protestation la politique de répression des partisans  du printemps de Prague. Le PC italien se distingue en revanche des  autres partis du pacte de Varsovie en exprimant son désaccord avec cette ligne et trouve en Roger Garaudy un relais de ses positions  en France. Ce dernier publie en effet en 1969 un ouvrage dans  lequel il rompt le silence et assume une critique similaire : « Si je  suis aujourd'hui contraint à rendre public ce débat, c'est que mes suggestions, depuis plus de trois ans, n'ont jamais pu briser le huis  clos du BP [bureau politique] et du C C [comité central]. » S'appuyant sur les enseignements qu'il tire des deux printemps [celui de 68 en France et celui de Prague], Roger Garaudy préconise de transformer le centralisme démocratique et  s'ouvre à l'idée d'autogestion. Lors du XIX e Congrès du PCF en 1970, dans un silence de plomb, il prend la parole pour défendre ses  thèses : il sera exclu du bureau politique deux semaines plus tard.  Même la très officielle revue des intellectuels du PCF, La Nouvelle Critique, qui a pour mission d'incarner l'avant-garde, est ébranlée par les événements en Tchécoslovaquie. Appuyant d'abord ceux qui, au sein de la direction du Parti, soutiennent le printemps de Prague, elle défend fermement l'orientation de Dubcek, dont le discours du 1er avril 1968 devant le comité central est publié en supplément de la revue. Après l'invasion, le dossier tchécoslovaque remplit les colonnes et inspire nombre d'analyses, dont celles de Pierre Juquin et d'André Gisselbrecht, qui ne partagent en rien la doxa en vigueur au Parti d'une intervention préventive devenue nécessaire. Ces articles posent
problème à la direction. Celui de Pierre Juquin, d'une extrême prudence, insiste simplement sur les voies nationales d'accès au socialisme. Celui de Gisselbrecht est plus ouvertement critique, dans la mesure où il « s'attache à développer le contenu du socialisme à visage humain, à partir notamment de la reprise des travaux de R. Richta et d'O. Sik, dont, selon son témoignage, il a pris connaissance par un livre paru en Allemagne et par ses entretiens lors de son voyage, notamment avec l'écrivain, proche de Milan Kundera, Antonin Liehm ». Gisselbrecht est convoqué par Roland Leroy, qui dénonce dans son article une apologie à peine dissimulée de la politique de Dubcek. La direction impose à La Nouvelle Critique de modifier son orientation au nom d'un nécessaire combat à la fois contre la ligne Garaudy, qualifiée de liquidatrice du Parti, et contre la ligne conservatrice de Jeannette Thorez-Vermeersch.

FRANÇOIS DOSSE
L A SAGA DES INTELLECTUELS FRANÇAIS
II . L'AVENIR EN MIETTES (1968-1989) G A L L I M A R D

pp 232 à 234

02 septembre 2019

Aragon et Garaudy: croisements...

Le sens du jeu
Aragon entre littérature et politique (1958-1968) EXTRAITS
Par Philippe Olivera
 In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 111-112, mars 1996. Littérature et
politique. pp. 76-84
Article source, à lire en entier ici:
https://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1996_num_111_1_3169




26 août 2019

Garaudy aux débats du CCIF

Actes de la recherche en sciences sociales
Le Centre catholique des intellectuels français
Le dialogue comme négociation symbolique (EXTRAITS)
Par Jean Tavares


Le Centre catholique des intellectuels français
(CCIF) était une institution médiatrice de
l'intervention de l'Eglise dans le champ intellectuel à
travers une démarche de dialogue (négociation
symbolique) dont la manifestation apparente était la
production publique de discours, oral ou écrit. Vouloir
saisir les stratégies objectives à l'oeuvre dans ce
dialogue seulement par le décryptage de ce discours
public, qui est un discours censuré, serait prendre
comme point de départ ce qui est l'aboutissement
des stratégies de contrôle-censure qui ont mené à
sa production et qui ne peuvent être appréhendées
que par l'analyse des conditions sociales de
production des promoteurs du dialogue et du
fonctionnement et des moyens de contrôle de l'institution
comme lieu de négociation intellectuelle.

23 août 2019

Djelfa, archives et témoignages

Contribution à l’histoire du camp de Djelfa, archives et
témoignages (de Roger Garaudy à Max Aub)
par Bernard Sicot - EXTRAITS
In:
Exils et migrations ibériques au XXe siècle, n°3, 2009. Sables d’exil. Les républicains espagnols dans les camps d’internement au Maghreb (1939-1945) pp. 146-216

L’article source est à lire ici EN ENTIER :
https://www.persee.fr/doc/emixx_1245-2300_2009_num_3_3_862

19 août 2019

Parler des juifs...

Parler des Juifs ou ne pas en parler ?
par Séverine Boudier


• Peut-on aujourd'hui parler des juifs et d'Israël quand on n'est pas
juif?
• Quand on prétend parler des juifs, qu'essaie-t-on de dire ?
• Quand on parle des juifs, qui nous récupère ?
• Faut-il ne plus en parler ?
Ce sont les quatre questions que m'inspirent la polémique et
l'émotion soulevées par le soutien de l'abbé Pierre au livre de Roger Garaudy,
Les mythes fondateurs de la politique israélienne.

10 août 2019

L'islam et le socialisme, par Roger Garaudy

Document de travail (début des années 1980). Tenir compte de la date, la vision que l'on a aujourd'hui de l'islam (religion) et de la civilisation islamique ayant subi des changements importants du fait de l'évolution de la géopolitique internationale au cours des 40 dernières années.

Comme d'habitude, pour lire cliquez deux fois sur chaque image






Disponible sur demande au format PDF (formulaire de contact colonne de gauche du blog)

20 avril 2019

"Des sujets qu'il faudrait revoir de fond en combles"

Le Père Joseph Bitar
Résidence des PP Jésuites
DAMAS (Azbakieh)
SYRIE                                                      31/VII/96

Cher Mr. Garaudy,

Je vous écris cette très brève lettre (brève, pour ne pas surcharger encore vos papiers d’archives !) pour  vous dire mon accord sur votre livre (« les Mythes fondateurs… »), que j’ai pris soin de lire avant d’en parler. Vous avez mis le doigt dans la plaie, et c’est ce qui a déchainé les haines et les accusations fausses et perverses.
Par ailleurs, j’ai déploré le « désaveu » de l’Episcopat français vis-à-vis de l’Abbé Pierre car il n’a commis aucune faute – si faute il y a ! – touchant la foi ou les mœurs…et souhaité qu’ils s’insurgent – et à bon escient cette fois ! – contre la débauche, l’immoralité, l’étalage de la pornographie sur tous les « boulevards médiatiques ».
Je vous souhaite bon courage dans ce combat qui est juste, car il s’élève contre bien des falsifications (« comment  6-3=toujours 6 » - bien trouvé !), et contre la transformation en tabous pour des sujets qu’il faudrait revoir de fond en combles.
Je souhaite que les français – toujours au premier rang pour parler de Libertés !...-retrouvent leur liberté de
parole et d’action, et le discernement entre le vrai et le faux, entre une cause juste et des revendications abusives et trompeuses.

J. Bitar, RP

[Archives personnelles de RG]

13 avril 2019

Paulette Garaudy est décédée

Paulette Garaudy en janvier 2018
Dans la nuit du 11 au 12 avril 2019, Paulette est décédée. La cérémonie de crémation aura lieu le mardi 23 avril à 10h30 au crématorium d'Orange. Roger Garaudy, qui fut son camarade de parti, son compagnon et son époux, à qui elle fut liée - en dépit des vicissitudes inévitables d'une vie - par tous les pores de son humanité, lui a notamment consacré un chapitre de ses Mémoires. en voici de larges extraits où se nourrissent l'un l'autre, comme dans la vie, l'ardeur de l'espérance militante et la tendresse d'un amour.

Un communisme lyrique
La renaissance de la Verrerie de Jaurès
Un nouvel amour (1946)

23 mars 2019

"L'insurrection chrétienne" (Jean Cardonnel, 1975)

Au cours d’un débat sur son livre, quelqu’un – une femme, je crois bien – demanda abruptement à l’auteur (dont il faut rappeler qu’il est religieux) : « Oui ou non, croyez-vous en Dieu ? » La réponse jaillit : « Non. » A la fois spontanée, profonde et provocante. Après quoi il expliqua que c’était l’expression « croire en Dieu » et ce qu’on met dessous qu’il rejetait. On peut néanmoins douter qu’il « croie » à « Dieu ». C’est au Christ qu’il croit, par un don total, avec une violence passionnée. Au Christ, c’est-à-dire, à l’homme. Ecoutons-le : « L’idée de Dieu est profondément réactionnaire et régressive. (...) Dieu qui reste Dieu ne peut rien devenir. (...) Dieu est bien mort en Jésus-Christ. »
Donc : en l’homme, divin et tout un. Il n’y a pas la foi d’un côté, l’analyse politique de l’autre. « Dépolitiser l’incarnation, c’est désincarner. » Or tout s’incarne à tout moment. Il n’y a pas non plus un Créateur qui « fabrique des créatures » : il « suscite des créateurs ». La Création n’a pas été faite : elle se fait continûment, indéfiniment, et par l’homme. On retrouve ici les idées centrales de Roger Garaudy, intérieures à cette ré-union vécue. Ce qui conduit infailliblement, d’ailleurs, à rejeter le dogmatisme d’Eglise ou à être rejeté par le dogmatisme de parti.
LIRE LA SUITE SUR LE SITE DU MONDE DIPLOMATIQUE  https://www.monde-diplomatique.fr/1975/06/FLORENNE/33217