Cette
expression, '' Temple de la finance '' est utilisée couramment pour désigner de
grandes institutions financières, comme Wall Street à New-York, la City de Londres, ou la Bourse de Paris. Il
s'agit d'institutions qui détiennent et brassent quotidiennement des masses monétaires
gigantesques. ''Wall Street est plus qu'une rue. C'est le centre de la
finance mondiale et le temple du capitalisme.''(1) L'emploi du
mot temple ajoute une connotation religieuse à la finance. D'ailleurs, on
notera que les temples antiques assuraient déjà un rôle monétaire à ce qui était leur fonction première, c'est
à dire la relation avec les divinités. En associant temple et finance, on
divinise l'argent, devenu un dieu, le dieu que Jésus a désigné sous le nom
de Mamon. A cet égard le temple de Jérusalem, à l'époque de Jésus, s'était transformé en une entreprise de captation des
flux monétaires.
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28 mai 2020
31 mars 2020
Joseph, bienfaiteur de l'Égypte, vraiment ?
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| Le triomphe de Joseph, Cathédrale de Toulouse |
15 mars 2020
"Votre vie mouvementée vous a fait prendre conscience de votre propre subjectivité..."
Une lettre adressée à Roger Garaudy lors de la parution de son livre Biographie du 20e siècle
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12 mars 2020
21 août 1968, invasion des troupes du Pacte de Varsovie pour museler le Printemps tchécoslovaque
Le
traumatisme du 21 août 1968 crée un effet de souffle jusqu'au sein du bureau
politique du PCF qui aboutira à l'exclusion du philosophe officiel du Parti,
Roger Garaudy. Ce dernier avait déjà émis des critiques sur le dialogue avec
les intellectuels chrétiens et exprimé ses insatisfactions en mai 1968, jugeant
la direction du Parti trop timorée vis-à-vis du mouvement étudiant. La crise tchécoslovaque
constitue pour lui un nouvel objet de critique, même s'il exprime celle-ci avec
prudence, regrettant que le PCF ne
manifeste pas suffisamment sa solidarité avec les Tchécoslovaques, et espérant
par ailleurs dans un entretien accordé au Nouvel Observateur en septembre 1968 que la situation évolue : « Je vous
répondrai avec Lénine qu'il ne faut pas ériger son impatience en principe
théorique [...]. Je comprends le souci de la majorité de mes camarades de la
direction du parti de ne pas bousculer le pot de fleurs au moment où les roses
sont en train de pousser. » Roger Garaudy pense encore convaincre la direction
du Parti en revenant sur sa première impulsion, qui fut de réprouver l'invasion soviétique,
mais le cap pris, désormais, est celui du soutien à la politique de
normalisation. À la conférence mondiale des Partis communistes
qui se tient à Moscou en 1969, le PCF entérine même le principe de
non-ingérence dans les affaires internes de la Tchécoslovaquie, tout en
laissant au nom de la normalisation se déployer sans protestation la politique
de répression des partisans du printemps de
Prague. Le PC italien se distingue en revanche des autres partis du pacte de Varsovie en
exprimant son désaccord avec cette ligne et trouve en Roger Garaudy un relais
de ses positions en France. Ce dernier publie en effet en 1969 un ouvrage dans lequel il rompt le silence et assume une
critique similaire : « Si je suis
aujourd'hui contraint à rendre public ce débat, c'est que mes suggestions, depuis plus de trois ans, n'ont
jamais pu briser le huis clos du BP [bureau politique] et du C C [comité central]. » S'appuyant
sur les enseignements qu'il tire des deux printemps [celui de 68 en France et
celui de Prague], Roger Garaudy préconise de transformer le centralisme
démocratique et s'ouvre à l'idée
d'autogestion. Lors du XIX e Congrès du PCF en 1970, dans un silence de plomb,
il prend la parole pour défendre ses thèses : il sera
exclu du bureau politique deux semaines plus tard. Même la très officielle revue des
intellectuels du PCF, La Nouvelle Critique, qui a pour mission
d'incarner l'avant-garde, est ébranlée par les événements en Tchécoslovaquie.
Appuyant d'abord ceux qui, au sein de la direction du Parti, soutiennent le
printemps de Prague, elle défend fermement l'orientation de Dubcek, dont le
discours du 1er avril 1968
devant le comité central est publié en supplément de la revue.
Après l'invasion, le dossier tchécoslovaque remplit les colonnes et inspire
nombre d'analyses, dont celles de Pierre Juquin et d'André Gisselbrecht, qui ne
partagent en rien la doxa en vigueur au Parti d'une intervention préventive
devenue nécessaire. Ces articles posent
problème à la direction. Celui de Pierre Juquin, d'une extrême
prudence, insiste simplement sur les voies nationales d'accès au socialisme.
Celui de Gisselbrecht est plus ouvertement critique, dans la mesure où il «
s'attache à développer le
contenu du socialisme à visage
humain, à partir
notamment de la reprise des travaux de R. Richta et d'O. Sik, dont, selon son
témoignage, il a pris connaissance
par un livre paru en Allemagne et par ses entretiens lors de son voyage,
notamment avec l'écrivain, proche de Milan Kundera, Antonin Liehm ».
Gisselbrecht est convoqué par Roland Leroy, qui dénonce dans son article une
apologie à peine
dissimulée de la politique de Dubcek. La direction impose à La Nouvelle Critique de
modifier son orientation au nom d'un nécessaire combat à la fois contre la ligne Garaudy, qualifiée de
liquidatrice du Parti, et contre la ligne conservatrice de Jeannette
Thorez-Vermeersch.
FRANÇOIS DOSSE
L A SAGA DES
INTELLECTUELS FRANÇAIS
II . L'AVENIR
EN MIETTES (1968-1989) G A L L I M A R D
pp 232 à 234
22 octobre 2019
2 septembre 2019
Aragon et Garaudy: croisements...
Aragon entre littérature et politique
(1958-1968) EXTRAITS
Par Philippe Olivera
In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 111-112, mars 1996. Littérature et
In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 111-112, mars 1996. Littérature et
politique. pp. 76-84
Article source, à lire en entier ici:
https://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1996_num_111_1_3169
https://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1996_num_111_1_3169
26 août 2019
Garaudy aux débats du CCIF
Actes de la recherche en sciences
sociales
Le Centre catholique
des intellectuels français
Le dialogue comme négociation symbolique (EXTRAITS)
Par Jean
Tavares
L'article entier est à lire ici:https://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1981_num_38_1_2118
Le
Centre catholique des intellectuels français
(CCIF)
était une institution médiatrice de
l'intervention
de l'Eglise dans le champ intellectuel à
travers
une démarche de dialogue (négociation
symbolique)
dont la manifestation apparente était la
production
publique de discours, oral ou écrit. Vouloir
saisir
les stratégies objectives à l'oeuvre dans ce
dialogue
seulement par le décryptage de ce discours
public,
qui est un discours censuré, serait prendre
comme
point de départ ce qui est l'aboutissement
des
stratégies de contrôle-censure qui ont mené à
sa
production et qui ne peuvent être appréhendées
que par
l'analyse des conditions sociales de
production
des promoteurs du dialogue et du
fonctionnement
et des moyens de contrôle de l'institution
comme
lieu de négociation intellectuelle.
23 août 2019
Djelfa, archives et témoignages
Contribution à l’histoire du camp de Djelfa, archives et
témoignages (de Roger Garaudy à Max Aub)
par Bernard Sicot - EXTRAITS
In:
Exils et migrations ibériques
au XXe siècle, n°3, 2009. Sables d’exil. Les républicains espagnols
dans les camps d’internement au Maghreb (1939-1945) pp. 146-216
L’article source est à lire ici EN ENTIER :
https://www.persee.fr/doc/emixx_1245-2300_2009_num_3_3_862
https://www.persee.fr/doc/emixx_1245-2300_2009_num_3_3_862
19 août 2019
Parler des juifs...
Parler des Juifs ou ne pas en parler ?
par Séverine Boudier
•
Peut-on aujourd'hui parler des juifs et d'Israël quand on n'est pas
juif?
• Quand
on prétend parler des juifs, qu'essaie-t-on de dire ?
• Quand
on parle des juifs, qui nous récupère ?
•
Faut-il ne plus en parler ?
Ce sont
les quatre questions que m'inspirent la polémique et
l'émotion
soulevées par le soutien de l'abbé Pierre au livre de Roger Garaudy,
Les
mythes fondateurs de la politique israélienne.
10 août 2019
L'islam et le socialisme, par Roger Garaudy
Document de travail (début des années 1980). Tenir compte de la date, la vision que l'on a aujourd'hui de l'islam (religion) et de la civilisation islamique ayant subi des changements importants du fait de l'évolution de la géopolitique internationale au cours des 40 dernières années.
Comme d'habitude, pour lire cliquez deux fois sur chaque image
13 juillet 2019
20 avril 2019
"Des sujets qu'il faudrait revoir de fond en combles"
Le Père Joseph Bitar
Résidence des PP Jésuites
DAMAS (Azbakieh)
SYRIE 31/VII/96
Résidence des PP Jésuites
DAMAS (Azbakieh)
SYRIE 31/VII/96
Cher Mr. Garaudy,
Je vous écris cette très brève lettre (brève, pour ne pas
surcharger encore vos papiers d’archives !) pour vous dire mon accord sur votre livre
(« les Mythes fondateurs… »), que j’ai pris soin de lire avant d’en
parler. Vous avez mis le doigt dans la plaie, et c’est ce qui a déchainé les
haines et les accusations fausses et perverses.
Par ailleurs, j’ai déploré le « désaveu » de
l’Episcopat français vis-à-vis de l’Abbé Pierre car il n’a commis aucune faute
– si faute il y a ! – touchant la foi ou les mœurs…et souhaité qu’ils
s’insurgent – et à bon escient cette fois ! – contre la débauche,
l’immoralité, l’étalage de la pornographie sur tous les « boulevards
médiatiques ».
Je vous souhaite bon courage dans ce combat qui est juste,
car il s’élève contre bien des falsifications (« comment 6-3=toujours 6 » - bien trouvé !),
et contre la transformation en tabous pour des sujets qu’il faudrait revoir de
fond en combles.
Je souhaite que les français – toujours au premier rang pour
parler de Libertés !...-retrouvent leur liberté de
parole et d’action, et
le discernement entre le vrai et le faux, entre une cause juste et des
revendications abusives et trompeuses.[Archives personnelles de RG]
13 avril 2019
Paulette Garaudy est décédée
![]() |
| Paulette Garaudy en janvier 2018 |
Un communisme
lyrique
La renaissance de la Verrerie de
Jaurès
Un nouvel amour (1946)
23 mars 2019
"L'insurrection chrétienne" (Jean Cardonnel, 1975)
Au cours d’un débat sur son livre, quelqu’un – une femme, je crois bien – demanda abruptement à l’auteur (dont il faut rappeler qu’il est religieux) : « Oui ou non, croyez-vous en Dieu ? » La réponse jaillit : « Non. » A la fois spontanée, profonde et provocante. Après quoi il expliqua que c’était l’expression « croire en Dieu » et ce qu’on met dessous qu’il rejetait. On peut néanmoins douter qu’il « croie » à « Dieu ». C’est au Christ qu’il croit, par un don total, avec une violence passionnée. Au Christ, c’est-à-dire, à l’homme. Ecoutons-le : « L’idée de Dieu est profondément réactionnaire et régressive. (...) Dieu qui reste Dieu ne peut rien devenir. (...) Dieu est bien mort en Jésus-Christ. »
Donc : en l’homme, divin et tout un. Il n’y a pas la foi d’un côté, l’analyse politique de l’autre. « Dépolitiser l’incarnation, c’est désincarner. » Or tout s’incarne à tout moment. Il n’y a pas non plus un Créateur qui « fabrique des créatures » : il « suscite des créateurs ». La Création n’a pas été faite : elle se fait continûment, indéfiniment, et par l’homme. On retrouve ici les idées centrales de Roger Garaudy, intérieures à cette ré-union vécue. Ce qui conduit infailliblement, d’ailleurs, à rejeter le dogmatisme d’Eglise ou à être rejeté par le dogmatisme de parti.
LIRE LA SUITE SUR LE SITE DU MONDE DIPLOMATIQUE https://www.monde-diplomatique.fr/1975/06/FLORENNE/33217
2 mars 2019
20 décembre 2018
Thomas Munzer: un prophète communiste
Chapitre 5 (« Conclusion et la moitié du royaume ») de « Thomas
Munzer, théologien de la révolution » d’Ernst BLOCH
N'ayons plus égard qu'à ce
principe, laissons ce qui est mort. Rien ne nous retient plus là où le festin
est terminé, nous allons de l'avant, nous nous projetons en rêve dans notre
avenir. L'élan vital de notre temps, immensément accru, se nourrit déjà à de
nouvelles sources ; son évidence incontestable instaure une foi secrète, encore
cachée.
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Si de puissantes forces
réussissent à prendre appui sur cette foi, l'homme enfin quittera le sol, il
s'élancera vigoureusement vers les hauteurs. Nous ne sentirons plus le poids de
notre vie, nous lui échapperons, elle qui est de plus en plus asservie à la
machine et à la domination, à la domination finalement libératrice de
l'inessentiel. Cette force qui créa la machine et qui, transformant le vouloir,
pousse vers le socialisme, c'est elle justement qui instaure aussi cette autre
réalité mystérieuse, encore latente dans le socialisme, que Marx a méconnue,
qu'il ne pouvait point ne pas méconnaître s'il voulait en finir à jamais avec
la misère et le hasard, mais qui hante nécessairement, dans l'Allemagne de Munzer
et en Russie, le souvenir hérité de son révolutionnarisme religieux. Certes
pourtant l'ennemi reste en vue, retranché encore dans le solide complexe des
puissances industrielles du militarisme ; mais son idéologie est dès à présent
réduite en miettes, et surtout de ce dernier réduit il sera plus aisé, plus
rationnel de le déloger que de l'antique fortin, incoordonné, corporatiste,
petit-bourgeois et féodal, sur lequel se brisa autrefois l'élan révolutionnaire
des Baptistes. Le monde des puissances économiques et politiques qui nous
entoure - si perfide, si étranger aux valeurs, longtemps auréolé par l'éclat
mensonger d'une « culture », qui n'était que l'inconsistante atmosphère de luxe
réservée à la classe dominante - est à présent enfoncé, privé de tout point
fixe, dénué de toute valeur téléologique pour ceux qui dépendaient de lui et qui
lui fournirent jusqu'ici son idéologie. Un dynamisme interne l'entraîne
à la perte de ses propres forces, en direction d'un horizon constructif, ouvert
à tous les opprimés, aux victimes de tous les mensonges accumulés depuis la
Guerre des Paysans et le gothique tardif, à tous les impératifs de la volonté
d'absolu.
Ainsi le cours des événements ne
saurait faire plus longtemps obstacle à la vertu, à la justice, à tout ce qui
est l'objet d'une juste prémonition. Mais la force centrifuge de ce même
mouvement libérateur entraîne l'humanité effervescente jusqu'à son vrai domaine
et voici que s'étend devant elle l'immensité des mondes supérieurs, ceux du
pressentiment, de la conscience morale et de ce qui constitue la moitié du
Royaume. Le temps revient, le choc prolétarien de l'Occident le fait renaître ;
en Allemagne et en Russie, il connaîtra son plein essor : là les peuples
sentent la présence d'une lumière qui chasse les plus épaisses ténèbres, qui
brusquement replace au centre le plus voyant tout ce qu'on avait oublié, les réalités
célestement souterraines, - qui érige enfin le secret de l'hérésie en évidence
publique puissamment efficace, en pôle et en principe directeur de la société.
Elle attend qu'on écoute sa voix, cette histoire souterraine de la révolution
dont le mouvement s'amorce déjà dans la bonne direction, mais voici que les
Frères de la Vallée, les Cathares, les Vaudois, les Albigeois, l'abbé Joachim
de Calabre, les Frères du Bon Vouloir, du Libre Esprit, Eckhart, les Hussites,
Munzer et les Baptistes, Sébastian Franck, les Illuminés, Rousseau et la
mystique rationaliste de Kant, Weitling, Baader, Tolstoï, voici que tous
unissent leurs forces, et la conscience morale de cette immense tradition
frappe derechef à la porte pour en finir avec la peur, avec l'État, avec tout
pouvoir inhumain. Voici que brille l'ardente étincelle qui ne s'attardera plus,
obéissant à la plus sûre exigence biblique : ce n'est point ici bas qu'est
notre demeure, nous cherchons une demeure à venir1. Un nouveau messianisme se prépare,
enfin familier à la migration et à la véridique puissance de notre nostalgie :
non point aspiration à la tranquillité du sol ferme, des œuvres figées, des
fausses cathédrales, d'une transcendance recuite, coupée maintenant de toutes
ses sources, - mais aspiration à la lumière de l'instant même que nous vivons,
à l'adéquation de notre émerveillement, de notre pressentiment, de notre rêve
continu et profond de bonheur, de vérité, de désensorcellement de nous-même, de
déification et de gloire intérieure. Jamais le ciel ne serait si sombre au-dessus
de nous sans la présence d'un orage absolu, d'une lumière centrale et la
plus immédiate de toutes ; mais, par là même, notre au-delà s'est déjà nommé et
nous l'avons entendu ; encore caché derrière une mince muraille craquelée,
voici le nom le plus intime, Princesse Sabbat, supérieur à celui de tous les
dieux qui nous abandonnèrent ici-bas avec le simple palliatif d'un miracle
larmoyant et rageur. Haut dressé sur les décombres d'une civilisation ruinée,
voici que s'élève l'esprit de l'indéracinable utopie, assurée pour la première
fois de son propre pôle, la plus intime des Ophirs2, des Atlantides, des
Orplids3, dans la demeure de son absolue manifestation communautaire. Ainsi
s'unissent finalement le marxisme et le rêve de l'inconditionné, allant du même
pas, incorporés dans le même plan de campagne - puissance de progrès et fin de
tout cet univers ambiant où l'homme ne fut qu'un être accablé, méprisé, anéanti
- reconstruction de la planète Terre, vocation, création, saisie violente du
Royaume. Avec tous les Millénaristes, Munzer reste celui qui appela les hommes
à cet orageux pèlerinage. Il ne peut être question d'une simple vie nouvelle
infusée à une ancienne réalité : l'espace s'offre à tous les débordements ;
s'ouvrent à nous le monde et l'éternité, le
nouveau monde de la ferveur et de
la percée, de la lumière largement et tumultueusement diffusée à partir de ce
qui est en l'homme sa part la plus intime. A présent il est impossible que
n'advienne point le temps du Royaume ; c'est vers ce temps que rayonne en nous
un esprit qui refuse toute démission, qui ignore toute déception. Nous avons
suffisamment vécu l'histoire du monde, nous avons assez connu, nous avons trop,
beaucoup trop connu de formes, de cités, d'oeuvres, de fantasmagories,
d'obstacles nés de la culture ; voici que se dresse librement une autre vie,
une vie irrésistible ; voici que faiblit le mince arrière-fond de la scène
historique, de la scène politique, de la scène culturelle ; voici que se manifestent
l'âme, les profondeurs, par-dessus tous les espaces du ciel où se situaient nos
rêves, étoilées depuis le sol jusqu'au zénith, voici que se déroulent les
véritables firmaments et que s'élève inlassablement la voie de notre destin,
jusqu'à ce mystérieux emblème vers lequel se meut, depuis le commencement des
temps, la sombre, l'inquiète, la lourde terre.
![]() |
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Editions Les prairies
ordinaires, Collection Singulières modernités, 2012, pages 297 à 300
26 novembre 2018
En accès libre la thèse de Didier Gauvin sur Roger Garaudy communiste
Didier Gauvin. Un intellectuel communiste illégitime : Roger Garaudy. Science politique. Université Grenoble Alpes, 2018.
Résumé : Après avoir atteint l'excellence en tant qu'intellectuel de parti stalinien pendant la Guerre froide, Roger Garaudy s'est construit comme intellectuel "véritable" contre la doxa du PCF qu'il était pourtant chargé d'incarner, à la faveur de son autonomisation suite au choc du XX° Congrès du PCUS périmant sa foi en Staline. C'est ainsi que la résurgence progressive de son habitus théologico-philosophique a fait de lui l'homme du dialogue par excellence adapté à la démarginalisation du PCF dans le champ intellectuel des années 1960. Mais si son engagement sur la tangente hérétique a fait de lui l'un des intellectuels communistes poussant le plus loin le projet de rénovation du PC en offrant une véritable stratégie alternative à celle du Parti après 1968, l'exclusion qui s'en est suivie s'est traduite par un retour du refoulé religieux qui, couplé à la posture prophétique d'un intellectuel désormais excentré dans la champ intellectuel français, a largement contribué à la délégitimation de l'ancien philosophe du PC avant même sa radicalisation ultime qui a achevé de le disqualifier suite à sa condamnation pour négationnisme.
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01929228
Résumé : Après avoir atteint l'excellence en tant qu'intellectuel de parti stalinien pendant la Guerre froide, Roger Garaudy s'est construit comme intellectuel "véritable" contre la doxa du PCF qu'il était pourtant chargé d'incarner, à la faveur de son autonomisation suite au choc du XX° Congrès du PCUS périmant sa foi en Staline. C'est ainsi que la résurgence progressive de son habitus théologico-philosophique a fait de lui l'homme du dialogue par excellence adapté à la démarginalisation du PCF dans le champ intellectuel des années 1960. Mais si son engagement sur la tangente hérétique a fait de lui l'un des intellectuels communistes poussant le plus loin le projet de rénovation du PC en offrant une véritable stratégie alternative à celle du Parti après 1968, l'exclusion qui s'en est suivie s'est traduite par un retour du refoulé religieux qui, couplé à la posture prophétique d'un intellectuel désormais excentré dans la champ intellectuel français, a largement contribué à la délégitimation de l'ancien philosophe du PC avant même sa radicalisation ultime qui a achevé de le disqualifier suite à sa condamnation pour négationnisme.
https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01929228
20 novembre 2018
Celui qui n'est plus candidat...(1981)
Celui qui n’est
plus candidat
Garaudy toujours en lutte
Garaudy toujours en lutte
• par Marie-Laure SANTANDER
LORSQUE j'étais
enfant, les portes des fermes bretonnes étaient grandes
ouvertes.
Quiconque pouvait entrer à toute heure du jour. Dans les champs les hommes chantaient.
Aujourd'hui
les portes sont closes et les hommes non seulement ne chantent plus, mais ne communiquent
plus entre eux.
Ces deux
images résument assez bien, je crois, notre croissance mal vécue, car dans les pays
pauvres, sans bien sûr mentionner ceux où l'on meurt de faim, les gens
sourient, sont accueillants et chantent. Cela nous pouvons nous en rendre compte,
si nous voyageons un tant soit peu hors d'Europe ou
même en
Italie du Sud ou en Espagne et Portugal.
Notre tâche
est donc d'apprendre à gérer le bonheur d'être bien nourris et souvent riches
de superflu.
Dans
l'Evangile il est dit « qu'il sera plus difficile à un homme riche d'entrer
dans le royaume des cieux, qu'à un chameau de passer par le chas d'une aiguille
».
Ceci est le problème philosophique de notre monde occidental. Comment échapper au pouvoir destructeur de la richesse mal gérée ? Celle qui rend
Ceci est le problème philosophique de notre monde occidental. Comment échapper au pouvoir destructeur de la richesse mal gérée ? Celle qui rend
l'homme
égoïste et aveugle de pouvoir.
Que faire
pour bien gérer notre richesse ?
Roger
Garaudy répond « S'arracher aux dérives suicidaires de l'actuel modèle de
croissance, demande un acte de foi, un acte de foi dans l'homme ».
Comment ?«
En donnant à nos vies un sens et un but. En luttant contre la croissance
simultanée et complémentaire des armements et de la famine, en créant autre
chose que la croissance des profits et des dominations, en la remplaçant par
une autre croissance, celle de chaque homme afin que tous puissent donner un
sens à leur vie. »
25 octobre 2018
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