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13 juin 2020

"L’individu qui pense, contre la société qui dort, voilà l’histoire éternelle." (Alain)

La mythique et inoubliable et tellement instructive mais surtout hautement révélatrice "Affaire Garaudy" n’a pas fini d’interpeller les êtres authentiquement libres un peu partout dans le monde. Voici ce qui explique à mes yeux l’éclatant et très déroutant geste de Garaudy : 

« Tout homme qui est un vrai homme doit apprendre à rester seul au milieu de tous, àpenser seul pour tous - et au besoin contre tous. » (Romain Rolland, "L’Un contre tous", 1917)

« L’un des secrets du monde, c’est qu’on a quelquefois le devoir de faire ce qu’on n’a pas le droit de faire - le corollaire étant qu’on n’a pas le droit de faire ce qu’on a le devoir de faire. À l’homme d’action de prendre ses responsabilités. Et de subir ensuite les diatribes des irresponsables. » (Vladimir Volkoff, "Opération Barbarie", 2001)

« Le petit nombre d’hommes qui ont fait l’histoire sont ceux qui ont dit non. » (Pasolini)

« L’individu qui pense, contre la société qui dort, voilà l’histoire éternelle. » (Émile-Auguste Chartier, dit Alain, "Éléments d’une doctrine radicale", 1925)

« Il ne suffit pas d’être un grand homme, il faut l’être au bon moment. » (Pompidou)

« La loi du clerc est, quand l’univers entier s’agenouille devant l’injuste devenu maître du monde, de rester debout et de lui opposer la conscience humaine. » (Julien Benda, "La Trahison des Clercs", 1946)

« Devant tout pouvoir qui exige soumission et sacrifices de toute nature, la tâche du philosophe est l’irrespect, l’effronterie, l’impertinence, l’indiscipline et l’insoumission. Rebelle et désobéissant, et bien que convaincu du caractère désespéré de sa tâche, il se doit d’incarner la résistance devant le Léviathan et ses porteurs d’eau. Il s’agit d’être impie et athée en matière politique. » (Michel Onfray, "Cynismes", 1990)

26 janvier 2020

Un ami du blog réagit à la censure de Facebook


J'ai voulu partager avec un ami ce lien vers un appel de Garaudy (http://rogergaraudy.blogspot.com/2016/04/avec-vous-par-vous-la-ou-vous-etes.html).

Facebook m'a aussitôt envoyé cette notification : 
Vous ne pouvez pas partager ce lien :rogergaraudy.blogspot.com
Impossible de partager votre message, car ce lien enfreint les Standards de la communauté.
Si vous pensez que ceci ne va pas à l’encontre des règles de la communauté, dites-le nous.

Voici ma réplique immédiate :
« La vérité est éternelle : on la méconnaît, on l’outrage ; mais on ne l’anéantit pas. » (Anonyme)
En lisant ce qui suit comment ne pas penser également à celui que vous venez de censurer : Garaudy ?

« Le drame de Georges Valois (1878 - 1945) est d’arriver trop tôt, dans un monde où certaines vérités ne seront finalement comprises ou reconnues qu’après de terribles orages. (…) Georges Valois appartenait à cette catégorie d’esprits qui ne parviennent pas à trouver le système politique de leurs vœux, et dont le destin est d’être déçus par ce qui les a passionnés. Mais c’était aussi, de toute évidence, un homme qui ne se résignait pas à la division de l’esprit public par les notions de droite et de gauche. » (Paul Sérant, "Les Dissidents de l’Action française", 1978) 

Tout ce qui n’est pas fondamentalement vrai est voué à disparaître. C’est que rien de bon et de durable ne se construit sur le faux… Tout finit par se savoir. C’est absolument sûr. Mais après combien de drames ? Tout cela pourrait vite cesser si nous cessons de faire l’autruche... Oui l’amour sauvera le monde, mais en étant allié à la vérité. 
« Tout homme qui est un vrai homme doit apprendre à rester seul au milieu de tous, à penser seul pour tous - et au besoin contre tous. » (Romain Rolland, "L’Un contre tous", 1917) 
« Le petit nombre d’hommes qui ont fait l’histoire sont ceux qui ont dit non. » (Pasolini) 
« L’individu qui pense, contre la société qui dort, voilà l’histoire éternelle. » (Émile-Auguste Chartier, dit Alain, "Éléments d’une doctrine radicale", 1925)

« Il ne suffit pas d’être un grand homme, il faut l’être au bon moment. » (Pompidou) 
« La loi du clerc est, quand l’univers entier s’agenouille devant l’injuste devenu maître du monde, de rester debout et de lui opposer la conscience humaine. » (Julien Benda, "La Trahison des Clercs", 1946)

Devenons enfin des Hommes.
A.D

Sur l'immigration

Le grand ami de Garaudy, Michel Lelong – prêtre catholique -, à propos de l’immigration : 
« Quand elles vivent depuis longtemps chez nous, respectent nos lois et transmettent à leurs enfants une éducation civique et morale - à laquelle l’islam peut évidemment contribuer -, les familles maghrébines, turques, africaines qui vivent chez nous méritent notre estime, notre confiance et notre accueil. Mais comment ne pas voir les périls que comporte pour tous, au Nord et au Sud de la Méditerranée, l’afflux incontrôlé de nouveaux immigrés, déracinés de leur propre culture et étrangers à la nôtre ? Ils risquent alors de devenir des chômeurs, des "sans-papiers", et parfois des marginaux voire des délinquants, installés en Europe dans des conditions précaires, tandis que leurs pays ont besoin d’eux, de leur présence, de leur travail, de leur courage, pour réussir un difficile et nécessaire développement économique et social. Car la solution au problème des inégalités criantes entre le Nord et le Sud ne se trouve pas dans l’immigration qui déracine ses victimes, en les arrachant à leur terre et à leur culture d’origine, mais dans un soutien plus efficace des Etats les plus prospères à ceux qui ne le sont pas, chacun étant appelé à prendre en main son propre destin, pour parvenir à des relations internationales plus solidaires. »

Michel Lelong, "La Vérité rend libre. Le judaïsme, l’islam et nous", 1999.
  
Grande et grave cette question de l’immigration, évitons donc à son égard les visions trop simplistes qu’engendre une approche partisane et émotionnelle, il faut avoir la sagesse de l’aborder sereinement. Cela seul permet de l’aborder aussi objectivement que possible.

A.D

5 janvier 2020

La force, la lutte, la vie...

Si tu ne sens pas en toi la force, si tes forces sont justes ce qu'il faut pour maintenir une vie grisâtre, monotone, sans fortes impressions, sans grandes jouissances, mais aussi sans grandes souffrances, eh bien, tiens-t'en aux simples principes de l'équité égalitaire. Dans des relations égalitaires, tu trouveras, à tout prendre, la plus grande somme de bonheur possible, étant données tes forces médiocres.
Mais si tu sens en toi la force de la jeunesse, si ru veux vivre, si tu veux jouir de la vie entière, pleine, débordante, — c'est-à-dire connaître la plus grande jouissance qu'un être vivant puisse désirer — sois fort, sois grand, sois énergique dans tout ce que tu feras. Sème la vie autour de toi. Remarque que tromper, mentir, intriguer, ruser, c'est t'avilir, te rapetisser, te reconnaître faible d'avance, c'est faire comme l'esclave du harem qui se sent inférieur à son maître. Fais-le si cela te plaît, mais alors sache d'avance que l'humanité te considérera petit, mesquin, faible, et te traitera en conséquence. Ne voyant pas ta force, elle te traitera comme un être qui mérite de la compassion — de la compassion seulement. Ne t'en prends pas à l'humanité si toi-même tu paralyses ainsi ta force d'action.
Sois fort, au contraire. Et une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l'auras comprise, — une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre — révolte toi contre l'iniquité, le mensonge et l'injustice. Lutte! La lutte, c'est la vie d'autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais. Lutte pour permettre à tous de vivre de cette vie riche et débordante, et sois sûr que tu trouveras dans cette lutte des joies si grandes que tu n'en trouverais pas de pareilles dans aucune autre activité.
C'est tout ce que peut te dire la science de la morale.
À toi de choisir.


Pierre Kropotkine, « La morale anarchiste », 1885, édition L’Escalier 2019, p 44

18 décembre 2019

"Appelons la femme à notre secours"

« Voilà trente mille ans que les valeurs masculines dominent le monde. Force est de constater que les civilisations qu’elles ont inspirées sont des échecs : elles n’ont pas réussi à harmoniser les relations entre la femme et l’homme, entre les citoyens et entre les nations. (…) Il ne nous reste qu’une chance de survivre et d’inventer un monde meilleur : renoncer à la prépondérance des valeurs masculines, épanouir les valeurs féminines. La véritable alternative qui s’offre à nous ne consiste plus à choisir entre le libéralisme et le socialisme, mais entre la perpétuation d’une civilisation machiste et sadomasochiste et l’inauguration d’une société où l’on permettra aux valeurs féminines de s’exprimer, une civilisation vraiment humaine. Rendre à l’humanité les richesses de la féminité, ce n’est pas seulement lui donner les moyens d’un nouvel âge, c’est assurer sa survie. (…) Car une chose est sûre : ce libéralisme sauvage, triomphe de la civilisation patriarcale, générateur de guerres, pourvoyeur de chômage, fossoyeur d’âmes, destructeur de la nature, ne peut plus durer. (…) Hommes qui m’avez  lu, ne croyez pas que j’aie cédé à une tardive révolte contre le père, non plus qu’à un accès d’humilité. Non, c’est l’Histoire qui nous accable. Et la réalité présente. Sans doute ai-je été injuste dans ma juste colère : ayant exposé nos méfaits, j’aurais dû rappeler ce que nous avons fait de grand aussi. Mais notre génie est connu ; ce qui m’importait, c’était de savoir pourquoi il se double fatalement d’un mauvais génie : rien de ce que nous avons fait de bien qui ne soit mis au service du mal ! Il est temps de chercher d’autres voies. Appelons la femme à notre secours. Nous pensions la femme notre ennemie, elle est notre avenir. »


Gérard Leleu, "De la peur à l’amour. Réconcilier enfin l’homme et la femme", Éditions J’ai Lu, 2005.

15 décembre 2019

Audace

« Pourquoi un homme d’Etat, un chef de gouvernement naurait-il pas laudace de déclarer à la radio ou à la télévision à ses compatriotes : "Nous tous qui sommes rassemblés sur cette parcelle de la Terre, vous autant que moi-même, dans cent ans nous aurons disparu, nous et ceux qui nous entourent, que nous les aimions, les détestions ou qu’ils nous soient indifférents. Cent ans, c’est beaucoup pour chacun de nous, et nombreux sont ceux qui ne les atteindront pas. Mais cest une poussière de temps au regard de la marche du monde et des galaxies. Pensez-y ce soir en regardant le ciel. Ne trouvez-vous pas non seulement injuste, mais simplement absurde qu’ainsi soumis au même sort, alors que la même fin nous attend, nous ne regardions pas notre existence et celle des êtres qui nous entourent comme une seule et même vie ? Ne pensez-vous pas que ce morceau de temps que nous partageons ensemble devrait nous amener à partager également les ressources de ce siècle ? (…) Ce bref passage sur Terre, qui est le lot de chacun de nous, il faut en améliorer le cours pour tous, puisque nous sommes embarqués sur le même bateau, celui de ce siècle, navire de plaisance pour les uns, galère pour les autres. Pourquoi ne deviendrait-il pas un grand voilier profitant des mouvements de l’air et de l’eau, sans cabines de luxe pour les uns ni entrepont pour les autres, dont bénéficieraient au mieux tous ceux que la vie a réunis à son bord ?" Un tel discours pourrait être entendu. Mais sa réalisation serait redoutée par certains. Si nul na plus le souci d’assurer exclusivement son existence quotidienne et celle des siens, ne risque-t-on pas de voir surgir des pensées grosses de réflexions refoulées comme celle du sens de la vie, puisque celle-ci est limitée ? Certes, mais c’est la grandeur de l’être humain, qui "dès sa naissance est déjà assez vieux pour mourir" (Heidegger), de reconnaître et accepter son inquiétude existentielle. »


Léon Schwartzenberg, Face à la détresse, Ed. Fayard, 1994.
(Texte proposé par Ahmed D.)

15 janvier 2019

"Notre empathie a trop longtemps fait défaut..."

Editions La Découverte
ACHETER LE LIVRE

Notre empathie a trop longtemps fait défaut. Aux musulmans, aux Arabes, aux juifs, aux Noirs, aux Roms et aux Tziganes, etc. : à tous ceux qui, successivement ou en même temps, sont les victimes de cette idéologie barbare des civilisations supérieures contre des peuples maudits qui rôde de nouveau parmi nous. C'est dans l'espoir de rattraper ce retard que j'ai voulu lui opposer, ici, l'expérience du monde, du divers et du pluriel, qui a fait de nous des Français.
J'en suis un, parmi des millions d'autres, et je n'ai d'autre titre que celui-là pour justifier ce livre. Celui d'un Français qui ne se réduit pas à son origine. Né en Bretagne, de parents bretons, l'un élevé catholique, l'autre élevée protestante, je n'ai pas été baptisé. J'ai grandi outre-mer jusqu'à l'âge de dix-huit ans, loin de la France hexagonale, en Martinique puis en Algérie (après l'indépendance) qui sont, en vérité, mes vrais pays d'enfance et d'adolescence, mes patries de jeunesse.
J'ai donc été façonné par une diversité de cultures (bretonne, antillaise, créole, caraïbe,
maghrébine, arabe, berbère, française, etc.) où se jouent diverses influences spirituelles (catholicisme, protestantisme, vaudou ou quimbois, islam, etc.) jusqu'à celle, d'un judaïsme diasporique, que m'a apportée la famille construite avec ma compagne, issue de l'immigration juive
d'Europe centrale. Sans compter, évidemment, l'éducation républicaine transmise par des parents
profondément attachés à l'école laïque.
Bref, je suis a-religieux, sans goût pour la transcendance mais sans obsession maladive vis-à-vis de ceux pour qui elle importe. Et ceci d'autant moins que ma génération, celle qui est née après les catastrophes mondiales de la première moitié du XXE siècle, a appris que les civilisations qui se réclament de la raison, voire du refus de Dieu, peuvent aussi bien céder à la déraison collective jusqu'à commettre de redoutables folies criminelles.
Je suis donc seulement soucieux du royaume immédiat dont nous avons tous la charge, au présent,
que l'on croie au ciel ou que l'on s'y refuse : ce monde commun qu'il nous revient de construire tous ensemble, et non pas de détruire en sombrant dans la guerre de tous contre tous. Ce monde si fragile et si incertain dont les divinités secrètes se nomment la beauté et la bonté. C'est en leur nom qu'il faut dire non à l'ombre qui approche, par la solidarité concrète avec celles et ceux qu'elle menace. Au premier chef desquels, nos compatriotes d'origine, de culture ou de croyance musulmanes.
Présentant en avril 1941, alors que la nuit était tombée sur l'Europe, le premier numéro de
sa revue Tropiques , née à Fort-de-France, le poète Aimé Césaire écrivait ceci : « Où que nous
regardons, l'ombre gagne. L'un après l'autre les foyers s'éteignent. Le cercle d'ombre se resserre
parmi des cris d'hommes et des hurlements de fauves. Pourtant nous sommes de ceux qui disent
non à l'ombre. Nous savons que le salut du monde dépend de nous aussi. Que la terre a besoin de n'importe lesquels d'entre ses fils. Les plus humbles. L'Ombre gagne... "Ah ! tout l'espoir n'est pas de trop pour regarder le siècle en face !" Les hommes de bonne volonté feront au monde une nouvelle lumière. »
Hommes et femmes de bonne volonté, qu'attendons-nous ?


Edwy Plenel
Pour les musulmans
Pages 141 à 144, Chapitre X (conclusion)

2 décembre 2018

La sympathie des âmes

Texte proposé par A.D, ami du blog

Appel aux vivants...

« L’idéal permanent de l’évolution humaine n’est pas douteux. Ce qui manque à l’humanité, c’est la force de s’imposer à elle-même la poursuite constante de cet idéal. 
(Jules Romains, Le Problème numéro Un, 1947)
« Il nous reste peu de temps pour sauver l’honneur et l’espoir d’une
humanité en grand danger. »
 (René Dumont, Un monde intolérable, 1989)
« Nous devons procéder à une révolution de nos modes de pensée et
d’action, une révolution de nos modes de vie. Nous devons le faire maintenant. »

(Jacques Chirac, Demain il sera trop tard, 2008)

[Citations proposées par A.D]

26 juillet 2018

Der Mensch ist ein unsicheres Lebewesen

Der Mensch ist ein unsicheres Lebewesen. Beim Tier sind die Instinkte und die Umwelt, an die es sich anpaßt, eng miteinander verbunden. Das Tier ist ein Bündel von Antworten. Der Mensch ist ein Bündel von Fragen. Seine Aktion paßt sich der Umwelt nicht an: sie verwandelt sie. So sehr, daß der Mensch niemals im vollen Gleichgewicht mit der Natur ist.
Es gibt keinen erbarmungsloseren Zwang als den einer Freiheit, die zur Ware und zur Institution eingefroren ist. Wir werden gelenkt von einer Wirtschaft des Wachstums, von einer Technik der Macht.
Atombomben herstellen,... Menschen, deren biologischer Verfall unaufhaltsam ist, am Leben - am Vegetieren erhalten; morgen vielleicht die Erbmasse manipulieren... Nichts davon ist in sich ein absoluter Wert.
Jeder von uns ist für die Schöpfung persönlich verantwortlich.

Roger Garaudy, Menschenwort (1975)


Sur le profil Facebook d’Anna Mohr : https://www.facebook.com/anna.mohr.7564?ref=br_rs

16 juin 2018

Réflexions sur "l'affaire Garaudy"

Je vous envoie ce travail bien modeste inspiré par l’affaire Garaudy [La publication des Mythes fondateurs de la politique israélienne et le lynchage médiatique et judiciaire qui s’ensuivit, NDLR]


Commençons par ce qu’il est convenu d’appeler la pensée unique. Voici des extraits d’une superbe conférence qui traite sereinement de ce thème épineux et polémique :

« Ceux qui se sont donné pour but d’empêcher la libre confrontation des idées se font gloire de ne pas débattre (…), parce que le refus du débat épargne d’avoir à réfuter, c’est-à-dire permet de faire l’économie d’une discussion intellectuelle dont, il faut bien le dire, les tenants de la bien-pensance ont aujourd’hui rarement les moyens. (…) On ne réfute plus les idées qu’on dénonce, on se contente de les déclarer inconvenantes ou insupportables. La condamnation morale dispense d’un examen des hypothèses ou des principes sous l’horizon du vrai et du faux. Il n’y a plus d’idées justes ou fausses, mais des idées conformes, en résonance avec l’esprit du temps, et des idées non conformes, dénoncées comme intolérables. (…) Un livre peut ainsi être dénoncé, même si ce qu’il contient correspond à la réalité. » (Alain de Benoist, 2003 ; le texte intégral de la conférence est disponible gratuitement sur Internet)

8 mars 2018

Rendre justice à Roger Garaudy

Reçu d'un ami du blog ce commentaire au sujet de "l’affaire Garaudy"…
***


Le temps est venu de rendre justice à un grand ami des hommes, le philosophe Roger Garaudy, et aux innombrables victimes d’un système inhumain en fin de course.



Voici un extrait d’une superbe conférence sur le thème de la pensée unique :

« Ceux qui se sont donné pour but d’empêcher la libre confrontation des idées se font gloire de ne pas débattre (…), parce que le refus du débat épargne d’avoir à réfuter, c’est-à-dire permet de faire l’économie d’une discussion intellectuelle dont, il faut bien le dire, les tenants de la bien-pensance ont aujourd’hui rarement les moyens. (…) On ne réfute plus les idées qu’on dénonce, on se contente de les déclarer inconvenantes ou insupportables. La condamnation morale dispense d’un examen des hypothèses ou des principes sous l’horizon du vrai et du faux. Il n’y a plus d’idées justes ou fausses, mais des idées conformes, en résonance avec l’esprit du temps, et des idées non conformes, dénoncées comme intolérables. (…) Un livre peut ainsi être dénoncé, même si ce qu’il contient correspond à la réalité. » (Alain de Benoist, en 2003 - le texte intégral de la conférence est disponible gratuitement sur Internet)


Sur la tâche d’écrire l’histoire et comment l’effectuer correctement, Garaudy ayant été totalement délégitimé - malgré une œuvre considérable et fort variée et un incontestable humanisme universaliste - à cause d’un livre relevant de ce domaine, tout a été dit par un auteur brillant et certes original de l’Antiquité :

« Il faut, avant tout, que l’historien soit libre dans ses opinions, qu’il ne craigne personne, qu’il n’espère rien. Autrement, il ressemblerait à ces juges corrompus qui, pour un salaire, prononcent des arrêts dictés par la faveur ou la haine. (…) L’unique devoir de l’historien, c’est de dire ce qui s’est fait (…), et négliger tout le reste ; en un mot, la seule règle, l’exacte mesure, c’est de n’avoir pas égard seulement à ceux qui l’entendent, mais à ceux qui, plus tard, liront ses écrits (…), ne s’inquiétant pas de ce que dira tel ou tel, mais racontant ce qui s’est fait. (…) Il vaut mieux, prenant la vérité pour guide, attendre sa récompense de la postérité que se livrer à la flatterie pour plaire à ses contemporains. Telle est la règle, tel est le fil à plomb d’une histoire bien écrite. » (Lucien de Samosate, "Comment il faut écrire l’histoire" - l’intégralité de ce texte d’une étonnante modernité est disponible gratuitement sur Internet)


Je n’ai aucun doute que cet auteur aurait fait siennes ces trois citations :

« Dans tous les domaines, il est sain de mettre, de temps à autre, un point d’interrogation devant les choses que l’on tient depuis longtemps pour acquises. » (Bertrand Russell)

« Parfois on se trompe dans l’analyse d’un événement parce qu’on est resté figé dans le seul point de vue qui nous semble évident. » (Bernard Werber, "L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu", 1993)

« La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, si ce n’est aux faits eux-mêmes. » (Henri Poincaré)


Toujours en ce qui concerne l’écriture de l’histoire, une historienne de profession bien connue précise :

« L’Histoire a son domaine. Elle cesse d’exister si elle n’est plus recherche du vrai, fondée sur des documents authentiques ; elle s’évapore littéralement ; mieux : elle n’est plus que fraude et mystification. » (Régine Pernoud, "Pour en finir avec le Moyen Âge", Éd. Points, 2014, p. 123)

Et un ancien ministre de la Culture et écrivain d’ajouter :

« Confronter les sources et les points de vue, c’est précisément ce qui est au cœur de l’écriture de l’histoire. » (Frédéric Mitterrand, dans le journal "Le Monde" du 03 novembre 2010, p. 15)


Par ailleurs voici à mes yeux le principal trait de caractère d’un vrai démocrate :

« Le démocrate, après tout, est celui qui admet qu’un adversaire peut avoir raison, qui le laisse donc s’exprimer et qui accepte de réfléchir à ses arguments. Quand des partis ou des hommes se trouvent assez persuadés de leurs raisons pour accepter de fermer la bouche de leurs contradicteurs par la violence, alors la démocratie n’est plus. » (Albert Camus, « Démocratie et modestie », dans le journal "Combat", 30 avril 1947)

Je ne peux m’empêcher de citer un autre mot de Camus qui résume à merveille l’affaire Garaudy :

« Il vient toujours une heure dans l'histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort. » (Albert Camus, "La Peste")



Je suis persuadé qu’il aura le dernier mot, et ces citations renforcent ma conviction :

« Le bon sens réunit tout d’abord la majorité… mais contre lui. Ce n’est qu’après avoir épuisé toutes les formes de l’erreur, qu’on arrive à la vérité. » (Alphonse Karr)

« "Malheur à celui par qui le scandale arrive !" Mais, avec le recul du temps, on s’aperçoit que la plupart des grands progrès humains sont dus aux penseurs libres qui, à un moment de l’histoire, ont eu le courage de faire scandale. » (Albert Bayet, "Histoire de la Libre Pensée", 1959)

« Courage et confiance ! Travaillez énergiquement pour la bonne cause, pour la vérité, la justice et la liberté, et soyez sûrs que vous ne vous en repentirez jamais. » (Charles de Montalembert)



A propos des personnalités de la qualité et de la trempe de Garaudy :

« Ce n’est assurément pas par ambition ou par intérêt, encore moins par vanité, que quelques hommes s’obstinent à soutenir des opinions en apparence décréditées, qui ne conduisent ni aux honneurs ni à la fortune, et font taxer leurs écrits de paradoxe ou même d’exagération. C’est uniquement par respect pour leur nom, et de peur que la postérité, s’ils y parviennent, ne les accuse d’avoir cédé au torrent des fausses doctrines et des mauvais exemples. » (Louis de Bonald, "Pensées sur divers sujets", 1817)

« Ce qui caractérise surtout le vrai sage, c’est un sentiment profond d’ordre et d’harmonie. Toute erreur lui est pénible, tout mal l’afflige, toute injustice l’indigne ; partout où l’humanité souffre, il la défend ; il la venge partout où elle est opprimée. Sensible, généreux, impartial (…), ami des hommes, sectateur du vrai et du beau, prêt à s’immoler au bien public, il est le plus utile et le plus sublime des héros, le bienfaiteur de l’humanité, l’organe particulier de l’ordre universel, le plus grand des hommes. » (Étienne de Senancour, "Rêveries sur la nature primitive de l’homme", 1798)



Je termine avec Edgar Morin et Georges Clemenceau :

« Souvent, il faut être un déviant minoritaire pour être dans le réel. Bien qu’il n’y ait apparemment aucune perspective, aucune possibilité, aucun salut, la réalité n’est pas figée à jamais, elle a son mystère et son incertitude. L’important est de ne pas accepter le fait accompli. » (Edgar Morin, "Vers l’abîme ?", 2007)

« La justice et la vérité, même méconnues de tout un peuple, resteront la justice et la vérité, c’est-à-dire des choses supérieures aux aberrations d’un jour. » (Georges Clemenceau, "Vers la réparation", Éd. Stock, 1899, p. 115)


A.D

13 juillet 2017

Heraclite


Cité par Roger Garaudy dans "Comment l'homme devint humain", J.A, 1979
Dans les semaines à venir nous allons publier une série de courts extraits de ce livre

28 avril 2017

Sur l'art

Paul Klee, en 1915: Plus horrible devient ce monde, comme il le fait en ce moment, plus abstrait devient l'art, alors qu'un monde en paix produit un art réaliste.

L'art est un produit de remplacement à une époque où la vie manque de beauté (Mondrian).

L'art arrive à un désert où il n'y a plus rien de reconnaissable que la seule sensibilité (Malevitch)


Bazaine, dans Notes sur la peinture d'aujourd'hui: L'art est la tentation de respirer dans un monde irrespirable.

Citations extraites du livre de Roger Garaudy La peinture abstraite et l'oeuvre de James Pichette, Arted, 1969, page 18

James Pichette-Animalesque-1958

[Le livre est quasi introuvable sur internet sauf sur E Bay à un prix prohibitif. Voir chez les bouquinistes]

27 avril 2017

Equivoque laïcité

La notion de "laïcité" est équivoque.
Née en Occident d'une longue lutte contre le cléricalisme, elle a entraîné une confusion entre deux problèmes radicalement distincts:

  - le problème des rapports entre deux institutions, l'Eglise et l'Etat,
  - et le problème des rapports entre deux dimensions de l'homme, dimension sociale et dimension transcendante.
Séparer l'Eglise de l'Etat, après des siècles de théocratie cléricale et totalitaire, fut une nécessité historique et un bienfait pour la foi comme pour la société.
Par contre, séparer la dimension sociale de l'homme de sa dimension transcendante, de la foi en Dieu et en des valeurs absolues, c 'était livrer les sociétés aux affrontements de volontés de puissance, de volontés de jouissance et de volontés de croissance, entre les individus, les groupes et les nations, aboutissant à la jungle universelle des "équilibres de la terreur"


Roger Garaudy - Extrait d'une conférence à Madrid - Document personnel de RG