30 avril 2018

Le Crif, vrai lobby et faux pouvoir

Clermont-Tonnerre déclarait, le 24 décembre 1789, à la tribune de la Constituante, qu’«il faut refuser tout aux juifs comme nation dans le sens de corps constitué et accorder tout aux juifs comme individus…» Catégorique, il rejetait alors tout «communautarisme». Lorsqu’on se gargarise aujourd’hui en haut lieu ou dans les médias de communautarisme, on ne pense guère qu’aux Arabo-musulmans. Loin de toute langue de bois, disons clairement que ce mot est devenu synonyme de «musulmans». C’est vers eux que, du voile à la burqa en passant par l’identité nationale, tous les regards sont tournés, dans un pays pourtant laïque comme la France. Objet de cristallisation, comme les juifs l’ont été dans le passé, la nationalité française de nombre d’entre eux passe au second plan après leur religion.
En revanche, lorsque le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) organise son dîner annuel et qu’il lance des fatwas contre les uns et les autres, quand les politiciens de tout bord, y compris le Président et le Premier ministre, y accourent, personne n’ose parler de communautarisme. François Fillon est allé jusqu’à dénoncer ledit communautarisme lors de ce même dîner, au prétexte qu’il «refuse l’égalité et la fraternité». Il faisait bien sûr référence au communautarisme musulman. Et pourtant, tous les ingrédients sont réunis pour parler aussi de communautarisme juif. Cette année, comme l’an passé, les mesures d’ostracisme ont visé le PCF et les Verts, au motif de leur campagne de boycott des produits israéliens. Comble de l’horreur, certaines municipalités communistes auraient fait citoyen d’honneur Marwan Barghouti, l’un des responsables du Fatah, en geôle à vie en Israël.
On en vient à se demander si le Crif n’est pas plutôt le porte-parole d’Israël en France, comme une seconde ambassade de ce pays. Il y a un siècle, ce qui aurait passé pour de la double allégeance s’appelle aujourd’hui soutien à Israël. Parce que les juifs de France collent, paraît-il, à la ligne politique d’Israël, qu’elle soit de gauche ou de droite, leurs institutions, dont le Crif, ne feraient que suivre le mouvement. Les voilà tous légitimistes. Après la victoire d’un Nétanyahou et de ses alliés en Israël, on ne s’étonnera donc pas de la forte droitisation du Crif, concrétisée entre autres par l’entrée dans son comité directeur de personnalités aux opinions radicales.
Mais qui représente véritablement le Crif et combien sont-ils en son sein ? On ne le saura jamais. Ce qui compte, c’est qu’il est perçu comme un lobby (mot horripilant en France) par les politiciens. Et considéré comme tel, il l’est bien, un lobby, en fait. Ceux qui s’agglutinent à son dîner croient vraiment qu’il joue un rôle important dans la machine électorale. On y vient à la pêche aux voix juives, et pour être adoubé par des juifs dont l’influence serait déterminante, en raison de la place qu’ils occupent, ou sont censés occuper, dans la société française. De cet appui ne bénéficieront bien sûr que ceux qui soutiennent le plus Israël et qui donnent des gages clairs dans le combat contre l’antisémitisme. Un combat certes indispensable, mais qui mériterait de n’être pas instrumentalisé pour faire accepter toute politique israélienne, y compris la plus blâmable. Projetant sur la scène française ce qui se passe entre Israéliens et Palestiniens au Proche-Orient, le Crif ne manque aucune occasion pour appuyer la politique antimusulmane du gouvernement. En revanche, il a ses bons musulmans, comme Israël a ses bons Palestiniens, les seuls avec qui il daigne «dialoguer».
Aussi peu représentatif qu’il soit, le Crif est sans doute au diapason des positions de bien des juifs français, de plus en plus conservateurs politiquement, supporteurs inconditionnels d’Israël en toute circonstance et se réfugiant dans la mémoire de la Shoah et dans la dénonciation de l’antisémitisme, qui vont de pair. Celles-ci, forces rassembleuses indéniables, contribuent surtout à la survie d’un judaïsme qui le plus souvent s’y résume, ayant par ailleurs grandement perdu sa pratique et la conscience de ses valeurs essentielles. Qu’est-ce que le Crif sinon un groupuscule endogamique qui se donne des airs de petit Etat indépendant, agissant à sa guise, faisant plier les uns et les autres, tant par le biais de l’autocensure, sensible chez bien des journalistes, craignant à juste titre d’être soupçonnés d’antisémitisme dès qu’ils oseront critiquer la politique israélienne, que par l’instrumentalisation de la culpabilité de la Shoah intériorisée par la classe politique ? Le pouvoir imaginé que cette minuscule institution a su se fabriquer se retourne hélas contre les juifs eux-mêmes, et d’abord contre ceux qui ne se reconnaissent nullement en elle. Il génère à son tour de l’antisémitisme et offre des arguments, certes fallacieux, à ceux qu’obsèdent les vieux thèmes bien rôdés du pouvoir juif, du complot juif. La «servilité» de circonstance des professionnels de la politique face au Crif vient renforcer les anciens préjugés.
Cette foi trop partagée dans la puissance des juifs et de leurs instances représentatives n’augure rien de positif. Le dîner du Crif enfin déserté, ses menaces ramenées à leur juste proportion de dangerosité réelle, voilà des mesures prophylactiques qui seraient susceptibles d’enrayer en partie une hostilité antijuive se nourrissant de fantasmes.
Dernier ouvrage : «Etre juif après Gaza», CNRS éd., 2009.

29 avril 2018

Le difficile dialogue chrétiens-musulmans...

... et les obstacles dressés par certains...
Lettre de Roger Garaudy à Don Helder Camara (1989) (Archives de RG)





24 avril 2018

"Le christianisme est incompatible avec le capitalisme et le système-argent"

Falk Van Gaver : « Le christianisme est incompatible avec le capitalisme et le système-argent »

LIRE L'ENTRETIEN ICI: https://comptoir.org/2017/09/11/falk-van-gaver-le-christianisme-est-incompatible-avec-le-capitalisme-et-le-systeme-argent/

23 avril 2018

Dieu, Giordano Bruno, Teilhard et Garaudy

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Quand Copernic et Kepler décrivent un univers limité par des sphères fixes, Giordano Bruno pense que l’univers est infini, car Dieu, cause infinie, ne peut produire que de l’Infini. Cause (Dieu) – et effet (Univers), fusionnent dans l’Infini, et c’est le «Tout-Un» où «l’âme du monde» produite par Dieu imprègne les «monades» - unités les plus simples composant les formes et la matière. Dieu et le Monde ne font qu’un ; à quoi bon donc se quereller, souvent dans le sang, comme le font les fanatiques de tous bords, Catholiques, Réformateurs et Juifs ?

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Le jésuite Teilhard de Chardin, accusé lui aussi de panthéisme à une autre époque, échappe au bûcher mais le Vatican lui refuse toute sa vie «l’imprimatur» pour ses œuvres non strictement scientifiques, qui circulaient cependant sous le manteau dans les milieux intellectuels, et furent donc publiées seulement après sa mort. Que nous dit-il ?
«Saisir la présence du courant divin sous la membrane […] des phénomènes, - la Transcendance créatrice à travers l’Immanence évolutive ?». «Poète, philosophe, mystique, on ne peut guère être l’un sans l’autre. Poètes, philosophes, mystiques, le long cortège des invités à la vision et au culte du tout […]» . «Il semblait, jadis, n’y avoir que deux attitudes […] possibles pour l’homme : aimer le ciel ou aimer la terre. Voici que, dans l’espace nouveau, une troisième voie se découvre : aller au ciel à travers la terre. Il y a une communion (la vraie) à Dieu par le monde».
Tout Teilhard ne se réduit pas à ces formules, mais elles disent cependant assez la rupture avec l’orthodoxie catholique, y compris avec Saint Paul dont pourtant le Père ne se démarque jamais explicitement, et la continuité avec Giordano Bruno sur l’idée que dieu peut être rencontré en tout lieu, en toute chose et en tout être du Monde. Teilhard remet d’ailleurs son «panthéisme» «sur ses pieds» (comme Marx fit avec la dialectique de Hegel…) en affirmant haut et fort que «le Monde ne tient pas par en bas» mais «par en haut», ce que j’appelle néo-panthéisme faute de mieux.

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Garaudy a vécu et pensé avec Marx, Jésus et Muhammad , mais, quelle que soit la communauté où il milita – parti communiste, christianisme, oumma islamique – il y fit sienne l’aspiration du maître soufiste Ibn Arabi : «devenir l’homme universel, c’est-à-dire faire de sa propre vie un lieu de la manifestation du divin». Cité par Garaudy alors que ce dernier n’était pas encore musulman (en 1979), Ibn Arabi dénonce aussi l’illusion consistant à «imaginer que le monde est une réalité autonome, séparé de Dieu, alors qu’il n’est rien en soi […] Il n’y a dans l’existence que ce qui désigne l’Un ; il n’y a dans l’imagination que ce qui désigne le multiple» (ce multiple que Teilhard appelle aussi dispersion) et «toute particule du monde est le monde entier».  
Giordano Bruno n’avait probablement pas lu Ibn Arabi, Teilhard non plus, mais Garaudy les connaît tous les deux et la filiation est évidente. Décrivant son propre itinéraire, Garaudy écrit:  «Venu vers l’Islam avec la Bible sous un bras et Marx sous l’autre, je m’efforce de faire vivre dans l’Islam, comme dans le marxisme, les dimensions d’intériorité, de transcendance et d’amour», dimensions qui, font de Dieu «ni un être ni un maître», «mais un acte : dire Dieu c’est choisir une manière de vivre», assumer «une présence en nous de l’exigence, responsable et libre, de notre propre dépassement […] ‘Dieu est plus près de nous que notre veine jugulaire’, dit le Coran». 
Si l’on va au fond des choses, le panthéisme apparent de Giordano Bruno, Teilhard de Chardin et Garaudy, n’en est en réalité pas un. Le panthéisme postulant Dieu partout finit par le voir nulle part, ouvrant ainsi la porte à un athéisme de fait, alors que le neo-panthéisme de, nos trois marginaux, au classique dieu en toutes choses ajoute en réciprocité  toute chose – et tout homme – en dieu : «Tous les êtres sont en moi et moi je ne suis pas contenu en eux […] Porteur des êtres et non enfermé en eux, je suis l’acte qui fait être», développe la Bhagavad Gita des hindous.

Roger Garaudy a écrit un livre, «Le projet espérance» , dont le titre est inspiré du «Principe  Espérance» d’Ernst Bloch. Celui-ci est souvent présenté comme théorisant «une espérance sans transcendance», je lui préfère l’expression «une transcendance sans dieu». Qu’il soit simplement dit ici et maintenant qu’Ernst Bloch, parce qu’il fait de la réalisation d’un possible utopique le moment d’une rupture, de la constitution d’un «front», nomme en réalité Espérance une animation de l’homme – animation : du latin «anima», l’âme -, qui pourrait s’appeler Transcendance sinon Dieu, n’en déplaise au marxiste Bloch…et à Marx lui-même, ce que Garaudy prend pleinement à son compte, avec la «bénédiction» de Teilhard : «Jusqu’ici les hommes n’avaient pu entrevoir la transcendance qu’en fermant les yeux. C’est désormais les yeux ouverts, en scrutant la complexité du monde, qu’ils découvrent le courant qui les porte vers l’esprit ». 

Alain Raynaud

(Pour eux qui sont intéressés par ce texte, comme par le précédent, je peux fournir sur leur demande les références des citations, que je n'indique pas d'emblée pour ne pas surcharger la lecture)

21 avril 2018

La foi comme rupture

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Rupture, la foi l’est d’abord par rapport à la preuve.
La preuve est contenue dans son objet, l’intelligence doit pénétrer l’objet pour la découvrir et l’expliciter. La foi est extérieure à son objet, elle est un faisceau de lumière dirigé sur lui.
De la foi en Dieu Pascal dit qu’elle «est différente de la preuve. L’une est humaine, l’autre est un don de Dieu». De la foi en général, la foi laïcisée, la même chose peut d’une certaine façon être dite : le Beau, le vrai, l’Idéal, ne peuvent être déduits d’un Réel observé, analysé, décortiqué et finalement réduit à une formule logique ou mathématique. Ce Beau, ce Vrai, cet idéal proviennent d’ailleurs que de la sphère-Monde. Comme Dieu qui «pour pouvoir paraître en ce monde […] s’en retire» et «pour y faire éprouver son omniprésence […] est contraint de s’absenter», paradoxe que relève François Jullien, le Beau le Vrai et l’Idéal sont forcément extérieurs au monde, sans quoi ils n’auraient pas la force qui nous attire souvent irrésistiblement à la Frontière de ce monde ; comme le Dieu reconnu par Lacan, pour ex-ister ils sont contraints à s’ex-traire du Monde, juste là où nous avons encore la capacité d’aller les chercher : cette capacité se nomme Transcendance, extérieure certes au monde mais interne au sujet que, tel Don Quichotte, nous espérons devenir par notre quête.
Comme l’amour humain, la foi est donc essentiellement connaissance et reconnaissance de l’altérité. La rupture est l’affirmation d’un possible différent du réel, déjà présent dans ce réel mais à révéler, ou situé hors du réel et à inventer – inventer aux deux sens de créer et de découvrir un trésor.
Il y a donc de l’immanence dans toute transcendance, divine comprise, car le sujet, supérieur, aspire à dépasser l’individu, inférieur, que je suis au présent. Cette transition de l’inférieur vers le supérieur implique ce que Gérard Eschbach appelle «un espace de transcendance», une potentialité, espace à investir, potentialité à activer – et «cet acte […] à la fois de décision et de création : décider du supérieur et le faire surgir », Roger Garaudy le nomme Acte de foi.
La foi n’est pas un état donné une fois pour toutes par une entité, dieu ou autre, disposant d’une souveraineté sur l’Homme. La foi n’est pas uniquement le fait d’une grâce, n’en déplaise à Saint Paul. Une telle causalité ferait de l’Homme une marionnette aux mains de cette entité, la transcendance en résultant serait aliénation et non libération. La foi n’est pas un être extérieur et supérieur à l’Homme, elle est l’homme lui-même ayant découvert le transcendant et construisant consciemment, volontairement, passionnément, son rapport avec lui.
Dans «Le 21e siècle, suicide planétaire ou résurrection ?», Garaudy écrit : «La croyance est une manière de penser, la foi est une manière d’agir». Le «croyant» ne partage donc pas nécessairement cet art de vivre qu’est la foi. Dans l’histoire, histoire des religions mais pas seulement, les «croyants» et les «hommes de foi» se sont souvent opposés, parfois avec une extrême violence.
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Alain Raynaud

17 avril 2018

Après les prestations télévisuelles du Président Macron...

Finitude de l'homme présidentiel  
Par Juliette Keating
https://blogs.mediapart.fr/juliette-keating/blog/160418/finitude-de-lhomme-presidentiel

Inquiétant, sombre personnage qui, à l'aube de ses quarante ans dans un pays qui vieillit, montre le visage non pas de la jeunesse mais celui de la mort. L'impression en le voyant, et tenant pour une fois à l'écouter jusqu'au bout, d'un être sans chair, machine lisse qui ne trouve qu'en elle-même les raisons et mécanismes de son fonctionnement, et qui ne comprend rien à ce qui se joue ici et maintenant. Son agressivité à peine contenue est sans humanité. Dans ses mots policés qui voudraient rappeler le droit, on entend les semelles cloutées des préfets et des flics piétinant chaque jour la loi pour mieux écraser les contestataires, celles et ceux qui veulent vivre autrement. Ainsi nous devrions nous plier à l'ordre dominant, céder à l'autoritarisme d'un individu hissé à la présidence par l'effet de la crédulité de certains, de la peur compréhensible du FN, et surtout par l'activisme d'une poignée d'amis opulents et hauts placés qui ont le pouvoir de faire ou défaire une élection prétendument démocratique. La vision de crs casqués, armes à la main, pénétrant en masse dans un amphi d'université pour cogner les étudiants, est une image qui ne le choque en rien, éternel fayot de la reproduction sociale, petit soldat du creusement des inégalités au profit d'une frange infime de la population, ces plus riches qui, dit-il, n'auraient même pas besoin de lui. La détresse des migrants ne le touche pas, les enfants emprisonnés en centre de rétention ne sont qu'une question d'efficacité de leur déportation, et l'on entend dans sa voix de sinistres échos quand il évoque l'islamisme par le mauvais bout du voile, qu'il accuse les Français.es solidaires des migrants de se faire les complices des passeurs ou qu'il répète mille fois le mot république comme on invoque une déesse païenne, du type qui dévore ses adulateurs. Il ne voit pas, il n'entend pas, il ne dit rien non plus, incarnant à lui tout seul les trois singes qui ne seraient pas ceux de la sagesse mais de l'indifférence assassine. Défenseur autoproclamé sévère mais juste des humains légaux, des écoliers sages et des petits propriétaires qui payent leurs impôts, il ne convainc personne. Il ne comprend pas que, sous le maquillage bonne mine, il suinte le mensonge et la mauvaise foi par tous les pores de sa peau et que c'est cela que le public, déjà lassé de sa ganache qu'il impose au quotidien, retient de chacun de ses cabotinages. Il ne sait pas que tout ce qu'il représente, cet ancien monde fait d'agriculture intensive, de nucléaire, de bétonnage, de missiles, de surproduction, de compétition exacerbée, de mise en concurrence de chacun avec tous, de profits à verser aux actionnaires contre les travailleurs, de gloire aux millionnaires et malheur aux vaincus, nous n'en voulons pas. Que nous haïssons l'oligarchie qu'il représente. Que son temps est fini.

Juliette Keating
16
 avril 2018

14 avril 2018

Déconstruire le monde. Un programme pour l'anthropocène. Par Diego Landivar et Alexandre Monnin


"Origens Media Lab est un laboratoire de recherches conçu comme un tiers-lieu interdisciplinaire en sciences humaines et sociales... Origens a été pensé comme un espace permettant de s’affranchir de certaines contraintes institutionnelles pesant sur les établissements de recherche conventionnels (axes de recherches délimités, faible interdisciplinarité, lourdeur administrative, angoisse financière, frilosité épistémique, court-termisme, …) et ne permettant pas d’embrasser pleinement toutes les latitudes méthodologiques et épistémiques.
Origens se propose d’enquêter sur ce qui se joue derrière la crise écologique que nous traversons, non pas comme un défi purement technique, mais comme véritable mutation anthropologique qui ne cesse de redistribuer les différents agencements du monde et de modifier nos attachements à celui-ci. Cette crise de nos milieux de vie oblige à radicaliser certaines options épistémiques afin de pouvoir penser des objets, qui sont sinon difficilement appréhendables à travers le prisme classique du naturalisme scientifique. Origens enquête sur les transformations cosmologiques induites par l’Anthropocène en mobilisant des cadres méthodologiques à la croisée de l’ethnographie, de la philosophie, de la sociologie ou encore des humanités numériques. Nous ancrons notre démarche dans un travail approfondi d’enquête (au sens pragmatique et anthropologique du terme) que nous conduisons sur divers terrains (auprès d’agriculteurs et de paysans, auprès de communautés indigènes mais aussi d’organisations « modernes » comme les entreprises, auprès d’artistes ou encore au sein des terrains numériques, …)."
Le laboratoire a été fondé par Emilie Ramillien et Diego Landivar. Alexandre Monnin en est le directeur scientifique.

6 avril 2018

Garaudy et Cemal Aydin


Roger Garaudy chez lui avec son traducteur turc Cemal Aydin







Cemal Aydin aux obsèques de Roger Garaudy




VIDEO:

1 avril 2018

A propos de Pâques et de la Résurrection. Par Patrice Leclercq

En janvier 1982, dans le premier numéro d'une petite revue locale (et confidentielle) qu'il avait créée mon ami Patrice Leclercq, humaniste et scientifique au grand savoir et au grand coeur, publiait cet article. Ça m'est aujourd'hui occasion bien venue de dire : Patrice on pense à toi, la résurrection pour toi c'est à chacune de nos pensées vers toi et à chacun de nos actes qui nous rapprochent de toi. AR




Libres Dialogues, N°1, janvier 1982, pages 2 à 4