Cette
expression, '' Temple de la finance '' est utilisée couramment pour désigner de
grandes institutions financières, comme Wall Street à New-York, la City de Londres, ou la Bourse de Paris. Il
s'agit d'institutions qui détiennent et brassent quotidiennement des masses monétaires
gigantesques. ''Wall Street est plus qu'une rue. C'est le centre de la
finance mondiale et le temple du capitalisme.''(1) L'emploi du
mot temple ajoute une connotation religieuse à la finance. D'ailleurs, on
notera que les temples antiques assuraient déjà un rôle monétaire à ce qui était leur fonction première, c'est
à dire la relation avec les divinités. En associant temple et finance, on
divinise l'argent, devenu un dieu, le dieu que Jésus a désigné sous le nom
de Mamon. A cet égard le temple de Jérusalem, à l'époque de Jésus, s'était transformé en une entreprise de captation des
flux monétaires.
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28 mai 2020
12 avril 2020
Le Père Lelong est décédé
Le père Michel Lelong, pionnier du dialogue islamo-chrétien, est mort
par Hanan Ben Rhouma | Samedi 11 Avril 2020
Le père Michel Lelong fait partie des innombrables victimes du Covid-19 en France. Ce prêtre catholique, qui fut indéniablement un chantre du dialogue islamo-chrétien, est décédé vendredi 10 avril à l'âge de 95 ans. Retour sur le parcours d'un homme d'Eglise connu et reconnu pour être un grand ami des musulmans
ARTICLE A LIRE ICI: https://www.saphirnews.com/Le-pere-Michel-Lelong-pionnier-du-dialogue-islamo-chretien-est-mort_a27053.html
Lire sur ce blog plusieurs articles de celui qui fut un ami jamais démenti de Roger Garaudy:
https://rogergaraudy.blogspot.com/search?q=lelong
https://rogergaraudy.blogspot.com/search?q=lelong
31 mars 2020
Joseph, bienfaiteur de l'Égypte, vraiment ?
![]() |
| Le triomphe de Joseph, Cathédrale de Toulouse |
27 décembre 2019
Les différents noms de la divinité dans la Bible hébraïque
Dans
la Bible hébraïque, la divinité est présentée sous différents noms ou
expressions, comme Yahweh, Yahweh Elohim, Elohim, El Elyon.. traduits
par ''Eternel'', ''Eternel Dieu'', ''Dieu'', ''Dieu-Très-Haut''.
Dans
le Nouveau Testament, la divinité est nommée par Jésus, ''Père'', ''Père
céleste'', ou Dieu tout simplement. Il
va sans dire que les exégètes et les chercheurs, tels des archéologues, ont
décapé les textes de la Bible hébraïque, et, plus spécialement, les écrits du
Pentateuque,[ formant les cinq premiers livres de la Bible] pour chercher le
moindre indice de l'origine de ces noms. C’est un travail considérable, qu'il
serait impossible de résumer en quelques lignes. Notre intention est d'apporter
la démonstration, à travers les matériaux bibliques eux-mêmes, de
l' évolution de la conception de dieu par les compilateurs de la Bible
hébraïque. Oserions nous dire de l'invention de dieu, comme l'affirme le
titre d'un ouvrage récent?(1)
20 octobre 2019
Muerte y marxismo humanista
Juan Luis Ruiz de la
Pena, Muerte y marxismo humanista. Aproximaciôn teolôgica (Agora). Salamanque,
Ed. Sigueme, 1978.
Revue Philosophique de Louvain. Quatrième
série, tome 78, n°39, 1980. pp. 460-461
Il s'agit, à partir
d'une anthropologie philosophique ou de ce que Adam Schaff appelle la
philosophie de l'homme, de reconnaître et de défendre, en unissant thèses chrétiennes
et marxistes, le concept d'humanisme contre les tendances déshumanisantes, donc
antihumanistes, qui se font jour actuellement, spécialement dans le rationalisme
scientifique. L' (auteur). croit à la rencontre de ces thèses qui expriment des
préoccupations, des convictions communes. Le point de départ est le fait de la
mort que ne peut escamoter aucune anthropologie. Certes, la mort pose à l'homme
des questions troublantes et l'affecte même d'un coefficient de finitude,
c'est-à-dire de nullité ontologique. Ni Prométhée, ni Titan ne peuvent éluder
sa fatale nécessité. Plus profondément: la finitude de l'homme ne prouve-t-elle
pas la fin à venir de l'humanité? Le jeune Marx pose nettement le problème: «La
mort apparaît comme une dure victoire de l'espèce sur l'individu et paraît
contredire l'unité de l'espèce; mais
l'individu déterminé est seulement un être générique déterminé et, comme tel,
mortel».
Afin d'étayer sa
recherche, l'(auteur) se réfère à Roger Garaudy, c'est-à-dire à une théorie
marxiste de la subjectivité. A une espérance sans Dieu répond ainsi un
humanisme qui accepte une certaine transcendance de la personne; à la mort de
l'homme, s'oppose la résurrection de l'humain qui permet le choix et le risque
de créer. Le sens de la vie devient une intégration dans la totalité par
l'amour. Cependant, il reste difficile de définir la mort: continuité
biologique ? rationalisation de la vie? A l'intérieur d'une anthropologie à laquelle
des penseurs comme Ernst Bloch, Kolakovski,
Schaff et Garaudy donnent une coloration religieuse, l'humanisme marxiste récupère
les notions de sujet et de transcendance, de vie et de mort. L'(auteur) lui
oppose la réponse chrétienne : la résurrection du Christ apportant la réponse
de Dieu à la mort de l'homme. Alors le mystère de la mort devient le mystère même
de la personne, celui-ci étant le mystère de la transcendance divine. Demeure
la vraie question: le marxisme peut-il accepter cette conclusion, et plus généralement,
l'humanisme n'est-il pas le contrepied absolu de toute religion révélée? L'espérance
fondée sur un néant est-elle encore une espérance?
André Reix.
27 septembre 2019
Jean Calvin, un précurseur des Talibans ?
© Roger Garaudy A contre-nuit. Reproduction autorisée avec mention de l'auteur et lien
![]() |
| https://www.museeprotestant.org/notice/loeuvre-de-jean-calvin/ |
Jean Calvin(1509-1564) est
connu comme théologien auteur
d'innombrables commentaires des textes bibliques(1) mais surtout par son œuvre maîtresse
l'Institution de la religion chrétienne (1536). On reconnaît au
personnage une capacité de travail phénoménale, une intelligence hors du
commun, et des talents d'organisateur sans pareil. Sans doute, après la période
de bouillonnement intellectuel qui suivit la Réforme, initiée par Martin
Luther, était-il nécessaire, sinon indispensable, de stabiliser les initiatives
multiples et de fixer un cadre et une
organisation à l'église naissante. Ce fut la grande œuvre de Calvin.
Malheureusement, selon l' adage '' le Pouvoir rend fou'', Calvin, une fois installé solidement dans la
ville de Genève, va instituer une véritable dictature sur les habitants de la
cité.
26 septembre 2019
Un livre de 2000 dans la pleine actualité de 2020...
LE XXIe SIECLE
L'avenir
n'est pas ce qui sera mais ce que nous ferons. Yehudi
Menuhin,
dans l'un de ses premiers discours à la chambre des Lords,.
« Défense du sacré », a posé le problème central. L'avenir se construit
d'abord dans la conscience des hommes, dans la foi, qui est
la recherche du sens et des fins dernières de la vie, et dans l'action
pour l'accomplir. Cette réflexion a des antécédents prestigieux.
Or
aucune religion institutionnelle ne répond aujourd'hui à
cette
question fondamentale pour la construction de l'avenir. Il y a plusieurs
religions, comme il y a plusieurs cultures, mais une seule foi.
Ici
des hommes de foi maîtres du dialogue inter-religieux
s'expriment,
à partir de leur vécu du XXe siècle :
-Yehudi Menhuin (1914-1999),
fils du rabbin Mosché
Menhuin,
auteur de La décadence du judaïsme.
- Roger Garaudy (1913),
initiateur du dialogue entre chrétiens et
marxistes avant le concile Vatican II, auteur par exemple de De
l'anathème au dialogue.
-
Le Père blanc Michel Lelong (1925), auteur notamment de Si
Dieu l'avait voulu (sur
l'unité de la foi), et, récemment La vérité rend
libre (éd.
Olivier de Guibert).
- Raimundo Pannikar (1918-1998),
de parents indien et
catalane,
auteur de plus de trente livres dont La trinité et l'expérience
religieuse et Le
silence de Bouddha.
- Dom Helder Camara (1909-1999),
ex-archevêque de Recife,
l'un
des fondateurs de la théologie de la libération.
- Leonardo Boff (1938),
franciscain brésilien qui a quitté
l'Église,
auteur entre autres de La face maternelle de Dieu, Écologie et
pauvreté, Avec la liberté de l'Évangile.
-
Le rabbin Elmer Berger (1908-1996), ex-président de la « Ligue
pour
le judaïsme aux États-Unis », puis directeur de la revue
Alternative au sionisme.
26 août 2019
Garaudy aux débats du CCIF
Actes de la recherche en sciences
sociales
Le Centre catholique
des intellectuels français
Le dialogue comme négociation symbolique (EXTRAITS)
Par Jean
Tavares
L'article entier est à lire ici:https://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1981_num_38_1_2118
Le
Centre catholique des intellectuels français
(CCIF)
était une institution médiatrice de
l'intervention
de l'Eglise dans le champ intellectuel à
travers
une démarche de dialogue (négociation
symbolique)
dont la manifestation apparente était la
production
publique de discours, oral ou écrit. Vouloir
saisir
les stratégies objectives à l'oeuvre dans ce
dialogue
seulement par le décryptage de ce discours
public,
qui est un discours censuré, serait prendre
comme
point de départ ce qui est l'aboutissement
des
stratégies de contrôle-censure qui ont mené à
sa
production et qui ne peuvent être appréhendées
que par
l'analyse des conditions sociales de
production
des promoteurs du dialogue et du
fonctionnement
et des moyens de contrôle de l'institution
comme
lieu de négociation intellectuelle.
13 juillet 2019
23 juin 2019
Le christianisme primitif comme "paradigme": évolution d'une problématique (d'Engels à Garaudy), par Raymond Winling (1981)
Revue des Sciences
Religieuses
(extrait)
Résumé
Des
penseurs marxistes contemporains comme E. Bloch, M. Machovec, Kolakoswki,
Garaudy, opèrent un changement de perspective et cherchent à comprendre le
christianisme primitif non plus tellement à travers l'expérience de la première
communauté de Jérusalem qu'à travers le comportement et l'enseigne ment de
Jésus. Sous ce rapport ils prennent en considération les acquis de l'exégèse
récente. En même temps ils procèdent à une réévaluation du fait chrétien et
s'efforcent d'en dégager les aspects positifs, la charge subversive et la
valeur d'anticipation
Revue des Sciences Religieuses, tome 55, fascicule
4, 1981. pp. 264-271;
doi :
https://doi.org/10.3406/rscir.1981.2929
23 mars 2019
"L'insurrection chrétienne" (Jean Cardonnel, 1975)
Au cours d’un débat sur son livre, quelqu’un – une femme, je crois bien – demanda abruptement à l’auteur (dont il faut rappeler qu’il est religieux) : « Oui ou non, croyez-vous en Dieu ? » La réponse jaillit : « Non. » A la fois spontanée, profonde et provocante. Après quoi il expliqua que c’était l’expression « croire en Dieu » et ce qu’on met dessous qu’il rejetait. On peut néanmoins douter qu’il « croie » à « Dieu ». C’est au Christ qu’il croit, par un don total, avec une violence passionnée. Au Christ, c’est-à-dire, à l’homme. Ecoutons-le : « L’idée de Dieu est profondément réactionnaire et régressive. (...) Dieu qui reste Dieu ne peut rien devenir. (...) Dieu est bien mort en Jésus-Christ. »
Donc : en l’homme, divin et tout un. Il n’y a pas la foi d’un côté, l’analyse politique de l’autre. « Dépolitiser l’incarnation, c’est désincarner. » Or tout s’incarne à tout moment. Il n’y a pas non plus un Créateur qui « fabrique des créatures » : il « suscite des créateurs ». La Création n’a pas été faite : elle se fait continûment, indéfiniment, et par l’homme. On retrouve ici les idées centrales de Roger Garaudy, intérieures à cette ré-union vécue. Ce qui conduit infailliblement, d’ailleurs, à rejeter le dogmatisme d’Eglise ou à être rejeté par le dogmatisme de parti.
LIRE LA SUITE SUR LE SITE DU MONDE DIPLOMATIQUE https://www.monde-diplomatique.fr/1975/06/FLORENNE/33217
4 mars 2019
"Pour ce que vous êtes et pour l'exemple que vous nous donnez". Roger Garaudy écrit à Léonardo Boff (1994)
Roger Garaudy écrit à Léonardo Boff pour lui demander une préface à un de ses livres. Préface que celui-ci écrira:
http://rogergaraudy.blogspot.com/2014/02/leonardo-boff-preface-garaudy-1994.html
[Archives personnelles de RG]
http://rogergaraudy.blogspot.com/2014/02/leonardo-boff-preface-garaudy-1994.html
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| L Boff |
[Archives personnelles de RG]
20 décembre 2018
Thomas Munzer: un prophète communiste
Chapitre 5 (« Conclusion et la moitié du royaume ») de « Thomas
Munzer, théologien de la révolution » d’Ernst BLOCH
N'ayons plus égard qu'à ce
principe, laissons ce qui est mort. Rien ne nous retient plus là où le festin
est terminé, nous allons de l'avant, nous nous projetons en rêve dans notre
avenir. L'élan vital de notre temps, immensément accru, se nourrit déjà à de
nouvelles sources ; son évidence incontestable instaure une foi secrète, encore
cachée.
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Si de puissantes forces
réussissent à prendre appui sur cette foi, l'homme enfin quittera le sol, il
s'élancera vigoureusement vers les hauteurs. Nous ne sentirons plus le poids de
notre vie, nous lui échapperons, elle qui est de plus en plus asservie à la
machine et à la domination, à la domination finalement libératrice de
l'inessentiel. Cette force qui créa la machine et qui, transformant le vouloir,
pousse vers le socialisme, c'est elle justement qui instaure aussi cette autre
réalité mystérieuse, encore latente dans le socialisme, que Marx a méconnue,
qu'il ne pouvait point ne pas méconnaître s'il voulait en finir à jamais avec
la misère et le hasard, mais qui hante nécessairement, dans l'Allemagne de Munzer
et en Russie, le souvenir hérité de son révolutionnarisme religieux. Certes
pourtant l'ennemi reste en vue, retranché encore dans le solide complexe des
puissances industrielles du militarisme ; mais son idéologie est dès à présent
réduite en miettes, et surtout de ce dernier réduit il sera plus aisé, plus
rationnel de le déloger que de l'antique fortin, incoordonné, corporatiste,
petit-bourgeois et féodal, sur lequel se brisa autrefois l'élan révolutionnaire
des Baptistes. Le monde des puissances économiques et politiques qui nous
entoure - si perfide, si étranger aux valeurs, longtemps auréolé par l'éclat
mensonger d'une « culture », qui n'était que l'inconsistante atmosphère de luxe
réservée à la classe dominante - est à présent enfoncé, privé de tout point
fixe, dénué de toute valeur téléologique pour ceux qui dépendaient de lui et qui
lui fournirent jusqu'ici son idéologie. Un dynamisme interne l'entraîne
à la perte de ses propres forces, en direction d'un horizon constructif, ouvert
à tous les opprimés, aux victimes de tous les mensonges accumulés depuis la
Guerre des Paysans et le gothique tardif, à tous les impératifs de la volonté
d'absolu.
Ainsi le cours des événements ne
saurait faire plus longtemps obstacle à la vertu, à la justice, à tout ce qui
est l'objet d'une juste prémonition. Mais la force centrifuge de ce même
mouvement libérateur entraîne l'humanité effervescente jusqu'à son vrai domaine
et voici que s'étend devant elle l'immensité des mondes supérieurs, ceux du
pressentiment, de la conscience morale et de ce qui constitue la moitié du
Royaume. Le temps revient, le choc prolétarien de l'Occident le fait renaître ;
en Allemagne et en Russie, il connaîtra son plein essor : là les peuples
sentent la présence d'une lumière qui chasse les plus épaisses ténèbres, qui
brusquement replace au centre le plus voyant tout ce qu'on avait oublié, les réalités
célestement souterraines, - qui érige enfin le secret de l'hérésie en évidence
publique puissamment efficace, en pôle et en principe directeur de la société.
Elle attend qu'on écoute sa voix, cette histoire souterraine de la révolution
dont le mouvement s'amorce déjà dans la bonne direction, mais voici que les
Frères de la Vallée, les Cathares, les Vaudois, les Albigeois, l'abbé Joachim
de Calabre, les Frères du Bon Vouloir, du Libre Esprit, Eckhart, les Hussites,
Munzer et les Baptistes, Sébastian Franck, les Illuminés, Rousseau et la
mystique rationaliste de Kant, Weitling, Baader, Tolstoï, voici que tous
unissent leurs forces, et la conscience morale de cette immense tradition
frappe derechef à la porte pour en finir avec la peur, avec l'État, avec tout
pouvoir inhumain. Voici que brille l'ardente étincelle qui ne s'attardera plus,
obéissant à la plus sûre exigence biblique : ce n'est point ici bas qu'est
notre demeure, nous cherchons une demeure à venir1. Un nouveau messianisme se prépare,
enfin familier à la migration et à la véridique puissance de notre nostalgie :
non point aspiration à la tranquillité du sol ferme, des œuvres figées, des
fausses cathédrales, d'une transcendance recuite, coupée maintenant de toutes
ses sources, - mais aspiration à la lumière de l'instant même que nous vivons,
à l'adéquation de notre émerveillement, de notre pressentiment, de notre rêve
continu et profond de bonheur, de vérité, de désensorcellement de nous-même, de
déification et de gloire intérieure. Jamais le ciel ne serait si sombre au-dessus
de nous sans la présence d'un orage absolu, d'une lumière centrale et la
plus immédiate de toutes ; mais, par là même, notre au-delà s'est déjà nommé et
nous l'avons entendu ; encore caché derrière une mince muraille craquelée,
voici le nom le plus intime, Princesse Sabbat, supérieur à celui de tous les
dieux qui nous abandonnèrent ici-bas avec le simple palliatif d'un miracle
larmoyant et rageur. Haut dressé sur les décombres d'une civilisation ruinée,
voici que s'élève l'esprit de l'indéracinable utopie, assurée pour la première
fois de son propre pôle, la plus intime des Ophirs2, des Atlantides, des
Orplids3, dans la demeure de son absolue manifestation communautaire. Ainsi
s'unissent finalement le marxisme et le rêve de l'inconditionné, allant du même
pas, incorporés dans le même plan de campagne - puissance de progrès et fin de
tout cet univers ambiant où l'homme ne fut qu'un être accablé, méprisé, anéanti
- reconstruction de la planète Terre, vocation, création, saisie violente du
Royaume. Avec tous les Millénaristes, Munzer reste celui qui appela les hommes
à cet orageux pèlerinage. Il ne peut être question d'une simple vie nouvelle
infusée à une ancienne réalité : l'espace s'offre à tous les débordements ;
s'ouvrent à nous le monde et l'éternité, le
nouveau monde de la ferveur et de
la percée, de la lumière largement et tumultueusement diffusée à partir de ce
qui est en l'homme sa part la plus intime. A présent il est impossible que
n'advienne point le temps du Royaume ; c'est vers ce temps que rayonne en nous
un esprit qui refuse toute démission, qui ignore toute déception. Nous avons
suffisamment vécu l'histoire du monde, nous avons assez connu, nous avons trop,
beaucoup trop connu de formes, de cités, d'oeuvres, de fantasmagories,
d'obstacles nés de la culture ; voici que se dresse librement une autre vie,
une vie irrésistible ; voici que faiblit le mince arrière-fond de la scène
historique, de la scène politique, de la scène culturelle ; voici que se manifestent
l'âme, les profondeurs, par-dessus tous les espaces du ciel où se situaient nos
rêves, étoilées depuis le sol jusqu'au zénith, voici que se déroulent les
véritables firmaments et que s'élève inlassablement la voie de notre destin,
jusqu'à ce mystérieux emblème vers lequel se meut, depuis le commencement des
temps, la sombre, l'inquiète, la lourde terre.
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Editions Les prairies
ordinaires, Collection Singulières modernités, 2012, pages 297 à 300
13 décembre 2018
Un nouveau Jésus-Christ
Dire que vous pensiez bien connaître le personnage le plus illustre de tous les temps ! Vous allez en découvrir de belles, et corriger bien des erreurs !
11 septembre 2001. Puis, en France, Charlie, Nice, le Bataclan. Crises identitaires, flux migratoires, craintes sécuritaires, bouleversements politiques, lourdes incidences économiques... l'essentiel de notre actualité s'enracine désormais dans le fait religieux.
Là où il faudrait comprendre, le regard français se détourne, vouant tout Credo, au mieux à l'ombre ou plus souvent aux gémonies, selon des analyses guère encombrées d'examens contradictoires.
À l'anti-cléricalisme salutaire de 1900 succède une anti-religiosité volontiers christianophobe. Naguère assez unanimement vénérée, la personne de Jésus-Christ relève dès lors du lazaret, tandis que des bateleurs de foire prétendent nier son existence. De son héritage, l'ignorance crasse d'une majorité de commentateurs retient d'abord les fourvoiements, exacts contraires du message original.
Deux obscurantismes contribuent à alimenter ce rejet : un fonda-mentalisme chrétien prenant l'esprit de l'Évangile pour la lettre ; un athéisme dogmatique nourri des errements, rééls ou supposés, des "croyants".
Comment rendre compte d'une révélation si utile à la marche du monde ?
Depuis un siècle et demi, des spécialistes chrétiens, juifs ou agnostiques se sont appli-qués à reconsidérer l'Évangile à la lumière, non des dogmes mais de la raison.
"Le suaire arraché aux ténèbres" restitue la synthèse de leur inappréciable recherche critique, restée à peu près inconnue du public. Destiné aux esprits curieux de vérité, le livre permettra à beaucoup de quitter l'ignorance abyssale où les tiennent des "sachants" ne sachant rien. Apparaît alors le témoignage intemporel d'un Jésus-Christ plutôt homme que Dieu, porteur d'une philosophie destinée à une humanité consciente de son destin. Un éclaireur aux antipodes des déclinaisons aventureuses qui se sont méprises sur son message.
Rédigé par un chrétien frondeur, l'ouvrage s'adosse à la relecture et la préface d'un jésuite reconnu, auteur d'une douzaine d'ouvrages. Cet attelage inusité offre la garantie du sérieux et de la probité pour un travail de vulgarisation destiné à un large public.
ARTICLE SOURCE: https://savoir-pour-comprendre.blogspot.com
22 juillet 2018
Politique et religion. Inédit de Roger Garaudy
L’intégrisme naît toujours d'un double
détournement du religieux et du politique: politisation de la religion ou sacralisation de la politique. Toute loi
devenant sacrée et toute infraction sacrilège.
Les premières sociétés furent fondées sur
cette indistinction: les dieux donnant la terre et la loi, des peuplades du Proche-Orient aux tribus du Pacifique, à celles de 1’Afrique et de
1'Amérindie. Ils sont garants de 1’intégration de la communauté. Le mythe est
la caution de la légitimité du pouvoir.
Apparaît ainsi une constante éternelle et une
indissoluble unité: la religion assignant à la société ses fins, et la
politique 1'organisation des moyens pour les atteindre.
Pourrait-on concevoir, aujourd'hui encore, une
religion authentique qui n’eut point de dimension politique ou une politique
digne de ce nom qui n'eut pas de dimension religieuse, c'est-à-dire indifférente au
choix des fins dernières de 1'homme et de son histoire ?
Une politique sans âme. Une religion sans
corps.
Une religion de notre temps peut-elle se
tenir en marge des problèmes de la justice sociale, des rapports entre le Tiers
Monde et le monde riche, de la guerre et de la paix, du pouvoir et du
monothéisme païen de 1'argent, de la sauvegarde des équilibres naturels ?
Inversement quel homme d'Etat oserait -, même
si telle est sa pratique -, prendre à son compte, sans
masque, la doctrine de MACHIAVEL, et définir la
politique comme 1'art de gouverner efficacement sans préoccupation
d’ordre moral?
24 avril 2018
"Le christianisme est incompatible avec le capitalisme et le système-argent"
Falk Van Gaver : « Le christianisme est incompatible avec le capitalisme et le système-argent »
Journaliste et essayiste, Falk Van Gaver est un des premiers et des principaux promoteurs de l’écologie intégrale en France. Directeur de la revue politico-culturelle D'inspiration bernanosienne « Immédiatement » au début des années 2000, il a publié une dizaine d’essais, parmi lesquels « Anarchrist : Une histoire de l’anarchisme chrétien », avec l’écrivain Jacques de Guillebon, et « L’écologie selon Jésus-Christ ». Dans son dernier ouvrage, « Christianisme contre capitalisme : L’économie selon Jésus-Christ », publié aux éditions du Cerf, il prolonge la réflexion sur l’opposition entre l’enseignement du Nouveau Testament et les logiques d’enrichissement et d’accumulation. Selon lui, l’esprit des Évangiles et des Épîtres impose, sans ambiguïté, la sobriété matérielle et la solidarité, ainsi que le rejet de l’argent.
LIRE L'ENTRETIEN ICI: https://comptoir.org/2017/09/11/falk-van-gaver-le-christianisme-est-incompatible-avec-le-capitalisme-et-le-systeme-argent/17 mars 2018
Mai 68-Mai 2018 (11). Les églises et leur mission
Les
Églises actuelles.
Les
Églises et les religions peuvent-elles nous désigner des fins ou
nous
aider à les découvrir ? C'est en principe leur mission de dire ce
qu'est
Dieu et ce qu'est l'homme. Accomplissent-elles aujourd'hui
cette
mission ? Sans doute le pourraient-elles si, au lieu d'utiliser un
dogmatisme
aussi périmé que celui du scientisme qui le combat, elles
acceptaient
de se mettre elles-mêmes en question, de reconnaître
leurs
propres postulats et, par là même, de ne plus faire de la religion
une
aliénation de la foi, pour reprendre une expression de Paul
Ricoeur.
14 décembre 2017
Jésus et Luther, même combat ?
![]() |
| https://www.herodote.net/Martin_Luther_1483_1546_-synthese-286.php |
A l'occasion des célébrations des
cinq cents ans de la Réforme , il m'a semblé instructif d'établir un parallèle
entre Jésus et Luther. Rappelons au préalable l'événement survenu le 31 octobre
1517.
Ce jour-là, un moine Martin
Luther, placarda sur la porte de l'église de Wittemberg( aujourd'hui en
Saxe-Anhalt) un texte dénommé en latin'' Disputatio pro declaratione virtutis
indulgentiarum'' ou ''Dispute
sur la puissance des indulgences'', plus
connu sous le nom des 95 thèses.(1) Ce texte est à l'origine de la Réforme
protestante en Allemagne.
Si l'authenticité du document n'est pas
contestée, la réalité de l'événement lui-même fait aujourd'hui l'objet de
débats parmi les historiens. La date n'a pas été choisie au hasard, le 31
octobre était la veille de la Toussaint; le vaste public, devant venir le
lendemain pour vénérer les reliques et diminuer son temps à passer au
purgatoire, était, pour Luther la garantie d'une diffusion maximale de ses
idées.
Luther a rédigé ses 95 thèses
comme support pour un débat, une dispute théologique,[dispute ayant à l'époque
le sens de ''discussion ou débat'',] une pratique courante à l'époque. Conçues
pour être diffusées dans un cercle restreint de théologiens, leur succès aurait
surpris Luther lui-même. Les 95 thèses sont ensuite imprimées en grande
quantité et largement diffusées. Devant leur retentissement, les autorités
religieuses hésitent cependant à condamner Luther. Ce dernier continue de
débattre avec les théologiens défendant la position de Rome comme Johann Eck
lors de la fameuse dispute de Leipzig en 1519.
Quelle analogie
entre le ministère de Jésus et le mouvement de réforme initié par Luther ?
![]() |
| https://www.biblicalarchaeology.org/daily/people-cultures-in-the-bible/jesus-historical-jesus/did-jesus-exist/ |
Relevons que tous deux, bien
que séparés par 1500 ans, vivaient dans une société soumise totalement à
l'emprise du pouvoir religieux. Nous avons du mal aujourd'hui, dans nos
sociétés ouvertes et tolérante, à imaginer quelle pouvait être la mainmise des
religieux sur les sociétés, juive de temps de Jésus, et catholique, du temps de
Luther.
En Judée, le dirigeants
religieux formaient une caste dominante. Les écrits des évangiles sont très
révélateurs à cet égard. Au temps de Jésus, certes, ces dirigeants devaient
composer avec la puissance romaine, mais il faut préciser que l'occupant romain
n'interférait pas dans le domaine religieux, pour autant qu'il ne contestait
pas la suprématie romaine. D'ailleurs, nous lisons dans la Bible au livre des Actes, ch.24,1 à
4 :
24.1.Cinq jours après, arriva le souverain sacrificateur
Ananias, avec des anciens et un orateur nommé Tertulle. Ils portèrent plainte
au gouverneur contre Paul.
24.3.Très excellent Félix, tu nous fais jouir d'une paix
profonde, et cette nation a obtenu de salutaires réformes par tes soins
prévoyants; c'est ce que nous reconnaissons en tout et partout avec une entière
gratitude.
24.4. Mais, pour ne pas te retenir davantage, je te prie
d'écouter, dans ta bonté, ce que nous avons à dire en peu de mots.
14 novembre 2017
10 novembre 2017
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