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28 mai 2020

Le temple... de la finance


Cette expression, '' Temple de la finance '' est utilisée couramment pour désigner de grandes institutions financières, comme Wall Street à New-York,  la City de Londres, ou la Bourse de Paris. Il s'agit d'institutions qui détiennent et brassent quotidiennement des masses monétaires gigantesques. ''Wall Street est plus qu'une rue. C'est le centre de la finance mondiale et le temple du capitalisme.''(1) L'emploi du mot temple ajoute une connotation religieuse à la finance. D'ailleurs, on notera que les temples antiques assuraient déjà un rôle monétaire  à ce qui était leur fonction première, c'est à dire la relation avec les divinités. En associant temple et finance, on divinise l'argent, devenu un dieu, le dieu que Jésus a désigné sous le nom de Mamon. A cet égard le temple de Jérusalem, à l'époque de Jésus, s'était  transformé en une entreprise de captation des flux monétaires.

12 avril 2020

Le Père Lelong est décédé

Le père Michel Lelong, pionnier du dialogue islamo-chrétien, est mort

par  | Samedi 11 Avril 2020 

Le père Michel Lelong fait partie des innombrables victimes du Covid-19 en France. Ce prêtre catholique, qui fut indéniablement un chantre du dialogue islamo-chrétien, est décédé vendredi 10 avril à l'âge de 95 ans. Retour sur le parcours d'un homme d'Eglise connu et reconnu pour être un grand ami des musulmans

ARTICLE A LIRE ICI: https://www.saphirnews.com/Le-pere-Michel-Lelong-pionnier-du-dialogue-islamo-chretien-est-mort_a27053.html


Lire sur ce blog plusieurs articles de celui qui fut un ami jamais démenti de Roger  Garaudy:
https://rogergaraudy.blogspot.com/search?q=lelong

31 mars 2020

Joseph, bienfaiteur de l'Égypte, vraiment ?

© Droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation de l'auteur 


Le triomphe de Joseph, Cathédrale de Toulouse
Qui ne connaît l’histoire de Joseph ? On retient le récit d’un homme, fils du patriarche Jacob, vendu par ses frères jaloux et conduit en Égypte. Après pas mal de péripéties, il devient gouverneur du pays, le second après le Pharaon. On retient surtout que sa gestion avisée a permis au pays d’entasser des réserves considérables de grains, pendant les années d’abondance. Stocks ayant permis de nourrir les habitants pendant les années de  famine qui ont suivi. Quant à l’authenticité de cette histoire, les exégètes et historiens la mettent en doute. Nous examinerons leurs arguments. Mais au-delà de cette question, une analyse plus poussée de ce récit va nous présenter un aspect méconnu de Joseph et d’ailleurs soigneusement évité par les commentateurs. On notera en effet que les commentaires émanant, tant des milieux religieux juifs que chrétiens, sont toujours admiratifs devant un homme qui a ‘’ sauvé ‘’ les Égyptiens  de la famine.

27 décembre 2019

Les différents noms de la divinité dans la Bible hébraïque


Dans la Bible hébraïque, la divinité est présentée sous différents noms ou expressions, comme Yahweh, Yahweh Elohim, Elohim, El Elyon.. traduits par ''Eternel'', ''Eternel Dieu'', ''Dieu'', ''Dieu-Très-Haut''.
Dans le Nouveau Testament, la divinité est nommée par Jésus, ''Père'', ''Père céleste'', ou Dieu tout simplement.  Il va sans dire que les exégètes et les chercheurs, tels des archéologues, ont décapé les textes de la Bible hébraïque, et, plus spécialement, les écrits du Pentateuque,[ formant les cinq premiers livres de la Bible] pour chercher le moindre indice de l'origine de ces noms. C’est un travail considérable, qu'il serait impossible de résumer en quelques lignes. Notre intention est d'apporter la démonstration, à travers les matériaux bibliques eux-mêmes, de l' évolution de la conception de dieu par les compilateurs de la Bible hébraïque. Oserions nous dire de l'invention de dieu, comme l'affirme le titre d'un ouvrage récent?(1)

20 octobre 2019

Muerte y marxismo humanista

Juan Luis Ruiz de la Pena, Muerte y marxismo humanista. Aproximaciôn teolôgica (Agora). Salamanque, Ed. Sigueme, 1978.
Revue Philosophique de Louvain. Quatrième série, tome 78, n°39, 1980. pp. 460-461

Il s'agit, à partir d'une anthropologie philosophique ou de ce que Adam Schaff appelle la philosophie de l'homme, de reconnaître et de défendre, en unissant thèses chrétiennes et marxistes, le concept d'humanisme contre les tendances déshumanisantes, donc antihumanistes, qui se font jour actuellement, spécialement dans le rationalisme scientifique. L' (auteur). croit à la rencontre de ces thèses qui expriment des préoccupations, des convictions communes. Le point de départ est le fait de la mort que ne peut escamoter aucune anthropologie. Certes, la mort pose à l'homme des questions troublantes et l'affecte même d'un coefficient de finitude, c'est-à-dire de nullité ontologique. Ni Prométhée, ni Titan ne peuvent éluder sa fatale nécessité. Plus profondément: la finitude de l'homme ne prouve-t-elle pas la fin à venir de l'humanité? Le jeune Marx pose nettement le problème: «La mort apparaît comme une dure victoire de l'espèce sur l'individu et paraît contredire l'unité de l'espèce; mais l'individu déterminé est seulement un être générique déterminé et, comme tel, mortel».
Afin d'étayer sa recherche, l'(auteur) se réfère à Roger Garaudy, c'est-à-dire à une théorie marxiste de la subjectivité. A une espérance sans Dieu répond ainsi un humanisme qui accepte une certaine transcendance de la personne; à la mort de l'homme, s'oppose la résurrection de l'humain qui permet le choix et le risque de créer. Le sens de la vie devient une intégration dans la totalité par l'amour. Cependant, il reste difficile de définir la mort: continuité biologique ? rationalisation de la vie? A l'intérieur d'une anthropologie à laquelle des penseurs comme Ernst Bloch, Kolakovski, Schaff et Garaudy donnent une coloration religieuse, l'humanisme marxiste récupère les notions de sujet et de transcendance, de vie et de mort. L'(auteur) lui oppose la réponse chrétienne : la résurrection du Christ apportant la réponse de Dieu à la mort de l'homme. Alors le mystère de la mort devient le mystère même de la personne, celui-ci étant le mystère de la transcendance divine. Demeure la vraie question: le marxisme peut-il accepter cette conclusion, et plus généralement, l'humanisme n'est-il pas le contrepied absolu de toute religion révélée? L'espérance fondée sur un néant est-elle encore une espérance?


André Reix.

27 septembre 2019

Jean Calvin, un précurseur des Talibans ?

© Roger Garaudy A contre-nuit. Reproduction autorisée avec mention de l'auteur et lien

https://www.museeprotestant.org/notice/loeuvre-de-jean-calvin/

Jean Calvin(1509-1564) est connu  comme théologien auteur d'innombrables commentaires des textes bibliques(1) mais surtout par son œuvre maîtresse l'Institution de la religion chrétienne (1536). On reconnaît au personnage une capacité de travail phénoménale, une intelligence hors du commun, et des talents d'organisateur sans pareil. Sans doute, après la période de bouillonnement intellectuel qui suivit la Réforme, initiée par Martin Luther, était-il nécessaire, sinon indispensable, de stabiliser les initiatives multiples  et de fixer un cadre et une organisation à l'église naissante. Ce fut la grande œuvre de Calvin. Malheureusement, selon l' adage '' le Pouvoir rend fou'',  Calvin, une fois installé solidement dans la ville de Genève, va instituer une véritable dictature sur les habitants de la cité.

26 septembre 2019

Un livre de 2000 dans la pleine actualité de 2020...

LE XXIe SIECLE
Suicide planétaire ou résurrection ?
L'avenir n'est pas ce qui sera mais ce que nous ferons. Yehudi
Menuhin, dans l'un de ses premiers discours à la chambre des Lords,. « Défense du sacré », a posé le problème central. L'avenir se construit d'abord dans la conscience des hommes, dans la foi, qui est la recherche du sens et des fins dernières de la vie, et dans l'action pour l'accomplir. Cette réflexion a des antécédents prestigieux.
Or aucune religion institutionnelle ne répond aujourd'hui à
cette question fondamentale pour la construction de l'avenir. Il y a plusieurs religions, comme il y a plusieurs cultures, mais une seule foi.
Ici des hommes de foi maîtres du dialogue inter-religieux
s'expriment, à partir de leur vécu du XXe siècle :
-Yehudi Menhuin (1914-1999), fils du rabbin Mosché
Menhuin, auteur de La décadence du judaïsme.
- Roger Garaudy (1913), initiateur du dialogue entre chrétiens et marxistes avant le concile Vatican II, auteur par exemple de De
l'anathème au dialogue.
- Le Père blanc Michel Lelong (1925), auteur notamment de Si
Dieu l'avait voulu (sur l'unité de la foi), et, récemment La vérité rend
libre (éd. Olivier de Guibert).
- Raimundo Pannikar (1918-1998), de parents indien et
catalane, auteur de plus de trente livres dont La trinité et l'expérience
religieuse et Le silence de Bouddha.
- Dom Helder Camara (1909-1999), ex-archevêque de Recife,
l'un des fondateurs de la théologie de la libération.
- Leonardo Boff (1938), franciscain brésilien qui a quitté
l'Église, auteur entre autres de La face maternelle de Dieu, Écologie et
pauvreté, Avec la liberté de l'Évangile.
- Le rabbin Elmer Berger (1908-1996), ex-président de la « Ligue
pour le judaïsme aux États-Unis », puis directeur de la revue

Alternative au sionisme.

26 août 2019

Garaudy aux débats du CCIF

Actes de la recherche en sciences sociales
Le Centre catholique des intellectuels français
Le dialogue comme négociation symbolique (EXTRAITS)
Par Jean Tavares


Le Centre catholique des intellectuels français
(CCIF) était une institution médiatrice de
l'intervention de l'Eglise dans le champ intellectuel à
travers une démarche de dialogue (négociation
symbolique) dont la manifestation apparente était la
production publique de discours, oral ou écrit. Vouloir
saisir les stratégies objectives à l'oeuvre dans ce
dialogue seulement par le décryptage de ce discours
public, qui est un discours censuré, serait prendre
comme point de départ ce qui est l'aboutissement
des stratégies de contrôle-censure qui ont mené à
sa production et qui ne peuvent être appréhendées
que par l'analyse des conditions sociales de
production des promoteurs du dialogue et du
fonctionnement et des moyens de contrôle de l'institution
comme lieu de négociation intellectuelle.

23 juin 2019

Le christianisme primitif comme "paradigme": évolution d'une problématique (d'Engels à Garaudy), par Raymond Winling (1981)

Revue des Sciences Religieuses
 (extrait)

Résumé
Des penseurs marxistes contemporains comme E. Bloch, M. Machovec, Kolakoswki, Garaudy, opèrent un changement de perspective et cherchent à comprendre le christianisme primitif non plus tellement à travers l'expérience de la première communauté de Jérusalem qu'à travers le comportement et l'enseigne ment de Jésus. Sous ce rapport ils prennent en considération les acquis de l'exégèse récente. En même temps ils procèdent à une réévaluation du fait chrétien et s'efforcent d'en dégager les aspects positifs, la charge subversive et la valeur d'anticipation
 Revue des Sciences Religieuses, tome 55, fascicule 4, 1981. pp. 264-271;
doi : https://doi.org/10.3406/rscir.1981.2929

23 mars 2019

"L'insurrection chrétienne" (Jean Cardonnel, 1975)

Au cours d’un débat sur son livre, quelqu’un – une femme, je crois bien – demanda abruptement à l’auteur (dont il faut rappeler qu’il est religieux) : « Oui ou non, croyez-vous en Dieu ? » La réponse jaillit : « Non. » A la fois spontanée, profonde et provocante. Après quoi il expliqua que c’était l’expression « croire en Dieu » et ce qu’on met dessous qu’il rejetait. On peut néanmoins douter qu’il « croie » à « Dieu ». C’est au Christ qu’il croit, par un don total, avec une violence passionnée. Au Christ, c’est-à-dire, à l’homme. Ecoutons-le : « L’idée de Dieu est profondément réactionnaire et régressive. (...) Dieu qui reste Dieu ne peut rien devenir. (...) Dieu est bien mort en Jésus-Christ. »
Donc : en l’homme, divin et tout un. Il n’y a pas la foi d’un côté, l’analyse politique de l’autre. « Dépolitiser l’incarnation, c’est désincarner. » Or tout s’incarne à tout moment. Il n’y a pas non plus un Créateur qui « fabrique des créatures » : il « suscite des créateurs ». La Création n’a pas été faite : elle se fait continûment, indéfiniment, et par l’homme. On retrouve ici les idées centrales de Roger Garaudy, intérieures à cette ré-union vécue. Ce qui conduit infailliblement, d’ailleurs, à rejeter le dogmatisme d’Eglise ou à être rejeté par le dogmatisme de parti.
LIRE LA SUITE SUR LE SITE DU MONDE DIPLOMATIQUE  https://www.monde-diplomatique.fr/1975/06/FLORENNE/33217 

20 décembre 2018

Thomas Munzer: un prophète communiste

Chapitre 5 (« Conclusion et la moitié du royaume ») de « Thomas Munzer, théologien de la révolution » d’Ernst BLOCH

N'ayons plus égard qu'à ce principe, laissons ce qui est mort. Rien ne nous retient plus là où le festin est terminé, nous allons de l'avant, nous nous projetons en rêve dans notre avenir. L'élan vital de notre temps, immensément accru, se nourrit déjà à de nouvelles sources ; son évidence incontestable instaure une foi secrète, encore cachée.

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Si de puissantes forces réussissent à prendre appui sur cette foi, l'homme enfin quittera le sol, il s'élancera vigoureusement vers les hauteurs. Nous ne sentirons plus le poids de notre vie, nous lui échapperons, elle qui est de plus en plus asservie à la machine et à la domination, à la domination finalement libératrice de l'inessentiel. Cette force qui créa la machine et qui, transformant le vouloir, pousse vers le socialisme, c'est elle justement qui instaure aussi cette autre réalité mystérieuse, encore latente dans le socialisme, que Marx a méconnue, qu'il ne pouvait point ne pas méconnaître s'il voulait en finir à jamais avec la misère et le hasard, mais qui hante nécessairement, dans l'Allemagne de Munzer et en Russie, le souvenir hérité de son révolutionnarisme religieux. Certes pourtant l'ennemi reste en vue, retranché encore dans le solide complexe des puissances industrielles du militarisme ; mais son idéologie est dès à présent réduite en miettes, et surtout de ce dernier réduit il sera plus aisé, plus rationnel de le déloger que de l'antique fortin, incoordonné, corporatiste, petit-bourgeois et féodal, sur lequel se brisa autrefois l'élan révolutionnaire des Baptistes. Le monde des puissances économiques et politiques qui nous entoure - si perfide, si étranger aux valeurs, longtemps auréolé par l'éclat mensonger d'une « culture », qui n'était que l'inconsistante atmosphère de luxe réservée à la classe dominante - est à présent enfoncé, privé de tout point fixe, dénué de toute valeur téléologique pour ceux qui dépendaient de lui et qui lui fournirent jusqu'ici son idéologie. Un dynamisme interne l'entraîne à la perte de ses propres forces, en direction d'un horizon constructif, ouvert à tous les opprimés, aux victimes de tous les mensonges accumulés depuis la Guerre des Paysans et le gothique tardif, à tous les impératifs de la volonté d'absolu.

Ainsi le cours des événements ne saurait faire plus longtemps obstacle à la vertu, à la justice, à tout ce qui est l'objet d'une juste prémonition. Mais la force centrifuge de ce même mouvement libérateur entraîne l'humanité effervescente jusqu'à son vrai domaine et voici que s'étend devant elle l'immensité des mondes supérieurs, ceux du pressentiment, de la conscience morale et de ce qui constitue la moitié du Royaume. Le temps revient, le choc prolétarien de l'Occident le fait renaître ; en Allemagne et en Russie, il connaîtra son plein essor : là les peuples sentent la présence d'une lumière qui chasse les plus épaisses ténèbres, qui brusquement replace au centre le plus voyant tout ce qu'on avait oublié, les réalités célestement souterraines, - qui érige enfin le secret de l'hérésie en évidence publique puissamment efficace, en pôle et en principe directeur de la société. Elle attend qu'on écoute sa voix, cette histoire souterraine de la révolution dont le mouvement s'amorce déjà dans la bonne direction, mais voici que les Frères de la Vallée, les Cathares, les Vaudois, les Albigeois, l'abbé Joachim de Calabre, les Frères du Bon Vouloir, du Libre Esprit, Eckhart, les Hussites, Munzer et les Baptistes, Sébastian Franck, les Illuminés, Rousseau et la mystique rationaliste de Kant, Weitling, Baader, Tolstoï, voici que tous unissent leurs forces, et la conscience morale de cette immense tradition frappe derechef à la porte pour en finir avec la peur, avec l'État, avec tout pouvoir inhumain. Voici que brille l'ardente étincelle qui ne s'attardera plus, obéissant à la plus sûre exigence biblique : ce n'est point ici bas qu'est notre demeure, nous cherchons une demeure à venir1. Un nouveau messianisme se prépare, enfin familier à la migration et à la véridique puissance de notre nostalgie : non point aspiration à la tranquillité du sol ferme, des œuvres figées, des fausses cathédrales, d'une transcendance recuite, coupée maintenant de toutes ses sources, - mais aspiration à la lumière de l'instant même que nous vivons, à l'adéquation de notre émerveillement, de notre pressentiment, de notre rêve continu et profond de bonheur, de vérité, de désensorcellement de nous-même, de déification et de gloire intérieure. Jamais le ciel ne serait si sombre au-dessus de nous sans la présence d'un orage absolu, d'une lumière centrale et la plus immédiate de toutes ; mais, par là même, notre au-delà s'est déjà nommé et nous l'avons entendu ; encore caché derrière une mince muraille craquelée, voici le nom le plus intime, Princesse Sabbat, supérieur à celui de tous les dieux qui nous abandonnèrent ici-bas avec le simple palliatif d'un miracle larmoyant et rageur. Haut dressé sur les décombres d'une civilisation ruinée, voici que s'élève l'esprit de l'indéracinable utopie, assurée pour la première fois de son propre pôle, la plus intime des Ophirs2, des Atlantides, des Orplids3, dans la demeure de son absolue manifestation communautaire. Ainsi s'unissent finalement le marxisme et le rêve de l'inconditionné, allant du même pas, incorporés dans le même plan de campagne - puissance de progrès et fin de tout cet univers ambiant où l'homme ne fut qu'un être accablé, méprisé, anéanti - reconstruction de la planète Terre, vocation, création, saisie violente du Royaume. Avec tous les Millénaristes, Munzer reste celui qui appela les hommes à cet orageux pèlerinage. Il ne peut être question d'une simple vie nouvelle infusée à une ancienne réalité : l'espace s'offre à tous les débordements ; s'ouvrent à nous le monde et l'éternité, le
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nouveau monde de la ferveur et de la percée, de la lumière largement et tumultueusement diffusée à partir de ce qui est en l'homme sa part la plus intime. A présent il est impossible que n'advienne point le temps du Royaume ; c'est vers ce temps que rayonne en nous un esprit qui refuse toute démission, qui ignore toute déception. Nous avons suffisamment vécu l'histoire du monde, nous avons assez connu, nous avons trop, beaucoup trop connu de formes, de cités, d'oeuvres, de fantasmagories, d'obstacles nés de la culture ; voici que se dresse librement une autre vie, une vie irrésistible ; voici que faiblit le mince arrière-fond de la scène historique, de la scène politique, de la scène culturelle ; voici que se manifestent l'âme, les profondeurs, par-dessus tous les espaces du ciel où se situaient nos rêves, étoilées depuis le sol jusqu'au zénith, voici que se déroulent les véritables firmaments et que s'élève inlassablement la voie de notre destin, jusqu'à ce mystérieux emblème vers lequel se meut, depuis le commencement des temps, la sombre, l'inquiète, la lourde terre.


Editions Les prairies ordinaires, Collection Singulières modernités, 2012, pages 297 à 300

13 décembre 2018

Un nouveau Jésus-Christ

Dire que vous pensiez bien connaître le personnage le plus illustre de tous les temps ! Vous allez en découvrir de belles, et corriger bien des erreurs !


11 septembre 2001. Puis, en France, Charlie, Nice, le Bataclan. Crises identitaires, flux migratoires, craintes sécuritaires, bouleversements politiques, lourdes incidences économiques... l'essentiel de notre actualité s'enracine désormais dans le fait religieux.

Là où il faudrait comprendre, le regard français se détourne, vouant tout Credo, au mieux à l'ombre ou plus souvent aux gémonies, selon des analyses guère encombrées d'examens contradictoires.

À l'anti-cléricalisme salutaire de 1900 succède une anti-religiosité volontiers christianophobe. Naguère assez unanimement vénérée, la personne de Jésus-Christ relève dès lors du lazaret, tandis que des bateleurs de foire prétendent nier son existence. De son héritage, l'ignorance crasse d'une majorité de commentateurs  retient d'abord les fourvoiements, exacts contraires du message original.

Deux obscurantismes contribuent à alimenter ce rejet : un fonda-mentalisme chrétien prenant l'esprit de l'Évangile pour la lettre ; un athéisme dogmatique nourri des errements, rééls ou supposés, des "croyants".

Comment rendre compte d'une révélation si utile à la marche du monde ?

Depuis un siècle et demi, des  spécialistes chrétiens, juifs ou agnostiques se sont appli-qués à  reconsidérer l'Évangile  à la lumière, non des dogmes mais de la raison.

"Le suaire arraché aux ténèbres" restitue la synthèse de leur inappréciable recherche critique, restée à peu près inconnue du public. Destiné aux esprits curieux de vérité, le livre permettra à beaucoup de quitter l'ignorance abyssale où les tiennent des "sachants" ne sachant rien. Apparaît alors le témoignage intemporel d'un Jésus-Christ plutôt homme que Dieu, porteur d'une philosophie destinée à une humanité consciente de son destin. Un éclaireur aux antipodes des déclinaisons aventureuses qui se sont méprises sur son message.

Rédigé par un  chrétien frondeur, l'ouvrage s'adosse à la relecture et la préface d'un jésuite reconnu, auteur d'une douzaine d'ouvrages. Cet attelage inusité offre la garantie du sérieux et de la probité pour un travail de  vulgarisation destiné à un large public.


22 juillet 2018

Politique et religion. Inédit de Roger Garaudy

L’intégrisme naît toujours d'un double détournement du religieux et du politique: politisation de la religion ou sacralisation de la politique. Toute loi devenant sacrée et toute infraction sacrilège.
Les premières sociétés furent fondées sur cette indistinction: les dieux donnant la terre et la loi, des peuplades du Proche-Orient aux tribus  du Pacifique, à celles de 1’Afrique et de 1'Amérindie. Ils sont garants de 1’intégration de la communauté. Le mythe est la caution de la légitimité du pouvoir.
Apparaît ainsi une constante éternelle et une indissoluble unité: la religion assignant à la société ses fins, et la politique 1'organisation des moyens pour les atteindre.
Pourrait-on concevoir, aujourd'hui encore, une religion authentique qui n’eut point de dimension politique ou une politique digne de ce nom qui n'eut pas de dimension religieuse, c'est-à-dire indifférente au choix des fins dernières de 1'homme et de son histoire ?
Une politique sans âme. Une religion sans corps.

Une religion de notre temps peut-elle se tenir en marge des problèmes de la justice sociale, des rapports entre le Tiers Monde et le monde riche, de la guerre et de la paix, du pouvoir et du monothéisme païen de 1'argent, de la sauvegarde des équilibres naturels ?
Inversement quel homme d'Etat oserait -, même si telle est sa pratique -, prendre à son compte, sans masque, la doctrine de MACHIAVEL, et définir la politique comme 1'art de gouverner efficacement sans préoccupation d’ordre moral?

24 avril 2018

"Le christianisme est incompatible avec le capitalisme et le système-argent"

Falk Van Gaver : « Le christianisme est incompatible avec le capitalisme et le système-argent »

LIRE L'ENTRETIEN ICI: https://comptoir.org/2017/09/11/falk-van-gaver-le-christianisme-est-incompatible-avec-le-capitalisme-et-le-systeme-argent/

17 mars 2018

Mai 68-Mai 2018 (11). Les églises et leur mission


Les Églises actuelles.
Les Églises et les religions peuvent-elles nous désigner des fins ou
nous aider à les découvrir ? C'est en principe leur mission de dire ce
qu'est Dieu et ce qu'est l'homme. Accomplissent-elles aujourd'hui
cette mission ? Sans doute le pourraient-elles si, au lieu d'utiliser un
dogmatisme aussi périmé que celui du scientisme qui le combat, elles
acceptaient de se mettre elles-mêmes en question, de reconnaître
leurs propres postulats et, par là même, de ne plus faire de la religion
une aliénation de la foi, pour reprendre une expression de Paul
Ricoeur.

14 décembre 2017

Jésus et Luther, même combat ?


https://www.herodote.net/Martin_Luther_1483_1546_-synthese-286.php
A l'occasion des célébrations des cinq cents ans de la Réforme , il m'a semblé instructif d'établir un parallèle entre Jésus et Luther. Rappelons au préalable l'événement survenu le 31 octobre 1517.

Ce jour-là, un moine Martin Luther, placarda sur la porte de l'église de Wittemberg( aujourd'hui en Saxe-Anhalt) un texte dénommé en latin'' Disputatio pro declaratione virtutis indulgentiarum'' ou  ''Dispute sur la puissance  des indulgences'', plus connu sous le nom des 95 thèses.(1) Ce texte est à l'origine de la Réforme protestante en Allemagne.
 Si l'authenticité du document n'est pas contestée, la réalité de l'événement lui-même fait aujourd'hui l'objet de débats parmi les historiens. La date n'a pas été choisie au hasard, le 31 octobre était la veille de la Toussaint; le vaste public, devant venir le lendemain pour vénérer les reliques et diminuer son temps à passer au purgatoire, était, pour Luther la garantie d'une diffusion maximale de ses idées. 
Luther a rédigé ses 95 thèses comme support pour un débat, une dispute théologique,[dispute ayant à l'époque le sens de ''discussion ou débat'',] une pratique courante à l'époque. Conçues pour être diffusées dans un cercle restreint de théologiens, leur succès aurait surpris Luther lui-même. Les 95 thèses sont ensuite imprimées en grande quantité et largement diffusées. Devant leur retentissement, les autorités religieuses hésitent cependant à condamner Luther. Ce dernier continue de débattre avec les théologiens défendant la position de Rome comme Johann Eck lors de la fameuse dispute de Leipzig en 1519.

Quelle analogie entre le ministère de Jésus et le mouvement de réforme initié par Luther ?
https://www.biblicalarchaeology.org/daily/people-cultures-in-the-bible/jesus-historical-jesus/did-jesus-exist/

Relevons que tous deux, bien que séparés par 1500 ans, vivaient dans une société soumise totalement à l'emprise du pouvoir religieux. Nous avons du mal aujourd'hui, dans nos sociétés ouvertes et tolérante, à imaginer quelle pouvait être la mainmise des religieux sur les sociétés, juive de temps de Jésus, et catholique, du temps de Luther.
En Judée, le dirigeants religieux formaient une caste dominante. Les écrits des évangiles sont très révélateurs à cet égard. Au temps de Jésus, certes, ces dirigeants devaient composer avec la puissance romaine, mais il faut préciser que l'occupant romain n'interférait pas dans le domaine religieux, pour autant qu'il ne contestait pas la suprématie romaine. D'ailleurs, nous lisons dans  la Bible au livre des Actes, ch.24,1 à 4 :
24.1.Cinq jours après, arriva le souverain sacrificateur Ananias, avec des anciens et un orateur nommé Tertulle. Ils portèrent plainte au gouverneur contre Paul.
24.2.Paul fut appelé, et Tertulle se mit à l'accuser, en ces termes:
24.3.Très excellent Félix, tu nous fais jouir d'une paix profonde, et cette nation a obtenu de salutaires réformes par tes soins prévoyants; c'est ce que nous reconnaissons en tout et partout avec une entière gratitude. 
24.4. Mais, pour ne pas te retenir davantage, je te prie d'écouter, dans ta bonté, ce que nous avons à dire en peu de mots. 
  

10 novembre 2017

Lettres de Don Helder Camara à Roger Garaudy (2) - 1973




[Les livres auxquels Don Helder fait référence sont Danser sa vie et L'alternative - Voir la bibliographie sur le blog]