30 décembre 2019

Juan José Tamayo presenta 'Hermano Islam'

La Iglesia de El Salvador, Iglesia Evangélica Española, invita a la presentación del libro: 'Hermano Islam' (Trotta), de Juan José Tamayo, a las 19h, en la calle Noviciado, 5. En la presentación, participa el autor, junto a Alfredo Abad Heras, Pastor de la Iglesia Evangélica Española, presidente de la Comisión Permanente IEE).
Este libro reúne análisis y reflexiones representativos de lo que el autor llama su«viaje iniciático por el islam». Una andadura que conoció sus primeros frutos con Islam. Cultura, religión y política, premio Internacional de la República de Túnez, donde, desde una nueva aproximación al islam, su historia, su presencia en España y sus creencias, así como al profeta Mahoma, se articula la original propuesta de una teología islamo-cristiana de la liberación en clave feminista.
Sus posteriores encuentros con el islam han llevado al autor a explorar algunas de sus dimensiones menos conocidas. Entre ellas destacan la ilustración filosófica en al-Ándalus; el pluralismo étnico, religioso y cultural dentro del mundo árabe-musulmán; las relaciones entre islam y Occidente analizadas desde dos enfoques enfrentados, el belicista e intolerante o el dialogantee integrador; la figura del intelectual francés Roger Garaudy como ejemplo de diálogo entre civilizaciones desde una concepción sinfónica de las culturas; Córdoba, símbolo de pluriverso religioso, cultural y lingüístico, y la mística musulmana y cristiana como superación de los fundamentalismos y lugar de encuentro de religiones y espiritualidades.

27 décembre 2019

Les différents noms de la divinité dans la Bible hébraïque


Dans la Bible hébraïque, la divinité est présentée sous différents noms ou expressions, comme Yahweh, Yahweh Elohim, Elohim, El Elyon.. traduits par ''Eternel'', ''Eternel Dieu'', ''Dieu'', ''Dieu-Très-Haut''.
Dans le Nouveau Testament, la divinité est nommée par Jésus, ''Père'', ''Père céleste'', ou Dieu tout simplement.  Il va sans dire que les exégètes et les chercheurs, tels des archéologues, ont décapé les textes de la Bible hébraïque, et, plus spécialement, les écrits du Pentateuque,[ formant les cinq premiers livres de la Bible] pour chercher le moindre indice de l'origine de ces noms. C’est un travail considérable, qu'il serait impossible de résumer en quelques lignes. Notre intention est d'apporter la démonstration, à travers les matériaux bibliques eux-mêmes, de l' évolution de la conception de dieu par les compilateurs de la Bible hébraïque. Oserions nous dire de l'invention de dieu, comme l'affirme le titre d'un ouvrage récent?(1)

24 décembre 2019

Projet de film sur Jésus, "Le sillon"

Maurice DENIS, "La Nativité", 1894
JOYEUX NOËL A TOUTES ET TOUS DANS LA FOI DE LA PAIX UNIVERSELLE


21 décembre 2019

L'ayatollah Khamenei et Roger Garaudy, 21 ans après

D’après AFP
Le guide suprême iranien l’ayatollah Khamenei a reproché lundi à la France le sort réservé à Roger Garaudy, condamné il y a 21 ans pour « contestation de crimes contre l’humanité ».
« Roger Garaudy, philosophe français, a remis en question dans son livre [« Les mythes fondateurs de la politique israélienne »] le nombre des victimes de l’Holocauste », peut-on lire dans un twitt en français sur le compte de l’ayatollah. « Le gouvernement français a […] traîné cet auteur devant le Tribunal. Voilà les porte-drapeaux de la liberté d’expression ! ».
Le site internet en français du leader iranien publie un article « à l’occasion de l’anniversaire de la condamnation de Roger Garaudy par le tribunal de Paris, pour avoir posé des questions sur l’Holocauste », article qui a pour titre « Qu’est-ce que l’ayatollah Khamenei a dit à Roger Garaudy au sujet des juifs et des sionistes ? » le 20 avril 1998 à Téhéran. Lors de cette rencontre, M. Khamenei avait dénoncé la « contradiction dans le comportement des Américains et des Européens, qui dénoncent le racisme contre les juifs mais soutiennent les sionistes qui ont un comportement similaire à celui des nazis ».
Roger Garaudy, mort en 2012, avait été condamné le 16 décembre 1998 par la cour d’appel de Paris à 9 mois de prison avec sursis et 160 000 francs d’amende (32 000 euros) pour contestation de crimes contre l’humanité et provocation à la haine raciale  pour son livre « Les Mythes fondateurs de la politique israélienne ». Dans ce livre, Garaudy écrit que l’extermination de six millions de juifs par les nazis durant la deuxième guerre mondiale est un  des « mythes » servant à justifier « les exactions de l’Etat d’Israël en Palestine ». 

20 décembre 2019

Résumé de la thèse de Didier GAUVIN sur Roger GARAUDY

"Après avoir atteint l'excellence en tant qu'intellectuel de parti stalinien pendant la Guerre froide, Roger Garaudy s'est construit comme intellectuel "véritable" contre la doxa du PCF qu'il était pourtant chargé d'incarner, à la faveur de son autonomisation suite au choc du XX° Congrès du PCUS périmant sa foi en Staline. C'est ainsi que la résurgence progressive de son habitus théologico-philosophique a fait de lui l'homme du dialogue par excellence adapté à la démarginalisation du PCF dans le champ intellectuel des années 1960. Mais si son engagement sur la tangente hérétique a fait de lui l'un des intellectuels communistes poussant le plus loin le projet de rénovation du PC en offrant une véritable stratégie alternative à celle du Parti après 1968, l'exclusion qui s'en est suivie s'est traduite par un retour du refoulé religieux qui, couplé à la posture prophétique d'un intellectuel désormais excentré dans le champ intellectuel français, a largement contribué à la délégitimation de l'ancien philosophe du PC avant même sa radicalisation ultime qui a achevé de le disqualifier suite à sa condamnation pour négationnisme."


Lire et télécharger la thèse ICI

ou me contacter (formulaire colonne de gauche du blog)

18 décembre 2019

"Appelons la femme à notre secours"

« Voilà trente mille ans que les valeurs masculines dominent le monde. Force est de constater que les civilisations qu’elles ont inspirées sont des échecs : elles n’ont pas réussi à harmoniser les relations entre la femme et l’homme, entre les citoyens et entre les nations. (…) Il ne nous reste qu’une chance de survivre et d’inventer un monde meilleur : renoncer à la prépondérance des valeurs masculines, épanouir les valeurs féminines. La véritable alternative qui s’offre à nous ne consiste plus à choisir entre le libéralisme et le socialisme, mais entre la perpétuation d’une civilisation machiste et sadomasochiste et l’inauguration d’une société où l’on permettra aux valeurs féminines de s’exprimer, une civilisation vraiment humaine. Rendre à l’humanité les richesses de la féminité, ce n’est pas seulement lui donner les moyens d’un nouvel âge, c’est assurer sa survie. (…) Car une chose est sûre : ce libéralisme sauvage, triomphe de la civilisation patriarcale, générateur de guerres, pourvoyeur de chômage, fossoyeur d’âmes, destructeur de la nature, ne peut plus durer. (…) Hommes qui m’avez  lu, ne croyez pas que j’aie cédé à une tardive révolte contre le père, non plus qu’à un accès d’humilité. Non, c’est l’Histoire qui nous accable. Et la réalité présente. Sans doute ai-je été injuste dans ma juste colère : ayant exposé nos méfaits, j’aurais dû rappeler ce que nous avons fait de grand aussi. Mais notre génie est connu ; ce qui m’importait, c’était de savoir pourquoi il se double fatalement d’un mauvais génie : rien de ce que nous avons fait de bien qui ne soit mis au service du mal ! Il est temps de chercher d’autres voies. Appelons la femme à notre secours. Nous pensions la femme notre ennemie, elle est notre avenir. »


Gérard Leleu, "De la peur à l’amour. Réconcilier enfin l’homme et la femme", Éditions J’ai Lu, 2005.

15 décembre 2019

Audace

« Pourquoi un homme d’Etat, un chef de gouvernement naurait-il pas laudace de déclarer à la radio ou à la télévision à ses compatriotes : "Nous tous qui sommes rassemblés sur cette parcelle de la Terre, vous autant que moi-même, dans cent ans nous aurons disparu, nous et ceux qui nous entourent, que nous les aimions, les détestions ou qu’ils nous soient indifférents. Cent ans, c’est beaucoup pour chacun de nous, et nombreux sont ceux qui ne les atteindront pas. Mais cest une poussière de temps au regard de la marche du monde et des galaxies. Pensez-y ce soir en regardant le ciel. Ne trouvez-vous pas non seulement injuste, mais simplement absurde qu’ainsi soumis au même sort, alors que la même fin nous attend, nous ne regardions pas notre existence et celle des êtres qui nous entourent comme une seule et même vie ? Ne pensez-vous pas que ce morceau de temps que nous partageons ensemble devrait nous amener à partager également les ressources de ce siècle ? (…) Ce bref passage sur Terre, qui est le lot de chacun de nous, il faut en améliorer le cours pour tous, puisque nous sommes embarqués sur le même bateau, celui de ce siècle, navire de plaisance pour les uns, galère pour les autres. Pourquoi ne deviendrait-il pas un grand voilier profitant des mouvements de l’air et de l’eau, sans cabines de luxe pour les uns ni entrepont pour les autres, dont bénéficieraient au mieux tous ceux que la vie a réunis à son bord ?" Un tel discours pourrait être entendu. Mais sa réalisation serait redoutée par certains. Si nul na plus le souci d’assurer exclusivement son existence quotidienne et celle des siens, ne risque-t-on pas de voir surgir des pensées grosses de réflexions refoulées comme celle du sens de la vie, puisque celle-ci est limitée ? Certes, mais c’est la grandeur de l’être humain, qui "dès sa naissance est déjà assez vieux pour mourir" (Heidegger), de reconnaître et accepter son inquiétude existentielle. »


Léon Schwartzenberg, Face à la détresse, Ed. Fayard, 1994.
(Texte proposé par Ahmed D.)

12 décembre 2019

Créateurs de l'avenir

« Nous souffrons de vivre dans un monde sans but. Ce quon appelle la politique de croissance est une politique pour laquelle le fonctionnement de la machine est le but. Même si c’est une machine inutile, nuisible, ou mortelle. (…) Croissance pour quoi ? Croissance pour qui ? Pour les profits de quelques-uns par la manipulation et le conditionnement de tous. Il n’est pas vrai que la croissance économique permette de surmonter les crises : elle les engendre. Elle conduit à une répartition de plus en plus inégale du pouvoir et des privilèges. Il n’est pas vrai non plus qu’on puisse arrêter la croissance alors que des milliards d’hommes n’ont pas encore les moyens d’une vie proprement humaine. Il ne s’agit pas d’arrêter la croissance mais de l’orienter pour qu’elle serve non l’abaissement de l’homme mais son épanouissement. (…) Nous voulons que notre vie ait un sens, notre histoire un but. Nous voulons que chacun de nous participe à la découverte de ce sens, à la réalisation de ce but. Nous voulons que l’histoire de tous soit faite par tous et non imposée par quelques-uns. (…) Les peuples sont désormais adultes. Il devient de plus en plus intolérable que leur histoire et leurs vies soient décidées et faites par d’autres qu’eux-mêmes. Il est aujourd’hui nécessaire que chacun participe, autrement que par un vote illusoire tous les quatre ou sept ans, aux décisions majeures dont dépend son destin. Il est possible de créer une culture et une formation qui aident chaque homme et tous les hommes à être créateurs de l’avenir. Il est possible de changer la vie. Avec vous, par vous, là où vous êtes l’avenir et l’espérance peuvent commencer à exister, aujourd’hui. »

Roger Garaudy, Le Projet Espérance, Ed. Robert Laffont, 1976.   
(L'appel dont est extrait ce texte   est à lire ICI en entier)     

6 décembre 2019

La censure de Facebook

Facebook interdit désormais dans ses profils, statuts, pages et groupes, tout lien vers le blog "Roger Garaudy A contre-nuit". Le blog a donc supprimé sa page et le groupe associé.
Nous ne publions pourtant ici rien qui puisse être assimilé à une action illégale susceptible d'être incriminée en justice.
Chaque facebooker appréciera la conception de la liberté d'expression qui préside à de tels blocages, ainsi que la façon dont on traite un auteur évidemment "à contre-courant", parfois contestable (du moins les tribunaux en ont jugé ainsi), mais dont on a cependant parfaitement le droit de présenter un panorama critique de la vie et de l'oeuvre, comme nous le faisons depuis plusieurs années.
Nous vous invitons à faire connaître le blog dans vos réseaux:
- hors de Facebook  (Twitter, Instagram,...)  par le lien direct 
http://rogergaraudy.blogspot.com
- et sur Facebook par le lien-relais 
http://acontrenuit.blogspot.com

4 décembre 2019

Cheikh Mahmoud Bouzouzou

LA COMMUNAUTÉ MUSULMANE D'EUROPE SE SOUVIENT : Le savant Algérien Cheikh Mahmoud Bouzouzou (Extraits)


Le savant Algérien, Cheikh Mahmoud Bouzouzou, le chef spirituel de la guerre de libération, a servi l'arabe et s'est consacré à l'islam en Occident durant un demi-siècle. Au cours des dernières années, cinq conférences en mémoire du Cheikh Mahmoud Bouzouzou ont été organisées par l’Association Cheikh Mahmoud Bouzouzou en collaboration avec la communauté musulmane de Suisse. Certains des compagnons de Cheikh Mahmoud Bouzouzou d’Europe et du Maghreb y ont été invités et quelques-uns de ses collègues d’Algérie y ont marqué leur présence, notamment les regrettés Abdelhamid Mehri, Cheikh Abderrahmane Chibane, le Professeur Bouamrane Chikh, qu’Allah leur fasse miséricorde, et Cheikh Larbi Kechat, qu’Allah le garde, ainsi que d'autres professeurs, collègues et disciples du Cheikh en Suisse et en Europe.

...
  
Contribution à la traduction du Coran en français et conversion à l’islam du philosophe français Roger Garaudy 
Cheikh Bouzouzou a contribué aux traductions du Coran de Jean-Louis Michon et d’autres. Il a également participé dans la production et la rédaction de nombreux ouvrages et études avec des non-musulmans. Certains d’entre eux ont embrassé l’islam grâce à lui, et notamment le philosophe français Roger Garaudy, qui a bénéficié pendant plusieurs années de la bibliothèque et de l’accompagnement de Cheikh Bouzouzou, avant de publier des dizaines d'ouvrages importants, notamment sur l'islam après sa conversion. Le rêve de Garaudy était d'unir les trois religions: l'islam, le christianisme et le judaïsme, car il considérait qu'il y avait un message commun entre elles, comme nous l'ont dit certains des disciples de Cheikh Bouzouzou.  Cheikh Bouzouzou a également participé dans de nombreuses œuvres culturelles avec d’autres auteurs, tels que le journaliste et écrivain suisse Roger Dupasquier et son livre Découverte de l’islam. Ce dernier s’est également converti à l’islam et est devenu, avec sa plume et sa langue, un de ses fervents défenseurs en Occident. Et ce n’est pas un secret que Malek Bennabi avait choisi Mahmoud Bouzouzou pour traduire son livre Le phénomène coranique, mais ce dernier s’est excusé en raison de ses nombreuses occupations et voyages, et c'est l'Egyptien Abdassabour Chahine qui le traduisit. 

    
Les religions monothéistes ont pour source un seul Dieu, telles des cours d’eau qui proviennent d’une même source 
En Suisse, Cheikh Bouzouzou a contribué à la création du Comité consultatif des religions en 1968. Ce conseil a réuni un groupe d’intellectuels et d’écrivains de différentes religions, dont le théologien et pasteur protestant Henry Babel, auteur de plus de quarante ouvrages, considéré comme l’un des théoriciens du christianisme en général, et du dialogue interreligieux en particulier. Il fut en relation avec Cheikh Bouzouzou pendant des dizaines d’années. Dans l’hommage qu’il lui a rendu il y a sept ans, il a énuméré les points communs des religions monothéistes et a rappelé la nature encyclopédique de Cheikh Bouzouzou en disant : « Cheikh Mahmoud est une véritable bibliothèque diversifiée et complète et englobe toutes les branches de la connaissance. » […]. « Sa maîtrise des langues arabe et française lui a permis de comprendre sa religion islamique et de dialoguer avec les Occidentaux dans une langue française éloquente. » À cette occasion, Henry Babel avait conclu son hommage en disant que « Cheikh Bouzouzou était une personne ouverte au dialogue et son raisonnement était très puissant. Il mérite d’être un exemple à suivre à travers les générations afin de réorganiser un dialogue interreligieux actuellement au point mort pour des considérations politiciennes aussi fragiles qu’une toile d’araignée. » Il a également rappelé la célèbre phrase de Cheikh Bouzouzou selon laquelle « les trois religions monothéistes ont pour source un seul Dieu, telles des cours d'eau qui proviennent d’une même source, comme le Rhône et le Rhin, qui proviennent d'une même source en Europe et se déversent dans la Mer Méditerranée ».   
...
 En conclusion, les organisateurs de la conférence ont annoncé leur volonté de mettre sur pied   l’année prochaine une journée d’étude sur les exemples d’efforts fournis par les érudits et les réformateurs en vue de la coexistence entre les peuples à travers les générations en Europe. 

 

Mohamed Mustapha Habes / Genève 
Article source à lire en entier: ICI

2 décembre 2019

Des mots qui font vivre...


Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d'amis
Ajoutons-y Péri

 Paul Eluard (1895-1952) écrit à la mémoire de son ami Gabriel Péri
 « Au rendez-vous allemand », Poésie-Gallimard, ©Minuit 1945
Extrait du poème « Gabiel Péri »

29 novembre 2019

Après moi le déluge !

Le capital, qui a de si « bonnes raisons » pour nier les souffrances de la population ouvrière qui l’entoure, est aussi peu ou tout autant influencé dans sa pratique par la perspective de la pourriture de l’humanité et finalement de sa dépopulation, que par la chute possible de la terre sur le soleil. Dans toute affaire de spéculation, chacun sait que la débâcle viendra un jour, mais chacun espère qu’elle emportera son voisin après qu’il aura lui‑même recueilli la pluie d’or au passage et l’aura mise en sûreté. Après moi le déluge ! Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. Le capital ne s’inquiète donc point de la santé et de la durée de la vie du travailleur, s’il n’y est pas contraint par la société. (...) Il est vrai qu’à prendre les choses dans leur ensemble, cela ne dépend pas non plus de la bonne ou mauvaise volonté du capitaliste individuel. La libre concurrence impose aux capitalistes les lois immanentes de la production capitaliste comme lois coercitives externes.

Karl Marx, Le Capital, livre I, section 3, chapitre VIII

26 novembre 2019

Marx et l'environnement

« Chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps, un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité. Plus un pays, les États-Unis du nord de l’Amérique, par exemple, se développe sur la base de la grande industrie, plus ce procès de destruction s’accomplit rapidement (note 278). La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le travailleur. »


Marx, "Le Capital" Livre I - 4e section - Chap XV – X


24 novembre 2019

A propos de Marx - Claude Lévi Strauss

Il ne s'agit d'ailleurs pas de savoir si Marx a justement prévu tel ou tel développement de l'histoire. À la suite de Rousseau, et sous une forme qui me paraît décisive, Marx a enseigné que la science sociale ne se bâtit pas plus sur le plan des événements que la physique à partir des données de la sensibilité: le but est de construire un modèle, d'étudier ses propriétés et les différentes manières dont il réagit au laboratoire, pour appliquer ensuite ces observations à l'interprétation de ce qui se passe empiriquement et qui peut être fort éloigné des prévisions.

À un niveau différent de la réalité, le marxisme me semblait procéder de la même façon que la géologie et la psychanalyse entendue au sens que lui avait donné son fondateur: tous trois démontrent que comprendre consiste à réduire un type de réalité à un autre; que la réalité vraie n'est jamais la plus manifeste ; et que la nature du vrai transparaît déjà dans le soin qu'il met à se dérober. Dans tous les cas, le même problème se pose, qui est celui du rapport entre le sensible et le rationnel et le but cherché est le même : une sorte de super-rationalisme, visant à intégrer le premier au second sans rien sacrifier de ses propriétés.

"Tristes tropiques", chap. VI, I

25 octobre 2019

Monothéisme du marché...


Intervention de Jamel El Hamri sur la radio France Maghreb 2 dans l'émission "Le Grand Forum" animée par Christophe Frot du lundi au vendredi de 16h a 18h (aout 2019.

22 octobre 2019

Avec les communistes et le peuple turc


Nazim Hikmet fut un ami de Roger Garaudy

"La personne et l'oeuvre de Roger Garaudy n'ont pas cessé de fasciner les uns et rebuter les autres...."

Serge Perottino, Roger Garaudy et le marxisme du XXe siècle. Présentation, choix de textes, biographie, bibliographie ,Paris, Seghers, 1969

Revue Philosophique de Louvain. Quatrième série, tome 74, n°22, 1976. pp. 331-332
La personne et l'oeuvre de Roger Garaudy n'ont pas cessé de fasciner les uns et rebuter les autres. C'est que Garaudy représente, dans un sens, ce que l'homme de notre siècle a été appelé à expérimenter et à vivre : il intéresse par son activité comme marxiste venu du christianisme, comme militant communiste, comme député, comme voyageur aux quatre coins du monde rencontrant différents personnages de la scène politique ou de hautes personnalités du savoir; et aussi par son oeuvre sociologique et surtout philosophique. Serge Perottino nous propose une étude de cette philosophie, de son début jusqu'à 1968. Il s'efforce de montrer comment le comportement concret de Garaudy en est la réalisation conséquente. La philosophie de R. Garaudy est régie par deux principes fondamentaux : la subjectivité et la transcendance. C'est-à-dire, pour notre philosophe, c'est l'homme qui est l'acteur de l'histoire. Mais cet homme n'est pas une entité figée. Pour que l'homme soit vraiment lui-même, il faut que son initiative soit une création continue de son histoire. Dans ce sens, aucun système, même le plus révolutionnaire, ne peut l'empêcher de prendre le risque de vivre consciemment et d'assumer sa responsabilité historique. Mais l'homme ne peut être une subjectivité vraie qu'à condition de pouvoir
dépasser ce qu'il est, de devenir transcendance. La subjectivité exige l'ouverture, le dialogue et le courage de faire marche arrière pour reprendre son chemin. La transcendance renvoie, de son côté, à la subjectivité, car l'homme n'est transcendance qu'à condition de se vouloir création consciente du réel. Bien sûr, on se trouve devant une philosophie qui s'inspire consciemment du marxisme. Roger Garaudy a toujours cru que le marxisme est la meilleure manière d'approcher la réalité et l'histoire. Toutefois, il se défend de reproduire tout simplement le schéma marxiste. C'est pour cette raison qu'on ne devrait pas s'étonner, une fois qu'on a saisi le double aspect de cette philosophie, si le chemin parcouru par R. Garaudy est plein d'enseignements.


John L. Borg

Rappel de la ligne éditoriale

©Roger Garaudy A contre-nuit. Droits réservés. Reproduction autorisée avec mention de  la source
La ligne éditoriale du blog découle de la synthèse présentée ci-dessous  entre les deux versions de la Déclaration des Devoirs rédigées en 1997 puis en 1998 par Roger Garaudy. Cette synthèse reprend les termes exacts de l'auteur, sans y ajouter quoi que ce soit. Seul l'ordre des paragraphes de la déclaration de 1997 a été modifié. Le texte de 1998 est surligné en marron.

La différence fondamentale entre l'évolution biologique et l'histoire humaine, c'est que l'homme n'a pas fait la première alors que la seconde est son œuvre.
L'homme n'a donc pas seulement une nature; il a une histoire. Il est habité, qu'il en soit conscient ou non, par toutes les créations antérieures de la culture humaine. Il est bénéficiaire et responsable de cet héritage. Ceci comporte le devoir de participer de façon créatrice à son enrichissement pour continuer cette humanisation de l'homme.
Distinguant l'homme de l'animal, ce devoir est le fondement de tous les autres.


L'Humanité, dans la diversité de ses composantes, est un tout indivisible.
Le devoir primordial des communautés et de leurs membres est de servir cette unité et son développement créateur.

Il exclut toutes les tyrannies et garantit tous les droits.
Il exclut toute prétention à l'exclusivité et à la domination d'une croyance, d'une nation, d'un groupe comme d'un individu. L'humanisation de l'homme étant l'oeuvre des cultures de toutes les familles de la terre, tous nos devoirs s'ordonnent en fonction de cette universalité : toute action et toute pensée ne peut acquérir valeur humaine que si elle tend à donner à tout enfant, à toute femme, à tout homme, quelles que soient sa culture d'origine, sa foi ou son terroir natal, les moyens économiques, politiques, culturels ou spirituels de développer toutes les possibilités humaines, créatrices, qu'il porte en lui.
Toute organisation sociale qui se veut humaine ne peut avoir d'autre but. Est ainsi abolie, comme négation tribale de l'unité humaine, la prétention de quiconque à s'autoproclamer « peuple élu ».

Il garantit la liberté d'expression à tout humanisme (c'est-à-dire à toute doctrine servant les intérêts de l'humanité comme un tout), comme la liberté d'expression, de foi ou de pratique à toute religion (c'est-à-dire à toute croyance attribuant une origine divine à cette unité) ; à toute aspiration nationale apportant la contribution de sa culture spécifique à la symphonie de cette unité mondiale ; à l'épanouissement, en tout individu (quel que soit son sexe, son origine, sa vocation) de toutes les possibilités créatrices qu'il porte en lui.

Chateaubriant 1941, on n'oublie pas.


20 octobre 2019

Muerte y marxismo humanista

Juan Luis Ruiz de la Pena, Muerte y marxismo humanista. Aproximaciôn teolôgica (Agora). Salamanque, Ed. Sigueme, 1978.
Revue Philosophique de Louvain. Quatrième série, tome 78, n°39, 1980. pp. 460-461

Il s'agit, à partir d'une anthropologie philosophique ou de ce que Adam Schaff appelle la philosophie de l'homme, de reconnaître et de défendre, en unissant thèses chrétiennes et marxistes, le concept d'humanisme contre les tendances déshumanisantes, donc antihumanistes, qui se font jour actuellement, spécialement dans le rationalisme scientifique. L' (auteur). croit à la rencontre de ces thèses qui expriment des préoccupations, des convictions communes. Le point de départ est le fait de la mort que ne peut escamoter aucune anthropologie. Certes, la mort pose à l'homme des questions troublantes et l'affecte même d'un coefficient de finitude, c'est-à-dire de nullité ontologique. Ni Prométhée, ni Titan ne peuvent éluder sa fatale nécessité. Plus profondément: la finitude de l'homme ne prouve-t-elle pas la fin à venir de l'humanité? Le jeune Marx pose nettement le problème: «La mort apparaît comme une dure victoire de l'espèce sur l'individu et paraît contredire l'unité de l'espèce; mais l'individu déterminé est seulement un être générique déterminé et, comme tel, mortel».
Afin d'étayer sa recherche, l'(auteur) se réfère à Roger Garaudy, c'est-à-dire à une théorie marxiste de la subjectivité. A une espérance sans Dieu répond ainsi un humanisme qui accepte une certaine transcendance de la personne; à la mort de l'homme, s'oppose la résurrection de l'humain qui permet le choix et le risque de créer. Le sens de la vie devient une intégration dans la totalité par l'amour. Cependant, il reste difficile de définir la mort: continuité biologique ? rationalisation de la vie? A l'intérieur d'une anthropologie à laquelle des penseurs comme Ernst Bloch, Kolakovski, Schaff et Garaudy donnent une coloration religieuse, l'humanisme marxiste récupère les notions de sujet et de transcendance, de vie et de mort. L'(auteur) lui oppose la réponse chrétienne : la résurrection du Christ apportant la réponse de Dieu à la mort de l'homme. Alors le mystère de la mort devient le mystère même de la personne, celui-ci étant le mystère de la transcendance divine. Demeure la vraie question: le marxisme peut-il accepter cette conclusion, et plus généralement, l'humanisme n'est-il pas le contrepied absolu de toute religion révélée? L'espérance fondée sur un néant est-elle encore une espérance?


André Reix.

11 octobre 2019

La Turquie instrument d'un plan B américain ?

https://www.french.almanar.com.lb/1522798
(Al Manar est une chaîne de télévision libanaise dont le Hezbollah est le principal actionnaire)

Plan B américain, Ankara attaquera l’Irak après la Syrie?

aviation-turque
La quasi coïncidence est extraordinaire: Y a-t-il un quelconque lien entre l’agression de l’armée turque contre le nord-est de la Syrie à la faveur du feu vert US et la tentative de coup d’Etat qu’a connu la semaine dernière l’Irak?
Au Moyen-Orient, tant que les Etats-Unis maintiendront leur présence toutes les guerres seront imbriquées. Le jeudi 10 octobre, alors que l’artillerie et l’aviation turques continuent à frapper des localités syriennes, les FDS ont procédé à quelques étranges libérations: plusieurs chefs terroristes de Daech ont été libérées avant d’être remis aux forces américaines qui les ont transportées en Irak.
La Turquie est-elle le vecteur d’un plan B américain amorcé avec le pseudo retrait US du nord syrien?
Selon Saadollah Zarei, l’expert iranien des questions régionales, le retrait des troupes américaines de la Syrie juste avant que ne soit lancée l’agression d’Ankara sent la collusion.
« Tout a l’air d’un lâchage américain des Kurdes. Mais à regarder de plus près Ankara et les FDS semblent jouer les différentes étapes d’une seule et même partition qui n’est pas sans rapport avec l’Irak et la Résistance. Pour les USA et Israël, l’Irak se trouve désormais au centre de ce qui est considéré comme leur ultime plan B avant la défaite totale de leur stratégie en Syrie. Au fait il s’agit d’un plan à deux volets parfaitement complémentaires : tout en poussant la Turquie à l’assaut du nord est syrien, il faut continuer à miner l’Etat irakien et à le plonger dans le chaos.
On sait désormais que sans les ingérences avérées de l’ambassade US dans les manifs du début d’octobre à Bagdad il n’y aurait pas eu de plus 100 morts.
On sait aussi que les snipers à la solde qui ont tiré depuis les toits sur la foule et les forces de l’ordre ont été en lien avec l’ambassade américaine. Or si le plan de déstabilisation de l’Irak n’a pas pour le moment abouti il faut faire en sorte qu’il aboutisse.
Et la Turquie est le meilleur candidat pour y parvenir.
C’est un pays qui partage  5 000 kilomètres de frontières communes avec la Syrie, et se réserve le droit de recourir à tout moyen possible pour y changer la donne en sa faveur. La chasse au P.K.K a été jusqu’ici le parfait alibi :
Prétextant la lutte contre le Parti des travailleurs du Kurdistan, (PKK) la Turquie s’est emparée d’une cinquantaine de kilomètre du territoire syrien. Elle a ainsi pris le contrôle d’al-Bab au sud d’Alep jusqu’à Manbij, au nord de Raqqa.
Mais pour étendre son influence dans le nord-est syrien et l’est de l’Euphrate, il lui fallait le feu vert US. Ce feu vert, Washington vient de le donner pas forcément pour plaire à Ankara mais pour faire avancer ses propres desseins qui dépassent les frontières syriennes pour aller toucher l’Irak et son gouvernement aux tendances particulièrement souverainistes.
Il est vrai qu’au cours de ces 4 dernières années, la politique américaine a connu des vicissitudes en Syrie : les Américains ont d’abord brandi la menace d’une offensive totale puis ils ont parlé d’un retrait pour arriver à cette conclusion que le pari syrien ne pourrait être gagné sans que l’axe de la Résistance soit affaibli et surtout dépossédé de sa composante irakienne. Comment ?
Déclencher «  un chaos orienté » en Irak chiite et le faire conjuguer avec une instabilité chronique dans le Kurdistan irakien.
Au fait ni l’Arabie saoudite, ni la Jordanie et encore moins ‘Israël’ n’ont été d’aucun recours pour la politique américaine en Syrie. Pourquoi donc ne pas voir du côté de la Turquie.
Au fait la Turquie partage de longues frontières à la fois avec la Syrie et l’Irak.  Le plan américain semble à ce stade consister à laisser les mains libres à la Turquie sur la rive est de l’Euphrate et à lui permettre ensuite d’étendre son opération sur le territoire irakien. C’est le préalable indispensable à un changement politique radical en Irak.

Il est donc très probable que nous assistions dans les prochaines semaines à une intensification des attaques turques contre certaines zones des provinces de Ninive et de Salaheddine, sous prétexte de lutter contre les Kurdes.
La Turquie tentera de relier «l’île» («Jazira en arabe»), située dans le nord-ouest de la Syrie au nord-ouest de l’Irak, pour ainsi concrétiser un continum tensionnel propre à étendre la crise à la fois en Syrie et en Irak.
Américains, Israéliens, Saoudiens sont arrivés à cette conclusion que la solution à leurs échecs régionaux passe par l’Irak et une fois que Bagdad prend ses distances avec Téhéran, ils pourront résoudre tous leurs problèmes régionaux.
Cette conclusion est similaire au rapport de Vinograd présentée par ‘Israël’ après avoir été vaincu par le Hezbollah libanais pendant la guerre de 33 jours.
En vertu des termes de ce rapport,  les responsables israéliens ont mis en relief le rôle de Damas dans cette défaite. Aujourd’hui c’est le rôle de l’Irak dans la défaite US en Syrie qui est mis en relief. Et c’est la Turquie qui a été choisi pour contrer ce rôle.

Source: https://www.french.almanar.com.lb/1522798 -  Avec PressTV