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23 avril 2020

Luc Collès, passeur de frontières

"En choisissant de consacrer sa thèse à l'apport de la littérature francophone dans la formation des élèves issus d'autres espaces linguistiques et culturels, Luc Collès a opéré un double et spectaculaire passage des frontières : le professeur de langue maternelle devenait professeur de FLE, et l'amateur d'analyses structurales n'avait plus d'yeux désormais que pour la manière dont les différences culturelles modelaient non seulement le langage et la littérature, mais aussi toutes nos relations et toutes les dimensions de l'action humaine.

Les cinq parties qui composent cet ouvrage résument bien la diversité du parcours foisonnant de ce jeteur de ponts en mettant en évidence les thèmes majeurs qui l'ont mobilisé au long de sa carrière et à propos desquels il a fait œuvre de fondateur : l'enseignement de la littérature, la didactique du FLE et de l'interculturel, la promotion de la francophonie, la littérature migrante et l'interrogation sur les enjeux de la transmission du fait religieux                                                         dans le contexte des sociétés multiculturelles." (LesLibraires.fr) 

Dans ce livre de Luc Collès,
le passage consacré à Roger Garaudy
et comment se procurer l'ouvrage

19 avril 2020

Mahomet l'européen...

 «MAHOMET L’EUROPÉEN», ASSAUTS D’AVATARS

Figure païenne, diabolique ou révolutionnaire : en Occident depuis le Moyen Age, le prophète de l’islam a endossé divers rôles, que l’historien John Tolan développe dans un ouvrage érudit.
«Le sujet de notre ouvrage n’est pas Muhammad mais Mahomet, la figure imaginée et mise en scène par des auteurs européens non musulmans entre le XIIe et le XXIe siècle», explique John Tolan. Les représentations occidentales du Prophète ont sans cesse évolué pour des raisons moins liées à une meilleure connaissance de l’islam qu’à des enjeux proprement européens.

12 avril 2020

A la recherche des dimensions perdues...


Le Père Lelong est décédé

Le père Michel Lelong, pionnier du dialogue islamo-chrétien, est mort

par  | Samedi 11 Avril 2020 

Le père Michel Lelong fait partie des innombrables victimes du Covid-19 en France. Ce prêtre catholique, qui fut indéniablement un chantre du dialogue islamo-chrétien, est décédé vendredi 10 avril à l'âge de 95 ans. Retour sur le parcours d'un homme d'Eglise connu et reconnu pour être un grand ami des musulmans

ARTICLE A LIRE ICI: https://www.saphirnews.com/Le-pere-Michel-Lelong-pionnier-du-dialogue-islamo-chretien-est-mort_a27053.html


Lire sur ce blog plusieurs articles de celui qui fut un ami jamais démenti de Roger  Garaudy:
https://rogergaraudy.blogspot.com/search?q=lelong

30 décembre 2019

Juan José Tamayo presenta 'Hermano Islam'

La Iglesia de El Salvador, Iglesia Evangélica Española, invita a la presentación del libro: 'Hermano Islam' (Trotta), de Juan José Tamayo, a las 19h, en la calle Noviciado, 5. En la presentación, participa el autor, junto a Alfredo Abad Heras, Pastor de la Iglesia Evangélica Española, presidente de la Comisión Permanente IEE).
Este libro reúne análisis y reflexiones representativos de lo que el autor llama su«viaje iniciático por el islam». Una andadura que conoció sus primeros frutos con Islam. Cultura, religión y política, premio Internacional de la República de Túnez, donde, desde una nueva aproximación al islam, su historia, su presencia en España y sus creencias, así como al profeta Mahoma, se articula la original propuesta de una teología islamo-cristiana de la liberación en clave feminista.
Sus posteriores encuentros con el islam han llevado al autor a explorar algunas de sus dimensiones menos conocidas. Entre ellas destacan la ilustración filosófica en al-Ándalus; el pluralismo étnico, religioso y cultural dentro del mundo árabe-musulmán; las relaciones entre islam y Occidente analizadas desde dos enfoques enfrentados, el belicista e intolerante o el dialogantee integrador; la figura del intelectual francés Roger Garaudy como ejemplo de diálogo entre civilizaciones desde una concepción sinfónica de las culturas; Córdoba, símbolo de pluriverso religioso, cultural y lingüístico, y la mística musulmana y cristiana como superación de los fundamentalismos y lugar de encuentro de religiones y espiritualidades.

26 septembre 2019

Un livre de 2000 dans la pleine actualité de 2020...

LE XXIe SIECLE
Suicide planétaire ou résurrection ?
L'avenir n'est pas ce qui sera mais ce que nous ferons. Yehudi
Menuhin, dans l'un de ses premiers discours à la chambre des Lords,. « Défense du sacré », a posé le problème central. L'avenir se construit d'abord dans la conscience des hommes, dans la foi, qui est la recherche du sens et des fins dernières de la vie, et dans l'action pour l'accomplir. Cette réflexion a des antécédents prestigieux.
Or aucune religion institutionnelle ne répond aujourd'hui à
cette question fondamentale pour la construction de l'avenir. Il y a plusieurs religions, comme il y a plusieurs cultures, mais une seule foi.
Ici des hommes de foi maîtres du dialogue inter-religieux
s'expriment, à partir de leur vécu du XXe siècle :
-Yehudi Menhuin (1914-1999), fils du rabbin Mosché
Menhuin, auteur de La décadence du judaïsme.
- Roger Garaudy (1913), initiateur du dialogue entre chrétiens et marxistes avant le concile Vatican II, auteur par exemple de De
l'anathème au dialogue.
- Le Père blanc Michel Lelong (1925), auteur notamment de Si
Dieu l'avait voulu (sur l'unité de la foi), et, récemment La vérité rend
libre (éd. Olivier de Guibert).
- Raimundo Pannikar (1918-1998), de parents indien et
catalane, auteur de plus de trente livres dont La trinité et l'expérience
religieuse et Le silence de Bouddha.
- Dom Helder Camara (1909-1999), ex-archevêque de Recife,
l'un des fondateurs de la théologie de la libération.
- Leonardo Boff (1938), franciscain brésilien qui a quitté
l'Église, auteur entre autres de La face maternelle de Dieu, Écologie et
pauvreté, Avec la liberté de l'Évangile.
- Le rabbin Elmer Berger (1908-1996), ex-président de la « Ligue
pour le judaïsme aux États-Unis », puis directeur de la revue

Alternative au sionisme.

16 septembre 2019

L'éducation, la culture, le dialogue...

Tous droits réservés © Laval théologique et philosophique, Université Laval, 1984 Ce document est protégé par la loi sur le droit d’auteur. L’utilisation des services d’Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d’utilisation que vous pouvez consulter en ligne.
Cet article est diffusé et préservé par Érudit.
Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. https://www.erudit.org/fr/
Laval théologique et philosophique
Compte rendu de Valdemar Cadó (EXTRAIT)
Volume 40, numéro 1, février 1984
Éditeur(s)  Faculté de philosophie, Université Laval
ISSN 0023-9054 (imprimé)  1703-8804 (numérique)
Cadó, V. (1984). Compte rendu. Laval théologique et philosophique, 40, (1), 128–131. https://doi.org/10.7202/400077ar

Mohamed BEDJAOUI, Helder CAMARA, Roger GARAUDY, Joseph KI-ZERBO, Lucien MORIN, Aurelio PECCEI, Han SUYIN
Éduquer au
dialogue des civilisations, Les Éditions du
Sphinx, St-Jean-Chrysostome, Québec, 1983

Cet ouvrage collectif, dans sa partie principale, reproduit les propos tenus lors d'une table ronde intitulée «Pour un dialogue des civilisations», dans le cadre du Congrès Mondial des Sciences de 
l'Éducation, à Trois-Rivières, Québec, en juillet 1981. Cette partie centrale est précédée d'un texte d'« introduction», et suivie de deux autres textes qui n'ont pas été lus lors du congrès, mais qui s'y rapportent.
Comme le titre l'indique, ce petit livre porte essentiellement sur le dialogue entre les différentes cultures. On y trouve donc à la fois la défense des diversités et l'affirmation de leur complémentarité.
Incidemment, on y rencontre des critiques sévères de «l'action civilisatrice» de l'Occident qui très souvent a oublié ces deux aspects fondamentaux du dialogue, en imposant de force sa façon de voir et de concevoir la vie et le développement humain et du monde.

9 septembre 2019

"Un refus marxiste de l’homme non transcendantal"

                Né le 17 juillet 1913 à Marseille, décédé en 2012, résistant, communiste, enseignant, député, sénateur, écrivain et philosophe, humanisme et marxisme, membre du parti communiste dès 1933... après la Libération, Roger Garaudy entre au comité central du PCF :
             « Chacun porte en lui une part de son ennemi, et il est impossible  de mener jusqu’au bout et victorieusement la lutte de libération sans se libérer d’une partie de soi-même »
ACHETER
En 1970 il est exclu du PCF. Il se tourne alors vers la religion : le Christianisme avant de se convertir à l'Islam en 1982. Il viendra à l’Islam « l’Evangile d’une main et le Capital de l’autre » précisera-t-il :      
             « J’ai connu l’apparente plénitude du dogmatisme, le doute, puis la traversée du désert. Je ne serais pas ce que je suis si je n’avais pas été ce que je fus ; je n’aurais jamais su ce qu’est la foi qui n’est pas le contraire de la raison ; la foi c’est le moment  critique de la raison. »
Un de nos plus brillants intellectuels,  bannis dès les années 90 de tous les cercles qu’ils soient universitaires ou médiatiques, une des premières victimes d’un nouveau maccarthysme - celui qui touche à la question israélienne, la création de cet état, sa politique raciste et colonialiste, ses relais et ses officines ici en France -, son ouvrage publié en 1995 qui a pour titre "Les mythes fondateurs de la politique israélienne" : (vidéo-conférence ICI) - à ce jour sans doute l'étude la plus poussée sur les tenants et aboutissants de la création de l'Etat d'Israël, et le dessous des cartes de la politique de cet Etat -  fera de Roger Garaudy la victime d’un long acharnement jusqu’à sa « chute » et son bannissement professionnel, universitaire et médiatique. 
Il décédera dans l'indifférence quasi générale. 
*** 
Marxisme et foi chrétienne - « les temps sont venus où  catholiquen’est pas synonyme de romain, et oùle socialisme ne se réduit pas au marxisme-léninisme -, dialogue des civilisations, avec l’ouvrage « Appel aux vivants » écrit en 1979, Roger Garaudy nous invite à renouer avec des cultures non-occidentales pour la création d’un avenir à visage humain car à ses yeux «l’autre homme c’est ce qui me manque pour être pleinement humain ».

26 août 2019

Garaudy aux débats du CCIF

Actes de la recherche en sciences sociales
Le Centre catholique des intellectuels français
Le dialogue comme négociation symbolique (EXTRAITS)
Par Jean Tavares


Le Centre catholique des intellectuels français
(CCIF) était une institution médiatrice de
l'intervention de l'Eglise dans le champ intellectuel à
travers une démarche de dialogue (négociation
symbolique) dont la manifestation apparente était la
production publique de discours, oral ou écrit. Vouloir
saisir les stratégies objectives à l'oeuvre dans ce
dialogue seulement par le décryptage de ce discours
public, qui est un discours censuré, serait prendre
comme point de départ ce qui est l'aboutissement
des stratégies de contrôle-censure qui ont mené à
sa production et qui ne peuvent être appréhendées
que par l'analyse des conditions sociales de
production des promoteurs du dialogue et du
fonctionnement et des moyens de contrôle de l'institution
comme lieu de négociation intellectuelle.

23 août 2019

Djelfa, archives et témoignages

Contribution à l’histoire du camp de Djelfa, archives et
témoignages (de Roger Garaudy à Max Aub)
par Bernard Sicot - EXTRAITS
In:
Exils et migrations ibériques au XXe siècle, n°3, 2009. Sables d’exil. Les républicains espagnols dans les camps d’internement au Maghreb (1939-1945) pp. 146-216

L’article source est à lire ici EN ENTIER :
https://www.persee.fr/doc/emixx_1245-2300_2009_num_3_3_862

10 août 2019

L'islam et le socialisme, par Roger Garaudy

Document de travail (début des années 1980). Tenir compte de la date, la vision que l'on a aujourd'hui de l'islam (religion) et de la civilisation islamique ayant subi des changements importants du fait de l'évolution de la géopolitique internationale au cours des 40 dernières années.

Comme d'habitude, pour lire cliquez deux fois sur chaque image






Disponible sur demande au format PDF (formulaire de contact colonne de gauche du blog)

30 juillet 2019

"Faire un avec le tout" (Roger Garaudy)

"Vous devez être conscients que la paix n'est pas seulement l'absence de guerre mais un effort constant pour maintenir l'harmonie entre les peuples, entre chaque individu et entre les hommes et les autres êtres de cette planète". (Déclaration d'Haudenosaunée, 1979).

"Rompre avec le concept étroit de la libération de l'homme et commencer à voir la libération comme quelque chose qui doit s'étendre à l'ensemble du monde naturel". ( Discours d'Haudenosaunée au Monde Occidental, 1977).

(Extraits du livre de Helen Exley "Dans la beauté je marcherai. Paroles de Sagesse des Amérindiens", 1997)

29 juin 2019

Georges Cottier: dialogue avec Roger Garaudy

COTTIER (Georges) ,Chrétiens et Marxistes. Dialogue avec Roger Garaudy , Paris, Mame, 1967 
par Henri Desroche .
Archives de sociologie des religions, n°25, 1968. pp. 182-183;

L’auteur s’était déjà signalé entre autres par son ouvrage sur L’athéisme du jeune Marx et ses racines hégéliennes (1959). La partie la plus intéressante de la présente étude serait peut-être la première partie sur la genèse et le contenu des thèmes du dialogue dans la théologie catholique. La suite bien que plus directement branchée sur ouvrage précité constituerait moins le dialogue annoncé par le sous-titre qu’un certain monologue théologique assorti d’interpellations à la cantonade adressées à Roger Garaudy et quelques autres. Monologue certes averti, érudit, attentif, mais aussi pointilleux et peut-être avec une teinte d’auto-suffisance. Le message demeure dans le genre littéraire que serait la réponse du représentant du Grand Roi à l’émissaire du Grand Turc, y compris pour le premier, le projet - sinon la prétention - de mieux connaître que le second le dossier pourtant plaidé par celui-ci.
Quelques points sont désagréables. L’escamotage par exemple du dossier parallèle ou contradictoire , de L. Althusser moyennant l’allégation : « Est-ce un hasard si plusieurs de ses disciples ont fini dans le camp des pro-chinois ?» (p 21). Ailleurs c’est en dire trop ou trop peu sur E.Bloch que de régler son compte en mentionnant ses «réflexions» sur le principe espérance comme ayant une «originalité marquée» (cf étude de P. Furter in Arch. 21 8-22). Décréter comme caduque la soi-disant «erreur des progressistes» (p 87) dans un verdict de cinq lignes n’est-ce-pas ignorer l’énorme phénomène qui se passe aujourd’hui en Amérique Latine ? Ailleurs encore quid de ce «fait certain» selon lequel l’idéologie marxiste est sur «la pente de l’usure» (p 68) et si ce fait est certain n’y a-t-il pas en sens contraire d’autres faits et non moins certains ? On pourrait aussi épiloguer sur la déclaration selon laquelle la propagande marxiste courante «nie l’existence du Christ» (p 181). Pauvre A. Robertson avec ses Origins of Christianity et sa controverse avec Khazdan. Et pauvre Engels suspect avoir légué à G. Mury la thèse «insoutenable» sur les deux christianismes apocalyptique et institutionnel ! (p 169). «C’est dans les sectes au cours de histoire se manifeste le courant apocalyptique constamment contrecarré par institution ecclesiale Cette thèse de Mury est pas soutenable historiquement .Elle du reste ses racines chez Engels qui comme l’on sait avait passé par une période de ferveur piétiste» (p 169). Des trois affirmations de cette seule phrase il n’en est aucune qui ne puisse être controversée : ni la thèse sur les deux courants qui, si elle se trouve très peu chez Engels, se trouve par contre largement et abondamment étagée dans opus de Troeltsch ; ni le fait «du reste» qu’elle a ses racines chez Engels ; ni le fait «comme on le sait» que celui-ci eut une adolescence piétiste; il n’y a rien de disqualificatoire dans aucune de ces trois qualifications et rien surtout qui puisse permettre de juger la sauvette un dossier aussi fondamental. Même pas si on ajoute un «Or le mouvement piétiste est anti-ecclésiastique». Bien fragile ce «or» pour le «donc» qu’on prétend en tirer. A moins qu’il ne agisse d’un «donc» à l’usage une théologie normative réfractaire à toute sociologie du Dissent ou du Sektentypus.
 Ce dernier point de vue est pas celui de l’auteur certes. Mais puisqu’il dialogue avec le marxisme n’est-il pas possible de suggérer que l’essentiel du marxisme et de sa critique religieuse se trouvent déjà dans Saint-Simon. Celui-ci, comme Engels et occasionnellement Marx, privilégie historiquement le catholicisme comme facteur de l’édification européenne. Dès lors leur critique est essentiellement que cet «européisme religieux» que fut le catholicisme est la fois dépassé dans le temps et débordé dans l’espace, nourrissant ainsi un appel à sa propre relève par le système d’une nouvelle conviction globale. Mais dans l’appréhension de ce système se trouve emmêlée la double filière que Cottier récuse : la filière attestante, institutionnelle, constantinienne d’une part et autre part la filière contestataire, dissidente, apocalyptique. L’ironie est que le dialogue entrepris par Cottier risque de se trouver canalisé et enclos au sein de la première filière entre ce on pourrait nommer une Chrétienté «avec» christianisme et une chrétienté «sans» christianisme (déjà H. Gouhier avait avancé ce second label pour cerner le saint-simonisme). Et, chose curieuse, plutôt que dans les contre- positions de Cottier ce serait dans certains textes de Garaudy cités ici (sa prospective esthétique 95 et ss) qu’on pourrait apercevoir ce qu’on pourrait intituler: un christianisme sans chrétienté, ce troisième homme ou ce troisième partenaire que la vague diplomatique des dialogues semble tenir pour nul et non avenu.
 Tout se passe en effet comme si l’axe horizontal du dialogue entre un christianisme et un marxisme également établis se trouvait de plus en plus traversé par l’axe vertical d’un christianisme et d’un marxisme également contestés, et contestés non par l’un ni par l’autre, mais chacun par ses propres «protests within» ou «without» pour reprendre les catégories de Wach La limite de ouvrage de Cottier est, semble-t-il, de se cramponner au dialogue entre deux establishments, on serait tenté de dire entre deux magistères. Du coup son genre littéraire demeure étranger à trois dossiers : le dossier des sciences des religions qui ne sont pas plus marxistes que chrétiennes ; le dossier de l’esthéticien Garaudy et de ses dimensions d’auto-contestation ; le dossier enfin de l’axe vertical, celui, par exemple, de cet autre dialogue entre le marxiste contestataire Fidel Castro et le groupe contestataire catholique au congrès culturel de la Havane en janvier 1968. Dossier de paradoxes; Fidel Castro souligne ce qui serait le paradoxe du marxisme : « Ce sont les paradoxes de histoire Comment quand nous voyons des secteurs du clergé devenir des forces révolutionnaires, allons-nous nous résigner voir des secteurs du marxisme devenir des forces ecclésiastiques ? ». N’y aurait-il pas un paradoxe parallèle et complémentaire qui serait celui du christianisme et le dialogue entre ces deux paradoxes ne serait-il pas une trame à croiser avec la chaîne des sentences que nous lisons ici ?

24 janvier 2019

Vie nouvelle et liberté, par Raimon Pannikar

VIE NOUVELLE ET LIBERTÉ
Raimon Pannikar Initiation aux Vedas Actes Sud 2003

Qu'est-ce que la vie immortelle ? Certainement pas le prolongement d'une vie mortelle. La vraie vie ne meurt pas, mais implique non seulement la transformation de l'objet ("vie") mais encore la transformation du sujet "vivant". Cette métamorphose radicale est libération (moksa).
Qu'est-ce qu'une vie pleine et authentique et comment pouvons-nous l'atteindre ?
L'expérience védique est une expérience de libération, d'être libéré de tout, y compris donc d'être libéré du temps. Ce qui fascine et obsède l'homme upanishadique n'est pas ce qui vient après, mais ce qui n'a pas d'après. L'homme, pour atteindre la plénitude ontologique de son être, doit briser la circularité du temps. Entrer dans cette sphère atemporelle, mais non moins réelle pour autant, signifie atteindre la réalisation, parvenir à être libéré de l'encerclement du temps et des liens temporels. C'est une vie véritablement nouvelle, non dans le sens d'une vie "recyclée", mais dans le sens d'un nouveau type, d'un nouveau genre de vie, ou, pour le dire mieux, de la seule vie véritable et authentique.
La voie vers la "vie nouvelle" est longue et complexe. Les Upanishad traitent presque exclusivement de la révélation de cette expérience qui amène à la libération, à la plénitude.

LA VOIE ASCENDANTE. BRAHMAJNANA
"L'homme est en pèlerinage vers son atman." Dans ce pèlerinage, il recherche l'unité qui sous tend toutes choses et découvre, en cours de route, la conscience qui s'emploie à cette recherche.
L'unité et la conscience sont les deux points de référence au long de la vie ascendante.
Le but du pèlerinage est la connaissance de brahman, comprise comme la réalisation parfaite et lucide de ce qu'est brahman : le Réel, la Vérité, l'Un.
Quelle est la nature de la réalité ? Comment est constitué l'Un lui-même, de sorte qu'il soit
un lieu pour la pluralité sans détruire l'unité ?
Y a-t-il quelque chose qui permette le mouvement, les différenciations, la vie sans entamer l'Un ? Quel type de pluralité peut coexister avec l'unité ?
La conscience et seulement la conscience peut assumer la multiplicité sans mettre l'unité en danger. Dans le monde de l'expérience humaine, la conscience est la seule faculté qui embrasse le multiple sans perdre son identité et son unité propres. La conscience peut avoir connaissance des multiples sans se diviser dans la multiplicité.
La découverte de la conscience pure comporte un éloignement radical du premier mouvement naturel de notre être. Elle implique, en conséquence, l'inversion du mouvement naturel vers l'objet, vers l'autre, et comporte un changement de direction vers le sujet, vers celui qui connaît.
Le discours sur brahman part de la découverte que la conscience pure n'est pas autoconscience.
Brahman n'est pas l'objet de la conscience ni son sujet. Brahman est conscience pure : la conscience pure n'a pas de support. Brahman est ce non support ; brahman n'est pas une substance, mais une action, un acte. Brahman n'a pas de conscience ni d'autoconscience. Brahman est conscience.
Les hommes ont conscience, sont des êtres conscients, mais ils ne sont pas (encore) conscience, et encore moins conscience pure. La seule conscience qui existe est une conscience omnicompréhensive; c'est brahman.
Une Upanishad dit :
Ce dont sont nés les êtres,
ce par quoi, quand ils sont nés, ils vivent,
ce en quoi, mourant, ils entrent,
ce que tu dois désirer connaître :
c'est brahman.
T U III, 1
Ce brahman, source et fin de toutes choses, n'est pas un "être" séparé, ne se trouve pas seulement au début et à la fin du pèlerinage ontique : brahman est conscience. Nous ne sommes que dans la mesure où nous sommes en brahman et venons de brahman. Il est l'Unité ultime de la réalité. Il est le centre profond de notre existence, à savoir la conscience (cit) et aussi la joie et la béatitude (ananda). La définition védantique ultérieure de brahman comme sut (être), cit (conscience) et ananda (béatitude) est mentionnée de façon voilée de différentes manières dans les Upanishad mais l'accent est mis toujours sur la "connaissance", sur la "réalisation" de cet inconnaissable qui est caché dans le coeur de chacun, parce que le connaître véritablement, c'est devenir ce qu'il est. Et le but de la connaissance upanishadique n'est rien d'autre que l'acte de rejoindre cet état d'être qui est l'être de brahman lui-même.


Pages 53 à 57

15 janvier 2019

"Notre empathie a trop longtemps fait défaut..."

Editions La Découverte
ACHETER LE LIVRE

Notre empathie a trop longtemps fait défaut. Aux musulmans, aux Arabes, aux juifs, aux Noirs, aux Roms et aux Tziganes, etc. : à tous ceux qui, successivement ou en même temps, sont les victimes de cette idéologie barbare des civilisations supérieures contre des peuples maudits qui rôde de nouveau parmi nous. C'est dans l'espoir de rattraper ce retard que j'ai voulu lui opposer, ici, l'expérience du monde, du divers et du pluriel, qui a fait de nous des Français.
J'en suis un, parmi des millions d'autres, et je n'ai d'autre titre que celui-là pour justifier ce livre. Celui d'un Français qui ne se réduit pas à son origine. Né en Bretagne, de parents bretons, l'un élevé catholique, l'autre élevée protestante, je n'ai pas été baptisé. J'ai grandi outre-mer jusqu'à l'âge de dix-huit ans, loin de la France hexagonale, en Martinique puis en Algérie (après l'indépendance) qui sont, en vérité, mes vrais pays d'enfance et d'adolescence, mes patries de jeunesse.
J'ai donc été façonné par une diversité de cultures (bretonne, antillaise, créole, caraïbe,
maghrébine, arabe, berbère, française, etc.) où se jouent diverses influences spirituelles (catholicisme, protestantisme, vaudou ou quimbois, islam, etc.) jusqu'à celle, d'un judaïsme diasporique, que m'a apportée la famille construite avec ma compagne, issue de l'immigration juive
d'Europe centrale. Sans compter, évidemment, l'éducation républicaine transmise par des parents
profondément attachés à l'école laïque.
Bref, je suis a-religieux, sans goût pour la transcendance mais sans obsession maladive vis-à-vis de ceux pour qui elle importe. Et ceci d'autant moins que ma génération, celle qui est née après les catastrophes mondiales de la première moitié du XXE siècle, a appris que les civilisations qui se réclament de la raison, voire du refus de Dieu, peuvent aussi bien céder à la déraison collective jusqu'à commettre de redoutables folies criminelles.
Je suis donc seulement soucieux du royaume immédiat dont nous avons tous la charge, au présent,
que l'on croie au ciel ou que l'on s'y refuse : ce monde commun qu'il nous revient de construire tous ensemble, et non pas de détruire en sombrant dans la guerre de tous contre tous. Ce monde si fragile et si incertain dont les divinités secrètes se nomment la beauté et la bonté. C'est en leur nom qu'il faut dire non à l'ombre qui approche, par la solidarité concrète avec celles et ceux qu'elle menace. Au premier chef desquels, nos compatriotes d'origine, de culture ou de croyance musulmanes.
Présentant en avril 1941, alors que la nuit était tombée sur l'Europe, le premier numéro de
sa revue Tropiques , née à Fort-de-France, le poète Aimé Césaire écrivait ceci : « Où que nous
regardons, l'ombre gagne. L'un après l'autre les foyers s'éteignent. Le cercle d'ombre se resserre
parmi des cris d'hommes et des hurlements de fauves. Pourtant nous sommes de ceux qui disent
non à l'ombre. Nous savons que le salut du monde dépend de nous aussi. Que la terre a besoin de n'importe lesquels d'entre ses fils. Les plus humbles. L'Ombre gagne... "Ah ! tout l'espoir n'est pas de trop pour regarder le siècle en face !" Les hommes de bonne volonté feront au monde une nouvelle lumière. »
Hommes et femmes de bonne volonté, qu'attendons-nous ?


Edwy Plenel
Pour les musulmans
Pages 141 à 144, Chapitre X (conclusion)