22 janvier 2017

L'Abbé Pierre nous manque

Dix ans après la mort de l'Abbé-Pierre

"La responsabilité de chacun implique deux actes :vouloir savoir et oser dire."
(Abbé Pierre)


Dix années ! 10 ans que le Saint est mort et nous a laissés démunis et sans défense !
Qu’elles ont été longues ces années et qu’elles vont être longues celles qui suivent ! Rien ne s’améliore pour tous ceux que la vie maltraite. Qu’on nous entende bien : il y a toujours eu des vies qui ont basculé suite à un accident. Ça peut être la perte d’emploi, le cas le plus fréquent qui engendre une réaction en chaîne de problèmes tels que la perte de logement, liée à la perte de revenus, de véhicule, d’adresse où pouvoir être joint, de vol, lié à l’impossibilité de mettre les quelques affaires qu’on a sauvées à l’abri, la santé qu’on malmène à force de ne pas dormir, d’être allongé sur le sol dur, d’avoir froid tout le temps, de porter des vêtements humides, de suer en été faute de pouvoir mettre son manteau quelque part, de manger mal, de manger avec des mains sales des rebuts d’aliments qui ont traîné par terre, piétinés, arrosés par la pisse des chiens et la boue. C’est ça le quotidien des sans-abris. C’est contre ça que se battait l’Abbé-Pierre. C’est contre ça que se battent tant d’anonymes, aujourd’hui. Anonymes parce que si les médias appréciaient la figure de l’Abbé-Pierre parce qu’il assurait l’audience, ils savent aussi que son discours était diversement accueilli. Quand même, on pouvait se donner bonne conscience en disant que « l’Abbé-Pierre a raison » ; et personne ne pouvait décemment désapprouver. Il en est autrement de ses nombreux successeurs et les médias se gardent bien de faire monter en puissance un Augustin Legrand, de peur qu’il ne devienne comme l’Abbé barbu et n’en appelle, lui aussi, à l’insurrection de la bonté. Passe pour la bonté mais l’insurrection…

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Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy