13 janvier 2017

Chercheur d'absolu



Léon Belly. Pèlerins allant à La Mecque
1861 (détail)

Si le Christ revenait dans le métro, il aurait maille à partir avec les policiers étant donné son faciès de Bédouin.



Pour m'exprimer, je préfère l'écrit à la parole. Écrire évite les répétitions. La parole dit trop ou formule une idée incomplète. Les gens se perdent en phrases inutiles, farcies de clichés, de mots impropres. La plume supprime le verbiage. Rayer un mot, en ajouter un autre, c'est composer un mécanisme d'horlogerie cérébrale, un puzzle. Le travail de ratures, de filtrage, est une sorte de graduel vers l'épure.



Cette éternelle division entre Matière et Esprit doit cesser, comme cette idée trop répandue que le scientifique est le premier adepte de cette césure. La Matière est animée par l'Esprit. La montée de la vie et celle de l'esprit sont liées. Certains individus sont porteurs d'espoir. Quelques consciences sont capables de résister à la tradition guerrière. Une poignée de résistants ne se laissent pas domestiquer par la mise en condition générale. Les contestataires, même s'ils sont une goutte d'eau dans la mer, touchent les gens, ouvrent des esprits. Il est bon de réveiller un peu nos contemporains. Car, spontanément, ces derniersne sont malheureusement pas près du réveil. Il faut interpeller ceux qui ne sont pas les décideurs.

L'aventure humaine ne doit pas échouer. Pensons aux propriétés rédemptrices de l'évolution. L'homme n'est pas linéaire, mais tout en déploiement, en ramifications. C'est un arbre.




On pressent, ici et là, une faim de spiritualité, qui permet d'ailleurs aux sectes de faire leurs proies des êtres faibles. L'Eglise catholique n'a pas saisi à temps cette quête spirituelle. Les princes du clergé, au lieu de continuer leur théâtralité dorée, auraient dû s'orienter vers le chemin de saint François d'Assise, du Christ en actes.




ThéodoreMonod
Extraits de « Le Chercheur d’absolu » (Le Cherche Midi éditeur, 1997) et de "Pèlerin du Désert" (La Table Ronde, 1999)
Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy