14 janvier 2017

Gaston Bachelard


Entre 1951 et 1955, Roger Garaudy est en vacance parlementaire du fait de la nouvelle loi électorale anti-démocratique votée par les socialistes, les radicaux et les républicains-populaires (le tout formant la ci-devant "troisième force"), loi dite des "Apparentements" et destinée à écarter le plus grand nombre possible d'élus communistes et gaullistes. Non réélu dans le Tarn il profite de ce congé pour soutenir une thèse sur la théorie de la connaissance chez Helvétius - Contribution à la théorie matérialiste de la connaissance - thèse pour le doctorat ès-lettres présentée à la faculté des Lettres de l'Université de Paris, éditée aux Presses universitaires de France en 1953  . Gaston Bachelard est alors son directeur de thèse. Garaudy ne manquera jamais aux détours de plusieurs livres de lui rendre hommage. Dans un document de travail (non daté), Roger Garaudy écrit:
En philosophie, le premier qui traça les grandes lignes de ce "nouvel esprit scientifique" (1937), de cette théorie de la connaissance fondée sur 1'acte après le séisme qui avait fait s'effondrer tous les cadres de notre vision traditionnelle de 1'Etre, fut Gaston BACHELARD: "épistémologie non-cartésienne", "géométrie non-euclidienne", "physique non newtonnienne", "chimie non-lavoisienne", mettant en évidence 1'acte de 1'homme, dans la connaissance de 1'objet.
Sa patiente exploration parallèle de 1'acte de création poétique tendait à rapprocher toujours davantage 1'acte d'invention scientifique et 1'acte de création artistique.
Avec BACHELARD les intuitions de KANT et de FICHTE sur "1'imagination constituante" se trouvaient confortées par la science et 1'art du XX ème siècle.
Le "fait" n’était plus le "déjà là", la donnée extérieure à 1'homme, mais ce qui avait été fait par pensées et mains d'hommes.
Lire aussi:  http://rogergaraudy.blogspot.fr/2015/07/gaston-bachelard-lettre-roger-garaudy.html
Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy