20 septembre 2016

L'amour, désir d'univers

Don Quichotte/André Masson

La nuit ne descend pas quand se ferment tes yeux.

Pas d’autre voile, sur ton corps, que mes caresses.

La double amphore de tes jambes

gantée de soie par mes effleurements,

l’arc de ton dos

tendu vers la cible de l’impossible,

et la coupe où je bois ton ventre qui roucoule,

écho de ta mer dans une conque.

Toutes mes vies confluent en cette mer.

Symphonie tellurique de l’être,

et liturgie d’amour en majesté.

Béance de mandorle,

pétales de chair,

leur émoi d’algues dans la houle,

leur ondoiement de lave pourpre …

Odeur d’humus et d’incendie,

saveur de troène et de sel,

cantique du sang,

éclatement du germe dans les blés.

Quand ton sexe et le mien ne sont plus qu’un seul fruit

mon vertige s’agrippe aux parois de ton gouffre.

Je sais que dans ton corps habite un autre moi.
Roger Garaudy 

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Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy