18 novembre 2015

Marx et le "parti", par Nguyen Hoai Van

MARX ET LE PARTI DES TRAVAILLEURS

             Le rôle dirigeant du Parti (unique tant qu’à faire), encore proclamé ici ou là, est contraire au marxisme. Pour Marx, le Parti est un lieu de développement et de cheminement de la conscience, non un appareil de concentration de pouvoirs. La raison en est que s’il en est ainsi, le Parti deviendrait un cas d’aliénation, comme pour la religion et l’Etat. En effet, le travailleur qui projette ses aspirations en dehors de lui pour en faire un Parti, puis se soumet à ce Parti, fait la même chose que le croyant ou le citoyen avec Dieu ou l’Etat. Il s’aliène une partie de lui, qu’il ne reconnaît plus comme tel, et se met à le servir pieusement en tant qu’entité extérieure, ou plus exactement supérieure, à sa personne. Cette entité devenant le Parti, peut se retourner contre lui, prétextant ses propres idéaux pour le commander, voire l’opprimer, comme peuvent le faire la religion et l’Etat. Marx écrivait dans la lettre à Brake le 17 septembre 1879 : « Nous ne pouvons donc pas partager le chemin de ceux qui déclarent clairement que les travailleurs sont trop ignorants pour se libérer eux mêmes et doivent être libérés par en haut».
 
            Marx est également contre la domination exclusive du socialisme comme doctrine unique au sein de la classe ouvrière. Il précise que : « la tâche de l’Internationale (la première) est la combinaison, la généralisation et la coordination des mouvements auto créés de la classe ouvrière et non de les diriger ou de leur imposer n’importe quel système de pensée ».
Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy