5 octobre 2016

Le sens de la vie en Al-Andalous. 2/ Maïmonide




Maïmonide
Dans ce qu'il a dit sur les sciences terrestres, Aristote reste notre
maître, mais, au delà, tous ces propos ressemblent, à peu de choses
près, à des conjectures.
Pour Ibn Ruschd, le Livre Saint n'est pas notre Thora, mais le
Coran. Nous sommes d'accord l'un et l'autre sur les apports de la
raison et de la révélation: elles sont deux manifestations d'une même
vérité divine. Il n'y a de contradiction que lorsqu'on s'en tient à
une lecture littérale des Écritures, en oubliant leur signification éternelle.
j'ai donné, dans mon «Guide des égarés» les règles de cette lecture
allégorique, et qui tient compte de l'histoire.
Nos problèmes historiques doivent être résolus à partir de principes
éternels: il n'y a aucune opposition entre l'absolu et l'histoire.
Ces principes éternels, mon expérience de juriste m'a appris qu'ils
se ramenaient à quatre, que vous retrouverez dans mon «Commentaire
de la Mishna», de notre tradition juive:
Premièrement, l'individu ne peut se développer que dans une
société saine, où les devoirs viennent avant les droits.
Deuxièmement, le but de toute société fidèle à Dieu est une croissance
de l'homme et non de la richesse. L'homme grandit quand il
développe en lui la raison dans sa plénitude: une raison qui a conscience
de ses limites et de ses postulats. Une telle raison témoigne
de la présence de Dieu en l'homme.
Troisièmement, la raison de l'homme n'est qu'une participation
à la raison divine, qui nous dépasse infiniment, et qui ne se réalise
que par l'accueil à la prophétie biblique.
Et quatrièmement, un cycle nouveau de l'histoire ne commence
que lorsqu'un Prophète, comme Moïse, descend vers le peuple pour
lui proposer de nouvelles lois.
Psaume 2 Verses 1-3:
"Pourquoi ce tumulte parmi les nations, ces vaines pensées parmi
les peuples?
Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-
ils avec eux contre l'Éternel et contre Son oint?
Brisons leurs liens! Délivrons-nous de leurs chaînes!".





Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy