4 octobre 2016

Le sens de la vie en Al-Andalous. 1/Averroes



LE SENS DE LA VIE EN AL-ANDALOUS

 (Brochure de la Fondation Roger Garaudy
avant quelle ne soit Fondation Paradigma Cordoba)



Averroes-Maïmonide-Alphonse X, le sage-Ibn Arabi

Averroes
UN DISCIPLE: -Maître Ibn Rushd! Maître Ibn Rushd!
AVERROES: ...la médecine, l'astronomie, toutes les sciences...
Vous voulez toujours que je vous explique tout
ce qu'Aristote a dit du savoir des choses de la
terre. Vous ne vous posez donc jamais les questions
dernières: D'où venons-nous? Où allons-nous?
La création et surtout le but et le sens de
la vie et de l'histoire.
U N DISCIPLE: Maître, aujourd'hui...
AVERROES: Aujourd'hui, comme toujours, notre philosophie
ne servirait à rien si elle ne savait pas lier ces
trois choses, que j'ai essayé d'unir dans mon
«Harmonie de la science et de la religion».
Une science, fondée sur l'expérience et l a logique,
pour découvrir les causes.
Une sagesse, qui réfléchisse sur les buts de chaque
recherche scientifique pour qu'elle serve à
rendre notre vie plus belle.
Et enfin, une révélation, celle de notre Coran.
Car c'est seulement par révélation que nous connaissons
les causes premières et les fins dernières
de notre vie et de notre histoire.
UNE FEMME: Mais pour nous les femmes...
AVERROES: Les femmes ont les mêmes fins dernières
que les hommes... Le Coran ne distingue
qu'entre ceux, hommes ou femmes, qui
cherchent la Loi de Dieu et ceux qui ne
s'en soucient pas. Il n'y a pas d'autre hiérarchie
entre les êtres humains.
Seulement vous, les hommes, vous considérez
les femmes comme des plantes,
qu'on ne recherche que pour leurs fruits:
la procréation. Et vous en faites des
séparées, des servantes... Ce sont vos
traditions: elles n'ont rien à voir avec
l'Islam.
UN ETUDIANT: Mais nos rois...?
AVERROES: Le Prophète nous a enseigné qu'il n'y a pas
de plus sainte guerre que de dire la vérité
à un dirigeant injuste. Le tyran est le plus
esclave des hommes... Il est livré à ses
passions par ses courtisans, à ses terreurs
parce-qu'il a peur de son peuple.
U N AUTRE ÉTUDIANT: Mais quelle est alors la société la meilleure?
AVERROES: Celle où chaque femme, chaque enfant,
chaque homme, reçoit tous les moyens de
développer toutes les possibilités que Dieu lui
a donnés.
UN AUTRE: Quel pouvoir l'établira?
AVERROES: Il ne s'agît pas d'une théocratie, comme chez
les chrétiens d'Europe, d'un pouvoir religieux
qui serait complice des tyrans: Dieu, dit le Coran,
a insufflé en l'homme de Son Esprit. Ce
souffle, faisons-le vivre en chaque homme!
UN AUTRE: Quelles sont les conditions d'une telle société?
AVERROES: Une société sera libre et agréable à Dieu,
quand nul n'agira ni par crainte du Prince
ou de l'enfer, ni par désir de récompense d'un
courtisan ou du paradis. Et surtout quand,
personne ne dira: ceci est à moi.
UN AUTRE: Maître, encore un mot...
AVERROES: J'en ai assez de vos questions: d'abord je ne
suis pas "Maître"; Dieu, Seul est Maître, et puis,
l'enseignement le plus fréquent de Son Coran
c'est de faire l'effort pour réfléchir par soi-même.
Vous entendez? Par soi-même.




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Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy