13 octobre 2016

De la foi et des grandes religions



Toutes les religions, en s'isolant dans leur singularité, et croyant détenir la vérité tout entière se sont sclérosées en dogmatisme. Elles ont vécu de cette fécondité réciproque dont les bibliothèques d'Alexandrie, par deux fois, furent le symbole entre 1'Orient et 1'Occident.
MALRAUX disait un jour que si le XXème siècle fut le seul dans 1'histoire qui  à la question: quel est le sens de la vie ? répond: je ne sais pas, le XXème siècle sera spirituel ou ne sera pas.
Quand je dis spirituel, je ne parle pas de religion, mais de foi, car toute religion est une aliénation de la foi.
Dire DIEU, c'est dire: "la vie a un sens". Ce DIEU et ce
sens sont transcendants, c'est à dire sans commune mesure avec
les concepts dans lesquels nous prétendons parfois l’enserrer.
Nous avons besoin, sinon pour 1'étreindre, du moins pour le
désigner et en éprouver l’appel de 1'expérience de tous les
autres.
Les deux grandes religions aujourd'hui les plus répandues, le christianisme comme religion dominante des dominants, 1'Islam comme religion dominante des dominés, donnent 1'une et 1'autre, dans ce qu'elles croient leur exclusivité et leur
splendide isolement, des signes de dogmatisme, d'intolérance
et ,en un mot, de sclérose.
Dans leurs orientations actuelles ni 1'une ni 1'autre ne peuvent donner au siècle qui va naître [ce texte est écrit dans les années 1990-NDLR] la foi dont il a besoin et le sens qu'elle porte en elle.
Une fois de plus c'est dans un dialogue entre 1'Orient et 1' Occident, chacun apportant à 1'autre une part de sa vérité, comme elles coexistèrent, non par une paternaliste et méprisante tolérance, mais par une fécondation réciproque conduisant aux mêmes communions mystiques, que pourra revivre une foi enfin universelle.
Et ceci, non par un mélange éclectique, mais par une recherche commune de ce qu'il y avait de fondamental et de commun, à travers la diversité des cultures, dans les messages du Tao ou des Védantas, de la Bible ou du Coran, des grands humanistes qui en vécurent et en sont morts, comme JESUS, comme HALLAJ ou comme GANDHI.

Roger Garaudy
Extrait d'un document de travail pour un Colloque ou une Conférence (à Alexandrie ?)
Archives personnelles de l'auteur.
Si vous êtes intéréssé(e) je peux vous envoyer le fichier en PDF (il y manque 3 feuillets sur 11): me demander par le formulaire de contact - colonne de gauche du blog - le fichier intitulé "En partant d'Alexandrie"
Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy