25 février 2014

Je suis fils de mes origines...




Je suis fils de mes origines
J'en ai les rides les ravines
Le sang léger la sève épaisse
Les sommets flous les caves sombres
La rosée et la rouille
Je m'équilibre et je chavire
Comme les couches de terrain
Et je m'étale et je me traîne
Je brûle et je gèle à jamais
Et je suis insensible
Car mes sens engloutissent
La chute et l'ascension
La fleur et sa racine
Le ver et son cocon
Le diamant et la mine
L'oeil et son horizon

Paul Eluard
Blason dédoré de mes rêves (extrait)
dans Poésie ininterrompue,
Collection Poésie-Gallimard, p. 119


                                                                                                                 
Photographie: Roger Garaudy et Paul Eluard au Congrès panaméricain de la paix 
( Mexico, du 5 au 10 septembre 1949)
Lire ici le poème qu'Eluard écrivit alors sur Roger Garaudy 
 La couverture du livre reproduit un détail du portrait d'Eluard par Fernand Léger

Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy