31 mai 2015

Philosophe ou révolutionnaire ?

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Dans Le Monde diplomatique de novembre 1972, une critique du livre "L’Alternative"

 

Le marxiste Roger Garaudy établit la synthèse de ses idées dans une sorte de testament politique à l’intention des nouvelles générations issues de mai 1968.
La cause fondamentale de son désaccord avec le parti communiste français, qu’il a quitté en 1970, est bien connue. Pour Garaudy, le capitalisme ne correspond plus au modèle théorique établi par Marx il y a un siècle : l’analyse marxiste doit changer. Et ce n’est pas trahir la pensée de Marx que de chercher les prolongements qui permettront à sa vision socialiste de s’épanouir en tenant compte de réalités nouvelles, insoupçonnées il y a un siècle, comme par exemple l’ampleur extraordinaire du système bureaucratique qui, en Europe orientale, a ruiné l’expérience communiste.
Renoncer au dualisme philosophique hérité de l’antiquité gréco-latine et qui a engendré la société de classes. Aménager les systèmes d’enseignement et, surtout, donner la priorité au travail de formation et d’éducation des masses là où elles peuvent se pratiquer quotidiennement, à l’abri des pouvoirs établis, c’est-à-dire dans les lieux de travail. Développer la conscience du nouveau « bloc historique » alliant travailleurs intellectuels et manuels. Ces idées maîtresses auraient, pour l’auteur, l’avantage de déboucher sur une société socialiste — l’ « alternative » — sans qu’il soit nécessaire de recourir à la révolution violente. En bref, on dira que Roger Garaudy s’exprime davantage en philosophe qu’en révolutionnaire.

P. M.

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Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy