2 mai 2016

"Sourire d'entre les ruines", par Djouher Khater

© Djouher Khater 2016 Droits réservés

Au milieu des ruines mon frère  
Fredonnaient  des larmes amères
Ravalées par ton âme en hère
« Où est-elle donc, la paix sur terre
Sinon dans ton cœur en jachère 
Friche de l'amour en étendard ? »

Au  milieu des ruines d'avant-hier
En ton nids amas de poussière
Sauf est ton portable de verre
Vestige d'un faste d'avant-guerre
En  lien  à l'autre bout de la terre
Témoin  tenace qui en a marre
Des rosées saignantes des affaires

Au milieu des ruines mon frère
La vie radiée en un éclair
Des ailes claires repassées au  fer
Tu survis à la hargne de l'ère
Mains vides dans l'élan dérisoire 
Pour l'accueil du cœur solitaire
Coulant de ton portable en verre

Au milieu des ruines d'avant-hier
Des mauvaises herbes chétives et fières
Tu survis souriant au cauchemar
Oh! miracle d'une récolte amère 
Cours abreuvant à sa lumière
Mon moi s'arrimant à l'enfer
D'un monde se brisant de colère...

Du milieu des ruines mon frère
Des cloîtres engrossant les fureurs 
J'évente mes abcès sans maudire
Les crocs aboyants les terreurs
L’œil tout dédié à la candeur
S'offrant enfin en ses saveurs
De vaine mais unique vraie victoire

Au milieu des ruines d'avant-hier
Graines de ronces désormais en l'air
Haies de jasmin en bonnes amarres
Des poings devant levant l'espoir
Miracle des exils et la pierre 
Malgré l'horreur la joie de faire !  

Charleroi le 05/01 /2013

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Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
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Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy