19 septembre 2015

Point de vue sur quelques livres d'Alain Coutte

À l’écoute d’Alain Coutte / Une recension de Maria Poumier.
06 mai 2005
Article source:
http://www.geostrategie.com/cogit_content/a_lire_voir/lcoutedAlainCoutte.shtml

Introduction à « 6000 ans de Mythes - Des Patriarches aux Sionistes », « Sionisme et Chrétienté - L’alliance », « Hitler -La Marionnette des Sionistes », « Israël - Le Quatrième Reich (éd. Euro-minorités, Vitrolles)»

Alain Coutte met sur le marché simultanément cinq nouveaux volumes, autant d’armes de destruction massive contre l’idéologie dominante, à condition qu’ils circulent. Comme dirait Régis Debray, le message c’est le média. Alain Coutte a pu financer seul ses publications, jusqu’à maintenant ; il détient donc le principal organe de transmission. Ses ennemis peuvent agir avec lui comme cela s’est pratiqué dans le passé, avec d’autres volumes qui leur déplaisaient : ils peuvent lui racheter tous les exemplaires (avec lui la menace de procès ne suffira pas). Ils en ont certainement les moyens. Mais est-ce vraiment leur intérêt ? Avec Internet, le rendement de l’opération ne serait guère performant. En tout cas, il s’agit de livres assez gênants pour les sionistes et les post-sionistes ; on peut donc s’attendre à toutes les manœuvres de rétorsion. Les Français, normalement, jusqu’à une date récente, n’aimaient pas trop qu’on leur dise : ne lisez pas ceci, ou n’allez pas voir tel spectacle. Norman Finkelstein, Dieudonné, sont parmi les créateurs dont le prestige a grandi d’autant plus que les censeurs ont pris la peine de les fustiger. On ne saurait trop recommander aux curieux de se précipiter sur les livres qu’on leur recommande de ne pas lire : ce sont quand même des livres fragiles, qui peuvent disparaître très vite de la circulation, comme leurs auteurs. Les fatwas sionistes sont souvent efficaces : Cheik Yassine, Rantissi, Arafat n’ont pas échappé aux attentats ciblés ; avec la racaille intellectuelle dont nous disposons, en France, le lynchage salonnier se pratique tous les jours, comme la chose la plus naturelle du monde, dans la bienséance.

Il faut donc le lire en vitesse, coûte que coutte. Il avait fait un travail surprenant avec Le Complot, un des tous premiers démontages des mensonges du 11 septembre, suivi de Irak, la Ruée vers l’Or, et de Washington, les Prédateurs. Interloqués, les organes israéliens en France avaient rapidement affublé l’auteur bizarre de noms d’oiseau méprisants. Cette fois-ci encore, les couvertures tapent très fort, si fort, finalement, qu’on est frappé de stupeur, et qu’on se dit : ce n’est pas un modèle courant de « néo-nazi » échappé d’un asile, comme ils disent, il a peut-être bien quelque chose à dire. Ainsi, après un premier mouvement de recul devant son culot à l’abordage, on se dit : « Quand même, ce Hitler aux yeux clairs qui nous défie, là, en couverture, ne serait-il pas en train de nous dire : «J’ai été la marionnette des sionistes, maintenant c’est votre tour» ? » Et en catimini, il est franchement prudent de les ouvrir, ces tomes horripilants (au sens propre : qui font dresser les cheveux sur la tête). Il y a plus à découvrir là-dedans que n’en contiennent habituellement quelque 2000 pages sur des sujets difficiles. Ce poids impressionnant me rappelle mes fonctions universitaires, quand je suis appelée à participer à des commissions de spécialistes ou à des jurys de thèse, ces occasions où les profs font bêtes de somme, et croulent sous les « travaux » des autres, collègues et futurs collègues. D’autant plus qu’on trouve au début de certains volumes de Coutte un chapitre « De quoi vont-ils m’accuser ? » C’est en accusé, comme un doctorant, que se situe l’auteur, avec un mélange d’insolence et de méfiance, tout à fait justifié par les circonstances. Si la soutenance avait lieu en quelque docte Sorbonne, il y aurait certainement des profs pour s’étendre sur les défauts de la présentation, les redites, les coquilles, le manque de bibliographie et d’index, les transitions bâclées, toutes ces fantaisies communes aux nouveaux venus à l’Université. Oui, mais… et le fond ? Espérons que les historiens spécialistes des questions traitées vont se manifester… plutôt que les tribunaux.
Tout jeune chercheur est aussi un accusateur, et il a bien raison. Il renvoie au corps enseignant une image quelque peu caricaturale de ce qu’il a appris : mais il transmet, il prouve qu’il continuera à transmettre, et cela seul compte vraiment. D’autant plus qu’Alain Coutte n’aspire pas à un titre universitaire, justement, mais à devancer l’université. C’est vexant pour celle-ci, mais c’est le propre des universités populaires de s’asseoir sur les règlements, et d’aller plus vite que la musique, pour le plus grand bien de la rue. Cet étudiant-là a fait ce qu’il fallait faire, mention Très Honorable. Son travail s’inscrit dans la démocratisation croissante de la critique du sionisme.

C’est probablement avec le succès mondial du livre de Roger Garaudy « Les Mythes fondateurs de la politique israélienne » que cette dynamique s’est mise en marche, alors que jusque là, ces questions ne sortaient pas du ghetto des historiens professionnels très austères ou de la langue de bois des militants. En France, Roger Garaudy a été condamné par les tribunaux, mais son livre n’est nullement interdit. Dans le monde arabe, c’est un best-seller, par la simplicité toute pédagogique avec laquelle y est exposé l’enchaînement de mythes qui aboutissent à la pratique monstrueuse des gouvernements israéliens, des origines jusqu’aujourd’hui. Mais Coutte ne prend pas appui sur ce livre de 1996, déjà mythique ; c’est plutôt la réflexion théologique de Garaudy qu’il prolonge, en distinguant très nettement judaïsme et sionisme, thème que Garaudy a lui-même repris dans un ouvrage postérieur, parcouru par un grand souffle œcuménique : Le terrorisme occidental, éd. Alqalam Paris, 2004. De façon originale, Alain Coutte a choisi de rattacher toute l’information historique épineuse qu’il donne à ses sources juives. C’est d’ailleurs un des aspects les plus encourageants de sa recherche : si on le suit dans sa thèse centrale, l’opposition vivace et tenace entre judaïsme et sionisme, alors l’effondrement de l’intérieur du suprématisme en Israël est tout à fait envisageable, à condition que les juifs découvrent toute cette information dont ils sont privés. La biographie de Theodor Herzl et de l’extinction de sa descendance est un chapitre édifiant et surprenant, dans ce domaine. L’autre question centrale, pour Coutte, est l’hypothèse selon laquelle Hitler et les sionistes envisageaient avant la guerre d’un commun accord le transfert du maximum de juifs européens en Palestine. Il accumule là de nombreux éléments concordants, de sources certainement peu connues du lectorat auquel il s’adresse, ces millions de gens qui se sentent en danger et qui se reconnaîtront parmi les personnes à protéger, selon les objectifs de l’association « Euro-minorités » présentée en tête de chaque volume : les braves gens qui détestent les démagogues, les racistes et les menteurs serviles.

Pour les autres sujets abordés par Alain Coutte, il m’en coûte de m’arracher au clavier : comme toutes les bonnes blagues, et les secrets importants, on éprouve le besoin de les partager d’urgence avec le monde entier ! Mais il faut absolument que ses livres soient lus, et non pas déflorés. Les sionistes nous feront bien une petite liste des choses les plus scandaleuses qu’on y trouve ? Ils ont des secrétaires pour cela : ne leur gâchons pas le boulot. En tant qu’enseignante, il est de mon devoir de souligner les mérites de son travail que les sionistes ne signaleront certainement pas : la construction de l’ensemble comme vaste chronologie. Cet ordre simple est toujours le meilleur, parce qu’il est élémentaire, naturel et fécond. La recherche est sous-tendue par l’indignation face au terrorisme israélien en Palestine, et face au terrorisme idéologique que les sionistes prétendent faire régner en Occident : mais le résultat est un dépassement des impasses habituellement qualifiées de révisionnistes ou antisémites. La notion du génocide, et des responsabilités autour d’un génocide, est approfondie, nullement sujette à une vision réductrice, bien au contraire ; de nombreux génocides sont évoqués, avec leurs spécificités. Et le poids de la honte pour l’Occident rejoint le mystère de l’iniquité pour tout le genre humain.

L’un des travers qui affecte les spécialistes du nazisme et du sionisme, c’est qu’ils sont lugubres ; or ceci les enferme dans un ghetto d’incommunication, ils agacent particulièrement la jeunesse ; ils sont sinistres, soient qu’ils fassent des opérations arithmétiques dans des listes de cadavres, soit qu’ils rajoutent de nouveaux adjectifs accablants sur la tête des juifs (avec une minuscule, je ne suis pas raciste, je ne considère pas qu’il s’agisse d’une race comme les Noirs, les Indiens, les Blancs ou les Australopithèques). Les deux volumes sur « Hitler - La marionnette des sionistes » sont très drôles, et restituent certainement une bonne part de l’ironie objective de l’histoire. « Israël - Le Quatrième Reich », est d’une écriture plus soutenue, et abonde en informations très récentes. Les miracles de l’Internet permettent à l’auteur d’être un virtuose du copier-coller-couper. Mais il ne recopie que des choses importantes et utiles, et qui n’avaient pas été regroupées sous ce format simple et universel. A la fin du parcours, on est assuré que le disciple de plusieurs générations d’historiens et d’antisionistes érudits mérite son diplôme de l’Université de la Rue : il a pillé ses maîtres, qui seront peut-être un peu vexés, mais il les fait lire généreusement, avec ses manières d’éléphant rose dans la porcelaine qu’on n’osait pas sortir du placard. Et c’est exactement ce dont la jeunesse a besoin.

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Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy