6 juillet 2012

A Rajah le croyant

Tribune Libre  de  Boutaleb Abdelkader
 
Rajah le croyant
Défiant mais non défaillant
Constant sans être distant
Battant mais non quittant
Rajah les dérangeait et il s’en complaisait
Jusque dans sa mort il les a importunés
Il n’est plus là physiquement mais ses écrits restent
Ses réflexions inspirent encore à la rébellion juste
Après avoir longtemps vagué sans pour autant divagué
Il s’est retrouvé sur la berge d’un Islam accueillant
Qu’il n’a plus désiré quitter
Ils l’ont voulu docile ou sinon amadoué
Il fut résistant, sachant et dérangeant
Il a appris la valeur de l’Algérien vrai
Il s’en est imprégné dans son combat contre l’obscurant
Adopté par la masse, il s’y est mêlé et confié
Ses amis ne sont pas nécessairement miens
Mais à lui mon amitié ne peut se dérober
Fier il l’était et il le méritait
Il l’est resté sans moi ni émoi
L’ailleurs attire sans désaltérer
Veillant à ne point être malveillant
Lucide et voyant il n’en fut pas moins croyant
Un pan de notre mémoire avec lui s’en est allé
La mort il la côtoyait sans en être effrayé
Rien ne peut prévenir ni s’évader à…
Cette commune et ultime destinée
Félices ceux qui n’ont point assez péché
Rajah, affirmer que ta durée fut pleine n’est point exagéré
Ta vie terrestre certes s’est interrompue
Mais tu resteras dans nos cœurs comme tous ceux qui nous ont marqué

Un oubliant reconnaissant,

Abdelkader Boutaleb

19 juin 2012
Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy