5 octobre 2015

Internationale, migrations et mondialisation. Point de vue

 Les prolétaires ont une patrie, sinon... ils n'ont rien

L'Internationale pour laquelle je milite n'a rien à voir avec la mondialisation. Chaque pays en raison de données géographiques, climatiques, historiques, a ses particularités, et c'est tant mieux pour la diversité.


Sous la protection de frontières, on peut réussir à créer un point rouge, où enfin les dominés, les opprimés, les écrasés par la lutte des classes réussiront à renverser l'horrible hydre capitaliste. Par émulation d'autres suivront, protégés eux aussi par des frontières. Et puis d'autres.



La grande faute de ce qu'on appelle "extrême gauche (NPA, LO) est d'être tombée dans la mondialisation perverse, dont ils ne se relèveront pas. La planète entière ne se soulèvera pas à la fois, et c'est bien là où "les autres" les attendent. "Les autres", possèdent les banques, partout. Ils possèdent une part importante des médias, partout. Ils sont main dans la main avec les industries d'armement et celles de l'alimentation, du monde entier, avec les stocks de nourriture qu'ils peuvent bloquer s'il leur en prend envie.



Oui, il faut enfin revenir à l'Internationale, la fraternité entre les nations. Et les prolétaires ont une patrie, sinon... ils n'ont rien.

La grande perversité des Grands de Ce Monde aura été de soudain, à coups de millions de dollars (il ne faut pas se voiler la face), déclencher un exode massif probablement à grands coups de propagande, de pots de vin,  de conflits allumés en des points précis. Auparavant, aura été instauré cette aberration qu'est l'espace de Schengen pour transformer en Titanic un navire aux caissons de cale bien séparés.



Tous ces pauvres gens du monde, effrayés, hagards, se précipitent vers ce qu'on leur a dépeint comme un Eldorado chatoyant. Il en tombera en route ? Qu'importe, il en restera bien assez, arrivés à pied d'œuvre, pour accepter de travailler pour un bol de riz par jour, même si ce sont des diplômés. Plus besoin de se déplacer pour recruter très loin un Lumpenproletariat : c'est lui qui se présente directement. Déraciné, bousculé, il acceptera tout. Même l'innommable, même le détestable, même pire encore.



Ne nous y trompons pas : avec un peu de temps, toutes ces personnes arrivées cahin caha jusqu'ici réussiront à se placer, s'il ne continue pas à en arriver toujours plus bien entendu. C'est à un État nouveau, complètement opposé à la catastrophe actuelle, d'y remédier, et cela peut marcher. C'est Michel Rocard, que je n'apprécie pas souvent, qui avait dit « La France ne peut accueillir toute la misère du monde, (mais elle doit en prendre sa part). » Et petit à petit, comme il y a environ 75 ans les Républicains espagnols, les nouveaux venus finiront par s'insérer dans notre nation et lui apporter leur part, car une nation fermée est une nation morte.


Bien entendu, pour cela, et j'y insiste, les frontières devront y jouer un rôle, pour canaliser les flots de personnes (en particulier quand il est soupçonné que certaines ne pourraient être que des infiltrés aux intentions suspectes).  Canaliser n'est pas interdire. Le but n'est pas de rejeter les plus démunis, comme le ferait le Front National (c'est son principal argument, ce qui en donne le niveau), mais au contraire de les protéger et de les aider à devenir citoyens à leur tour, un jour. Comme le faisait dire à ses acteurs des Mariés de l'An II Michel Legrand, "Les sans-patrie sont français"[https://www.youtube.com/watch?t=57&v=9Ti50VdVhbs].


Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy