8 août 2017

Saint François d'Assise

Né en 1182, mort en 1226,
il marque une étape nouvelle de la volonté de
rupture avec le constantinisme, c'est-à-dire avec la
collusion entre l'Eglise, la richesse et le pouvoir. La
puissance grandissante de l'Etat pontifical et de
l'autorité politique des papes, les prélats et les
monastères devenant de plus en plus de riches
propriétaires fonciers, témoigne avec éclat de cette
compromission, et devient  d'autant  plus insupportable
que s'opère une profonde mutation sociale: celle
du passage de la vie rurale à la vie urbaine.

Saint François d'Assise, fils d'un riche marchand
appartenant à la bourgeoisie urbaine, a pu
vivre les contradictions fondamentales de son époque
qui se répercutaient dans sa ville: rivalités des papes et
des empereurs, des nobles et des bourgeois, des
catholiques et des cathares. Il reçoit une éducation
traditionnelle qui n'est pas adaptée au  monde nouveau,
et on le prépare à entrer dans une vie qui est au
rebours d'une vie évangélique.

Saint François d'Assise rompt avec ce monde-là en
vivant la pauvreté comme condition première de la
prédication évangélique. Il perçoit le lien entre
l'argent et le pouvoir: «Seigneur évêque, dit-il, si
nous avions des propriétés il nous faudrait des armes
pour les défendre. »
Il rejette la conception ancienne des monastères
féodaux refermés sur leurs domaines à  la campagne, et
il va s'adresser aux nouvelles masses misérables des
villes.

Roger Garaudy
Comment l’homme devint humain
Pages 243-244



Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy