6 avril 2015

La possibilité de la Résurrection





La consternation totale qui frappait les disciples de Jésus et les femmes chrétiennes, ne pouvait en aucun cas générer en trois jours une mythomanie euphorique et un délire de victoire sans un fait exceptionnel pleinement vécu par ceux qui le rapportaient. Aucune machination n’aurait pu avoir le temps d’être montée et nul ne se donnerait à la mort pour affirmer une chose aussi extrême que la résurrection s’il n’en avait la preuve. 



Par delà son aspect mystique, dogmatique où elle est le socle de la foi chrétienne, la résurrection de Jésus doit être prise et comprise dans son contexte, où il est  impossible que ce fût un mensonge de forcenés affabulateurs ou de débiles mythomanes.



Revoyons les faits dans cette Jérusalem où Jésus, arrêté, martyrisé, humilié par les moins que rien de tout acabit, mort sur le gibet ignoble de la croix à l’aube du premier jour de la semaine, au lendemain du très strict sabbat juif, est déclaré vivant par les femmes qui disent l’avoir rencontré en allant embaumer son corps, puis, par des disciples à qui il a parlé et avec qui il a mangé, et qui iront prêcher sa résurrection au péril de leur vie.



1) Il est logiquement impossible à quelques gens sans grand relief social, ne disposant d’aucun moyen de diffusion de message ou de conception de thèmes de propagande, de monter en deux soirs et un jour férié, une telle manigance de manipulation de masse.



2) Nul ne fonde sa vie, brave la persécution, la torture, la mort, va jusqu’au martyr pour un fait vague qu’il invente par mythomanie, comme l’ont fait les disciples au sujet de la résurrection du Christ. 
 

3)Malgré toutes les fouilles et péroraisons d’historiens ou d’archéologues, jamais aucune tombe, rien de ce qui aurait pu être une trace funéraire de Jésus qui, quand même, avec tous ses disciples admirateurs, en aurait eu, s’il avait été retenu dans le séjour des morts.



Ces faits sont l’historicité factuelle, objective de cet évènement qui a marqué les gens de ce temps. Et, que les ennemis de Jésus n’aient jamais su exhiber son corps pour démentir ce qui serait des allégations fallacieuses ou un complot de fanatiques, est une preuve additionnelle de la vérité de la résurrection de Jésus.



Maintenant, du côté dogmatique, il faut, du moins entre croyants, se rappeler que le corps de Jésus, quoique humain ne fut jamais le corps du péché, lui qui est né des œuvres du Verbe divin qui s’est incarné en sa personne. Aussi, fut-il prédestiné à être le premier né d’entre les morts tout en gardant son corps qui, en dépit de la chair et du sang, était un corps prêt à la métamorphose spirituelle du ressuscité, voué à la transformation acharnelle ponctuelle pour l’heure de son ascension. Car ainsi qu’il est écrit: « la chair et le sang n’hériteront point le royaume des cieux »… Ainsi, mort sous les coups de ses assassins autorisés par Dieu, assassins qui accomplissaient sans le savoir ce que Dieu avait planifié comme évènement ultime de la rédemption humaine, Dieu qui a utilisé ces damnés, déjà condamnés, de Judas à Pilate en passant par Caïphe, ces ordures de la damnation éternelle, pour faire la sale besogne de victimaire de l’Agneau de Dieu que représentait - au moment de son jugement par les scélérats - Jésus, l’homme porteur du Verbe éternel de Yahvé, incarné parmi nous, pour être immolé sur la croix en vue du salut de l’humanité. Comme on le sait par l’Écriture, Dieu « utilise le méchant (qu’il laisse vivre ici-bas) pour le jour du malheur ». Les crapules métaphysiques qu’elle soient satan, un démon ou un humain, exécutent sans même le savoir les maudits rôles de damnés pour que la justice divine soit respectée dans l’accomplissement du plan divin  et que nul juste ne soit sacrifié à la malédiction du mauvais rôle.



Pour le reste, la vérité historique de la résurrection du Christ saute aux yeux de tout homme de bonne foi, et la main offerte du Christ ressuscité et vivant, fort de son sacrifice expiatoire et propitiatoire, est donc l’omnipotente bonté de Dieu même qui nous appelle à la résurrection sur les ruines du charnel psychologique - ce mode de vie selon le monde dans son schème du sensible et de ses illusions, où l’humain est esclave des sens et de leurs pulsions - pour naître de nouveau dans la vie de l’esprit ennaturé, éveillé à sa vérité et la présence de Dieu. Le vieil homme du charnel psychologique enterré, anéanti, mort par la puissance de la croix du Christ, ne peut plus, malgré nos faiblesses pécheresses combien moralement terrifiantes, notre peccabilité débordante, prévaloir contre la toute-puissance salvifique de Dieu dans l’excellence victorieuse du sacrifié ressuscité. En Christ donc, Dieu, de toute son omnipotence absolue et infinie, nous accompagne par son Paraclet.

Ainsi, l'accompagnement hypostatique du Paraclet acquis pour nous par les mérites rédempteurs du Christ mort et ressuscité, constitue une immanence métamorphique au-delà de la peccabilité, immanence divine, présence effective et actuelle de Dieu en nous, qui nous transforme pour nous faire vivre selon l'esprit quoique incarné et astreint aux limites immédiates du corps et malgré les puissances spirituellement déstabilisatrices du sensible. Immanence métamorphique qui assure la victoire de l'esprit sur l'immédiateté de la chair et du monde matériel chez l'homme ennaturé, pétri de l'oeuvre christique rédemptrice.      



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Comment les ténèbres
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Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy