5 mai 2017

Garaudy, le communiste, 1933-1970. Autobiographie partielle. 1/ De la Grande Guerre à Thorez



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Parler de la vie ce n'est pas seulement dire ce
qu'on a tenté d'en faire, mais aussi ce qu'elle a
fait de nous.
Voici donc la trame, l'histoire de tous, dans
laquelle mon aventure personnelle s'est inscrite,
telle que je la retraçais, en 1968, dans Peut-on être
communiste aujourd'hui? L'éclairage de ma vie n'a
pas changé. J'écris toujours à la même lumière,
depuis l'âge de vingt ans, et c'est ma fierté et ma
joie : être resté fidèle, après soixante ans, aux rêves
de mes vingt ans.

Les hommes de ma génération sont nés dans un
climat de mobilisation générale.
Au sens strict du mot.
A l'aube du 2 août 1914 (j'avais alors treize mois),
nos pères, avant de « partir », sont venus nous
embrasser dans nos berceaux.
Vingt-cinq ans après nous faisions le même geste.
Ce qu'il est convenu d'appeler notre jeunesse est
cerné par ces deux matins rouges.
Jeunesse grandie dans l'orage, nous avons tout
connu, sauf la paix. Mon plus lointain souvenir est
celui de mes cinq ans, lorsque mon père est revenu
au front avec des béquilles parce qu'on avait brisé
ses os, avec de la haine, parce qu'on lui avait menti,
et, je l'appris plus tard, avec Le Feu de Barbusse
dans le coeur, qui n'était pas seulement colère, mais
espérance et, en tout cas, refus de renoncer.
Ce retour n'était même pas une joie, parce que
mon père était nerveux et farouche après trop de
douleurs auxquelles il ne pouvait donner un sens, et
parce que ma mère menait sa lutte quotidienne
pour nous empêcher d'avoir faim. Cette misère
rongeait notre table, et celle de milliers d'autres,
dans nos foyers ouvriers. Les journaux l'appelaient
l'inflation, un nom de maladie ou de cauchemar,
que nous ne comprenions pas et qui nous faisait
peur.
Derrière les murs de la maison nous entendions
les échos d'autres batailles : d'un côté il y avait des
cris et de la détresse, de l'autre des uniformes et des
coups de feu. Dans les livres d'histoire cela s'appelle
les grèves de 1920, et les révolutions avortées de
l'Europe, en Allemagne et en Hongrie surtout.
J'avais dix ans quand, après la « Grande Guerre »,
commença la petite, celle du Maroc.
J'avais quinze ans quand, à l'une et l'autre,
succédait la grande crise : on égorgeait en Hollande
200000 vaches laitières quand les enfants de 20 millions
de chômeurs, dans le monde, manquaient de
lait. Les Hongrois crevaient de misère sur leurs tas
de blé quand les dockers se battaient, sur les quais
de Gênes, pour un morceau de pain.
Dans cette paix à couleur d'Apocalypse se sont
levés d'étranges messies : l'un habillait ses chiens de
chemises noires, comme les corbeaux; l'autre de
chemises brunes, comme les vautours. Ils lâchaient
d'abord leurs meutes sur les plus faibles : l'Ethiopie,
l'Autriche, la Tchécoslovaquie, l'Espagne, la crucifixion
de tous les peuples.
1939. Après les abandons de Munich, puis la
non-intervention en Espagne, la France est exposée
sur ses trois frontières à l'invasion hitlérienne et
fasciste. La droite française, dans la tradition versaillaise,
mise sur l'inertie, certains même sur la défaite,
par haine et par peur du peuple qui a, trois ans plus
tôt, fait le Front populaire. Le Front populaire,
n'ayant aucune structure à la base, s'est effondré à
chaque trahison de l'un de ses chefs : Daladier
abandonnant la Tchécoslovaquie à Hitler, à
Munich; Léon Blum, par la non-intervention de la
France en Espagne, qui a permis l'intervention
ouverte d'Hitler et de Mussolini aux côtés de
Franco, a abandonné la République espagnole au
fascisme. Le Parti communiste, isolé et bientôt mis
hors la loi, ne peut pas encore, en 1939, galvaniser
les masses dans la lutte antihitlérienne. Militairement
l'incapacité, la trahison même, rongent l'état-major.
Je terminais mon service militaire (prolongé d'un
an après Munich) lorsque la guerre éclata. Je me
souviens du jour où, à Toulouse, au groupe de
subdivision de la rue Duranti, je fus couvert de
crachats et abreuvé d'injures et de coups pour avoir
refusé de désavouer le pacte germano-soviétique.
Pour être franc les faits, alors, ne m'étaient pas très
clairs, mais je tenais bon parce que la presse faisait
alors sur ce pacte un tapage assourdissant comme
alibi aux trahisons de la grande bourgeoisie française.
La mobilisation se fit dans un climat de découragement
et de résignation qui préfigurait la défaite.
J'avais l'impression de livrer un « baroud d'honneur»,
et je le livrai du mieux que je pus, car c'était
contre l'hitlérisme. A la fin août, avant ma démobilisation
je recevais la Croix de guerre; le 14 septembre
40 ayant, dans le Tarn, commencé à réorganiser
le Parti, j'étais arrêté comme « individu
dangereux pour la défense nationale et la sécurité
publique ».
Je ferai dès lors trente-trois mois de prison et de
camp de concentration.
Je ne sais plus quel intellectuel a écrit : « Naître
pauvre, c'est gagner trente ans. » D'après mon
expérience personnelle il est vrai qu'être né dans
une famille ouvrière et vivant de la vie de la classe
ouvrière, tout en ayant le privilège d'accéder à
l'héritage de la culture, m'a fait gagner une bonne
dizaine d'années dans la prise de conscience d'une
contradiction fondamentale qui me fit adhérer à
vingt ans, en 1933, au Parti communiste.
L'existence de deux mondes qui se contredisent :
celui de la vie quotidienne et celui de la culture,
écrit Hegel au début de son Esthétique, donne
naissance au besoin de la philosophie. Cette expérience
vécue d'une contradiction qui a valeur
universelle, m'a personnellement conduit au marxisme
par le besoin de donner un sens à ma vie, à
cette vie qui, sans cela, eût été irrémédiablement
double et déchirée, mutilée de la moitié d'elle-même.
Je me sentais sujet de deux royaumes aux lois
strictes et opposées.
Dans la réalité quotidienne où j'étais né et où je
n'avais pas encore connu de vies militantes, je
voyais, par milliers, des vies broyées et des vies
perdues, des vies écrasées par le travail et le besoin.
Si incroyable que cela puisse paraître à ceux qui
n'ont pas vécu cette expérience, le sens de la vie
s'imposait ici du dehors, avec cette fatalité que
décrit Marx dans Le Capital : « La peur de perdre
son pain et celui de ses enfants enchaîne plus
fortement l'ouvrier au char du capital que le
marteau d'Héphaïstos ne rivait Prométhée aux
rochers du Caucase. » Ce royaume réapparaissait
comme celui de la nécessité. Nécessité si implacable
que mes parents ne cherchaient pas l'issue
dans la révolte. Le sens de leur vie ils ne le trouvaient
pas en eux, mais en leur fils, en moi, avec
l'héroïsme quotidien et obstiné de gens qui consacrent
vingt-cinq années, toutes celles de leur jeunesse
et de leur âge mûr, toutes leurs privations et
tout leur labeur, à une tâche unique : élever leur
enfant de telle manière qu'il n'ait pas la même vie
que la leur. Le sens de leur vie était dans cette
négation et dans cet amour.
Des années plus tard, lorsque j'étais président de
la commission de l'Éducation nationale, c'est ce que
je rappelai avec colère, à la tribune de la Chambre
des députés, lors d'une discussion sur la démocratisation
de l'enseignement, à un député de la droite
m'interrompant pour dire : « Vous êtes vous-même
la preuve que, dans notre régime que vous combattez,
un fils d'ouvrier peut accéder à la plus haute
culture! » Je me souvenais des mains déformées de
ma grand-mère faisant, à la journée, des ménages et
des lessives, et des jambes bleuies de ma mère,
colportant de maison en maison du café pour que je
puisse continuer mes études. N'est-ce pas au
contraire la preuve de la monstruosité d'un système
que le gâchage de plusieurs vies, dans une famille
ouvrière, soit nécessaire pour permettre à un seul
enfant d'accéder à ce privilège?
C'était là l'autre pôle de mon expérience. Juché
sur ces sacrifices et ces mutilations, oui, c'était bien
un privilège dont je jouissais : émerger dans un
autre monde qui avait toutes les apparences de la
liberté. L'on y avait le loisir de donner soi-même un
sens à sa vie. Ce sens ne lui était pas donné du
dehors : il semblait naître de notre choix. Cette trop
éblouissante lumière, au sortir d'un monde où elle
filtre si peu, me donna très tôt l'impression d'un
arbitraire vertigineux, d'une liberté sans contenu.
La contradiction de ces deux mondes, celui de la
vie quotidienne des miens, et celui de la culture, me
donnait le sentiment de l'irréel, du fantastique, et
les vieilles antithèses et les vieux concepts de la
nécessité et de la liberté, de la matière et de l'esprit,
me paraissaient bien mornes, bien abstraits et bien
gris pour traduire mon angoisse et mon vertige.
J'avais besoin d'une réponse plus vivante pour
m'arracher à ce dilemme vécu.
Je cherchais une parole de vie qui rendît compte
à la fois de la loi de mes deux mondes, c'est-à-dire,
dans le langage de mes vingt ans, qui montrât
comment le sens de la vie pouvait être à la fois subi
comme une nécessité contraignante et assumé dans
la responsabilité d'un choix libre et solitaire. Cette
parole je la trouvai d'abord dans la pensée chrétienne.
J'avais eu la chance, à Aix, comme étudiant,
d'écouter les dernières conférences de Maurice
Blondel, et nous nous passions en cachette sa thèse
condamnée, L'Action, dont je conserve encore,
comme un tison, un exemplaire original dactylographié.
Chacun de ses thèmes majeurs m'interpellait
directement : l'homme est trop grand pour se suffire
à lui-même; il ne peut se réaliser qu'en se dépassant;
agir c'est ajouter au monde quelque chose de
soi; il y a toujours contradiction entre l'infinité du
vouloir et la finitude, l'inachèvement des objectifs
atteints ; « les idées qui nous aimantent en haut ne
sont pas toutes de nous ; elles mettent en nous une
force qui est celle d'une présence réellement transcendante»;
«l'action a sa sève propre. Elle est
toujours au-delà ». Ce livre m'emportait dans son
mouvement. Il n'a cessé de le faire. Et je le tiens
encore pour l'un des plus grands ouvrages que j'ai
lus : l'un de ceux qui peuvent changer une vie.
Ce fut ensuite la théologie de Karl Barth, et la
méditation, à Strasbourg en 1935-1936, où je
préparais mon agrégation de philosophie, de
l'oeuvre entière de Kierkegaard. Une transcendance
aussi exigeante me parut sauver toutes mes contradictions
intimes. Elle n'arrêtait pas la recherche par
quelque synthèse abstraite et maintenait toutes les
tensions intérieures. Elle interdisait le contentement
de soi et la suffisance : « Tout ce que je dis de Dieu,
c'est un homme qui le dit », écrivait Karl Barth. Je
dois au Commentaire de l'épître aux Romains, à
Parole de Dieu, parole humaine de Barth, d'avoir
compris, pour la première fois, ce qu'est une
réflexion qui porte en elle son propre dépassement.
Ma contradiction était transposée. Elle n'était
pas surmontée. Au contraire : elle devint pour moi
plus insupportable encore lorsque j'essayai de
témoigner, dans ma famille et dans mon parti, de ce
que je venais d'entrevoir. Je dus me rendre à cette
évidence brutale : la vision chrétienne du monde
m'excluait des miens, de la classe ouvrière. J'en ai
pris conscience il y a plus d'un tiers de siècle.
Depuis lors d'autres ont fait la même expérience.
D'une manière exemplaire, les prêtres-ouvriers.
Mon erreur avait été la leur : s'il était vrai que la
classe ouvrière est seulement la classe qui souffre,
peut-être le christianisme correspondrait-il à son
attente, car il a su exprimer et transfigurer la
souffrance en lui donnant une signification qui la
magnifie au delà de toute nature, de façon « surnaturelle».
Mais la classe ouvrière n'est pas seulement ceux
qui souffrent. Elle n'est pas seulement laminée par
les lois de fer du capital : elle en porte en elle, par
ses combats, la négation vivante. Elle porte en elle
ses propres valeurs de pensée et d'action, et les plus
hautes valeurs naissent de son combat lui-même. Si
je n'ai connu, enfant, que les misères de la classe
ouvrière, et si ces misères ne m'avaient posé que des
problèmes, j'ai eu ensuite l'expérience des luttes
ouvrières; ce sont elles qui m'ont orienté vers les
réponses et les solutions.
C'est ce qui me conduisit, en 1933, à adhérer au
Parti communiste. Cette adhésion portait tout le
poids de ma vie, son sens total. J'étais encore, à
Marseille, un militant chrétien, et j'entendais le
rester lorsque je me suis présenté au siège du Parti
communiste. Celui qui m'y reçut, un dirigeant des
Jeunesses communistes, Guidicelli (qui devait tomber
sous les balles des miliciens, à Lyon, en 1944)
me montra pour la première fois le texte de Lénine :
un pope même peut entrer dans le Parti bolchevique
s'il y accomplit honnêtement ses tâches de militant.
Tous, alors, n'avaient pas la même ouverture, et,
lorsque je fus affecté à une cellule, à Saint-Barnabe,
un vieux communiste, Tarnat, m'expliqua longuement
que l'étudiant que j'étais, comme tout intellectuel
d'ailleurs, était nécessairement un traître, et
qu'il saurait bien me dégoûter au plus vite de cette
« aventure » que je cherchais dans le Parti! Il me fit
affecter aux tâches les plus ingrates : les affichages
de nuit (sans timbre! ce qui exigeait bien des
cavalcades pour échapper à la police quand on
terminait, vers 2 heures du matin, au centre de
Marseille!), puis le service d'ordre (qui consistait
surtout en des bagarres avec les Croix-de-Feu du
colonel de La Rocque). Six mois après, le père
Tarnat, voulant vérifier le résultat de ce régime, me
demandait, goguenard :
— Tu restes?
— Je reste, et je suis heureux de rester.
Le vieux Tarnat, ce militant exemplaire, me prit
dès lors affectueusement sous sa protection, et
j'appris de sa veuve, à mon retour des camps, qu'à
sa mort il avait demandé que l'on mette dans son
cercueil ma dernière lettre, où je lui expliquais
d'une manière romantique—qui n'était pas dans son
caractère — qu'ayant perdu la foi chrétienne, je ne
renonçais pourtant pas à penser que le communisme
doit intégrer ce qu'il y a de meilleur dans les
valeurs chrétiennes.
Ce souci de « tenir les deux bouts de la chaîne »
— qui ne m'a pas quitté tout au long de ma vie —
me fit, en 1937, ébaucher un roman : Le premier
jour de m a vie, dont j'envoyai le manuscrit à
Romain Rolland. La lettre de sept pages par
laquelle il me répondit de sa fine et nerveuse
écriture est restée, comme L'Action de Blondel,
l'un des « tisons » qui n'ont jamais perdu leur
chaleur :
« J'ai lu votre lettre avec émotion, avec affection,
écrivait-il. Je vous remercie de la confiance que
vous me témoignez depuis tant d'années et que vous
m'exprimez seulement aujourd'hui. C'est par de
telles adhésions de l'âme, secrètes, muettes, que je
me suis senti soutenu, aux heures les plus solitaires
de ma vie. Je suis heureux que vous repreniez la
mission de Jean-Christophe, qui est de relier entre
elles les grandes forces de vie. Et cette mission n'est
nulle part plus souhaitable qu'entre les forces
religieuses de foi et d'amour agissant, et les forces
de foi et d'action sociale... l'harmonie qui est la plus
belle quand elle s'opère entre les dissonances (vous
connaissez la parole d'Heraclite que j'aime à citer)
ne peut être le fruit que d'une longue suite
d'épreuves et d'efforts, sanctifiés par un loyal
amour... »
Je venais alors d'être nommé professeur de
philosophie à Albi, où je recueillais avec avidité les
souvenirs de Jaurès, demeurés vivants chez de vieux
socialistes qui l'avaient connu et accompagné dans
ses combats. Je m'enracinais avec joie dans ce Tarn
où se forgeaient mes expériences de militant communiste,
parcourant à vélo le département, ville par
ville, village par village, avec une prédilection pour
Carmaux, où les mineurs m'avaient si affectueusement
accueilli.
Dans le Tarn j'ai rencontré pour la première fois
Maurice Thorez, à Noailles, chez le père Dupont,
un patriarche du socialisme français, qui avait seize
ans au temps de la Commune de Paris. Maurice
Thorez l'aimait comme s'il eût été son père.
Lorsque le papa Dupont lui parla de cet étrange
intellectuel venu du christianisme qui militait au
Bureau fédéral du Tarn, Maurice m'accueillit à
Noailles avec une compréhension qui ne s'est
jamais démentie jusqu'à sa mort. Il me parla
longuement, ce soir-là, de La Guerre des paysans
d'Engels, et du prophétisme de Thomas Mùnzer au
temps de la Réforme. C'était l'époque où, après
avoir, le premier dans le mouvement communiste
international, pris l'initiative de « la main tendue »
aux catholiques, il avait évoqué — dans un discours
à la Mutualité qui montre bien combien il s'agissait
d'autre chose que d'une manoeuvre tactique —
l'apport chrétien à notre culture. Pendant près de
trente ans nous avons avec lui parlé de ces
problèmes. Je me souviens d'un jour, en 1949, où il
me fit appeler dans son bureau, au 44, en me
montrant, avec un sourire indulgent, un paquet de
lettres : « Tes articles, me dit-il, me valent une
grosse correspondance! Tu as écrit que « le marxisme
s'appauvrirait si saint Augustin, sainte
Thérèse d'Avila ou Pascal lui devenaient étrangers»,
et voilà trente-sept lettres de protestations
venant de bons camarades. Je pense que sur le fond
tu as raison. Il fallait le dire puisque c'est vrai. Mais
il faut aussi tenir compte de vieilles expériences de
nos militants en butte à la politique de l'Église, de
vieilles traditions anticléricales chez nous, un peu
sectaires, c'est vrai, mais nourries, et bien souvent
justifiées, par l'attitude de l'Église. Tu as le souci
juste de faire comprendre nos idées à nos adversaires.
C'est bien. Mais veille aussi à avoir la même
patience et à faire les mêmes efforts pour être
compris de nos camarades et pour les comprendre. »
Reproche affectueux qu'il me fit souvent : « Sur
le fond tu as raison; cet effort d'ouverture est juste
du point de vue théorique, et il est utile au parti.
Mais fais attention à tes formulations : quelquefois
tu exagères. » Et il ajoutait en riant : « Tu n'es pas
marseillais pour rien! »

Roger Garaudy, Parole d'homme, Ed Robert laffont,
1975, Chapitre Liberté, libération ?                                  >>A SUIVRE ICI>>
Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy