1 septembre 2013

Syrie: arguments contre une intervention militaire occidentale programmée. Camille Loty-Malebranche



Syrie, quatre considérations qui désapprouvent une intervention militaire occidentale.


 1) Le recours incriminé à l’arme chimique peut être l’œuvre de n’importe lequel des deux camps. Et, vu les circonstances connues, ce sont les rebelles à la solde de l’occident qui avaient intérêt à en faire usage pour justement donner prétexte à l’invasion dont on nous rebat les oreilles dans la frénésie médiatique qui s’en est emparée.

2) L’alibi ridicule de protection des civils ne fait plus recette quand on sait que les trois précédentes invasions des Usa et de leurs alliés (Afghanistan, Irak, Libye) se sont soldées par le centuple des hécatombes que l’on prétendait faire cesser via l’usage de la force interventionniste. 

3) Parce que l’occident est trop plongé dans cette guerre qu’il mène sur le terrain syrien par interposition de ses alliés des pétromonarchies et des mercenaires (miliciens et militaires) faisant régner la terreur, agissant en terroristes avec attentats aux voitures piégées et autres massacres de civils. L’occident ne peut pas être juge et partie. Les mêmes humanistes qui ont déjà largué sur des populations des bombes atomiques, du napalm, de l’agent orange, de l’uranium appauvri par amour de la vie humaine et de l’environnement, sont-ils bien placés, vu leur permanence persévérante dans l'altruisme exterminateur, pour faire leçon d’humanité à tous, en fouettant les malappris ?

4) Le seul but de cette guerre et de la rage invasive en cette région du Moyen-Orient, c’est de la géostratégie pour raffermir, rétablir l’hégémonie branlante des Usa et de leurs alliés perdant pied partout sur la planète, alors que les puissances occidentales sont en crise économique, dans un monde multipolaire où les occidentaux savent que leur domination est condamnée à reculer encore et encore, relativisée par les nouveaux pôles. Ce bellicisme n’a que faire des peuples ni de la démocratie, l’occident aurait déjà renversé les princes saoudiens, de loin plus terribles que les Assad, avec leur exécution de femmes, leur amputation punitive selon l’islamisme au pouvoir…  

C’est donc en tenant compte des faits susdits - tout en n’appuyant nullement Assad, car nous sommes contre toute république dynastique en congruence avec notre dédain du monarchisme, fût-il occidental - que nous conspuons l’interventionnisme des establishments occidentaux qui ne désirent que massacrer les populations, pulvériser les structures d’États qu’ils savent si bien réduire au stade préindustriel, tout en provoquant du chaos meurtrier dans les pays où la paix et le pouvoir en place ne garantissent pas la prépondérance des puissances occidentales. L’occident meurtrier, lorsqu’il intervient militairement, ne protège personne ni quoi que ce soit, que ses mesquins intérêts impérialistes, tant stratégiques (ici le gain d’une tête de pont à l’orée de l’Iran et de la Russie) qu’économiques.

 La frénésie de pulvériser des pays par amour des peuples y vivant afin d’apporter la démocratie yankee par les exterminations humanitaires à l’uranium appauvri, doit finalement être mise à la poubelle de l’indécence et du crime. Le moralisme interventionniste et toute la faconde démocratique contre les dictateurs que nous déversent les dirigeants étasuniens ne sauraient nous faire oublier que ces moralisateurs sont des promoteurs de mort par des bombardements criminels indistincts des civils et la paupérisation exterminatrice par l’imposition d’une économie immonde inhumaine, martyrisante qui affame le monde et rend misérable le peuple étasunien lui-même, dans un pays où les milliardaires s’enrichissent démocratiquement de leur propre crise provoquée aux dépens des masses qui s’appauvrissent jusqu’à la misère la plus crasse.

 CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

Article source à lire en entier à:  http://intellection.over-blog.com/syrie-quatre-consid%C3%A9rations-qui-d%C3%A9sapprouvent-une-intervention-militaire-occidentale
Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas,
Comment les ténèbres
Deviendront-elles clarté ?

Nazim Hikmet, poète communiste turc (1901-1963), traduit par son ami Garaudy