07 février 2016

Il est contraire à l'honneur du musulman de tirer sur un homme désarmé

Source: ici

Cette histoire s'est passé dans ma ville natale Djelfa. Là où Garaudy a rencontré le comportement de l'islam pour la première fois.
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Au début de la Deuxième Guerre mondiale, Garaudy est considéré par les autorités du régime de Vichy comme un Propagandiste Révolutionnaire. On l’affecte donc à la « Septième DINA » (Division d’Infanterie Nord-Africaine) en Algérie, aux confins du Sahara. Au côté des Arabes marocains, algériens et tunisiens, vont se trouver à combattre des résistants au fascisme que l’on a envoyés combattre aux points les plus meurtriers. Le 4 mars 1941, au moment où un convoi de volontaires étrangers vient se joindre à eux, Garaudy, ainsi que tous les réfractaires de son camp, contreviennent à l’ordre du commandant français de s’enfermer dans leurs marabouts. Ils entonnent Au-devant de la vie… Le commandant, incapable de censurer cette impulsion contestataire donne l’ordre à la garde de tirer. Garaudy, l’espace d’un instant, croit qu’il va mourir. L’attente se fond en silence. La notion de vivre l’instant présent prend alors une autre signification ; comment, remettre à plus tard, désormais, ce qui est possible d’être accompli maintenant. Il n’a que vingt-huit ans. Mais ils ne tireront pas. Ces hommes étaient musulmanes. Garaudy dit de ces derniers : Ces inconditionnels de Dieu nous ont fait vivre : il est contraire à l’honneur de guerriers musulmans qu’un homme armé tire sur un homme désarmé. Ils avaient, avant nous, l’expérience de la transcendance vécue.

Source : Roger Garaudy, Mon tour du siècle en solitaire, Mémoires, Paris, Robert Laffont, 1989, p. 66.
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Oui il est contraire à l’honneur de guerriers musulmans qu’un homme armé tire sur un homme désarmé.
Aujourd'hui certains se proclament de l'islam et n'hésitent pas à tirer sur des hommes, des femmes, des enfants innocents !! Ils ne connaissent pas l'honneur du musulman.
Attention : Je suis en profond désaccord avec certaines thèses et idées de Garaudy

  Imam Abdallah-Valence
http://www.imamabdallah.com/

[LIRE AUSSI:  http://rogergaraudy.blogspot.fr/2012/02/4-mars-1941-communiste-deporte-djelfa.html . NDLR]

06 février 2016

Jean Lurçat (1892-1966), un homme qui peignait

 
« — Pourquoi peignez-vous ?
« — Pour tenter de devenir un homme, Monsieur. »
C'est la réponse de Jean Lurçat à une interview de la télévision.
C'est la réponse de sa vie entière à son époque saisie en son tout.
Cette histoire proche commence mal : Jean Lurçat a 22 ans
lorsqu' éclate la première guerre mondiale. Il restera toute sa vie « sur
le front ». Pas seulement des tranchées de l'Argonne aux maquis du
Lot en passant par la guerre d'Espagne. Mais sur tous les fronts où se
joue le destin des hommes, et toujours du côté de ceux qui aiment
l'avenir.
Sans optimisme béat : il y a le chaos, oui. Mais il existe des
forces capables de le surmonter. Dans l'art comme dans la vie. Dans
la poésie comme dans le combat.
 
Roger Garaudy
 

02 février 2016

De la théologie de la libération à la théologie de l'abrutissement

Il y a eu dans les années 1970, en Amérique latine, un vaste courant de pensée théologique appelé «théologie de la libération». Authentiquement chrétienne par son œcuménisme et son enracinement biblique, elle engendra un mouvement socio-politique important qui s’était donné pour objectif de rendre dignité et espoir aux plus démunis de la société, en les libérant de leur intolérable condition de vie. Les communautés qui se sont inspirées de ce courant de pensée ont bouleversé l’ordre socio-politique dans plusieurs pays du continent sud-américain, en menant une lutte sans merci contre les systèmes oligarchiques émanant des régimes autoritaires et des dictatures militaires soutenus par les États-Unis. Plutôt que d’enseigner aux peuples comment se libérer de leurs « bourreaux », les églises dites de «réveil », qui pullulent un peu partout en Afrique sub-saharienne, préfèrent abuser des populations vulnérables ne sachant plus à quel saint se vouer, en leur promettant « bénédictions » et autres âneries du genre. C’est « la théorie de l’abrutissement ».
Dans un pays comme la République à démocratiser du Congo, par exemple, il existe des milliers d’églises et des « pasteurs-stars» et riches prêchant des «brebis » de plus en plus pauvres. Les églises sont devenues des lieux d’abrutissement des masses. Dès qu’on y adhère, on perd la raison et on justifie toutes les dérives des pasteurs, au nom du Saint-Esprit ! À la critique objective, les « croyants » ou « brebis » (c’est selon) opposent ce passage de 1 Chroniques 16:22 disant «Ne touchez pas à mes oints». Quand on demande aux pasteurs de condamner les dérives de nos politiques, ils répondent en s’écriant que « l’église est apolitique ». Quand la même parole de Dieu libère en Amérique latine, elle abrutit en Afrique !!! Je respecte la foi de tout un chacun, mais je pense qu’il faudrait peut-être songer à fermer pour un moment les églises dites de « réveil » en Afrique, histoire d’éviter un abêtissement massif et irréversible de nos populations. Au fond, ce n’est pas la Bible qui pose problème, mais ceux qui s’en servent pour atteindre d’inavouables desseins…

L'appropriation des biens et son usage selon Thomas d'Aquin

 http://www.poesie-action.com/2016/01/le-droit-de-propriete-selon-st-thomas-d-aquin.html:

"En effet rien de ce qui est de droit humain ne saurait déroger à ce qui est de droit naturel ou de droit divin.
Or selon l'ordre naturel institué par la divine providence, les réalités inférieures sont subordonnées à l'homme, afin qu'il les utilise pour subvenir à ses besoins. Il en résulte que le partage des biens et leur appropriation selon le droit humain ne suppriment pas la nécessité pour les hommes d'user de ces biens en vue des besoins de tous.
Dès lors, les biens que certains possèdent en surabondance sont destinés, par le droit naturel, à secourir les pauvres.

C'est pourquoi saint Ambroise écrit : «Le pain que tu gardes appartient à ceux qui ont faim, les vêtements que tu caches appartiennent à ceux qui sont nus et l'argent que tu enfouis est le rachat et la délivrance des malheureux. »

Or le nombre de ceux qui sont dans le besoin est si grand qu'on ne peut pas les secourir tous avec les mêmes ressources, mais chacun a la libre disposition de ses biens pour secourir les malheureux.
Et même, en cas de nécessité évidente et urgente où il faut manifestement prendre ce qui est sous la main pour subvenir à un besoin vital, par exemple quand on se trouve en danger et qu'on ne peut pas faire autrement, il est légitime d'utiliser le bien d'autrui pour subvenir à ses propres besoins; on peut le prendre, ouvertement ou en cachette, sans pour autant commettre réellement un vol ou un larcin." (Thomas d’Aquin, Somme théologique)

Commentaire:

Nous avons pour habitude de penser que nous avons le droit absolu de disposer comme nous l’entendons des biens que nous possédons, en particulier de ceux qui sont le fruit de notre travail.
C’est pourtant ce que conteste Thomas d’Aquin, philosophe et théologien chrétien du Moyen-âge, qui affirme dans cet extrait de son œuvre Somme théologique que nous avons l’obligation de donner le surplus de nos biens à ceux qui en ont besoin et qu’autrui a même le droit d’en disposer sans notre accord en cas de nécessité vitale.
 Mais comment l’auteur justifie-t-il cette limitation du droit de propriété ? Est-ce qu’il n’est pas injuste d’obliger ceux qui ont plus à prendre en charge ceux qui ont moins ? En outre affirmer l’existence d’un droit de nécessité ne revient-il pas à légitimer les transgressions de la loi et à encourager la paresse, au détriment de la prospérité et de la moralité de la société?
Posséder un droit c’est être autorisé par la loi à faire un chose ; par exemple à exprimer notre opinion sans craindre pour notre sécurité. La loi nous garantit ce droit parce qu’il est juste et utile d’autoriser un être pensant à dire ce qu’il pense. Ainsi les lois, qui sont d’institution humaine, doivent avoir un fondement qui les légitime, c’est-à-dire qui en pose le bien-fondé ou en garantit la justice. C’est ce que rappelle Thomas d’Aquin lorsqu’il dit que « le droit humain », qui est ici l’ensemble des lois en usage dans la société, c’est-à-dire le droit positif, doit obéir à l’autorité d’un principe supérieur, « droit naturel » qui se confond pour l’auteur avec le « droit divin ».
Ce qui signifie que les lois que les hommes instituent doivent être conformes à l’intention divine telle qu’elle est compréhensible dans l’ordre de la création. Or cette intention est claire pour l’auteur : les biens que la terre porte, et qui sont à l’origine de tout ce qui sera fabriqué ultérieurement par les hommes, ont été créés pour servir à tous les hommes afin qu’ils puissent satisfaire leurs besoins.