06 juin 2016

De la sécession au dialogue. Par Roger Garaudy. 1- L’enjeu du dialogue des civilisations

[ Nous commencons aujourd'hui la publication d'une série de trois textes dactylographiés de Roger Garaudy regroupés par lui sous le titre "DE LA SECESSION DE L'OCCIDENT AU DIALOGUE DES CIVILISATIONS". Les titres de chacun de ces textes sont de l'administrateur du blog]

L'enjeu du dialogue
par Roger GARAUDY

L'enjeu du dialogue des civilisations dépasse largement les problèmes de l'histoire et même ceux de la culture.
Quatre siècles de domination sans partage de l'Occident du XVIe siècle au milieu du XXe, ont conduit à imposer au monde entier le modèle faustien de culture occidentale, c'est-à-dire une conception "unidimensionnelle" de l'homme voué au scientisme positiviste et à la technique au service de la
volonté de puissance de l'individu. Ce modèle de culture commande un
modèle de développement caractérisé par une croissance quantitative sans fin
de la production et de la consommation.
Le colonialisme, et ses séquelles d'aujourd'hui, a consisté à intégrer, par la
force ou la ruse, tous les autres continents à ce modèle de culture et au modèle
de croissance qui en découle.
L'ambition cartésienne et faustienne de domination de la et
d'affirmation de la toute puissance de l'homme a abouti à son contraire :
- des rapports avec la nature qui réduisent la nature à n'être qu'un
réservoir de matières premières et un dépotoir pour les déchets industriels
n'ont pas conduit à la maîtriser mais à en épuiser les ressources et à détruire
l'environnement de l'homme ;
- des rapports avec l'homme qui réduisent l'homme à n'être que
producteur ou consommateur, ou citoyen abstrait, ont conduit les sociétés
occidentales à osciller constamment entre individualisme de jungle et un
totalitarisme de termitière ;
- des rapports avec l'avenir conçus par une futurologie positiviste sous la
seule forme d'une extrapolation technologique à partir du passé et du présent,
ont abouti à exclure toute réflexion sur les finalités propres à l'homme, à
mutiler l'homme de sa dimension spécifiquement humaine : la transcendance,
la possibilité permanente de rupture avec son passé pour permettre
l'émergence poétique de formes de vie inédites.

04 juin 2016

Du malheur des pauvres et de la loi Gayssot...



Vergès et Garaudy en 1998
Entretien avec Maître Jacques Vergès (19 avril 2006)

Silvia Cattori : L’ouvrage "Malheur aux pauvres", que vous venez de publier, dresse un constat accablant pour la justice. Cela doit dépasser le cas de la France sur lequel vous avez fondé votre argumentation. Vous écrivez : « La justice méprise les parias... ne les protège nullement », ce qui suggère qu’il n’y aurait pas toujours, de la part du corps judiciaire, l’exigence que la sanction soit juste. Qu’avez-vous voulu dire précisément par ce livre ?

Jacques Vergès : Je veux montrer par une série d’exemples comment la justice est injuste. Comment elle est extrêmement sévère et désinvolte avec les pauvres, les faibles, et comment elle est obséquieuse, complaisante, avec les puissants.
Je prends comme exemple, entre autres, ce que l’on a appelé « les disparues de l’Yonne » : une dizaine de jeunes filles, d’origine pauvre, et handicapées, confiées à l’assistance publique, disparaissent les unes après les autres. Jamais, pendant dix ans, l’on n’a mené d’enquête. On a mis sur leur fiche « fugue », alors qu’en fait elles avaient été tuées par un individu qu’un rapport de gendarme avait pourtant montré du doigt. Le procès n’a eu lieu que vingt ans après. Je dis, au travers de ce cas, que si les jeunes disparues avaient été filles d’un médecin, d’un avocat ou d’un ministre, on aurait enquêté immédiatement et on n’aurait pas mis « fugue » sur leur fiche.
Actuellement vous avez, à Toulouse, trente-cinq prostituées qui ont été tuées depuis une quinzaine d’années, retrouvées la gorge ouverte, les dents cassées, une grenade entre les jambes et, pour chacune, on a mis « suicide » sur la fiche ; manifestement ce sont des pauvresses, et on n’a pas voulu s’en occuper.
Tout ceci montre comment l’on néglige les pauvres.
Un autre exemple, que je prends, est celui d’une petite Anglaise, Caroline Dickinson, violée et tuée dans une auberge de jeunesse. Le juge a demandé l’ADN de tous les mâles du village dès la puberté. Il a procédé à 3600 recherches d’ADN, et il a trouvé l’assassin.
Sur une route dans l’Ile-de-Ré, au mois d’août, une jeune femme est tuée à midi trente. On a recherché les 200 personnes susceptibles d’être passées sur cette route. Les campeurs, les marchands. On a fini par trouver l’assassin.
Dans le cas de Madame Marshal, trouvée morte dans sa cave avec l’inscription « Omar m’a tuer », sous chacune des inscriptions on a trouvé une tache de sang. A ma demande, on a déterminé que le sang était bien celui de Mme Marshal mais que dans chacune des taches, il y avait un ADN d’homme. Or, alors que les deux ADN étaient différents entre eux et aussi différents de l’ADN d’Omar Addad, c’est ce dernier que l’on a accusé. Il y avait 15 ADN à retrouver. La cave d’une villa cossue est moins fréquentée qu’une auberge de jeunesse. Eh bien, la Cour de révision a dit non, on ne peut pas dater l’ADN - ce qui est vrai, mais pas plus que sur la route de l’Ile-de-Ré - et il est entré beaucoup de monde dans la cave - mais moins que sur la route pendant les vacances d’été.
Quelle est la différence ? La différence est que celui qui entre dans une auberge de jeunesse et tue une jeune fille est un marginal, un routard, un pauvre type. Par contre, si ce n’est pas Omar Addad qui a tué Mme Marshal, c’est quelqu’un de sa domesticité ou de son entourage. Or, dans la domesticité, en dehors d’Omar Addad, il n’y avait que sa femme de ménage. Ce ne pouvait donc être que quelqu’un appartenant à la très grande bourgeoisie. Alors, à ce moment-là, on dit : « On ne peut pas rechercher ».
Voilà donc les exemples que je prends, qui montrent comment la justice, quand il s’agit des pauvres et des faibles, est extrêmement sévère ; et quand il s’agit des puissants, est extrêmement complaisante. Je dirais même, complice.

03 juin 2016

Acuerdo de los pueblos 22 de Abril 2010



COCHABAMBA, ACUERDO DE LOS PUEBLOS: HOY, NUESTRA MADRE TIERRA ESTÁ HERIDA Y EL FUTURO DE LA HUMANIDAD ESTÁ EN PELIGRO
ACUERDO DE LOS PUEBLOS
DECLARACIÓN FINAL

01 juin 2016

Un récit historique étonnant dans la Bible, le livre d' « Esther »

[Un lecteur du blog décortique un des livres les plus "anti-évangéliques" de la Bible. Merci à lui. AR]


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Dans le Canon juif le livre d'Esther fait partie des Hagiographes. C'est un des cinq Meguilloth ou rouleaux des jours de fête. Il est même appelé quelquefois la Meguilla, le rouleau par excellence; car, à cause de son contenu, il jouit d'une très grande considération chez les Juifs, dont il flatte l'orgueil national. Ils ne se sont pas lassés de le copier, et quand, dans un musée, on voit un beau manuscrit hébreu, on peut immédiatement supposer que c'est une paraphrase (targoum) d'Esther. Maïmonides, au XIIe siècle, disait qu'à l'avènement du Messie tous les livres saints seraient abolis, sauf la Loi et Esther qui, avec la Tradition, demeureraient impérissable
Ce livre nous raconte l'histoire d'un roi, Assuérus, qui régnait sur l'empire perse. De caractère colérique, versatile, à la suite d'un épisode que l'on pourrait qualifier de « scène de ménage », il renvoie la reine en titre et se met en recherche d'une nouvelle reine. Ce sera Esther, d'origine juive qui sera choisie. Le grand vizir de la cour, Haman, vexé dans son orgueil par l'attitude de l'oncle d'Esther, Mardochée, qui refuse de se courber devant lui, décide et obtient du roi, un décret d'anéantissement de la communauté juive dans l'ensemble du royaume qui comprenait 127 provinces. La reine intervient et usant de son charme, réussit à empêcher l'accomplissement de l'ordre de génocide. Bien plus, c'est la communauté juive qui massacre tous ses ennemis (75 800 morts, dont le  grand vizir et ses dix fils, tous pendus au gibet). Cet événement a donné lieu à une fête, dite des Pourim, un genre de carnaval, encore fêtée aujourd'hui par la communauté juive.

Marc