Introduction à « 6000 ans de Mythes - Des Patriarches
aux Sionistes », « Sionisme et Chrétienté - L’alliance », « Hitler -La
Marionnette des Sionistes », « Israël - Le Quatrième Reich (éd.
Euro-minorités, Vitrolles)»
Alain Coutte met sur le marché
simultanément cinq nouveaux volumes, autant d’armes de destruction
massive contre l’idéologie dominante, à condition qu’ils circulent.
Comme dirait Régis Debray, le message c’est le média. Alain Coutte a pu
financer seul ses publications, jusqu’à maintenant ; il détient donc le
principal organe de transmission. Ses ennemis peuvent agir avec lui
comme cela s’est pratiqué dans le passé, avec d’autres volumes qui leur
déplaisaient : ils peuvent lui racheter tous les exemplaires (avec lui
la menace de procès ne suffira pas). Ils en ont certainement les moyens.
Mais est-ce vraiment leur intérêt ? Avec Internet, le rendement de
l’opération ne serait guère performant. En tout cas, il s’agit de livres
assez gênants pour les sionistes et les post-sionistes ; on peut donc
s’attendre à toutes les manœuvres de rétorsion. Les Français,
normalement, jusqu’à une date récente, n’aimaient pas trop qu’on leur
dise : ne lisez pas ceci, ou n’allez pas voir tel spectacle.
Norman Finkelstein,
Dieudonné, sont parmi les créateurs dont le prestige a
grandi d’autant plus que les censeurs ont pris la peine de les fustiger.
On ne saurait trop recommander aux curieux de se précipiter sur les
livres qu’on leur recommande de ne pas lire : ce sont quand même des
livres fragiles, qui peuvent disparaître très vite de la circulation,
comme leurs auteurs. Les fatwas sionistes sont souvent efficaces :
Cheik Yassine,
Rantissi,
Arafat n’ont pas échappé aux attentats ciblés ; avec
la racaille intellectuelle dont nous disposons, en France, le lynchage
salonnier se pratique tous les jours, comme la chose la plus naturelle
du monde, dans la bienséance.
Il faut donc le lire en vitesse,
coûte que coutte. Il avait fait un travail surprenant avec
Le Complot,
un des tous premiers démontages des mensonges du 11 septembre, suivi de
Irak, la Ruée vers l’Or, et de
Washington, les Prédateurs. Interloqués,
les organes israéliens en France avaient rapidement affublé l’auteur
bizarre de noms d’oiseau méprisants. Cette fois-ci encore, les
couvertures tapent très fort, si fort, finalement, qu’on est frappé de
stupeur, et qu’on se dit : ce n’est pas un modèle courant de « néo-nazi »
échappé d’un asile, comme ils disent, il a peut-être bien quelque chose
à dire. Ainsi, après un premier mouvement de recul devant son culot à
l’abordage, on se dit : « Quand même, ce Hitler aux yeux clairs qui nous
défie, là, en couverture, ne serait-il pas en train de nous dire :
«J’ai été la marionnette des sionistes, maintenant c’est votre tour» ? »
Et en catimini, il est franchement prudent de les ouvrir, ces tomes
horripilants (au sens propre : qui font dresser les cheveux sur la
tête). Il y a plus à découvrir là-dedans que n’en contiennent
habituellement quelque 2000 pages sur des sujets difficiles. Ce poids
impressionnant me rappelle mes fonctions universitaires, quand je suis
appelée à participer à des commissions de spécialistes ou à des jurys de
thèse, ces occasions où les profs font bêtes de somme, et croulent sous
les « travaux » des autres, collègues et futurs collègues. D’autant
plus qu’on trouve au début de certains volumes de Coutte un chapitre «
De quoi vont-ils m’accuser ? » C’est en accusé, comme un doctorant, que
se situe l’auteur, avec un mélange d’insolence et de méfiance, tout à
fait justifié par les circonstances. Si la soutenance avait lieu en
quelque docte Sorbonne, il y aurait certainement des profs pour
s’étendre sur les défauts de la présentation, les redites, les
coquilles, le manque de bibliographie et d’index, les transitions
bâclées, toutes ces fantaisies communes aux nouveaux venus à
l’Université. Oui, mais… et le fond ? Espérons que les historiens
spécialistes des questions traitées vont se manifester… plutôt que les
tribunaux.
Tout jeune chercheur est aussi un accusateur, et il a
bien raison. Il renvoie au corps enseignant une image quelque peu
caricaturale de ce qu’il a appris : mais il transmet, il prouve qu’il
continuera à transmettre, et cela seul compte vraiment. D’autant plus
qu’Alain Coutte n’aspire pas à un titre universitaire, justement, mais à
devancer l’université. C’est vexant pour celle-ci, mais c’est le propre
des universités populaires de s’asseoir sur les règlements, et d’aller
plus vite que la musique, pour le plus grand bien de la rue. Cet
étudiant-là a fait ce qu’il fallait faire, mention Très Honorable. Son
travail s’inscrit dans la démocratisation croissante de la critique du
sionisme.
C’est probablement avec le succès mondial du livre de
Roger Garaudy
« Les Mythes fondateurs de la politique israélienne » que
cette dynamique s’est mise en marche, alors que jusque là, ces questions
ne sortaient pas du ghetto des historiens professionnels très austères
ou de la langue de bois des militants. En France, Roger Garaudy a été
condamné par les tribunaux, mais son livre n’est nullement interdit.
Dans le monde arabe, c’est un best-seller, par la simplicité toute
pédagogique avec laquelle y est exposé l’enchaînement de mythes qui
aboutissent à la pratique monstrueuse des gouvernements israéliens, des
origines jusqu’aujourd’hui. Mais Coutte ne prend pas appui sur ce livre
de 1996, déjà mythique ; c’est plutôt la réflexion théologique de
Garaudy qu’il prolonge, en distinguant très nettement judaïsme et
sionisme, thème que Garaudy a lui-même repris dans un ouvrage
postérieur, parcouru par un grand souffle œcuménique :
Le terrorisme occidental, éd. Alqalam Paris, 2004. De façon originale, Alain Coutte a
choisi de rattacher toute l’information historique épineuse qu’il donne à
ses sources juives. C’est d’ailleurs un des aspects les plus
encourageants de sa recherche : si on le suit dans sa thèse centrale,
l’opposition vivace et tenace entre judaïsme et sionisme, alors
l’effondrement de l’intérieur du suprématisme en Israël est tout à fait
envisageable, à condition que les juifs découvrent toute cette
information dont ils sont privés. La biographie de Theodor Herzl et de
l’extinction de sa descendance est un chapitre édifiant et surprenant,
dans ce domaine. L’autre question centrale, pour Coutte, est l’hypothèse
selon laquelle Hitler et les sionistes envisageaient avant la guerre
d’un commun accord le transfert du maximum de juifs européens en
Palestine. Il accumule là de nombreux éléments concordants, de sources
certainement peu connues du lectorat auquel il s’adresse, ces millions
de gens qui se sentent en danger et qui se reconnaîtront parmi les
personnes à protéger, selon les objectifs de l’association «
Euro-minorités » présentée en tête de chaque volume : les braves gens
qui détestent les démagogues, les racistes et les menteurs serviles.
Pour
les autres sujets abordés par Alain Coutte, il m’en coûte de m’arracher
au clavier : comme toutes les bonnes blagues, et les secrets
importants, on éprouve le besoin de les partager d’urgence avec le monde
entier ! Mais il faut absolument que ses livres soient lus, et non pas
déflorés. Les sionistes nous feront bien une petite liste des choses les
plus scandaleuses qu’on y trouve ? Ils ont des secrétaires pour cela :
ne leur gâchons pas le boulot. En tant qu’enseignante, il est de mon
devoir de souligner les mérites de son travail que les sionistes ne
signaleront certainement pas : la construction de l’ensemble comme vaste
chronologie. Cet ordre simple est toujours le meilleur, parce qu’il est
élémentaire, naturel et fécond. La recherche est sous-tendue par
l’indignation face au terrorisme israélien en Palestine, et face au
terrorisme idéologique que les sionistes prétendent faire régner en
Occident : mais le résultat est un dépassement des impasses
habituellement qualifiées de révisionnistes ou antisémites. La notion du
génocide, et des responsabilités autour d’un génocide, est approfondie,
nullement sujette à une vision réductrice, bien au contraire ; de
nombreux génocides sont évoqués, avec leurs spécificités. Et le poids de
la honte pour l’Occident rejoint le mystère de l’iniquité pour tout le
genre humain.
L’un des travers qui affecte les spécialistes du
nazisme et du sionisme, c’est qu’ils sont lugubres ; or ceci les enferme
dans un ghetto d’incommunication, ils agacent particulièrement la
jeunesse ; ils sont sinistres, soient qu’ils fassent des opérations
arithmétiques dans des listes de cadavres, soit qu’ils rajoutent de
nouveaux adjectifs accablants sur la tête des juifs (avec une minuscule,
je ne suis pas raciste, je ne considère pas qu’il s’agisse d’une race
comme les Noirs, les Indiens, les Blancs ou les Australopithèques). Les
deux volumes sur
« Hitler - La marionnette des sionistes » sont très
drôles, et restituent certainement une bonne part de l’ironie objective
de l’histoire.
« Israël - Le Quatrième Reich », est d’une écriture plus
soutenue, et abonde en informations très récentes. Les miracles de
l’Internet permettent à l’auteur d’être un virtuose du
copier-coller-couper. Mais il ne recopie que des choses importantes et
utiles, et qui n’avaient pas été regroupées sous ce format simple et
universel. A la fin du parcours, on est assuré que le disciple de
plusieurs générations d’historiens et d’antisionistes érudits mérite son
diplôme de l’Université de la Rue : il a pillé ses maîtres, qui seront
peut-être un peu vexés, mais il les fait lire généreusement, avec ses
manières d’éléphant rose dans la porcelaine qu’on n’osait pas sortir du
placard. Et c’est exactement ce dont la jeunesse a besoin.