Affichage des articles dont le libellé est Presse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Presse. Afficher tous les articles
23 novembre 2025
L’affaire Garaudy dans la presse nationale française (1995-1998), mémoire de maîtrise, Claire Andrieu. Recension
TEICHER Fabrice, L’affaire Garaudy dans la presse nationale française : analyse de la constitution d’une polémique autour du soutien de l’abbé Pierre à Roger Garaudy, Novembre 1995-décembre 1998, Maîtrise [Claire Andrieu], Univ. Paris 1 CHS, 2001, 194 p.
03 novembre 2022
Sur l'affaire Rushdie (1989)
Alors que Salman Rushdie a été l'objet d'une tentative d'assassinat 32 ans après la publication des Versets et la Lettre de Khomeiny, il n'est pas sans intérêt de publier ce que fut alors la réaction de Roger Garaudy. Ici une tribune dans le magazine "L'Evènement du jeudi".
05 février 2020
Apartheid en Ecuador
El filósofo francés Roger
Garaudy sostenía que en América Latina y en los pueblos pobres, como parte del
proceso implacable de dominación, se asesinaban todos los días escritores,
científicos, artistas; talentos formidables como los de Cervantes Saavedra, William
Shakespeare, García Márquez, Pablo Neruda, Gabriela Mistral, Tolstoi,
Dostoiyewski, Gorki, Hemingway, Stembeich, Pablo Picasso, Bethoveen, Mozart, y
muchísimos otros genios singulares, con la fórmula perversa de no brindar
educación, en forma planificada, a niños y jóvenes de esas sociedades.
Diego C. Delgado Jara
LIRE L'ARTICLE EN ENTIER ICI
01 janvier 2020
La laïcité dévoyée
Pour Angela Davis, "la laïcité a été transformée en arme contre les musulmans"
par Clément Arbrun
"Je n'accepte plus les choses que je ne peux pas changer, je change les choses que je ne peux pas accepter" déclarait Angela Davis, l'une des activistes les plus emblématiques du paysage américain. Mais que peut-on changer à la victoire de Donald Trump, à l'échec de la gauche et aux troubles de la société contemporaine ? Interrogée par Mediapart, l'icône anti-capitaliste de l'afro-féminisme l'affirme : "Nous avons sous-estimé l'attrait idéologique du racisme, de l’antisémitisme, de la misogynie et de la xénophobie". Douloureux constat que cette hégémonie de "la suprématie blanche" pour l'ex-adhérente des Black Panthers, qui en profite pour pointer du doigt les incohérences du système bi-partisan de vote américain.
Pour cette représentante de la fierté noire, le féminisme consiste à "transformer la société". Un appel révolutionnaire qui convient peu à la démocrate Hillary Clinton, à ses yeux "version étriquée" de cette lutte des sexes. En point d'orgue, l'intellectuelle exprime son inquiétude quant à l'islamophobie, dont l'omniprésence se traduit jusqu'en France. Ce qu'elle déplore en étudiant notre situation politique ? "La manière dont la notion de laïcité a été transformée en une arme contre les musulmans et la confusion entre le terrorisme et l'Islam...malheureusement, tout cela me rappelle les méthodes de Donald Trump". Plus qu'une analyse, un avertissement...
25 octobre 2019
Monothéisme du marché...
Intervention de Jamel El Hamri sur la radio France Maghreb 2 dans l'émission "Le Grand Forum" animée par Christophe Frot du lundi au vendredi de 16h a 18h (aout 2019.
20 octobre 2019
Muerte y marxismo humanista
Juan Luis Ruiz de la
Pena, Muerte y marxismo humanista. Aproximaciôn teolôgica (Agora). Salamanque,
Ed. Sigueme, 1978.
Revue Philosophique de Louvain. Quatrième
série, tome 78, n°39, 1980. pp. 460-461
Il s'agit, à partir
d'une anthropologie philosophique ou de ce que Adam Schaff appelle la
philosophie de l'homme, de reconnaître et de défendre, en unissant thèses chrétiennes
et marxistes, le concept d'humanisme contre les tendances déshumanisantes, donc
antihumanistes, qui se font jour actuellement, spécialement dans le rationalisme
scientifique. L' (auteur). croit à la rencontre de ces thèses qui expriment des
préoccupations, des convictions communes. Le point de départ est le fait de la
mort que ne peut escamoter aucune anthropologie. Certes, la mort pose à l'homme
des questions troublantes et l'affecte même d'un coefficient de finitude,
c'est-à-dire de nullité ontologique. Ni Prométhée, ni Titan ne peuvent éluder
sa fatale nécessité. Plus profondément: la finitude de l'homme ne prouve-t-elle
pas la fin à venir de l'humanité? Le jeune Marx pose nettement le problème: «La
mort apparaît comme une dure victoire de l'espèce sur l'individu et paraît
contredire l'unité de l'espèce; mais
l'individu déterminé est seulement un être générique déterminé et, comme tel,
mortel».
Afin d'étayer sa
recherche, l'(auteur) se réfère à Roger Garaudy, c'est-à-dire à une théorie
marxiste de la subjectivité. A une espérance sans Dieu répond ainsi un
humanisme qui accepte une certaine transcendance de la personne; à la mort de
l'homme, s'oppose la résurrection de l'humain qui permet le choix et le risque
de créer. Le sens de la vie devient une intégration dans la totalité par
l'amour. Cependant, il reste difficile de définir la mort: continuité
biologique ? rationalisation de la vie? A l'intérieur d'une anthropologie à laquelle
des penseurs comme Ernst Bloch, Kolakovski,
Schaff et Garaudy donnent une coloration religieuse, l'humanisme marxiste récupère
les notions de sujet et de transcendance, de vie et de mort. L'(auteur) lui
oppose la réponse chrétienne : la résurrection du Christ apportant la réponse
de Dieu à la mort de l'homme. Alors le mystère de la mort devient le mystère même
de la personne, celui-ci étant le mystère de la transcendance divine. Demeure
la vraie question: le marxisme peut-il accepter cette conclusion, et plus généralement,
l'humanisme n'est-il pas le contrepied absolu de toute religion révélée? L'espérance
fondée sur un néant est-elle encore une espérance?
André Reix.
01 octobre 2019
Les femmes, la vie et l'amour
In: Population, 24e année, n°2, 1969. p. 378
Les femmes, la vie et l'amour. Semaine de la pensée marxiste à Bruxelles (16, 17, 20, 21 février
1967)
Paris, Éd. du Pavillon [1968]
Le thème
de cette semaine était : « La femme et ses responsabilités dans le monde
actuel ». Préfacé par Roger Garaudy, directeur du Centre d'études et de recherches
marxistes à Paris, cet ouvrage est le compte-rendu des exposés, ainsi que de
certaines interventions du public, lors de cette réunion. Dix orateurs ont pris
la parole,
dont les propos s'orientaient autour de quatre grands axes :
— le
premier, « Travail égal, salaire inégal », donnait lieu à un rappel historique, à une
prise de conscience de la situation actuelle et à l'adoption d'un certain nombre de
recommandations ;
— le
second, « La femme dans l'art », étudiant nettement le problème de la femme
objet, déclare un peu rapidement que l'art est destiné aux mâles et insiste sur les
difficultés sociales que rencontrent les femmes qui ont un tempérament artistique
;
— le
troisième, dont le titre est le même que le titre général, faisait le tour des sujets
trop importants pour être notés en si peu de phrases : le travail de la femme, la vie
du couple et la contraception;
— le
quatrième enfin, « La femme et ses responsabilités », envisage la rédaction du
statut social de la femme, examine la participation des femmes à la vie économique,
sociale et politique.
En conclusion, il faut faire appel à la justice et à l'amour fraternel, pour donner aux femmes leur place dans la société.
En conclusion, il faut faire appel à la justice et à l'amour fraternel, pour donner aux femmes leur place dans la société.
G. Go.
29 août 2019
La transcendance, une dimension de l'homme
Revue théologique de
Louvain
Les avatars contemporains du sacré, Mons (17-18 mai 1974)- Extrait
Par Julien Ries
In: Revue
théologique de Louvain, 5e année, fasc. 4, 1974.
pp. 515-516;
Article entier à lire ici:
https://www.persee.fr/doc/thlou_0080-2654_1974_num_5_4_1362
Article entier à lire ici:
https://www.persee.fr/doc/thlou_0080-2654_1974_num_5_4_1362
[…]
L'humaniste marxiste français, Roger Garaudy, bien connu par la publication
L'humaniste marxiste français, Roger Garaudy, bien connu par la publication
d'une
trentaine de livres, parla de Transcendance et révolution.
Pour
Garaudy, la transcendance est une dimension de l'homme, de son
histoire,
de son avenir. Dans l'expérience vécue qui montre à l'homme qu'il
est plus
que le résultat des conditionnements, se trouve un dépassement.
Les
nouveaux modèles de culture permettent de saisir, à travers les possibilités
permanentes
de rupture avec les modèles antérieurs, l'émergence cachée
de
l'homme. Enfin, la conscience de l'inachèvement nous montre que l'histoire
est née
d'une multiplicité de possibles parmi lesquels un seul a triomphé.
Cette
conscience de l'inachèvement défatalise le futur.
Le
marxisme a conçu la révolution dans l'optique d'une loi de
correspondance.
En effet, la révolution essaie de faire correspondre les rapports
politiques
avec des systèmes économiques fondés sur le fait que les sciences sont
les
forces de l'avenir. C'est au nom d'une loi de correspondance que les
révolutions
de Marx et de Lénine ont renversé des structures sociales et politiques.
Si Marx
est parti des forces productives, Lénine a retourné le schéma en
prenant
d'abord le pouvoir afin d'établir la correspondance. Cette doctrine de la
révolution
considère la croissance économique comme prioritaire et cela à
l'exclusion
de toute transcendance.
Depuis
1968, les révolutions ne se font plus en vertu d'une loi de
correspondance.
Une véritable conscience révolutionnaire s'est installée. Appuyée
sur un
postulat de transcendance — la rupture avec le passé — elle fait le projet
d'un
ordre social non encore existant. Dans cette conscience révolutionnaire
afflue,
en surplus, une tradition prophétique qui insiste sur la relativité de
l'ordre
établi et qui rappelle à l'autorité qu'elle n'est pas l'absolu. On assiste
à la
mise en cause des lois et des valeurs d'une époque. Maintes fois, cette
mise en
cause s'appuie sur des modèles religieux. Ainsi, la « Jésus révolution »
proclame
l'amour actif du prochain en vue de réaliser, dans l'histoire humaine,
le
royaume de Dieu. Pour certains courants théologiques, la paix est le
développement
de la justice sociale. Le salut n'est rien d'autre que la libération de
l'homme
: l'inégalité entre les hommes conduit nécessairement à une exigence
militante
de la libération. Aussi, la théologie du développement est déjà
dépassée
par la théologie de la libération. Cette dernière cherche son fondement
dans la
vie d'un peuple.
Garaudy
analyse rapidement les diverses influences qui ont amené la
naissance
de la théologie de la libération. Il cite Blondel, Teilhard de Chardin,
Chenu,
Jùrgen Moltmann et le dialogue chrétiens-marxistes. Dans l'action,
Blondel
a vu une transcendance qui émerge de l'immanence. Par l'exaltation
de la
participation de l'effort humain, Teilhard de Chardin a incorporé le
progrès
du monde au développement du royaume de Dieu. Chenu a insisté
sur
l'incarnation libératrice dans la construction du monde. La théologie
de
l'espérance de Moltmann montre l'histoire humaine comme une
ouverture
sur l'avenir. À côté de cette empreinte théologique, la théologie de la
libération
porte la marque du dialogue avec la pensée marxiste qui proclame
la
libération de toute aliénation et de toute oppression.
La
théologie de la libération transforme la promesse eschatologique en lutte
pour la
libération. L'union de la foi et de l'action politique doit amener la
création
d'une société nouvelle. Transcendance et révolution se tiennent.
La foi
apporte au socialisme sa dimension prophétique, le socialisme empêche
la foi
de s'échapper du monde. Dans tout ceci, le sacré constitue le point
d'émergence.
En effet la théologie de la libération part du postulat biblique
que la
résurrection est l'affirmation du « tout est possible ». Elle y intègre
le
postulat prophétique en vertu duquel une oeuvre humaine n'est jamais
fin
dernière. Dès lors, il faut changer le monde puis changer le monde changé.
Pour
cette théologie, la transcendance est une dimension de l'homme et le
sacré
est immanent à l'oeuvre humaine.
[…]
[…]
Sur ce blog, tous les articles traitant du sujet ici évoqué Transcendance et Révolution:
https://rogergaraudy.blogspot.com/search?q=Transcendance+et+révolution
L'intervention intégrale de Roger Garaudy à Mons:
https://rogergaraudy.blogspot.com/2014/12/transcendance-et-revolution-par-roger.html
https://rogergaraudy.blogspot.com/search?q=Transcendance+et+révolution
L'intervention intégrale de Roger Garaudy à Mons:
https://rogergaraudy.blogspot.com/2014/12/transcendance-et-revolution-par-roger.html
11 juillet 2019
Et toujours...la confusion entre anti-sémitisme et anti-sionisme.
COURRIER DES LECTEURS adressé aux "Dernière Nouvelles d'Alsace" par un ami du blog
J’ ai lu avec intérêt l’article
publié dans les DNA du dimanche 26 mai relatif à la manifestation de la
‘’Marche pour Jésus’’ organisée à Strasbourg la veille. J’ai cependant noté
avec étonnement les observations relevées par votre journaliste. Voici ce
qu’il écrit: « Les manifestants se sont arrêtés en chemin devant la
stèle Place des Halles( ancienne synagogue) pour manifester ‘’ leur soutien à
la communauté juive et à Israël, en lien avec la recrudescence des actes
antisémites et antisionistes’’ »
Si manifester son soutien à
la communauté juive est parfaitement respectable, par contre il est pour le
moins étrange que des ‘’ marcheurs pour Jésus’’ manifestent leur soutien à
Israël. Tout un chacun connaît le peu de cas qu’Israël fait du droit
international en général et des droits de l’homme en particulier. Et je n’ai
pas souvenir que dans les Évangiles, Jésus ait manifesté son soutien à un État
quel qu'il soit. Mais plus grave à mes yeux, c’est lorsque les marcheurs pour
Jésus mettent sur un même plan antisémitisme et antisionisme. Sera-il bientôt interdit de critiquer les
agissements répréhensibles de l'État d’Israël, sous peine d’être accusé
d’antisémitisme?
Je ne doute pas de la sincérité de
la majorité des marcheurs pour Jésus, mais je déplore que la ‘’marche pour Jésus’’ , qui aurait dû rester
apolitique, se soit ainsi engagée sur un terrain politique particulièrement conflictuel.
C’est regrettable et certainement pas dans l’esprit du Christ.
Jean Marc PETITHORY
29 juin 2019
Georges Cottier: dialogue avec Roger Garaudy
COTTIER (Georges) ,Chrétiens et Marxistes. Dialogue avec Roger
Garaudy , Paris, Mame, 1967
par Henri Desroche .
Archives de sociologie des religions, n°25, 1968. pp. 182-183;
L’auteur s’était déjà
signalé entre autres par son ouvrage sur L’athéisme
du jeune Marx et ses racines hégéliennes (1959). La partie la plus
intéressante de la présente étude serait peut-être la première partie sur la
genèse et le contenu des thèmes du dialogue dans la théologie catholique. La
suite bien que plus directement branchée sur ouvrage précité constituerait
moins le dialogue annoncé par le sous-titre qu’un certain monologue théologique
assorti d’interpellations à la cantonade adressées à Roger Garaudy et quelques
autres. Monologue certes averti, érudit, attentif, mais aussi pointilleux et
peut-être avec une teinte d’auto-suffisance. Le message demeure dans le genre
littéraire que serait la réponse du représentant du Grand Roi à l’émissaire du
Grand Turc, y compris pour le premier, le projet - sinon la prétention - de
mieux connaître que le second le dossier pourtant plaidé par celui-ci.
Quelques points sont
désagréables. L’escamotage par exemple du dossier parallèle ou contradictoire ,
de L. Althusser moyennant l’allégation : « Est-ce un hasard si
plusieurs de ses disciples ont fini dans le camp des pro-chinois ?» (p 21).
Ailleurs c’est en dire trop ou trop peu sur E.Bloch que de régler son compte en
mentionnant ses «réflexions» sur le principe espérance comme ayant une «originalité
marquée» (cf étude de P. Furter in Arch.
21 8-22). Décréter comme caduque la soi-disant «erreur des progressistes» (p 87)
dans un verdict de cinq lignes n’est-ce-pas ignorer l’énorme phénomène qui se
passe aujourd’hui en Amérique Latine ? Ailleurs encore quid de ce «fait certain» selon lequel l’idéologie
marxiste est sur «la pente de l’usure» (p 68) et si ce fait est certain n’y a-t-il
pas en sens contraire d’autres faits et non moins certains ? On pourrait
aussi épiloguer sur la déclaration selon laquelle la propagande marxiste
courante «nie l’existence du Christ» (p 181). Pauvre A. Robertson avec ses Origins of Christianity et sa
controverse avec Khazdan. Et pauvre Engels suspect avoir légué à G. Mury la
thèse «insoutenable» sur les deux christianismes apocalyptique et
institutionnel ! (p 169). «C’est dans les sectes au cours de histoire se
manifeste le courant apocalyptique constamment contrecarré par institution
ecclesiale Cette thèse de Mury est pas soutenable historiquement .Elle du reste ses racines chez Engels qui comme l’on sait avait passé par une
période de ferveur piétiste» (p 169). Des trois affirmations de cette seule
phrase il n’en est aucune qui ne puisse être controversée : ni la thèse sur
les deux courants qui, si elle se trouve très peu chez Engels, se trouve par
contre largement et abondamment étagée dans opus de Troeltsch ; ni le fait
«du reste» qu’elle a ses racines chez Engels ; ni le fait «comme on le
sait» que celui-ci eut une adolescence piétiste; il n’y a rien de
disqualificatoire dans aucune de ces trois qualifications et rien surtout qui
puisse permettre de juger la sauvette un dossier aussi fondamental. Même pas si
on ajoute un «Or le mouvement piétiste est anti-ecclésiastique». Bien fragile
ce «or» pour le «donc» qu’on prétend en tirer. A moins qu’il ne agisse d’un «donc»
à l’usage une théologie normative réfractaire à toute sociologie du Dissent ou
du Sektentypus.
Ce dernier point de vue est pas celui de l’auteur
certes. Mais puisqu’il dialogue avec le marxisme n’est-il pas possible de
suggérer que l’essentiel du marxisme et de sa critique religieuse se trouvent
déjà dans Saint-Simon. Celui-ci, comme Engels et occasionnellement Marx,
privilégie historiquement le catholicisme comme facteur de l’édification
européenne. Dès lors leur critique est essentiellement que cet «européisme
religieux» que fut le catholicisme est la fois dépassé dans le temps et débordé
dans l’espace, nourrissant ainsi un appel à sa propre relève par le système d’une
nouvelle conviction globale. Mais dans l’appréhension de ce système se trouve
emmêlée la double filière que Cottier récuse : la filière attestante, institutionnelle,
constantinienne d’une part et autre part la filière contestataire, dissidente, apocalyptique. L’ironie est que le
dialogue entrepris par Cottier risque de se trouver canalisé et enclos au sein
de la première filière entre ce on pourrait nommer une Chrétienté «avec»
christianisme et une chrétienté «sans» christianisme (déjà H. Gouhier avait
avancé ce second label pour cerner le saint-simonisme). Et, chose curieuse,
plutôt que dans les contre- positions de Cottier ce serait dans certains textes
de Garaudy cités ici (sa prospective esthétique 95 et ss) qu’on pourrait
apercevoir ce qu’on pourrait intituler: un christianisme
sans chrétienté, ce troisième homme ou ce troisième partenaire que la vague diplomatique des dialogues
semble tenir pour nul et non avenu.
Tout se passe en
effet comme si l’axe horizontal du
dialogue entre un christianisme et un marxisme également établis se trouvait de
plus en plus traversé par l’axe vertical
d’un christianisme et d’un marxisme également contestés, et contestés non par l’un
ni par l’autre, mais chacun par ses propres «protests within» ou
«without» pour reprendre les
catégories de Wach La limite de ouvrage de Cottier est, semble-t-il, de se
cramponner au dialogue entre deux establishments, on serait tenté de dire entre
deux magistères. Du coup son genre littéraire demeure étranger à trois dossiers :
le dossier des sciences des religions qui ne sont pas plus marxistes que
chrétiennes ; le dossier de l’esthéticien Garaudy et de ses dimensions d’auto-contestation ;
le dossier enfin de l’axe vertical, celui, par exemple, de cet autre dialogue
entre le marxiste contestataire Fidel Castro et le groupe contestataire
catholique au congrès culturel de la Havane en janvier 1968. Dossier de
paradoxes; Fidel Castro souligne ce qui serait le paradoxe du marxisme : «
Ce sont les paradoxes de histoire Comment quand nous voyons des secteurs du
clergé devenir des forces révolutionnaires, allons-nous nous résigner voir des
secteurs du marxisme devenir des forces ecclésiastiques ? ». N’y aurait-il
pas un paradoxe parallèle et complémentaire qui serait celui du christianisme
et le dialogue entre ces deux paradoxes ne serait-il pas une trame à croiser
avec la chaîne des sentences que nous lisons ici ?
27 juin 2019
A propos de "L'alternative" de R. Garaudy (1973)
Autogestion et rationalité
par Lucien Brunelle
Lire ici des extraits du livre de Garaudy
Notre temps souffre du
politique ; il a mal au politique. Le malaise de notre civilisation se traduit
par un refus qu'on voudrait croire sporadique, mais qui se révèle fréquent, de
participer à la gestion des affaires publiques : l'abstention massive et
récente des jeunes électeurs américains à qui l'on vient d'accorder le droit de
vote est révélateur de cette tendance.
Tout se passe comme si
la démocratie manquait de démocrates ; comme si nous étions désormais
incapables de fonder une espérance politique sans recourir à la promesse
messianique de temps meilleurs. Le militantisme déchristianisant du début de ce
siècle s'est embrigadé derrière un seul modèle et parfois derrière un seul
chef, réinstaurant par là-même, avec le sectarisme et le culte, la religiosité.
Il n'est donc pas surprenant que des voix s'élèvent pour prêcher la nouvelle
vérité. L'échec du projet politique ne tient pas à sa reconfessionnalisation
subreptice, mais bien au contraire à son trop peu de religiosité : «Le marxisme
ne peut être l'authentique briseur de chaînes que s'il est capable d'intégrer
ce moment chrétien, ce moment divin de l'homme » (1). La vérité du marxisme est
dans le christianisme ; autant dire que l'efficacité du rationalisme politique
est dans la foi. Roger Garaudy d'ailleurs n'hésite pas à le dire : ceux qui
vont répétant que ce sont les circonstances qui forment les hommes sont des
athées vulgairement positivistes ou des positivistes vulgairement athées,
incapables qu'ils se révèlent d'expliquer comment de circonstances
conservatrices peut naître la conscience révolutionnaire. Or la seule explication,
pour l'auteur, réside dans le recours à la transcendance :
«Cette subjectivité
active, qui est jaillissement sans fin de la transcendance, l'image du Christ
en a donné l'exemple : lorsque avec lui le Dieu des transcendances lointaines
est entré dans l'histoire quotidienne des hommes, il l'a fait en briseur
d'idoles et de chaînes, en passeur de frontières, détruisant les tabous et se
situant par-delà la justice, le bien et le mal, au nom d'un amour transcendant
précisément toutes ces limites historiques, et faisant de lui, selon
l'expression du théologien protestant Roland de Pury, le vrai homme, l'homme
que Dieu lui-même, Dieu seul a pu être, toute autre humanité que la sienne ne
pouvant être qu'inhumaine » .
Ce qui a contribué à
rendre jusqu'ici la réflexion tâtonnante, c'est la perversion cléricale de
l'Eglise et du Mouvement Socialiste. Le sursaut d'authenticité qui, sur l'un et
l'autre des deux plans requiert «le moment de la subjectivité » assure la
coïncidence de la foi et de la conscience révolutionnaire ; la «preuve » c'est
qu'il est historiquement faux de lier d'une part le matérialisme philosophique
et l'athéisme à l'action révolutionnaire, et d'autre part la religion au
conservatisme. D'ailleurs l'athéisme de Marx n'est pas «métaphysique » mais
«méthodologique ». S'autorisant alors d'Ernst Bloch, redécouvrant le fondement
nécessaire de tout marxisme vivant dans «le principe de l'espoir », Garaudy
avance deux thèses complémentaires : 1° La vraie foi est révolutionnaire. 2° Le
vrai révolutionnaire a la foi. La double conversion qui se trouve ici prônée
n'est en somme qu'un retour aux sources du christianisme d'une part, du
marxisme de l'autre, et, comme elle doit devenir un phénomène de masse, elle
implique une révolution culturelle. C'est à Lénine, cette fois que Garaudy
demande l'inspiration, et le texte qu'il évoque reste incontestablement d'une
brûlante actualité. Dénonçant dans un article Sur la coopération, un socialisme
pratiqué pour le peuple et non par le peuple, Lénine ne voyait de remède à une
telle bureaucratisation que dans le contrôle ouvrier et paysan sur la gestion
des affaires dans leur entreprise. Mais cette solution implique un tel degré de
culture, qu'une véritable révolution culturelle est la condition sine qua non
du socialisme. De sorte que l'alternative chrétienne offerte au militant
révolutionnaire s'inscrit dans l'alternative globale de l'autogestion qui seule
peut éviter au socialisme de dégénérer en stalinisme. La thèse donc à laquelle
se trouve ici confronté le rationalisme politique peut se résumer comme suit :
1° Le socialisme sera
d'autogestion ou il ne sera pas.
2° La révolution
culturelle est la condition de l'autogestion.
3° La révolution
culturelle implique la réunification de la subjectivité chrétienne et de la
subjectivité révolutionnaire.
4° Tout chrétien
authentique est révolutionnaire et tout révolutionnaire authentique est
chrétien.
23 juin 2019
Le christianisme primitif comme "paradigme": évolution d'une problématique (d'Engels à Garaudy), par Raymond Winling (1981)
Revue des Sciences
Religieuses
(extrait)
Résumé
Des
penseurs marxistes contemporains comme E. Bloch, M. Machovec, Kolakoswki,
Garaudy, opèrent un changement de perspective et cherchent à comprendre le
christianisme primitif non plus tellement à travers l'expérience de la première
communauté de Jérusalem qu'à travers le comportement et l'enseigne ment de
Jésus. Sous ce rapport ils prennent en considération les acquis de l'exégèse
récente. En même temps ils procèdent à une réévaluation du fait chrétien et
s'efforcent d'en dégager les aspects positifs, la charge subversive et la
valeur d'anticipation
Revue des Sciences Religieuses, tome 55, fascicule
4, 1981. pp. 264-271;
doi :
https://doi.org/10.3406/rscir.1981.2929
03 juin 2019
L'islamisme est une maladie de l'islam, par Roger Garaudy
L'islamisme
est une maladie de
l'Islam.
Et cette épidémie se présente
sous
des formes très diverses.
Je
voudrais donc en rappeler la principale
source,
celle d'ailleurs, dont on
parle
d'ordinaire le moins. Elle en est
pourtant
le modèle idéologique par ses
interprétations
les plus étroites de la
"tradition",
et sa lecture la plus littérale
et la
plus formaliste du Coran. Elle en
est
l'aliment économique de loin le plus
important.
19 mai 2019
Doriot et Garaudy,ce que le jour ne doit pas à la nuit...
A la suite du passage au parti d'extrême-droite Rassemblement National de Marine Le Pen d'un élu de la Région AURA adhérent du Parti de Gauche (La France Insoumise), Andrea Kotarac, dans un article intitulé Passer d’un extrême à l’autre, une vieille tradition française, Patrick Aulnas, sur le site Contrepoints introduit son argumentation par deux exemples:
"Jacques Doriot (1898-1945), d’abord membre du Parti communiste, est exclu en 1936 et crée le Parti populaire français, parti de type fasciste. Il deviendra un ardent collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale et combattra sur le front russe avec le grade de lieutenant de la Waffen-SS.
Le philosophe Roger Garaudy (1913-2012) a lui aussi été pendant longtemps membre du Parti communiste, avant de se rallier au gauchisme autogestionnaire en 1968. Il est exclu du Parti communiste en 1970. Il devient ensuite un adepte très actif des thèses écologistes avant de dériver complètement : conversion à l’islam, antisémitisme et négationnisme."
Les deux exemples marquants que l'auteur a trouvé sont donc deux communistes. En quoi les communistes furent-ils des "extrémistes", le lecteur ne le saura pas, c'est tellement évident sans doute pour l'auteur qu'il n'est nul besoin d'expliquer.
Réunir dans un même opprobre le fasciste, traître et complice des bourreaux nazis Doriot et le résistant et déporté Garaudy, estimer que l'autogestion relève du "gauchisme", faire des défenseurs de l'écologie des "adeptes" (le mot à une connotation en rapport avec les sectes), classer dans les dérives une "conversion" religieuse (qui n'existe d'ailleurs pas puisque Garaudy a toujours refusé que l'on qualifie ainsi son cheminement spirituel), voilà qui relève pour le moins de l'approximation, et nuit gravement à la mémoire de Roger Garaudy.
Passons sur la référence à la condamnation pour antisémitisme et négationnisme; les habitués de ce blog savent qu'une décision de justice injuste (lisez la défense de Garaudy, pour juger par vous-mêmes), prise grâce à une loi de circonstance et portant sur un seul des dizaines d' ouvrages de Roger Garaudy, ne fait pas biographie de la vie d'un homme.
Ni l'autogestion, ni l'écologie, ni l'islam ne relevant d'un quelconque "extrêmisme", pas plus que le communisme, Garaudy est donc un bien mauvais exemple du passage d'un extrême à l'autre. Toute sa vie a au contraire été marquée par la fidélité à la fois à Marx et à Jésus par-delà les communautés qui furent les siennes et la recherche permanente des voies de l'émancipation des hommes, du dialogue des civilisations et des cultures. Le contraire des idéologies nationalistes, fascistes, racistes, xénophobes, le contraire d'un Doriot.
"Jacques Doriot (1898-1945), d’abord membre du Parti communiste, est exclu en 1936 et crée le Parti populaire français, parti de type fasciste. Il deviendra un ardent collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale et combattra sur le front russe avec le grade de lieutenant de la Waffen-SS.
Le philosophe Roger Garaudy (1913-2012) a lui aussi été pendant longtemps membre du Parti communiste, avant de se rallier au gauchisme autogestionnaire en 1968. Il est exclu du Parti communiste en 1970. Il devient ensuite un adepte très actif des thèses écologistes avant de dériver complètement : conversion à l’islam, antisémitisme et négationnisme."
Les deux exemples marquants que l'auteur a trouvé sont donc deux communistes. En quoi les communistes furent-ils des "extrémistes", le lecteur ne le saura pas, c'est tellement évident sans doute pour l'auteur qu'il n'est nul besoin d'expliquer.
Réunir dans un même opprobre le fasciste, traître et complice des bourreaux nazis Doriot et le résistant et déporté Garaudy, estimer que l'autogestion relève du "gauchisme", faire des défenseurs de l'écologie des "adeptes" (le mot à une connotation en rapport avec les sectes), classer dans les dérives une "conversion" religieuse (qui n'existe d'ailleurs pas puisque Garaudy a toujours refusé que l'on qualifie ainsi son cheminement spirituel), voilà qui relève pour le moins de l'approximation, et nuit gravement à la mémoire de Roger Garaudy.
Passons sur la référence à la condamnation pour antisémitisme et négationnisme; les habitués de ce blog savent qu'une décision de justice injuste (lisez la défense de Garaudy, pour juger par vous-mêmes), prise grâce à une loi de circonstance et portant sur un seul des dizaines d' ouvrages de Roger Garaudy, ne fait pas biographie de la vie d'un homme.
Ni l'autogestion, ni l'écologie, ni l'islam ne relevant d'un quelconque "extrêmisme", pas plus que le communisme, Garaudy est donc un bien mauvais exemple du passage d'un extrême à l'autre. Toute sa vie a au contraire été marquée par la fidélité à la fois à Marx et à Jésus par-delà les communautés qui furent les siennes et la recherche permanente des voies de l'émancipation des hommes, du dialogue des civilisations et des cultures. Le contraire des idéologies nationalistes, fascistes, racistes, xénophobes, le contraire d'un Doriot.
08 mai 2019
Lettre au "Monde" (8 septembre 1997)
Monsieur le Directeur,
J'ai été mis en cause dans un article signé
de M.BIFFAUD en première page du "Monde" daté du
samedi 6 septembre 1997: 1'auteur prétend que je tiens pour
"Mythes" la volonté active des nazis d’exterminer les juifs"alors
que dans mon livre: "LES MYTHES FONDATEURS DE LA POLITIQUE
ISRAELIENNE" je défie quiconque de trouver le moindre passage où le
mot "juif" soit employé en un sens péjoratif. Au contraire
j’y dénonce incessamment la barbarie nazie dont le racisme avait fait des juifs une
"cible préférée d'HITLER (P.152 à 250). J'écris (p.157)" 1'une des idées les plus
monstrueuses des nazis fut d'en vider 1'Allemagne puis 1'Europe (Judenrein)".
J'ajoute
même que loin de faire "une comptabilité
macabre" du nombre
des victimes "n’y eût-il qu'un seul
homme persécuté pour sa
foi ou son appartenance ethnique, il n’y
aurait pas moins eu
un crime contre 1' humanité tout
entière"(p.159 à 257).
En aucun moment je ne confonds le
"judaïsme", qui est une
religion que je respecte, avec le sionisme,
qui est une
politique que je combats. Ce que je condamne
c'est 1'utilisation politique par les sionistes d'Israël de 1' incontestable
massacre de juifs, non sionistes par HITLER pour justifier leur politique à
1'égard des Palestiniens.
La politique provocatrice d'Israël est
aujourd'hui le meilleur
aliment de 1'antisémitisme. Ma lutte contre
ce sionisme est
donc inséparable de ma lutte contre
1'antisémitisme, qui est
un crime justement condamné par la loi.
Je vous rappelle que la "LICRA" fut
condamnée pour m'avoir
accusé de «discrimination raciale» et
d'antisémitisme. La Cour de Cassation du 4 novembre 1987, considérant qu'il
s'agit de
"la critique licite de la politique de 1'Etat d'Israël et de 1'idéologie qui 1'inspire et non d'une provocation raciale".
"la critique licite de la politique de 1'Etat d'Israël et de 1'idéologie qui 1'inspire et non d'une provocation raciale".
Veuillez croire, Monsieur, à mes sentiments
les meilleurs.
R.GARAUDY
25 mars 2019
Garaudy, ou l'impossible synthèse, par Maurice Caveing (1973)
par Maurice CAVEING
On aura lu sans doute
la page entière d'interview qu'un quotidien vespéral de Paris qui ne dissimule
guère ses attaches religieuses a consacrée à l'auteur de L'alternative. La date
n'est pas si ancienne (1) qu'on ne puisse revenir sur ce raccourci assez
saisissant des thèses qu'y soutient R. Garaudy. Du titre déjà, nous apprenons
que «la dimension prophétique est fondamentale pour l'art, la foi, la politique
», des sous-titres, que Dieu est «principe de liberté », que «le positivisme
mutile l'homme », que Zorba le Grec est «un saint de notre temps, car il
exprime l'essentiel par la danse ». Le journaliste qui assure l'interview — le
même qui pendant les longs mois du Concile mit son zèle à persuader le lecteur
que l'Eglise romaine avait été enfin touchée par la grâce — nous avertit que
désormais Garaudy «s'aven ture sur le terrain de la Résurrection » et que sa
proposition fondamentale est la suivante : «L'éclatement du christianisme
traditionnel et du marxisme traditionnel rend possible une nouvelle rencontre
de la révolution et de la foi. » Il s'agit de rien de moins, nous dit-on, que
«d'articuler ce qui est censé être incompatible ». Naturellement, cette
«articulation » ne peut se faire que sous l'égide de l'un des deux termes
incompatibles : ingénument, H. Fesquet indique qu'il désirait obtenir du
«philosophe marxiste » qu'il «aille au-delà de ce qu'il dit ou suggère dans son
ouvrage ». Jusqu'où ? Usque ad aras, sans doute (2) ? On voulait
(1) Le Monde, 8 novembre
1972, p. 13.
(2) «Jusqu'aux autels. »
(2) «Jusqu'aux autels. »
«parvenir à lui faire
lever certaines ambiguïtés ». Lesquelles ? La référence à K. Marx ou la
référence à K. Barth ? ou aux autres théologiens réformés que Garaudy cite en
abondance pêle-mêle, œcuménisme oblige, avec des catholiques ?
23 mars 2019
"L'insurrection chrétienne" (Jean Cardonnel, 1975)
Au cours d’un débat sur son livre, quelqu’un – une femme, je crois bien – demanda abruptement à l’auteur (dont il faut rappeler qu’il est religieux) : « Oui ou non, croyez-vous en Dieu ? » La réponse jaillit : « Non. » A la fois spontanée, profonde et provocante. Après quoi il expliqua que c’était l’expression « croire en Dieu » et ce qu’on met dessous qu’il rejetait. On peut néanmoins douter qu’il « croie » à « Dieu ». C’est au Christ qu’il croit, par un don total, avec une violence passionnée. Au Christ, c’est-à-dire, à l’homme. Ecoutons-le : « L’idée de Dieu est profondément réactionnaire et régressive. (...) Dieu qui reste Dieu ne peut rien devenir. (...) Dieu est bien mort en Jésus-Christ. »
Donc : en l’homme, divin et tout un. Il n’y a pas la foi d’un côté, l’analyse politique de l’autre. « Dépolitiser l’incarnation, c’est désincarner. » Or tout s’incarne à tout moment. Il n’y a pas non plus un Créateur qui « fabrique des créatures » : il « suscite des créateurs ». La Création n’a pas été faite : elle se fait continûment, indéfiniment, et par l’homme. On retrouve ici les idées centrales de Roger Garaudy, intérieures à cette ré-union vécue. Ce qui conduit infailliblement, d’ailleurs, à rejeter le dogmatisme d’Eglise ou à être rejeté par le dogmatisme de parti.
LIRE LA SUITE SUR LE SITE DU MONDE DIPLOMATIQUE https://www.monde-diplomatique.fr/1975/06/FLORENNE/33217
16 mars 2019
Marx et l'écologie
En cette journée de marche sur le
climat, rappelons la la position de Marx:
(extrait)
Loin d’être aveugle à l’écologie, Marx devait, sous l’influence des travaux de Liebig de la fin des années 1850 et du début des années 1860, développer à propos de la terre une critique systématique de l’« exploitation » capitaliste, au sens du vol de ses nutriments ou de l’incapacité à assurer sa régénération. Marx concluait ses deux principales analyses de l’agriculture capitaliste par une explication de la façon dont l’industrie et l’agriculture à grande échelle se combinaient pour appauvrir les sols et les travailleurs. L’essentiel de la critique qui en découle est résumé dans un passage situé à la fin du traitement de « La genèse de la rente foncière capitaliste », dans le troisième livre du Capital : « La grande propriété foncière réduit la population agricole à un minimum, à un chiffre qui baisse constamment en face d’une population industrielle concentrée dans les grandes villes et qui s’accroît sans cesse ; elle crée ainsi des conditions qui provoquent un hiatus irrémédiable dans l’équilibre complexe du métabolisme social composé par les lois naturelles de la vie ; il s’ensuit un gaspillage des forces du sol, gaspillage que le commerce transfère bien au-delà des frontières du pays considéré. (…) La grande industrie et la grande agriculture exploitée industriellement agissent dans le même sens. Si, à l’origine, elles se distinguent parce que la première ravage et ruine davantage la force de travail, donc la force naturelle de l’homme, l’autre plus directement la force naturelle de la terre, elles finissent, en se développant, par se donner la main : le système industriel à la campagne finissant aussi par débiliter les ouvriers, et l’industrie et le commerce, de leur côté, fournissant à l’agriculture les moyens d’exploiter la terre. »
16 janvier 2019
11 décembre 2018
Roger Garaudy:L'important n'est pas le sujet mais le langage
![]() |
| Marc Chagall, Esquisse pour "La Guerre", Gouache et encre de Chine, 1964 |
Une
oeuvre d'art n'est pas politique par son sujet. Pas plus, d'ailleurs, qu'elle
n'est religieuse
par son sujet.
Un
portrait de Louis XIV par Rigaud est service de courtisan.
Une peinture de bataille d'Horace Vernet est affaire de journaliste.
Une peinture de bataille d'Horace Vernet est affaire de journaliste.
Une
sculpture d'Arno Brecker ou un tableau du «réalisme socialiste» relèvent,
avec plus ou moins de bonheur, de la propagande.
Ce
qui n'exclut nullement que, de l'icône de l a Trinité de Roublev à l'oeuvre de
Daumier, des «Odes mystiques» de Roumi aux romans de Dostoïevski, du «Cuirassé Potemkine» d'Eisenstein au «Guernica» de Picasso, des poèmes de
Claudel à ceux d'Aragon ou de Neruda, la foi ou la politique n'aient inspire des
chefs-d'oeuvre. Ni
le génie du Greco ni celui de Goya n'ont été ternis par la ferveur mystique ou
la résistance
nationale et politique.
Le
problème des rapports de l'art et de la politique, comme de l'art et de la foi,
se situent
sur un autre plan que celui de sujet. Je ne connais pas de grand art qui ne
soit, à la fois, politique et religieux. Politique parce qu'il interpelle une
communauté, religieux parce qu'il ouvre, dans la vie, une brèche de transcendance.
L’Iliade
est une épopée politique parce qu'elle appelle le peuple grec à la conscience de son unité et de ses valeurs, tout comme Shakespeare réalise un théâtre politique en donnant
à une nation le sens de la continuité de son message historique, et, dans Hamlet, le pressentiment
de ses contradictions et de ses ruptures.
Les
«sujets» n'y sont pour rien. Bruegel peut peindre la «Montée au Calvaire» ou Grunewald
le Retable d'Isenheim, nul ne peut s'y
tromper: il s'agit de la «levée des gueux»,
de la résistance des Flandres, ou de la «Théologie de la révolution» de Thomas Munzer,
et de la «Guerre des paysans».
Une
création n'est ni politique ou religieuse ni comme «reflet», plus ou moins
«embelli», d’un ordre existant, ni comme «projet» qui ne serait que le
prolongement ou l'idéalisation de cet ordre, ou le cri de guerre d'un tract d'opposition.
Ni sucrerie de Saint-Sulpice, ni gesticulation
«contestataire».
![]() |
| "Esperenza", sculpture sur bois de Segundo Guttierez |
Une
oeuvre est indivisiblement politique et création de la foi par son pouvoir d 'interpellation.
Interpellation
d'une communauté et pas d'un cénacle (j'appelle «cénacle» un groupe
élitiste
qui situe une oeuvre par rapport à une école ou un «style», et non par rapport
à un mouvement historique global). Giotto ou Duccio, Balzac ou Hugo
interpellent une communauté. Ingres ou Dali sont au service de la suffisance et
de l'autosatisfaction d'un cénacle. Un masque africain est, à mon sens, l'exemple
typique d'un art politique et religieux: condensation des énergies de la nature,
des ancêtres, des dieux, il irradie, par la danse, effectuée sous le masque,
cette énergie dans toute la communauté.
Interpellation
et appel à la rupture, à la transcendance. Par la prise de conscience des mouvements
profonds d'une époque, de ses angoisses et de ses espoirs, de ce qui meurt en
elle, par la satire, comme Cervantes, ou le symbole, comme Kafka, ou de ce qui
naît en elle et préfigure l'avenir, comme l'amour des poètes d'Occitanie, la
foi visionnaire de Rembrandt , ou la réalité devenant tourbillon de lumière
avec Delaunay.
Il
n'y a d'art politique (ou religieux) que l'art prophétique, celui qui nous aide
à inventer l'avenir en nous désignant une réalité plus réelle que le réel:
celle du possible.
Cette
politique et cette foi ne s'expriment, à chaque époque, en oeuvre d'art, qu'en inventant
le langage nouveau donnant à cette «interpellation» sa plus grande puissance d'étonnement
et de percussion. Dire un avenir neuf exige une nouvelle manière de le dire à un
peuple neuf. Le génie consiste à inventer à la fois le message et le langage.
C'est
pourquoi la pratique des arts et l'esthétique (comme réflexion sur l 'acte créateur)
doivent, à mon sens, constituer la base de toute éducation il n'y a pas d'enseignement
plus révolutionnaire que d'apprendre à un enfant à aborder le monde on
pas comme une réalité donnée, toute faite, mais comme une oeuvre à créer.
Article de Roger Garaudy dans la Revue hebdomadaire « Arts », 3 juillet 1981, p.7
[Les tableaux illustrent l'article du blog, non l'article de Garaudy dans la revue]
[Les tableaux illustrent l'article du blog, non l'article de Garaudy dans la revue]
![]() |
| Picasso, "Les femmes d'Alger", 1955 |
Inscription à :
Articles (Atom)
-
Envoi du texte "De la terre jusqu'au ciel" au format PDF (gratuit) ou au format papier (prix +envoi : 16 €) sur simple d...
-
Envoi du texte "De la terre jusqu'au ciel" au format PDF (gratuit) ou au format papier (prix +envoi : 16 €) sur simple dem...
-
TOUS DROITS RÉSERVÉS. REPRODUCTION AUTORISÉE AVEC MENTION DE L'AUTEUR ET LIEN VERS LE BLOG. LES NOTES ONT ÉTÉS SUPPRIMÉES DE CETTE VERSI...
-
Alimenté par l'IA, voici comment Copilot de Microsoft présente le blog : Le blog rogergaraudy.blogspot.com intitulé « Roger Garaudy –...
-
TOUS DROITS RESERVÉS. Reproduction après autorisation de l'auteur Le principe Transcendance - Alain RAYNAUD (thebookedition.com) Poésie...
-
POUR ACHETER LE LIVRE : Le principe Transcendance - Alain RAYNAUD (thebookedition.com) Tous droits réservés. REPRODUCTION interdite sans a...
-
Dans la guerre désormais historique que l’état d’Israël mène contre la population palestinienne, bien des éléments peuvent et doivent rete...
-
[ SOURCE : L'affaire Garaudy dans la presse nationale française : analyse de la constitution d'une polémique autour du soutien de ...
-
Ce texte de Loïc Chaigneau est la reprise in extenso d'un post public. Je ne connais pas Loïc Chaigneau, je ne lui ai pas demandé l'...
-
Envoi du texte "De la terre jusqu'au ciel" au format PDF (gratuit) ou au format papier (prix +envoi : 16 €) sur simple dem...
-
Sur son Facebook https://www.facebook.com/profile.php?id=1064779459 Georges CAMBON de Carmaux publie ce petit texte: Roger Garaudy (1913 20...
-
Envoi du texte "De la terre jusqu'au ciel" au format PDF (gratuit) ou au format papier (prix +envoi : 16 €) sur simple d...
-
Dans la guerre désormais historique que l’état d’Israël mène contre la population palestinienne, bien des éléments peuvent et doivent rete...
-
Alimenté par l'IA, voici comment Copilot de Microsoft présente le blog : Le blog rogergaraudy.blogspot.com intitulé « Roger Garaudy –...
-
TOUS DROITS RÉSERVÉS. REPRODUCTION AUTORISÉE AVEC MENTION DE L'AUTEUR ET LIEN VERS LE BLOG. LES NOTES ONT ÉTÉS SUPPRIMÉES DE CETTE VERSI...
-
POUR ACHETER LE LIVRE : Le principe Transcendance - Alain RAYNAUD (thebookedition.com) Tous droits réservés. REPRODUCTION interdite sans a...
-
TOUS DROITS RESERVÉS. Reproduction après autorisation de l'auteur Le principe Transcendance - Alain RAYNAUD (thebookedition.com) Poésie...
-
Ce texte de Loïc Chaigneau est la reprise in extenso d'un post public. Je ne connais pas Loïc Chaigneau, je ne lui ai pas demandé l'...
-
[ SOURCE : L'affaire Garaudy dans la presse nationale française : analyse de la constitution d'une polémique autour du soutien de ...
-
Ce texte de Loïc Chaigneau est la reprise in extenso d'un post public. Je ne connais pas Loïc Chaigneau, je ne lui ai pas demandé l'...
-
Envoi du texte "De la terre jusqu'au ciel" au format PDF (gratuit) ou au format papier (prix +envoi : 16 €) sur simple dem...
-
[ SOURCE : L'affaire Garaudy dans la presse nationale française : analyse de la constitution d'une polémique autour du soutien de ...
-
Dans la guerre désormais historique que l’état d’Israël mène contre la population palestinienne, bien des éléments peuvent et doivent rete...
-
TOUS DROITS RÉSERVÉS. REPRODUCTION AUTORISÉE AVEC MENTION DE L'AUTEUR ET LIEN VERS LE BLOG. LES NOTES ONT ÉTÉS SUPPRIMÉES DE CETTE VERSI...
-
TOUS DROITS RESERVÉS. Reproduction après autorisation de l'auteur Le principe Transcendance - Alain RAYNAUD (thebookedition.com) Poésie...
-
POUR ACHETER LE LIVRE : Le principe Transcendance - Alain RAYNAUD (thebookedition.com) Tous droits réservés. REPRODUCTION interdite sans a...
-
LES AUTRES Moissons . Tapisserie. Jean Picart le Doux. 1944 Atelier Pinton, Felletin Les veilleurs ont un seul monde, qui leu...
-
Roger Garaudy - Der verkannte Philosoph Source: https://www.openpr.de/news/1086637/Roger-Garaudy-Der-verkannte-Philosoph.html 08.05.20...
-
La Femme, Avenir de notre Démocratie (*) La Femme africaine est l'Avenir de l'Afrique car c'est uniquement en milit...
-
La seule possibilité de réaliser notre rêve méditerranéen, qui serait le prélude à un changement radical des rapports Nord-Sud à 1 ' é...
-
Le père Michel Lelong, pionnier du dialogue islamo-chrétien, est mort par Hanan Ben Rhouma | Samedi 11 Avril 2020 Le père Mi...
-
Une lettre adressée à Roger Garaudy lors de la parution de son livre Biographie du 20e siècle ACHETER LE LIVRE
-
"En choisissant de consacrer sa thèse à l'apport de la littérature francophone dans la formation des élèves issus d'autres ...
-
Le monde d’aujourd’hui est saisi d’une étrange maladie. Depuis une génération environ, nous avons été les témoins de la lente propagation d...
-
« Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’Opinion. » (Paul Valéry) « Nous avons oublié que, si nous devons résister à la pa...








