12 septembre 2018

Une lettre de Jürgen MOLTMANN à Roger Garaudy


Très cher et vénéré Roger Garaudy,
Je lis justement votre livre qui, en Allemand, porte le titre "Menschenwort" et j'en suis très touché. Beaucoup de ce que vous dîtes m'est allé au coeur, et c'et aussi mon "Projekt". A la fin du livre, je me suis heurté aux paroles de remerciements que vous m'avez adressées. J'en suis vraiment confus, et cela me met dans l'embarras. Ce que je dois à Ernst Bloch et à vous-même est plus grand que ce que je pourrai moi-même jamais vous donner. pareillement, la rencontre à Marienbad en 1968, fut pour moi une heure éblouissante dans ma vie. Le "socialisme à visage humain" n'était donc pas détruit, puisque nous avions réussi dans toute l'Europe une grandiose alliance historique entre socialisme et christianisme. Ainsi pour beaucoup d'entre nous fut ouvert le chemin à suivre à travers et malgré les désillusions et les diffamations. Sur une telle voie, votre livre a été pour moi un nouveau signal d'espoir et d'encouragement. Un jour arrivera où l'étincelle messianique allumera le feu du génie créateur dans le camp du chrétien et dans celui du socialiste, et alors nous nous reconnaitrons comme frères d'un même esprit et compagnons d'un même empire. La séparation aura pris fin. Vous êtes pour moi un avant-coureur de cet avenir. Beaucoup plus d'hommes que vous ne le supposez s'orientent sur vous.
Ce serait pour moi un grand plaisir de pouvoir vous rencontrer, soit en France, soit en Allemagne.
je vous prie d'excuser ma lettre en allemand. Il ne m'a pas été donné d'apprendre le français dans ma jeunesse, à cause de ma longue captivité.
Avec ma fraternelle amitié, votre


8 septembre 2018

Roger Garaudy et son « Appel aux vivants », par Serge Uleski

Roger Garaudy et son « Appel aux vivants » : un refus marxiste de l’homme non transcendantal 
           
Né le 17 juillet 1913 à Marseille
, décédé en 2012, résistant, communiste, enseignant, député, sénateur, écrivain et philosophe, humanisme et marxisme, membre du parti communiste dès 1933... après la Libération, Roger Garaudy entre au comité central du PCF :
             « Chacun porte en lui une part de son ennemi, et il est impossible  de mener jusqu’au bout et victorieusement la lutte de libération sans se libérer d’une partie de soi-même »
En 1970 il est exclu du PCF. Il se tourne alors vers la religion : le Christianisme avant de se convertir à l'Islam en 1982. Il viendra à l’Islam « l’Evangile d’une main et le Capital de l’autre » précisera-t-il :                   « J’ai connu l’apparente plénitude du dogmatisme, le doute, puis la traversée du désert. Je ne serais pas ce que je suis si je n’avais pas été ce que je fus ; je n’aurais jamais su ce qu’est la foi qui n’est pas le contraire de la raison ; la foi c’est le moment  critique de la raison. »
Un de nos plus brillants intellectuels,  bannis dès les années 90 de tous les cercles qu’ils soient universitaires ou médiatiques, une des premières victimes d’un nouveau maccarthysme - celui qui touche à la question israélienne, la création de cet état, sa politique raciste et colonialiste, ses relais et ses officines ici en France -, son ouvrage publié en 1995 qui a pour titre "Les mythes fondateurs de la politique israélienne" : à ce jour sans doute l'étude la plus poussée sur les tenants et aboutissants de la création de l'Etat d'Israël, et le dessous des cartes de la politique de cet Etat -  fera de Roger Garaudy la victime d’un long acharnement jusqu’à sa « chute » et son bannissement professionnel, universitaire et médiatique. Il décédera dans l'indifférence quasi générale. 

Une lettre d'Alain Peyrefitte à Roger Garaudy

4 septembre 2018

Le pop-art est-il de l'art ?

L'histoire du « pop art »... vaut d'être résumée : en 1917, le peintre français Marcel Duchamp envoie à New-York, à la Société des Artistes Indépendants, une « fontaine » (en réalité, un urinoir), en réaction contre l'absurdité du monde : tout est non-sens, l'art en premier lieu. Ce fut l'origine, en 1919, du mouvement « Dada », montrant le vide et l'inanité d'une société. Duchamp récidiva avec une roue de bicyclette posée sur un tabouret, avec un porte-vaisselle, avec un peigne rouillé, etc.
Cette réaction contre le non-sens de la guerre et du monde dont elle était l'aboutissement, allait donner avec Rauschenberg, son commis voyageur Léo Castelli, et la décomposition de la société américaine économiquement alors florissante, naissance au « ready made » et au « pop art », utilisant comme une « nouveauté », avec soixante-dix ans de retard, ce qui n'était qu'un « canular », pour dénoncer une époque, pour en faire une « école » et un « style ».
Rauschenberg collait sur une toile un oiseau empaillé ou même une chèvre sous prétexte de revenir à la réalité nue.
Cette importation, en Europe, de la désintégration de l'art comme de la société américaine, n'eut pas seulement pour effet majeur de transformer le cinéma, devenant, à quelques exceptions près, d'un art, une industrie. Il induisait tout un mode de vie, tel le racisme du « western » où le « bon lndien » est l'Indien mort ou le « collabo » de l'envahisseur, jusqu'au film d'épouvante fondé sur une technique sophistiquée des « effets spéciaux » devenus une spécialité d'Hollywood, ou plus encore un film de violence avec cent coups de feu par heure, traduisant la décomposition d'un peuple comme d'une civilisation ou d'un art. L'une des conséquences de cette pollution culturelle venue des États-Unis, avant-garde de la décadence, fut d'élever le vandalisme au niveau des Beaux-Arts, comme ce fut le cas pour les « colonnes » de Buren au Palais Royal et l'« empaquetage » du Pont-Neuf par Christo.
Il commence, le 13 septembre 1982, l'emballage du Pont-Neuf qui constitue évidemment, avec ses 43 000 mètres carrés de toile ignifugée et 11 000 mètres de corde, une affaire d'or. « C'est aussi intéressant, dit l'écrivain Vercors, que d'aller à Athènes admirer le Panthéon et de le trouver emballé. » Cette mascarade ne coûtera aux contribuables parisiens que 19 000 000 de francs.
Christo avait, sur ce point, perdu d'une courte tête sur Buren qui avait réussi à extorquer 22 000 000 de francs pour l'exhibition des furoncles de ses tronçons de colonnes zébré dans la Cour d'honneur du Palais-Royal.
De gauche ou de droite, la logique de l'anticulture se poursuit inflexiblement, fût-ce en défigurant Paris sous l'effet combiné de la contagion de la logique commerciale américaine et des intérêts spéculatifs des entreprises chargées des travaux.

Roger Garaudy, dans "Les Etats-Unis, avant-garde de la décadence", pages 68-69

1 septembre 2018

"Union Européenne": plan A, plan B et ce qui s'en suit... Le point de vue d'Asselineau


Décès du Père Chave, créateur de "Foi et Culture"

Le père Robert Chave, créateur de Foi et Culture, vient de mourir à l'âge de 94 ans. Ordonné plus jeune prêtre de France à Avignon en 1947, il avait connu, dès le début de l'aventure du festival d'Avignon, Jean Vilar et avait initié ces rencontres Foi et culture.
Il venait d'avoir 94 ans, le 26 juillet dernier. Né à Avignon, quartier des Rotondes, il est ordonné à 23 ans, plus jeune prêtre de France. La même année, 1947, il rencontre Jean Vilar, le patron du TNP (Théâtre national populaire) qui invente La Semaine des Arts d'Avignon qui deviendra le festival et durera un mois. Un compagnon de route qui marquera à jamais sa vie.

Le lien entre théâtre et liturgie

Robert Chave, crée en 1971 les Rencontres Foi et Culture pour voir le lien entre théâtre et liturgie, faciliter le dialogue entre l'église et les créateurs, metteurs en scène et comédiens qu'il invite chaque été. Avec son ami, le Chanoine Georges Durand, amateur de musique, qui lance Les messes du festival en juillet à Avignon, il participe également au rendez-vous annuel du Jour du Seigneur, la messe diffusée en direct des Chorégies d'Orange.
Engagé, proche des gens, même de ceux qui ne croient pas en Dieu, il se promène dans les rues d'Avignon en chemisette blanche avec son éternel cartable à la main. En 1979, lors de la démission fracassante de Paul Puaux, le bras droit de Jean Vilar, il organise un débat avec le communiste Roger Garaudy....
...Ses obsèques auront lieu ce samedi 1er septembre, à 10 h, à la Métropole Notre-Dame des Doms à Avignon.i