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07 octobre 2016

Le sens de la vie en Al-Andalous. 4/ Ibn Arabi



Dernier article de la série "LE SENS DE LA VIE EN AL-ANDALOUS"

Averroes-Maïmonide-Alphonse X, le sage-Ibn Arabi. Les 4 textes sont de Roger Garaudy
Ibn Arabi
A Cordoue. Photo J.Andanson
Oui, sous mon règne, par les efforts des sages de nos trois religions,
notre Espagne du XIIIe siècle pouvait éveiller l'Europe entière
à une vraie renaissance: celle qui pouvait se faire non contre
Dieu, mais avec Dieu.
Les docteurs de la loi nous disent: "Ceci est interdit! Ceci est
permis!". Jamais ils ne nous disent: "Tu est responsable de toi-même.
Réfléchis par toi-même!" Alors que le Coran nous y appelle à chaque
page. À les entendre il n'y aurait, entre Dieu et l'homme, que
des rapports de maître à esclave. Mes frères, la foi et la philosophie
commencent là où finit ce juridisme desséché!
Le Coran nous dit: "Dieu fera se lever des hommes qu'il aimera et
qui L'aimeront". Et aussi "Si vous aimez Dieu, Dieu vous aimera".
Dieu est unité. Il est l'unité de l'amour, de l'amant, et de l'aimé.
Tout amour est désir d'union. Tout amour, qu'il en a i t conscience
ou non, est amour de Dieu.
Il y a un amour naturel, dans lequel tu crois chercher à ne satisfaire
que t o n propre désir. Mais, déjà, il te fait sentir que tu ne te
suffis pas à toi-même. Même dans l'union des corps, où tu veux
trouver l'extase, tu éprouves la nostalgie et le besoin de ce qui
n'est pas toi.
Il y a un amour spirituel, quand tu n'aimes l'aimé que pour
l'aimé lui-même. Tu ne vis alors qu'en te dépassant: en préférant
à la tienne sa joie, sa plénitude d'être. Cet amour t'enseigne
le sacrifice.
Et enfin, il y a un amour divin, le plus haut: tu aimes en toute
chose Celui qui l'a créée, et tu n'aimes Dieu que pour lui-même.
Sans crainte d'un châtiment ni désir d'une récompense.
Cet amour que tu portes à Dieu est un reflet de celui qu'il te
porte. Tu ne peux pas t'identifier à Dieu, mais tu peux agir selon
le but qu'il a révélé par Son messager.
Le Prophète a dit: "Quand Dieu t'aime, Il est l'oreille par laquelle
tu entends, l'oeil par lequel tu vois, le pas par lequel tu
avances, la main par laquelle tu travailles".
Dieu a "insufflé en l'homme de Son Esprit". Comme témoignage
de cette présence en toi, de l'acte de Dieu qui ne cesse de
créer, l'action est l'extérieur de la foi.
Tu rends visible l'invisible chaque fois que tu te dépasses:
- artiste, quand tu exprimes la beauté, que Dieu aime;
- amant, quand tu vois et sers Dieu en celle que tu aimes;
- savant, quand tu découvres des vérités nouvelles;
- chef, quand tu crées pour chacun les conditions de son épanouissement.
Voir en chaque être l'acte que l'a créé et soumettre sa vie
entière à la volonté de ce Créateur, c'est ce qui unit tous les hommes
de foi.
Acheter le livre
Tout homme est appelé par Dieu. Ne méprise pas ceux qui, en le
cherchant, croient Le voir en ce qui n'est pas Lui.
L'Islam reconnaît tous les Prophètes comme messagers du même
Dieu. Apprends à découvrir en chaque homme le germe, en lui, du
désir de Dieu, même si sa croyance est encore confuse, et parfois
idolâtre, pour l'orienter vers l a pleine Lumière.
J'écrivis dans un poème d'amour:
" Mon coeur est devenu capable d'entrer dans toutes les formes:
Pâturage pour les gazelles, et couvent pour le chrétien;
Temple pour les idoles et pèlerin de la Ka'ba;
Tables de la Thora et livre du Coran.
Ma religion est de l'amour:
Quelque soit le chemin que prenne la caravane de l'amour,
Ce chemin est celui de ma foi".

06 octobre 2016

Le sens de la vie en Al-Andalous. 3/Alphonse X, le sage


LE SENS DE LA VIE EN AL-ANDALOUS

(CORDOBA)



Averroes-Maïmonide-Alphonse X, le sage-Ibn Arabi

Alphonse X, le sage
Je ne suis plus que l'ombre d'un roi, qu'on appellait autrefois
Alphonse X, le Sage, mais le Pape et mes propres vassaux me déposèrent en 1282.
Peut-être mes rêves était-ils un peu trop grands pour ce siècle?
Et pourtant, nous étions a u bord d'un grand éveil. J'avais eu la chance, dans m  jeunesse, d'être élevé à Tolède, où l'Evêque Raymond, avec ses traducteurs chrétiens et juifs, m'avaientinitié à la culture de l'Islam. J'ai fait traduire en latin le Coran et le Talmud.
Vous voyez ce que fut l'acte le plus glorieux de mon règne: celui
de créer, à Murcie, avec le philosophe musulman Mohammed Al
Riqouti, la première école au monde où enseignaient à la fois des
chrétiens, des juifs et des musulmans.
À Seville, j'ai exigé que l'on enseigne dans les deux langues de
culture de mon temps: l'arabe et le latin.
Ecoutez l'un de mes cantiques:
"Oh mon Christ,
Qui pouvez accueillir
Le chrétien, le juif, le maure,
Pourvu que leur foi
Se dirige vers Dieu".
Et dans mes lois, comme dans mes prières, je n'ai jamais oublié
que les mécréants sont de même sang et nature que nous.
Mes légistes peuvent avec fierté vous lire mes codes:
"Comme la synagogue est maison où l'on glorifie le nom du
Seigneur, défendons qu'aucun Chrétien ait l'audace de la détruire
ni d'en emporter rien ni d'en prendre aucune chose par la force".
Et, à l'égard des musulmans:
"Laissez vivre les Maures parmi les Chrétiens en conservant leur
foi, et en n'insultant pas la nôtre".

>> A SUIVRE ICI >>

Fundaciôn Roger Caraudy (actuelle Paradigma Cordoba)
Torre de l a Calahorra
C O R D O B A (ESPANA)

05 octobre 2016

Le sens de la vie en Al-Andalous. 2/ Maïmonide




Maïmonide
Dans ce qu'il a dit sur les sciences terrestres, Aristote reste notre
maître, mais, au delà, tous ces propos ressemblent, à peu de choses
près, à des conjectures.
Pour Ibn Ruschd, le Livre Saint n'est pas notre Thora, mais le
Coran. Nous sommes d'accord l'un et l'autre sur les apports de la
raison et de la révélation: elles sont deux manifestations d'une même
vérité divine. Il n'y a de contradiction que lorsqu'on s'en tient à
une lecture littérale des Écritures, en oubliant leur signification éternelle.
j'ai donné, dans mon «Guide des égarés» les règles de cette lecture
allégorique, et qui tient compte de l'histoire.
Nos problèmes historiques doivent être résolus à partir de principes
éternels: il n'y a aucune opposition entre l'absolu et l'histoire.
Ces principes éternels, mon expérience de juriste m'a appris qu'ils
se ramenaient à quatre, que vous retrouverez dans mon «Commentaire
de la Mishna», de notre tradition juive:
Premièrement, l'individu ne peut se développer que dans une
société saine, où les devoirs viennent avant les droits.
Deuxièmement, le but de toute société fidèle à Dieu est une croissance
de l'homme et non de la richesse. L'homme grandit quand il
développe en lui la raison dans sa plénitude: une raison qui a conscience
de ses limites et de ses postulats. Une telle raison témoigne
de la présence de Dieu en l'homme.
Troisièmement, la raison de l'homme n'est qu'une participation
à la raison divine, qui nous dépasse infiniment, et qui ne se réalise
que par l'accueil à la prophétie biblique.
Et quatrièmement, un cycle nouveau de l'histoire ne commence
que lorsqu'un Prophète, comme Moïse, descend vers le peuple pour
lui proposer de nouvelles lois.
Psaume 2 Verses 1-3:
"Pourquoi ce tumulte parmi les nations, ces vaines pensées parmi
les peuples?
Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils et les princes se liguent-
ils avec eux contre l'Éternel et contre Son oint?
Brisons leurs liens! Délivrons-nous de leurs chaînes!".