25 juillet 2016

Michel Foucault est partout car il ne dérange personne. Par Serge Uleski

 Article source: http://litteratureetecriture.20minutes-blogs.fr/archive/2016/07/18/pourquoi-michel-foucault-est-il-partout-930460.html

  En 2013, la revue littéraire en ligne du Nouvelobs « Bibliobs » posait la question suivante : « Pourquoi Michel Foucault est-il partout ? »
Et une réponse ne tarda pas à pointer le bout de son nez ; ma réponse, en l'occurrence :
                   Eh bien, Michel Foucault est partout car la production philosophico-sociologico-historique de cet intellectuel affable mais un peu austère, ne dérange personne. Et puis, avec Michel Foucault, ce qui est commode c'est qu'on peut être de gauche, rouler en grosse berline allemande et passer ses vacances au Maroc pour y chercher et y trouver de la chair fraîche à bon marché, mineure dans le meilleur des cas. Faut dire que là-bas, ça ne compte pas. D'ailleurs, rien ne compte ou si peu.

23 juillet 2016

Démocratie: le piège du populisme

Tout pouvoir populaire n’est pas nécessairement démocratique ou libérateur. Il en est - tel le populisme, pareil au pouvoir incinérateur d’Érostrate jouant de l’État avec les allumettes des faux espoirs nourris aux émotions volatiles et inflammables des masses - qui constitue une ironie incendiaire de l’inclusion politique et sociale des majorités et minorités qu’est la démocratie.

>> LIRE L'ARTICLE DE CAMILLE LOTY-MALEBRANCHE >>

Marx et les avatars du «matérialisme dialectique»


© Droits réservés. Reproduction interdite


Marx n’est pour rien dans la dérive dogmatique que constitue le «matérialisme dialectique».
Le «matérialisme dialectique» fut inventé par les théoriciens du stalinisme dans les années 1930, à partir notamment d’une extrapolation de la «Dialectique de la nature» de Friedrich Engels [1820-1895], ami et collaborateur de Marx, et des écrits philosophiques de Lénine [1870-1924].

En 1935-1936 en France, Georges Politzer [1903-assassiné par les nazis en 1942] en présente un résumé saisissant d’intelligence à l’intention des futurs cadres du Parti communiste. Ce résumé sera par la suite édité à de nombreuses reprises par les Editions sociales sous le titre de «Principes élémentaires de philosophie» (qui comme son nom l’indique ne traite pas que de la dialectique).
Pour Politzer, il y a quatre lois de la dialectique: le changement, l’action réciproque, la contradiction, la transformation de la quantité en qualité (ou loi du progrès par bonds) [Op.cit. réédition de 1977, pages 139 à 203]. Rien à redire à cela par principe ; le problème est que ces lois s’appliquent à tous les domaines de la vie, sans exceptions. Voici avec les stalino-philosophes le comble de la dialectique: les choses de la nature elles-mêmes sont priées de se soumettre à ses lois.


Alors, la dialectique mode de vie de l’univers ?
Non !
D’abord, le matérialisme de Marx n’est ni chosiste (ne s’intéressant qu’aux choses) ni moniste [du grec monos, unique]. Il ne renvoie pas à la matière comme mode unique (et exclusif) de l’être, mais donne au contraire le primat à l’action, spécialement l’action consciente de son but, l’action spécifiquement humaine, faite de créations et de relations, donc théoriquement ouverte à une extériorité, une altérité capable d’inter-agir avec elle et finalement sur la matière elle-même : une forme de transcendance se cache là quelque part !
De surcroît, il n’y a pas, il ne peut y avoir de dialectique matérialiste. Peut-on penser sérieusement un jeu d’interactions dialectiques entre le caillou et la rivière qui le charrie ? Entre la fleur et l’abeille ? Entre le cargo et la tempête qui le broit ?
Qui dit dialectique dit conceptualisation du réel. La nature ne s’incline pas devant le concept. «Parler d’une dialectique de la nature c’est simplement reconnaître que la structure de la matière est  telle que seule une méthode dialectique peut la penser.» [Roger Garaudy, «Pour Marx», 1964]
Une dialectique holiste [du grec holos, tout entier], faite de lois universelles, interdit toute transcendance. Une dialectique modeste, débarrassée de son avatar matérialiste, est un mode de pensée permettant d’accéder à une compréhension d’un devenir, et n’exclut pas la transcendance.
Il est aussi courant mais simpliste de réduire la dialectique à une seule de ces lois, la lutte des contraires. Nous préférons,
à la suite de Teilhard de Chardin, la définir comme «attraction de l’unité dans le dépassement», selon la formulation de Mme Barthélémy-Madaule  [«Bergson et Teilhard de Chardin», Le Seuil, 1963, page 650]. 
Envisager les «choses» en adoptant un point de vue dialectique de ce type me permet de penser le mouvement, le changement, la rupture. Mouvement vers le différent, vers l’autre que moi et vers l’autre en moi. Changement du paradigme [du grec paradeigma ; modèle, exemple] et donc rupture avec un existant subi pour me projeter, comme sujet en gestation, vers un avenir incertain mais vrai (vrai précisément parce qu’il fait de moi un sujet). Quand une dialectique de l’existant, purement matérialiste, me fige dans le respect de la loi, la dialectique comme mode de penser «est d’abord une logique de la relation» (Roger Garaudy, ibid) qui me permet d’appréhender et peut-être de maîtriser ce mouvement où se niche la transcendance.

Alain Raynaud

22 juillet 2016

Liberté

Daumier. La République
Esquisse. 1848
Dans un État libre chacun peut penser ce qu’il veut et dire ce qu’il pense.

Spinoza.

20 juillet 2016

Sciences et techniques européennes et développement du monde



Sciences et techniques européennes et développement du monde (Le titre est de l'administrateur du blog, comme toujours...ou presque)

Monsieur le Président, Excellence et chers amis, le but de mon introduction est
d'essayer de situer le rôle de l'Europe dans le monde et dans l'histoire en ce qui
concerne les sciences et les techniques.
Lire aussi: http://rogergaraudy.
blogspot.fr/2012/10/reedition-du-
livre-de-roger-garaudy.htm
l
Je dois dire tout de suite et je m'en excuse, que je le ferai sans le moindre esprit diplomatique et l'intervention de M. Reverdin vous a préparé à cetteéventualité. C'est un essai pour se placer d'un point de vue mondial et pas seulement occidental, c'est-à-dire de n'oublier jamais que d'autres civilisations,d'autres cultures, d'autres sciences, d'autres techniques ont conçu et vécud'autres rapports de l'homme avec la nature, avec les autres hommes et la société, avec l'avenir et avec Dieu.
Acheter le livre
Je n'ignore pas la difficulté, pour un européen ou en général un occidental, de considérer le monde comme un tout, c'est-à-dire nécessairement de relativiser l'Europe.
Des siècles d'ethnocentrisme, pardonnez-moi ces néologismes, disonsd'européo-centrisme ou d'occidentalo-centrisme, nous ont appris à parler de lascience et de la technique comme s'il ne s'agissait pas simplement de la science européenne, de la technique européenne, comme s'il n'y en avait jamais eu d'autres, comme si d'autres hommes n'avaient jamais poursuivi d'autres fins et pouvaient pour l'avenir en concevoir d'autres.