22 juillet 2012

La politique réactionnaire du Vatican et le MRP (1945)


Ce texte est intéressant sur le plan historique et aussi parce qu'il montre le chemin parcouru et par Roger Garaudy et par l'Eglise elle-même. Les deux dernières pages, soumises - pour reprendre la formule de Marx - "à la critique rongeuse des souris",  présentent des "trous" dans le texte: le lecteur retrouvera aisément sinon les mots exacts du moins le sens des parties manquantes...

















20 juillet 2012

Conférence à Tunis sur la pensée de Roger Garaudy

Tunisie, des universitaires analysent la pensée de Roger Garaudy

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Publié le Vendredi 20 Juillet 2012 à 13:45
Roger GaraudyUne conférence s’est tenue à Tunis sur le défunt penseur et philosophe, Roger Garaudy, sur le thème "Roger Garaudy : la science de l’histoire et la recherche de la vérité". Des chercheurs, historiens et activistes des droits de l’Homme ont livré des réflexions sur la vie de ce philosophe français musulman, ses idées et sa relation avec l’Islam, l’Occident et les Arabes.

Cette conférence visait à faire connaître la vie et la pensée de celui qui a servi l’Islam, la nation arabe et la cause palestinienne à travers ses livres, plus d’une cinquantaine.

Hédi Taïmoumi, professeur de civilisation arabe à l’université tunisienne, a évoqué "la rationalité de Roger Garaudy qui a critiqué la pensée occidentale selon une approche cartésienne, et a mis à nu le sionisme d’une manière scientifique, avant de se tourner vers l’Islam auquel il s’est converti et en a présenté une lecture progressiste".

Les Arabes et les musulmans ont perdu un grand esprit qui a soutenu leurs causes et leur religion, en présentant  une lecture critique de l’Islam qui lui ôte certaines interprétations erronées qui lui ont été imputées, a-t-il dit en substance.

"Garaudy avait appelé les musulmans à accepter l’Etat civil et à revoir certaines pratiques prétendument inspirées de l’Islam. Chose qui lui a attiré les critiques de ceux-là mêmes qui ont applaudi sa conversion à l’Islam et ses positions hostiles à l’occident. Certaines parties ont même appelé à sa circoncision alors qu’il avait 80 ans", a déploré l’universitaire tunisien. "Notre refus des idées de Garaudy sur l’Islam progressiste et sa lecture moderne de l’Islam l’a poussé à se recroqueviller sur lui-même, jusqu’à qu’il soit mort en étant abandonné par tous, de l’orient à l’occident, car, il a fait valoir son esprit libre".

Selon Mohsen Mili, professeur de philosophie et spécialiste de la pensée de Garaudy, "Roger Garaudy incarnait la pensée du 20ème siècle dans son ensemble, avec ses évolutions, ses remises en cause, ses échecs, ses victoires et ses tournants, son attachement à la raison lui a beaucoup coûté, au point que la France n’a trouvé un autre qualificatif pour annoncer son décès que de dire que "le dernier des négationnistes est mort".

Vue de la conférence sur Roger Garaudy, Photo al-Jazeera. La bataille de Garaudy avec le sionisme a commencé avant qu’il ne publie aucun livre là-dessus,  à l’issue d'un article qu’il a publié dans la presse française et qui l’a conduit en justice. S’il avait gagné l’affaire, Garaudy est entré dans une bataille rude avec les institutions françaises, c’est qu’il a été boycotté par toutes les maisons d’édition, ce qui l’a incité à éditer ses livres à ses propres frais ou à se diriger vers les maisons d’édition libanaises, a dit de lui Ali Manjour, activiste des droits de l’Homme et écrivain.

Manjour a lié les positions de Garaudy au carnage de Sabra et Chatila, et à la sauvagerie du sionisme, avec un soutien européen indéfectible. A ses yeux, l’écriture sur le sionisme a connu deux périodes : l’avant et l’après écrits de Garaudy. "Roger Garaudy a constitué un tournant important dans l’histoire du sionisme et sa lecture, car il fait ressurgir les fondements du sionisme, celui-ci n’a pas commencé avec Theodor Herzl, mais a connu ses débuts embryonnaires bien avant, c’est ce qu’a dévoilé Garaudy, en faisant ainsi exploser une bombe intellectuelle".

Garaudy n’était pas un philosophe isolé, mais il tournait en dérision l’image du philosophe classique, car la philosophie n’est pas venue d’après lui pour comprendre la réalité selon la vision de Hegel, mais pour changer la réalité, de nature changeante, comme le dit Mohsem Mili.

Ali Manjour a évoqué le courage de l’homme qui a critique le sionisme, en considérant la loi criminalisant le négationnisme comme la plus grande faute de la France. "Garaudy était parmi les premiers penseurs qui ont révélé les mythes fondateurs de l’Etat d’Israël, celui qui a refusé la notion du peuple élu, des sujets considérés comme des lignes rouges pour la pensée occidentale. Le philosophe français s’est mis dans la gueule du loup et sa vie était des  plus menacées dans le monde."

Les conférenciers tunisiens ont été unanimes à dire que la philosophie de Garaudy est "actuelle et moderne". "Sa contemporanéité réside dans le fait que c’est une philosophie qui incite à l’action, un aspect sui generis à l’esprit libre. Garaudy était le modèle du philosophe engagé, responsable, cultivé qui veut changer et ne se limite pas à comprendre".

Les participants ont mis l’accent sur la valeur de la critique dans la pensée du philosophe français, c’est qu’il a commencé par l’autocritique, pour aboutir à la critique de la religion à laquelle il s’est converti, en passant par la critique de la pensée occidentale et de la religion chrétienne.

"C’est son esprit libre qui l’a poussé à rompre avec le parti communiste français. S’il avait décrit cette rupture douloureuse l’ayant incité à tenter de se suicider, il a fini par choisir d’une manière irréversible  le chemin de la raison".

Le fait que les révolutionnaires algériens n’aient pas tiré sur lui un jour, car c’était un homme désarmé, l’avait beaucoup influencé et a libéré son esprit de toute idéologie dogmatique. Il a échappé au joug de l’appartenance ethnique, religieuse et intellectuelle pour être tout au long de sa vie, un partisan de l’homme où qu’il soit, l’épisode de sa vie dédié aux arabes et musulmans reste le point le plus lumineux de son expérience.

Gnet (d’après al-Jazeera.net)

15 juillet 2012

Roger Garaudy: les vraies raisons d’une double occultation

«Je voudrais que rien de ce qui me fut apporté par tant de combats, de chutes et d’erreurs, d’épreuves et de rencontres fraternelles, ne fût enseveli avec moi.» ( Roger Garaudy).
Fallait-il que Roger GARAUDY s’excuse d’avoir existé, de la façon que l’on sait, pour mériter un hommage, même des moins solennels? C’est là une raison pour rappeler à ceux qui ont un problème de mémoire qu’enterrer une conscience vivante est la meilleure manière de la maintenir en vie!
La presse occidentale, à l’exclusivité presque, a passé sous silence sa disparition, elle qui d’habitude met les détails les moins signifiants, et les personnages les plus insignifiants, sous les feux des projecteurs. Relayée par un dispositif médiatique arabo-oriental tout aussi défaillant que suiviste, elle en a fait un non-événement, de la manière la plus choquante qui donne à s’apitoyer sur la réalité d’un phénomène de société qui n’a d’autre nom que la guerre aux valeurs.
[...]
 Aurait-il coûté à quiconque de plaindre un monde des valeurs déchues, comme le nôtre, qui vient de perdre un auteur prolifique et un orateur de grand talent qui a toujours épousé la cause des plus démunis et défendu les peuples sans droits?! C’est à ses détracteurs – si le désaveu de leur silence peut les porter au-delà de leur mépris – de répondre!
En fait, c’est en tournant le dos aux idéologies moribondes du marxisme essoufflé, dans un contexte mondial qui n’en fait plus cas, que GARAUDY s’est vu extrader d’un système de pensée arrivant à son terme. Ayant été son chantre et son critique à la fois, des décennies durant, il s’en est démarqué sans pour autant céder d’un pouce sa référentialité et son autorité intellectuelle. On continue à lui reconnaître une théorisation de l’art bien propre à lui, et des échanges historiques, avec Sartre particulièrement, sur l’engagement de l’intellectuel que la mémoire collective continue de qualifier d’inédits.
Et c’est en cessant d’être athée à partir de la fin des années soixante-dix du siècle dernier, que GARAUDY a commencé à indisposer les milieux judéo-chrétiens, gênés par une conversion à l’Islam qui en dit long sur une «hémorragie» qui s’attelle à vider le système culturel occidental de beaucoup de ses élites, les poussant à aller chercher leurs repères métaphysiques ailleurs qu’en Europe et en Amérique.
Roger GARAUDY, s’il ya lieu de le rappeler, a essentiellement intégré l’espace culturel oriental à partir de son livre «L’Islam habite notre avenir», que les pratiques de censure dignes du moyen-âge européen ont empêché la diffusion. (Le même sort, à peu près, attendait d’autres titres, tels que « Promesses de l’Islam). Il y a pris place, dès ses premières connexions avec l’Orient, dans toute sa configuration. Il a précocement compris que l’Occident ne peut pas disposer du destin de l’humanité. L’autorité morale lui faisant défaut, il ne peut percevoir la Vérité (avec majuscule) loin de ses aspirations à la suprématie matérielle.
Belle reprise de René GUÉNON, il est vrai, mais plus en rapport avec les données civilisationnelles, que l’ère de GUÉNON n’a pas connu, GARAUDY s’est fort investi dans le dialogue intercivilisationnel dont la perspective, à travers la création, en 1974 à Neuchâtel, de l’« Institut International pour le Dialogue des Civilisations », qui a enfanté l’« Institut Iranien pour le dialogue des Civilisations », en 1977 à Téhéran, co-inauguré avec la princesse d’Iran d’alors, Farah Diba. Cette entreprise, ajoutée à une grande partie de son œuvre écrite, cache le malaise d’un intellectuel occidental se cherchant dans le miroir de l’Autre. Cela incline à dire qu’il s’agit d’un homme dont la synthèse de vie et la substance d’œuvre se résume à la solitude des idées, des situations et des comportements. Son livre autobiographique «Mon tour du siècle en solitaire», publié en 1999, n’en est que révélateur. Il révèle le solitaire autant qu’il caractérise le charisme d’un personnage ayant toujours refusé d’assister en observateur aux changements de son époque, et à ses bouleversements les plus impossibles.
En outre, la jonction avec le guénonisme appelle à éclaircissement. Ce sont deux projets qui n’ont pas eu, à leurs débuts bien entendu, les mêmes assises et les mêmes finalités. Néanmoins, les deux se sont rejoints dans la dénonciation des revers matériels du monde appelé civilisé. Même si GARAUDY en parle peu, il tient de GUÉNON l’obsession de s’affirmer dans un monde de valeurs différent de celui qui l’a enfanté, sans pour autant s’y noyer, en termes d’appartenance ethnique et d’acquis cognitifs, en ceci que ni l’orientalité ni l’occidentalité ne répondent aux critères réducteurs de la géographie et de l’histoire. Cette philosophie est aussi dominante dans le guénonisme qu’elle est omniprésente, selon les contextes de débats, chez GARAUDY. Que ces deux projets se complètent ou se tournent le dos, est un détail qui n’intéresse pas directement notre propos.
C’est cette facette-là de GARAUDY qui me paraît la plus révélatrice de ce qu’il était réellement. Et c’est cette culture du «Moi» intellectuel, jaloux de sa volonté de vivre ses choix qui a à sa charge la confection d’une œuvre qui l’a définitivement voué au silence dictateur des médias et des sphères politico-intellectuelles.

[...]

Yacine BENABID 1

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14 juillet 2012

14 Juillet


1 octobre 1989 Classiques Larousse

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Première approche : Les orateurs face à un monde en mutation, quelques acteurs de la Révolution, les clubs, l'éloquence révolutionnaire.
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