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26 septembre 2019

Un livre de 2000 dans la pleine actualité de 2020...

LE XXIe SIECLE
Suicide planétaire ou résurrection ?
L'avenir n'est pas ce qui sera mais ce que nous ferons. Yehudi
Menuhin, dans l'un de ses premiers discours à la chambre des Lords,. « Défense du sacré », a posé le problème central. L'avenir se construit d'abord dans la conscience des hommes, dans la foi, qui est la recherche du sens et des fins dernières de la vie, et dans l'action pour l'accomplir. Cette réflexion a des antécédents prestigieux.
Or aucune religion institutionnelle ne répond aujourd'hui à
cette question fondamentale pour la construction de l'avenir. Il y a plusieurs religions, comme il y a plusieurs cultures, mais une seule foi.
Ici des hommes de foi maîtres du dialogue inter-religieux
s'expriment, à partir de leur vécu du XXe siècle :
-Yehudi Menhuin (1914-1999), fils du rabbin Mosché
Menhuin, auteur de La décadence du judaïsme.
- Roger Garaudy (1913), initiateur du dialogue entre chrétiens et marxistes avant le concile Vatican II, auteur par exemple de De
l'anathème au dialogue.
- Le Père blanc Michel Lelong (1925), auteur notamment de Si
Dieu l'avait voulu (sur l'unité de la foi), et, récemment La vérité rend
libre (éd. Olivier de Guibert).
- Raimundo Pannikar (1918-1998), de parents indien et
catalane, auteur de plus de trente livres dont La trinité et l'expérience
religieuse et Le silence de Bouddha.
- Dom Helder Camara (1909-1999), ex-archevêque de Recife,
l'un des fondateurs de la théologie de la libération.
- Leonardo Boff (1938), franciscain brésilien qui a quitté
l'Église, auteur entre autres de La face maternelle de Dieu, Écologie et
pauvreté, Avec la liberté de l'Évangile.
- Le rabbin Elmer Berger (1908-1996), ex-président de la « Ligue
pour le judaïsme aux États-Unis », puis directeur de la revue

Alternative au sionisme.

16 septembre 2019

L'éducation, la culture, le dialogue...

Tous droits réservés © Laval théologique et philosophique, Université Laval, 1984 Ce document est protégé par la loi sur le droit d’auteur. L’utilisation des services d’Érudit (y compris la reproduction) est assujettie à sa politique d’utilisation que vous pouvez consulter en ligne.
Cet article est diffusé et préservé par Érudit.
Érudit est un consortium interuniversitaire sans but lucratif composé de l’Université de Montréal, l’Université Laval et l’Université du Québec à Montréal. Il a pour mission la promotion et la valorisation de la recherche. https://www.erudit.org/fr/
Laval théologique et philosophique
Compte rendu de Valdemar Cadó (EXTRAIT)
Volume 40, numéro 1, février 1984
Éditeur(s)  Faculté de philosophie, Université Laval
ISSN 0023-9054 (imprimé)  1703-8804 (numérique)
Cadó, V. (1984). Compte rendu. Laval théologique et philosophique, 40, (1), 128–131. https://doi.org/10.7202/400077ar

Mohamed BEDJAOUI, Helder CAMARA, Roger GARAUDY, Joseph KI-ZERBO, Lucien MORIN, Aurelio PECCEI, Han SUYIN
Éduquer au
dialogue des civilisations, Les Éditions du
Sphinx, St-Jean-Chrysostome, Québec, 1983

Cet ouvrage collectif, dans sa partie principale, reproduit les propos tenus lors d'une table ronde intitulée «Pour un dialogue des civilisations», dans le cadre du Congrès Mondial des Sciences de 
l'Éducation, à Trois-Rivières, Québec, en juillet 1981. Cette partie centrale est précédée d'un texte d'« introduction», et suivie de deux autres textes qui n'ont pas été lus lors du congrès, mais qui s'y rapportent.
Comme le titre l'indique, ce petit livre porte essentiellement sur le dialogue entre les différentes cultures. On y trouve donc à la fois la défense des diversités et l'affirmation de leur complémentarité.
Incidemment, on y rencontre des critiques sévères de «l'action civilisatrice» de l'Occident qui très souvent a oublié ces deux aspects fondamentaux du dialogue, en imposant de force sa façon de voir et de concevoir la vie et le développement humain et du monde.

27 août 2019

20e anniversaire de la mort d'Helder Camara

« Dom Helder a été de la famille des prophètes, des sages et des saints »

"À l’occasion du 20e anniversaire de la mort, le 27 août 1999 à Recife au Brésil, de Dom Helder Camara, dont la cause de béatification est en cours à Rome, José de Broucker  évoque sa mémoire et témoigne de son actualité."



Roger Garaudy fut un ami de Don Helder. Sur le blog, tous les articles avec le libellé "Helder Camara":

http://rogergaraudy.blogspot.com/search/label/Helder%20Camara

10 novembre 2017

Lettres de Don Helder Camara à Roger Garaudy (2) - 1973




[Les livres auxquels Don Helder fait référence sont Danser sa vie et L'alternative - Voir la bibliographie sur le blog]

06 novembre 2017

Lettres d'Helder Camara à Roger Garaudy (1) - 1967

A Genève en 1967 Garaudy et Don Helder Camara


[Le livre auquel Helder Camara fait allusion est "Le problème chinois"]

31 janvier 2017

Faith and revolution. 2/4 The premiss of transcendence (Roger Garaudy)



THE ECUMENICAL REVIEW –  1973 - JANUARY - pages 59 to 79

 A lecture, transcribed from a recording, given at the Ecumenical Centre, Geneva, in
October 1972 on the occasion of an exhibition of books and journals in French (see
Ecumenical Diary , below). ROGER GARAUDY is Professor of Aesthetics in the University
of Poitiers, France. His books include From Anathema to Dialogue (English édition :
London, Collins and Co. and New York, Herder and Herder, 1966) and L'Alternative

(Paris, Robert Laffont, 1972). The lecture was translated from the French by the WCC
Language Service. The original is published in the Bulletin du Centre Protestant d'Etudes,
Geneva, 1973.
 
A Paris le 29 mai 1989 Roger Garaudy avec Dom Helder Camara. Getty Images/Pierre Verdy


II/ The premiss of transcendence

As I said just now, if the revolutionary outlook is not simply a reflection
of the already existing world but the vision of a social order which does
not yet exist, it follows — and this is a provisional statement of the
first premiss I wish to discuss — that the goals of revolutionary action
cannot be deduced simply from the past or the present. Man is always
something other and something more than the sum of the conditions
which have produced him. This is what distinguishes him from ail
other kinds of animal. Otherwise we should be relegated to an existence
determined solely by instinct. Echoing the Italian philosopher Vico,
Marx pointed out in Das Kapital that man was not responsible for the
evolution of nature but for his own history. Unlike natural evolution,
human history is of man's making.
This first premiss is no more than a premiss. We cannot here disguise
our assumptions and claim that we are revolutionaries by some sort of
rational argument or inescapable necessity. We posit the premiss that
it is possible for us to liberate ourselves from a given natural order and
to shape our own future. It is, if you like, a radical break with positivism.
Nothing is more conservative than positivism. By confining
human thought within the limits of the given, positivism necessarily
restricts human action to the limits of the established order, unless some
vision or plan emerges. If the empirical world of tangible data is selfcontained,
as the eighteenth century French materialists believed, man
is left with no room to make his own history. He is simply one element
in a purely physical process. It was Kant's Critique which rescued us
from precisely this impasse. The world of empirical experience is not
self-contained, not self-sufficient. Contemporary epistemology appears
to confirm this. Rejecting any naïve realism we have come to recognize
that every proposition concerning nature, history, or God, is a human
utterance. You can find this formula in Karl Barth applied to statements
about God, but I believe it is indeed the basis of ail critical thought.
You can find it in Kant, in Husserl and in Bachelard as well as in Barth.
Man's activity is creative activity, not least when he thinks, when he
conceives and elaborates possibilities, when he formulates hypotheses,
scientific models, ideals, utopias and visions. This activity is part of
reality.
I believe this to be one of the important ideas which we must hold to,
as against the positivism of Hegel and Marx. The possible, provided
we do not exclude man from it, is part of the real. Man must not be
arbitrarily excluded from reality, as he is in positivism — for positivism
means not only a world without God but also a world without man, a
world from which man has been abstracted. But if man belongs to
reality, then reality does not only consist of what already exists but also
of ail that does not yet exist, ail that is still lacking, ail that can still
become. As Fichte said long ago : 'The ideal is more real than the real.'
For the real is itself fashioned in accordance with the possibilities which
our minds conceive. If this possibility, this hypothesis, this vision, are
not already written into the past or the present, if the future is more than
simply the extrapolated extension of the past and the present, if something
new emerges, then we are compelled to recognize this other dimension
of reality, this constant possibility of surpassing the present, and
to recognize this as the most normal fact of daily experience. To give
it its proper name, transcendence is a fondamental dimension of
reality.
Transcendence is the dimension of reality which cannot but appear when
man's présence and créative activity are included in our definition of
reality. I go so far as to say that transcendence is man's chief attribute
inasmuch as he alone, unlike animals confined within the cycle of
repetitive behaviour, is a being who can take stock of his purposes
beforehand and by his efforts achieve something new.
This transcendence is an everyday experience, present in every creative
act : whether in the artist's creation, or in the research of the scientist
and technologist, or in love, sacrifice, or revolution ; in everything, that
is to say, where we break out of the circle of positivist knowledge and
rise above purely utilitarian actions designed to satisfy needs that belong
to the past.
If we fail to give this dimension its full weight, we end up in some form
or other of positivism ; the positivism of those who try to camouflage
their assumptions. Some will tell us that reality consists only of 'chance
and necessity'. Others will say that man is a puppet manipulated by the
'structures'. In both cases there is a denial that man is a real factor in
reality.
I realize that the term 'transcendence' poses certain problems, which
explain why Marxists have often been reluctant to use it. One difficulty
in using it is to avoid the irrational and supernatural connotations with
which it has been loaded and, above ail, the dualistic images which it
suggests. Certainly, if we are to use the word in a mature way, we cannot
entertain a pre-critical conception of transcendence. In other words,
we must never forget that what Barth said in a theological context is
also true of nature and history, namely, that everything I say is a human
utterance.
This is vital even from a practical standpoint. For once this element of
self-criticism in ail human thinking is ignored, once we claim proprietary
rights over reality so as to be able to declare what it is, once we
claim to be the interpreter, the spokesman and even the agent of the
absolute, we are on the direct road to the Inquisition or to Stalinism.
For these are the logical and practical consequences of any assurance
that one possesses complete and final truth. Thereafter, when confronted
with people who disagree with us, we can only interpret this as evidence
of their sickness or ill-will, for which the only remedy is the psychiatric
ward or even the final exclusion of such people from society. Dogmatic
premisses seem, indeed, to allow no other solution, whether in the
Church of earlier centuries or more recently in Stalin's Russia.
A mature concept of transcendence cannot overlook the, to my mind,
permanent contribution of Marx's historical materialism. This may be
put very simply by saying that Marx has taught us to look for the driving
force of history within history itself. History is not made from outside,
neither by a destiny such as Greek thought posited, nor by a providence
extrinsic to human activity, nor by Hegel's 'absolute Spirit', nor by
progress in the naïvely optimistic, eighteenth century sense, nor even in
the sense of a dialectic of nature in which the human dialectic would
only be a special instance of a general rule, as Stalin and his followers
—myself once included — believed.
Pre-Marxist historians believed that history was ruled from outside.
Marx explored the possibility that the driving force was within human
history, arguing on the basis of the inertia of nature and the alienations
of society, but also of the initiatives of men creating their own history.
We can perhaps set alongside the dictum : 'Every statement made about
nature, history, or God is a human utterance' a parallel dictum summarizing
Marx's thought as follows : 'Everything which is done is done
by a man.' This means that we are fully responsible for our own history ;
a point of great practical consequence.

25 janvier 2017

Un monde cassé


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Nous vivons dans un monde cassé. Un monde cassé par le déchirement de l’unité humaine où les inégalités ne cessent de s’aggraver à la fois entre le Nord et le Sud, et, à l’intérieur des pays dits "développés", entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Nous vivons dans une nature en voie de destruction par épuisement et par pollution.
La planète Terre ne peut pas supporter indéfiniment le train de vie de l’Occident, qui n’est d’ailleurs pas universalisable. Si tous les pays du monde avaient autant de voitures que les pays dits "développés", non seulement les ressources pétrolières seraient taries en quelques années, mais les "trous" creusés dans l’atmosphère par nos vapeurs élèveraient plus vite le réchauffement de l’air, et la fonte des glaces arctiques conduirait à la submersion de nos ports. Si tous les pays du monde gaspillaient en tracts publicitaires et en pages de publicité dans les journaux, autant de papier que dans les pays dits "développés", les forêts du monde - poumons des hommes - seraient rasées en quelques années.
Ce ne sont là que des exemples de cette marche vers un suicide planétaire. Nous vivons dans une histoire sans finalité, où le marché n’est plus un lieu d’échange entre les productions et les services des hommes, mais une jungle où s’affrontent les volontés de puissance, de jouissance et de croissance des individus, des Etats, et de monopoles géants. (…)
A l’aube du capitalisme, Hobbes répétait déjà : « L’homme est un loup pour l’homme. » Dans la deuxième moitié du vingtième siècle, le monothéisme du marché a étendu à l’échelle de la planète cette possibilité pour les plus forts de dévorer les plus faibles. (…) Il en est ainsi d’institutions dites internationales comme l’Organisation mondiale du commerce (O.M.C), qui ont pour objet, sous prétexte de "libéralisme" économique, de donner aux plus forts le droit de dévorer "librement" les plus faibles en faisant du monothéisme du marché la religion (qui n’ose pas dire son nom) régulatrice de tous les rapports sociaux à l’échelle des individus comme des nations. (…)
La logique du marché va à l’encontre de la logique de la vie : ce qui est hors du marché n’existe pas. Par exemple ceux qui n’ont même pas le privilège d’être exploités : chômeurs, exclus, ou sous-développés condamnés par la faim. Ceux qui refusent de s’inscrire dans le marché, en refusant, par exemple, les diktats du F.M.I, doivent disparaître. (…) Lorsque M. Bush proclame : « Il faut créer une zone de libre marché de l’Alaska à la Terre de Feu », et lorsque son secrétaire d’Etat, James Baker, ajoute : « Il faut créer une zone de libre marché de Vancouver à Vladivostok », le plus grand débat du siècle est celui-ci : laisserons-nous crucifier l’humanité sur cette croix d’or ?
Pour inverser les actuelles dérives et réaliser une véritable unité humaine, il est non seulement nécessaire d’en finir avec cette "mondialisation", qui n’est qu’un masque aux prétentions hégémoniques mondiales de l’oligarchie économique américaine et des dirigeants politiques qui en sont l’expression, mais aussi avec toutes les tentatives de résoudre, par exemple, les problèmes du chômage, de la faim ou de l’immigration (qui est un passage du monde de la faim à celui du chômage) à une échelle régionale, provinciale, même comme celle de l’Europe (…). Il apparaît de plus en plus clairement aujourd’hui qu’aucun problème ne peut être résolu dans le cadre national ou même continental, pas plus les problèmes de l’économie, que de l’environnement, de la défense ou de la culture.
Tous les problèmes se posent à l’échelle planétaire, condamnant tous les tribalismes et toutes les idolâtries du partiel. Le couplage mortel du missile et de l’atome engendre une menace totale : l’archaïque équilibre des forces est devenu équilibre de la terreur, où chacun a le pouvoir de détruire l’autre et de se détruire lui-même. Le satellite, relayant la télévision, rend le monde présent en chaque point du globe. Le marché mondial fait du sous-développement des uns le corollaire de la croissance des autres.
L’Un et le Tout ne sont plus seulement un appel ou une utopie. La conjoncture historique suggère des orientations claires : l’interdépendance universelle ne peut se traduire par la dépendance des uns à l’égard des autres. Le développement, le véritable développement : celui de l’homme, de tous les hommes, sera un développement solidaire, universel, ou ne sera pas.





Roger Garaudy, « Les religions et la foi au XXIe siècle », dans l’ouvrage collectif "Le XXIe siècle : suicide planétaire ou résurrection ?", Ed. L’Harmattan, Paris, 2000.




[Choix d'extraits de notre ami Ahmed]