16 juin 2014

"Un grand homme n'est jamais un aérolithe tombé du ciel". Napoléon Bonaparte vu par Roger Garaudy

Voici au format JPG le texte dactylographié - et corrigé par Roger Garaudy - de la conférence qu'il prononça en Août 1969 à Ajaccio pour le bicentenaire de la naissance de Napoléon Bonaparte. Je peux également fournir le texte au format PDF: me contacter par le formulaire de colonne de droite du blog. Pour une lecture plus facile je vous rappelle qu'il suffit d'agrandir chaque page en double-cliquant dessus.



14 juin 2014

Il y a deux ans, la mort de Roger Garaudy

Le site "Egalité et Réconciliation" a publié hier, à l'occasion du 2ème anniversaire de sa mort (13 juin 2012), un article de synthèse intelligent et objectif sur le parcours de Roger Garaudy. Comme le site d'Alain Soral avait à l'époque repris mon propre article, je lui rends volontiers aujourd'hui la politesse:

  Il y a deux ans mourait Roger Garaudy



Le 13 juin 2012 décédait le philosophe français Roger Garaudy. L’événement fut relativement peu couvert par les médias, le défunt étant accusé d’avoir « dérivé vers l’antisémitisme » vers la fin de sa vie.
Mais qui fut Roger Garaudy ? Né en 1913 à Marseille, agrégé de philosophie en 1936, Roger Garaudy a d’abord été un pilier intellectuel du Parti communiste français (PCF). Élu député au lendemain de la Guerre, il se lie d’amitié avec l’abbé Pierre, également député (MRP, parti démocrate chrétien). Sa critique de l’URSS contribue à le fait exclure du PCF en 1970. Mais c’est sa participation aux mouvements de Mai 68 qui motive principalement son exclusion du parti. Le philosophe français voit dans les événements de Mai un soulèvement social sans précédent représentant l’espoir de donner « un autre sens à la vie qu’une augmentation quantitative de la production et de la consommation ».
Soutenant le mouvement social sans se douter que Mai 68 portait également les germes d’un matérialisme libéral propice à la mutation du capitalisme, Roger Garaudy se rapproche ensuite de la religion. D’abord par un retour au catholicisme puis par une conversion à l’islam en 1982. Ainsi, sans renoncer à la grille de lecture marxiste, il voit en la spiritualité une alternative au « monothéisme du marché ». Très critique à l’égard du culte de la croissance et de l’hégémonie américaine, Roger Garaudy accuse le libéralisme non seulement d’être à l’origine de la décadence de l’Occident mais également d’être l’élément perturbateur ayant annihilé les possibilités de développement alternatif dans les autres régions du monde.
Penseur marxiste et religieux, acteur de Mai 1968 sans avoir évolué vers l’idéologie libérale-libertaire, Roger Garaudy a développé une pensée complexe à la croisée des chemins entre plusieurs courants a priori antagonistes. Cependant, en publiant en 1995 Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, l’agrégé de philosophie s’est attiré les foudres des médias. Il y dénonce l’instrumentalisation contemporaine de la persécution des juifs sous le régime nazi à des fins politiques. Défendu par Jacques Vergès, Roger Garaudy est condamné le 27 février 1998 pour contestation de crimes contre l’humanité. Il reçoit alors le soutien de son ami l’abbé Pierre qui vante son « éclatante érudition ». Celui-ci est alors exclu de la LICRA et se retrouve la cible d’un dénigrement public qui le pousse à prendre une retraite médiatique temporaire.
C’est donc ce dernier épisode de sa vie qui valut à Roger Garaudy son excommunication médiatique et la réduction de son parcours au péché suprême de notre époque, censé jeter l’opprobre sur l’ensemble de son œuvre.

http://chantier88.egaliteetreconciliation.fr/Il-y-a-deux-ans-mourait-Roger-Garaudy-25993.html

Les intellectuels et le PCF, Argenteuil 1966. Le souvenir d’un moment heureux

Argenteuil, de nouvelles noces entre les intellectuels et le mouvement communiste français ? Annie Burger-Roussennac*

Dans l’histoire des relations du mouvement communiste et des intellectuels, le comité central d’Argenteuil de mars 1966, portant sur les questions idéologiques et la culture, marque un tournant majeur sur deux plans. Consacrant la rupture avec le passé proche d’un art au service du Parti, il est le creuset de nouvelles noces joyeuses et fécondes entre arts et politique. Mais en clôturant le débat sur la nature humaniste du marxisme, il fixe aussi les limites de la liberté concédée et désigne les impasses à venir entre le groupe dirigeant et les intellectuels communistes.

10 juin 2014

Tout a commencé avec Roger Garaudy..., par Maria Poumier


On ne peut comprendre la vie qu’en regardant en arrière : on ne peut la vivre qu’en regardant en avant.
Soren Kierkegaard

Pour Paulette et Roger

 Tout a commencé avec Roger Garaudy. J’avais dix-neuf ans, le grand souffle de mai 1968 venait de retomber, sans accoucher de rien de spécial. La vie avait repris son cours, et la France me semblait manquer terriblement d’élan. Je n’avais personne à admirer autour de moi, situation classique chez les gens prétentieux. Je cherchais des héros, et ne tombais jamais dessus. Je suis alors partie à Cuba, à la recherche d’une vraie cause libératrice. La révolution cubaine avait besoin de moi comme de bien d’autres, et j’ai été chargée de faire le cours d’esthétique à l’université de la Havane.

9 juin 2014

Tentare di cambiare il mondo e la vita

Progetto Speranza tra utopia ed impegno da Roger Garaudy a Renzi.

domenica 23 marzo 2014 
 
Tentare di cambiare il mondo e la vita. In Italia ferve il dibattito sul cambiamento. Matteo Renzi è il Premier e leader del PD; un partito che comprende l’eredità comunista e cattolica. Il suo controverso tentativo di riformare la politica italiana ci riporta ad un’altra figura tra cattolicesimo e comunismo, il filosofo francese Roger Garaudy scomparso nel 2012.
Il momento attuale in Italia è molto delicato. Il nuovo Premier Matteo Renzi, pur contestato da più parti per la rapidità con cui ha improntato il suo iter e bruciato molte tappe, sta provando a mettere a punto un piano di lavoro e di rilancio dell’economia e della politica che dovrebbe dar fiato all’asfittica stasi in cui è ricaduta la nazione per via della crisi che pur interessa vari paesi dell’Europa.
Il suo programma potrebbe essere definito “Progetto Speranza” con un titolo molto significativo e bene augurante. Lo stesso d’un libro che ho letto alcuni anni fa e che ricordo molto bene d’un filosofo francese Roger Garaudy: Projet Espérance, con il titolo originale francese, pubblicato da Laffont, Paris.
Questo, insieme ad un altro testo sulla stessa lunghezza d’onda dell’autore: L’Alternative, sono stati tradotti in italiano e pubblicati da Cittadella, Assisi, tra la fine degli anni settanta e l’inizio degli ottanta, erano e sono, più che altro, appelli alla società civile, perché “la vita avesse uno scopo, la nostra storia un senso, perchè venissero bloccate le catastrofiche spinte d’inerzia delle nostre società per ricostruire il tessuto sociale.”
Così era detto nella presentazione.
Erano gli anni dell’iniziale destabilizzazione sociale: si manifestavano malcontento e ribellione in molte sfere, continuava il fenomeno del terrorismo da cui derivarono tanti lutti e rovine e lo scoramento generale. Si pensava di arrestare con nuove ideologie la deriva che sembrava vicina. Roger Garaudy era poco noto in Italia, ma negli ambienti cattolici, che allora frequentavo, era considerato un interprete intelligente del Concilio Vaticano II, che tanto aveva fatto sperare. Egli era intenzionato a cercare un dialogo tra cattolici e marxisti per rinnovare la società ed era riuscito ad attrarre l’attenzione delle giovani generazioni, perché, al di là delle solite astrazioni che apparivano inutili, parlava di fatti concreti e additava, imboccando la strada della responsabilità e dell’autocoscienza, un nuovo modo di rapportarsi agli altri con razionalità, consapevolezza e giustizia sempre attese. Diceva, in modo autorevole, d’una possibile svolta necessaria per la salvezza: “Volete anche voi con migliaia di altri, le cui mani si cercano, creare le prime cellule viventi del nuovo tessuto sociale?”
Avevo allora visualizzato con la mente, una catena umana che interveniva a salvare l’umanità derelitta e m’ero ripromessa di farne parte. Ammoniva di prendere coscienza del vicolo cieco: « poiché se ci abbandoniamo alle catastrofiche chine del nostro tempo, di qui a trent’anni l’uomo e l’ambiente saranno disintegrati. Allora, non sarà più tempo di vivere. Tutt’al più di sopravvivere ».
Prendere coscienza significava cambiare il concetto stesso di politica, smettere di credere in qualche ricetta magica che potesse portarci la salvezza dal di fuori, senza la partecipazione personale. Tutte premesse giuste a fondamento della sua filosofia d’un socialismo partecipativo, cioè dell’assimilazione dei principi fondamentali di umanesimo e marxismo, che erano però tradizionalmente in versanti divisi e antitetici. Garaudy proponeva il superamento degli steccati che dividono i popoli ed un riavvicinamento delle religioni tra loro, un’integrazione conciliativa delle opposte tendenze politiche. 
Aveva visto bene guardando il futuro, che oggi è il nostro presente minacciato da una ben più grave disintegrazione delle sue strutture portanti, e aveva combattuto l’idea di una vita che, se non è più pienezza di pensieri, sentimenti ed azioni, vissuta nelle condizioni migliori, potrebbe divenire, invece, una pura “sopravvivenza”. I suoi discorsi non erano solo consigli, ma lezioni puntuali su come cambiare l’economia, la politica, la cultura, l’educazione, che sono i cardini di una società, partendo proprio dalla convinzione che occorre un cambiamento prima interiore di illuminazione della coscienza e di vocazione alla consapevolezza del proprio essere e degli altri, per poi passare all’azione, secondo lo slogan : “L’uomo è in quanto agisce”. Aveva meditato sul Concilio Vaticano II e s’era convinto della necessità del dialogo tra cattolici e marxisti, tra laici e cattolici, tra le diverse fedi, per trasformare l’inerzia in marcia della pace e di concordia fraterna per un progresso reale. Quest’ultima parte del suo discorso sembra riecheggiare nelle parole dell’attuale Papa Francesco.
Che cosa allora è mancato perché la sua teoria divenisse realtà?
Si potrebbe rispondere: che i tempi allora non erano maturi, ma sarebbe una giustificazione troppo facile e scontata. In effetti, il suo disegno in fondo è apparso utopistico; presupponendo infatti, una società sensibile all’educazione del nuovo, una società non interessata solo al profitto e al dio denaro ed all’individuale ristretto benessere, ma protesa al bene di tutti, partecipe e dedita ad azioni promozionali sia in economia che in tutti gli altri campi, in una sorta di democrazia diretta, secondo un progetto che aveva in comune i fini e l’autogestione dei mezzi.
Per essere così, egli proponeva che si formassero gruppi di persone responsabili per garantire all’interno di ogni paese non l’azione di uno solo, considerato un primus inter pares, ma il concorso di tutti, attraverso la lotta alla burocrazia, senza manipolazione e conquista, ma con comprensione e libera partecipazione: “La nuova sapienza studierà allora l’oggetto secondo il concetto che esprime, il soggetto secondo l’amore, il progetto con slancio creativo”. Semplice e lineare allora m’appariva il suo ragionamento ; se solo si riuscisse a far capire che ognuno di noi ha un compito da svolgere in armonia con gli altri, se vuole che la vita abbia valore, allora lavorare, istruirsi, governare, agire non rappresentano più doveri coercitivi, pesi assurdi, visti come una perdita di tempo o mortificazioni da cui evadere, ma contributi spontanei che arricchiscono la nostra intelligenza, non servigi dovuti, ma libere attività di compartecipazione a quel “motore della storia” che ci interessa perché ci appartiene.

Ma i suoi appelli sono caduti nel vuoto. Il cammino di perfezionamento dell’essere evidentemente apparve troppo arduo e difficile mentre si programmava di arrivare al benessere concreto, ma non ad una diversa qualità della vita, attraverso la violenza, l’ipocrisia e la sopraffazione degli uni sugli altri.
Perchè oggi mi sembra di sentire echeggiare le sue esortazioni? Forse perché c’è più che mai l’esigenza del cambiamento e la voglia d’un agire responsabile e generoso?
Roger Garaudy, che aveva combattuto negli anni 39-40 sul fronte popolare, in Francia, ottenendo una Croce di guerra, scrisse ben cinquanta volumi, insegnò all’Università di Clermont-Ferrant e poi a quella di Poitiers. Costituì a Cordova, dove dimorò per qualche tempo, una Fondazione di studi storici che porta ancora il suo nome. Fece l’esperienza della politica come deputato e senatore e dal ’59 al ’62 fu il filosofo ufficiale del Partito Comunista Francese, nel quale era entrato nel ’33. Si è spento nel giugno del 2012, a 98 anni d’età, a Chennevières -sur-Marne, nei pressi di Parigi. Di lui si può dir tutto, anche che sia stato scomodo e che è da condannare per alcuni aspetti eccessivi della sua vicenda di vita, ma non si può assolutamente dire che sia da dimenticare.
Il suo fu uno dei numerosi tentativi di cambiare il mondo!

7 juin 2014

Roger Garaudy, un homme du futur. Par Serge Uleski

Roger Garaudy : réhabilitation et justice

             «Toujours à contre-nuit, comme un pont de lumière entre l’Europe et l’Orient»


***

Spiritualisme, morale marxiste, marxisme et Chrétiens, Islam…

               Né le 17 juillet 1913 à Marseille, résistant, communiste, enseignant, député, sénateur, écrivain et philosophe, humanisme et marxisme, Bernanos de gauche, membre du parti communiste dès 1933, arrêté en 1940 sous le régime de Vichy, déporté en Algérie... après la libération, Roger Garaudy entre au comité central du PCF.

Très tôt, Roger Garaudy ouvrira un dialogue avec l’autre versant de la réflexion révolutionnaire dans l’ouvrage « L'église, le communisme et les Chrétiens » car pour Roger Garaudy, révolution et transcendance sont indissociables.

En bon communiste discipliné et aveugle, il sera sans pitié pour Victor Kravtchenko (l'auteur de I chose Freedom, un livre dénonçant le système soviétique, publié à New York en 1946) même si, tel un effet boomerang, bien des années plus tard, à propos d'un de ses ouvrages, il lui faudra, lui aussi, faire face à une vendetta qui n’aura rien à envier à celle que Kravtchenko en 1947devra affronter au moment de son procès en diffamation contre l’accusation d’agent américain lancée par le PCF ; un Kravtchenko seul et abandonné par toute la classe intellectuelle dite de gauche, dite progressiste.

L'invasion de la Tchécoslovaquie par l’URSS lui inspirera deux ouvrages : "Pour un modèle français du socialisme" et le questionnement suivant : "Peut-on être communisme".

Au cours des années soixante il s’orientera vers une approche « auto-gestionnaire », voire « libertaire » de l’organisation de l’existence : production et vivre-ensemble ; il penchera pour l’émancipation de la classe ouvrière des appareils des partis politiques et des syndicats : PCF – CGT en tête.

En 1970 il est exclu du PCF. Il se tourne alors vers la religion : le Christianisme de son enfance avant de se convertir à l'Islam en 1982 après avoir vu dans le Coran la continuité du message de Christ : Jésus et les Evangiles. Il viendra à l’Islam « l’Evangile d’une main et le Capital de l’autre » précisera-t-il.            


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            (Partout les mêmes images : Gaza, Syrie, Irak, Yémen, Libye, Afghanistan - partout les USA, Israël, l'Arabie Saoudite, le Qatar, les djihadistes coalisés et une Europe supplétive : France et Grande Bretagne en tête)


              Tous les titres des ouvrages de Roger Garaudy (plus de 60) témoignent d’un esprit d’une clairvoyance rare :
- Les Fossoyeurs – Un nouvel appel aux vivants
- Avons-nous besoin de Dieu ?
- Vers une guerre de religion ? Débat du siècle
- L'Islam et l'intégrisme
- Les États-Unis avant-garde de la décadence,
- Le Procès de la liberté
- Le XXIe siècle – Suicide planétaire ou résurrection
- Le Terrorisme occidental


                   Dans les années 90, il fut un des premiers à dénoncer un nouvel ordre mondial qui n’est que la continuité de l’ancien désordre colonial. L'ouvrage "Les mythes fondateurs de la politique israélienne" publié en 1995 lui vaudra d'être trainer dans la boue du "négationnisme" au cours d’un long acharnement qui n’aura rien à envier aux procès staliniens… jusqu’à sa « chute » et son bannissement professionnel, médiatique.
L’ouvrage en question se compose de trois chapitres principaux : « Les mythes théologiques », « les mythes du XXe siècle » et « l'utilisation politique du mythe ».

                  Roger Garaudy explique le pourquoi de cet ouvrage :
                  " ... les intégrismes, générateurs de violences et de guerres, sont une maladie mortelle de notre temps. Ce livre fait partie d'une trilogie que j'ai consacrée à les combattre : Grandeur et décadence de l'Islam , dans lequel je dénonce l'épicentre de l'intégrisme musulman : l'Arabie Saoudite. Deux ouvrages consacrés à l'intégrisme catholique romain qui, tout en prétendant "défendre la vie", disserte sur l'embryon, mais se tait lorsque 13 millions et demi d'enfants meurent chaque année de malnutrition et de faim. Ces ouvrages s’intitulent : Avons- nous besoin de Dieu ? et Vers une guerre de religion ? 
Le troisième volet du triptyque, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, dénonce l'hérésie du sionisme politique qui consiste à substituer au Dieu d'Israël l'Etat d'Israël, porte-avions nucléaire et insubmersible des Etats-Unis qui entendent s'approprier les pétroles du Moyen-Orient.
Une politique aussi inavouable en son fond exige le camouflage que mon livre a pour objet de dévoiler. D'abord, une prétendue justification "théologique" des agressions par une lecture intégriste des textes révélés, transformant le mythe en histoire : la terre conquise devenant "terre promise". Il en est de même pour l'Exode, cet éternel symbole de la libération des peuples contre l'oppression et la tyrannie, invoqué aussi bien par le Coran (XLIV, 31-32) que par les actuels "Théologiens de la libération".
Et puis une mythologie plus moderne : celle de l'Etat d'Israël qui serait "la réponse de Dieu à l'Holocauste", comme si Israël était le seul refuge des victimes de la barbarie de Hitler, alors qu'Itzhak Shamir lui-même écrit: "Contrairement à l'opinion commune, la plupart des immigrants israéliens n'étaient pas les restes survivants de l'Holocauste, mais des Juifs de pays arabes, indigènes à la région."

                  A aucun moment Roger Garaudy niera le génocide juif. A aucun moment Garaudy niera le caractère exceptionnel par son ampleur, dans la longue histoire de la persécution des Juifs, de ce génocide conduit par les nazis. Roger Garaudy n'aura eu qu'un tort : dénoncer l'exploitation de ce génocide à des fins de domination et de spoliation ; ce qu'on nommera plus tard... de shoah-business, sujet de controverse lancé par le politologue et historien américain Norman G. Finkelstein dans un livre publié en 2000, sous le titre : L’Industrie de l’Holocauste : réflexions sur l’exploitation de la souffrance des juifs.

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(Se soumettre ou périr)

                   Agrégé de philosophie à 23 ans, d’une intelligence foudroyante d’une limpidité redoutable (pensée limpide dans la noirceur du siècle), suite à la publication de cet ouvrage sur l’Etat d’Israël et sa condamnation par les tribunaux à la demande des associations juives, le bannissement de Roger Garaudy de la vie intellectuelle française, peine de mort civile, annoncera la fin des débats politiques, intellectuels et spirituels en France au profit d’un « il n’y a pas d’alternative » dévastateur, qui… par voie de conséquence, scellera une défaite sans précédent de la pensée, comme autant de réactions en chaîne d’une décadence intellectuelle et d’une rupture de la transmission d'une tradition philosophique humaniste ; décadence qui propulsera au devant de la scène, après une chute vertigineuse de tous les niveaux de la réflexion intellectuelle et historique, un contingent arrogant, bruyant, d’une intolérance inouïe - obscurantisme, terreur et mensonges -, trou noir de la pensée de notre civilisation humaniste, relayé par des médias aux ordres qui enterreront sans sourciller, six pieds sous terre, le journalisme : Bernard-Henri Lévy, Bernard Tapie, Jack Lang, Alain Finkielkraut, Eric Zemmour, La Licra, le CRIF, Nicolas Sarkozy, Carla Bruni, Manuel Valls, François Hollande…


gaza en ruines 2.jpg(Autre confirmation de la fin de tous les débats - Gaza 2008)


        garaudy,censure,israël,usa,urss,christianisme,marxisme,philosophie,pcf,cgt,politique,justice,bannissement,bernanos,roger garaudy,kravtchenko     Infortuné, Roger Garaudy décédera le 13 juin 2012 dans le silence assourdissant d'une caste médiatique et intellectuelle terrifiée à l'idée de lui rendre justice : en effet, le premier qui s'y risquerait... sauterait.
Qu'à cela ne tienne : Roger Garaudy aura été sans aucun doute un homme du futur… «… l'homme qui a brisé les frontières idéologiques artificielles du XX° siècle » : religion et marxisme. 

Mais alors, qui donc aujourd’hui osera témoigner en sa faveur sans craindre la relégation ?




La conspiration de la gêne

Roger Garaudy ou la conspiration de la gêne



Condamné pour contestation de crime contre l’humanité en 1998 (la remise en cause de l’existence des chambres à gaz), l’intellectuel qui fut un temps la voix officielle du Parti communiste français, vient de disparaître, à l’âge de 98 ans. Il laisse derrière lui un livre controversé : Les mythes fondateurs de la politique israélienne. Doit-on rayer de la carte des penseurs qui s’attaquent à des sujets brûlants ? Cette question taraude une société qui, paradoxalement, comme le rappelle la journaliste Elisabeth Levy, fait plus l’éloge « de la diversité culturelle que de la diversité de pensée. » 
L’annonce de son décès aura été moins médiatisée que celle de Thierry Roland. Une civilisation qui consacre « l’inversion des valeurs » et « l’industrie de l’hébétude »  comme « horizons indépassables » de la pensée contemporaine. Des intellectuels, à l’instar de Pierre- André Taguieff, ont marché sur le cadavre, réduisant son œuvre à l’islamisme radical. Convictions et positionnement géopolitique obligent : « Garaudy a été un intellectuel engagé qui n’a cessé de mettre son statut de « philosophe » au service de causes totalitaires, du communisme à l’islam politique « révolutionnaire », mariant pour finir la judéophobie à l’hespérophobie. Son itinéraire illustre l’inévitable processus de corruption de la pensée chez ceux qui mettent cette dernière au service de causes aussi douteuses qu’exclusives, la réduisant ainsi à des opérations de propagande1.
Les communistes, ses ennemis ataviques, lui reprochent encore son hétérodoxie2. Son esprit critique : « On peut dater de cet article de L’humanité, 3 mai 1968, le jour où le parti communiste français, du fait  de sa direction, est tombé en dehors de l’histoire pour n’avoir pas compris ce qui germait en elle : l’aspiration confuse, mais réelle, à un autre modèle de croissance et à un autre modèle de révolution. L’histoire ne pardonne jamais à un homme, à un parti ou à une église d’être en retard d’une mutation3.» Il ne s’agit pas non plus de verser dans l’excès contraire. Celui qui consiste à faire du philosophe… un martyr. Un saint. «  La résurrection, c’est tous les jours » : encore une des formules magiques de Garaudy. Il n’est de véritable religion que bâtie sur ce credo, il n’est pas de véritable pensée dépassant le cynisme ordinaire qui ne repose sur cette certitude de vie. Roger Garaudy le grain de sésame qui ouvre toutes les portes aux prisonniers des dogmes, le frontal, le généreux, avait choisi, à l’âge où d’autres s’enlisent douillettement dans la vieillesse, d’affronter l’opprobre, l’insulte, les déboires judiciaires, la honte, l’incompréhension et la diffamation, parce qu’il savait que son temps avait besoin de lui pour ce rôle là, ce rôle christique-là, très précisément4

Féministe 5 et pour une démocratie participative
On peut accabler « le scélérat » de tous les maux. Voir en lui « la figure du mal absolu » en ce début de siècle : l’alliance diabolique de la Raison et de la Foi. Mais si l’on ne veut pas sombrer dans la démonologie, il faut aussi rappeler ses vues avant gardistes sur l’environnement, par exemple : « La terre, l’eau, le ciel… l’homme est devenu responsable de tous les éléments. Nous sommes arrivés à ce point crucial de l’épopée humaine où nous ne survivrons pas par la seule force d’inertie des dérives de notre siècle : prolongées, elles conduisent toutes au suicide planétaire.6»
Dire, sans craindre la foudre, que « le paria » était un féministe de la première heure. Sensible à l’égalité des droits, Roger Garaudy, a défendu « la cause des femmes » à une époque où l’idéologie masculine dominait tous les secteurs de la société. Une thématique désertée autrefois par ceux qui, aujourd’hui, en font leur cheval de Troie. « En France, les femmes constituent un peu plus de 50% de la population, mais, à tous les leviers de commande de la société, elles n’accèdent que dans une proportion infime. Il y a moins de 1% de femmes parmi les chefs d’entreprise et pas davantage parmi les cadres supérieurs, pourcentage qui tend vers zéro dans les grandes entreprises. Par contre, dans les secteurs où la main d’œuvre est la moins payée, par exemple dans le textile, elles constituent 90% de l’effectif. Quant au travail qui n’est pas payé du tout, celui du ménage et du soin des enfants, qu’il soit fait en supplément du travail à l’extérieur ou qu’il fasse obstacle à ce travail extérieur, il est assuré à 98% par les femmes. Dans le privé, à elles les postes de secrétaires, de dactylos ou de vendeuses de magasins, mais combien dans les conseils d’administration ? Dans le secteur public, à elles les Chèques postaux, mais combien de directeurs ? Et à l’échelle des responsabilités nationales, la discrimination est la même. (…) Tout se passe comme si, depuis le misogyne Saint-Paul, la femme était frappée d’une infériorité métaphysique.7»
Tout n’a donc pas été tragique malgré les sentences de ses biographes. Pourfendeur de « l’expertocratie » (L’ENA) qu’il voyait comme un détournement du suffrage universel, Garaudy a mis en garde les politiques contre les dérives de la technique et du positivisme : « Nul n’a jamais mieux servi la volonté de puissance de l’homme, jusqu’à assurer à l’Occident, qui a tout subordonné à ce développement prométhéen des sciences et des techniques, quatre siècles d’hégémonie mondiale, la  première hégémonie totale de toute l’histoire humaine8.» Incontrôlable, on doit à l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale et à celui qui a plaidé pour  « un dialogue des civilisations », le concept « de démocratie participative. » Une notion que Ségolène Royal, candidate à la Présidentielle s’est fait sienne en 2007.

« Le Coran est emprisonné derrière une muraille de commentaires »

Roger Garaudy courrier-picard.fr

« L’essentialiste », loin d’idolâtrer la religion du Prophète, a été un des plus virulents critiques de l’islamisme. Voyant dans ce dernier une perversion des origines – « une maladie » -, bien avant Abdelwahad Mehdeb. « L’Islam n’a pas échappé à cette loi maudite de la « dixième génération », qu’évoque Mendehall pour le Judaïsme. Dés la fin du IV ième de l’Hégire, se manifesta la tendance à « fermer la porte de l’Ijtihad » (de l’effort pour réfléchir sur l’interprétation). Sinon officiellement, du moins de fait, elle a été fermée. Après Al Ghazali (1059-1111), dans l’Islam officiel, en dehors des « soufis », désavoués par l’orthodoxie, règne la compilation, le commentaire littéral, le formalisme. Le Coran est emprisonné derrière une muraille de commentaires. Il cesse d’être une interpellation éternellement vivante pour les générations nouvelles de Musulmans : son sens a été fixé une fois pour toutes sous la dynastie abasside (…) Le « bon Musulman » ne fut plus celui qui croyait en Dieu et au message de son Prophète pour suivre la guidance de Dieu. C’était celui dont les pratiques extérieures, facilement repérables et strictement codifiées, étaient conformes à une tradition immuable en ses interdits comme en ses commandements. Ce fut le triomphe, pour mille ans, du formalisme et du dogmatisme dans la répétition mécanique et littérale des formules des Ecoles en ce qui concerne l’interprétation du Coran9
La mémoire est sélective. Et notre culture a horreur des transgressions. L’affaire Garaudy est symptômatique d’une société qui a tendance à ne retenir que le présent. Un livre polémique10, au détriment d’une vie vouée à la recherche. A réduire l’oeuvre d’un homme à un mot. Une condamnation. Il n’échappe à personne, que ses « inquisiteurs » sont pourtant les premiers à admirer Heidegger11, Cioran, Rebatet. Dont les affiliations au nazisme ou à l’extrême droite, semblent ne pas les choquer. Alors que ces « sentinelles » sont les premières à expliquer qu’il faut « séparer l’œuvre de l’homme », force est de constater l’indignation à géométrie variable de cette caste qui hiérarchise l’antisémitisme. Celui que l’on tolère à la télévision, dans les salons, au nom d’une certaine liberté d’expression, d’un style. Et celui que l’on rejette sur la place publique, conformément à la rhétorique du temps. Un antisémitisme qui ne dépend pas de son contenu. Mais de son esthétisme. Céline, oui ! Garaudy, non !
Le patronyme de cet Agrégé sent tellement le souffre, qu’on n’ose briser l’unanimisme, au risque de se compromettre. Tant la peur de la marginalisation, de la mort médiatique, effraient les aventuriers. Même Tariq Ramadan n’ose défier les lois de la pesanteur (pas une ligne sur son site). C’est dire la police de la pensée. Sa puissance de feu. Sa capacité à rejeter dans les limbes les esprits libres12. « Ils décident de ce qui est. Ils décident de ceux qui parlent, et de ce que ceux-là, les autorisés de parole, ont le droit de dire ou ne pas dire13.
La France si elle veut être à la hauteur de son projet – Les lumières – doit avoir le courage d’entendre toutes les voix, quitte à semer la discorde. Voire choquer des mémoires. C’est à ce prix seulement, qu’elle pourra lutter contre toutes les formes de racisme, d’exclusion. En diabolisant des penseurs, en les refoulant du cercle démocratique, au motif de « l’insoutenable », on crée les conditions objectives d’une dissidence citoyenne. D’une contre histoire. L’interdit fascine. Il fédère la contestation, la résistance…l’underground.
On ne combat pas les idées par la politique de la terre brûlée, chère aux faiseurs de rois. On combat les idées par les idées. Celui qui voulait « danser sa vie »,  « déjouer les bigoteries du scientisme, du cléricalisme et les pièges de la suffisance (la vaniteuse fermeture sur soi et sur nos certitudes) » quitte un monde désillusionné où l’amnésie générale, les amputations sont les grandes gagnantes. Pour comprendre les raisons qui avaient amené François Mitterrand à accepter la Francisque ou protéger Bousquet, on avait évoqué alors la complexité de l’homme. Les zones d’ombre du président de la République, le droit à l’erreur. Pourquoi ne pas avoir la même attitude envers l’auteur engagé ? Un poids deux mesures !
Le silence des médias confirme le trouble et l’analphabétisme grandiloquent de l’histoire des idées.

Paul Moffen 

  1. Pierre-André Taguieff, L’itinéraire du « grand militant Mujahid Roger Garaudy » : du communisme au négationnisme in lehuffingtonpost.fr, le 17/06/2012.
  2. Disparition de Roger Garaudy : De Staline à Mahomet, lhumnaite.fr, le 15/06/2012.
  3. Roger Garaudy, Appel aux vivants, Edition du Seuil 1979, p.28.
  4. Maria Poumier, Roger Garaudy limpide dans la noirceur du siècle in mariapoumier.net, le 17/06/2012.
  5. « C’est pourquoi l’avènement de la femme à toutes les fonctions dirigeantes de la société implique, à long terme, la subversion et l’inversion de toutes les valeurs fondamentales de nos sociétés, et le passage de la société individualiste à la société communautaire, d’un rapport social fondé sur un rapport de force à un rapport social fondé sur la reconnaissance de l’autre et la participation à son épanouissement personnel. » in Roger Garaudy, op.cit, p.36.
  6. Roger Garaudy, op.cit, p. 33.
  7. Roger Garaudy, op.cit, p35.
  8. Roger Garaudy, op.cit, p.35
  9. Roger Garaudy, Biographie du vingtième siècle, Le testament philosophique de Roger Garaudy,  Editions Tougui, 1985, p.386, 387.
  10. Roger Garaudy, Les mythes fondateurs de la politique israélienne, Editions La Vieille Taupe, 1996.
  11. Le philosophe avait porté l’uniforme SS. Pour sa défense, il a dit vouloir réformer le nazisme de l’intérieur.
  12. Etre un esprit libre ne signifie pas avoir raison.
  13. Renaud Camus, un « néo-réac ? » in Eléments, juillet-septembre 2012, n° 144, p.61.

5 juin 2014

L'Union Eurasiatique

Mise en place de l'Union eurasiatique

La Russie a signé le 29 mai avec le Bélarus (Biélorussie) et le Kazakhstan la création d'une Union économique eurasiatique
´´Aujourd'hui, nous allons créer ensemble un centre puissant et attractif de développement économique, un marché régional important qui unira 170 millions de personnes´´, a déclaré Vladimir Poutine. Ces trois pays disposent  d'énormes ressources naturelles, avec 1/5 des réserves  mondiales en gaz et presque 15% de celles en pétrole., sans mentionner les matières premières.
L'Union eurasiatique (aussi appelée Union eurasienne ( Евразийский Союз), après avoir été approuvée par les Parlements de chaque État, entrera en application le 01/01/2015 . L'Arménie, le Kirghizstan, le Tadjikistan et d'autres Etats ayant fait partie de l'ex-URSS, exprimeraient aussi leur désir de rejoindre le projet.
L'évènement est passé quasi inaperçu dans la presse européenne, alors qu'il concerne particulièrement l'Union européenne. L'ambition est en effet d'établir une Commission eurasiatique et une zone de libre échange du même nom. Il ne s'agira pas à proprement parler d'une image en miroir de l'Union européenne, laquelle unit des Etats bien plus nombreux et différents. Mais d'un ensemble qui par sa position géographique et le rôle qu'y joue la Russie, devrait devenir un partenaire politique et économique privilégiés des européens.
Ceux-ci soulignent à l'envie les difficultés qu'aura la Russie pour coordonner – comme l'intention semble affichée – des Etats encore éloignés des objectifs d'ouverture et de démocratie dont la Russie cherche actuellement à se doter. De plus, le nombre de groupes musulmans fanatiquement anti-russes et anti-européens présents dans certains de ces pays ne lui facilitera pas la tâche. Mais vu les avantages découlant d'une action internationale mieux intégré, ces obstacles s'atténueront.
La création de la nouvelle Union s'est faite, inutile de le souligner, malgré les efforts multiples déployés par la diplomatie américaine (diplomatie du dollar) pour qu'elle ne se fasse pas. Mais le Bélarus et le Kazakhstan ne sont pas l'Ukraine. Les Etats-Unis n'y avaient pas encore acquis les moyens de contrôle dont ils se sont dotés dans ce pays, comme dans les autres pays de l'Union européenne anciens membres, eux aussi, de l'Union soviétique.
Si la diplomatie européenne disposait d'un tant soit peu d'indépendance à l'égard du « protecteur » américain dans ces zones, elle réfléchirait aux opportunités de coopération stratégique et économique avec l'Union eurasiatique qui s'ouvriront pour elle - plus particulièrement dans quelques années où les changements climatiques donneront des avantages certains aux régions septentrionales du monde.


2 juin 2014

L'esthétique, pierre de touche de l'interprétation du marxisme



Le point de départ du marxisme, avons-nous
dit, c'est l'acte créateur de l'homme.
C'est aussi son point d'arrivée : faire de chaque
homme un homme, c'est-à-dire un créateur, un
«poète».
Comment alors peut se situer la création artistique
dans le développement de l'acte humain du
travail, de la création continuée de l'homme par
l'homme?