18 avril 2014

Critique du livre de Garaudy "Le problème chinois" dans Le Monde (1967)



CET ouvrage n'est pas seulement intéressant par le problème qu'il traite, et traite bien. Le ton sur lequel il est écrit, et qui est dans l'ensemble d'une grande sérénité, montre ce que peuvent être la richesse et l'originalité d'une pensée  communiste, enfin libérée de la gangue stalinienne, qui replace l'homme au centre de ses préoccupations. On souhaite qu'en U.R.S.S. aussi paraissent bientôt des livres aussi indifférents aux tabous, aussi capables d'étudier une question à fond et de discuter, par exemple, les thèses de Trotsky avec un calme suffisant pour écrire que Staline avait exagéré, pour les besoins de sa polémique contre lui, l'ampleur de sa divergence avec Lénine sur le rôle de la paysannerie dans la révolution. M. Garaudy n'hésite même pas brièvement il est vrai à répondre à la question, jadis posée par Togliatti et considérée alors comme sacrilège, de savoir pourquoi, dans les deux plus grands pays socialistes du monde, la révolution marxiste a engendré le culte de la personnalité. L'explication qu'il en donne nous paraît quant à nous de nature à satisfaire, pour l'essentiel, plus d'un non-marxiste. Il n'est pas jusqu'à l'ambition essentielle qu'il assigne au communisme, à savoir la « promotion qualitative des besoins de l'homme »,qui ne soit séduisante pour beaucoup de gens, qui, sans donner dans les illusions de l'angélisme, veulent tout de même croire que l'homme ne se nourrit pas que de pain. Cette manière de penser est aux antipodes du stalinisme ou du jdanovisme; elle l'est plus encore évidemment à celles du maoïsme. Mais l'auteur se garde pour parler decelui-ci des schématisations grossières trop souvent employées à Moscou. Bien qu'il désapprouve, et de plus en plus,au fur et à mesure que son analyse progresse, il s'efforce beaucoup plus de comprendre et d'expliquer que de dénoncer. Son étude historique et sociologique de terrain sur lequel le socialisme s'est installé en Chine est dans l'ensemble d'une grande objectivité et résulte de toute évidence d'une très longue recherche personnelle. A quoi s'ajoute que M. Garaudy s'exprime avec beaucoup de clarté et de simplicité .C'est sur ses conclusions évidemment qu'on le critiquera le plus : les « pro - chinois » en dénonçant dans la coexistence pacifique qu'il préconise la voie ouverte à toutes les compromissions avec l'impérialisme et le capitalisme, les libéraux en opposant à sa foi les  inquiétants avatars auxquels a conduit, parfois en un demi-siècle, la greffe du socialisme sur deux grandes nations historiques. Aux uns et aux autres cependant on ne saurait trop conseiller la lecture d'un ouvrage qui fait  passer un souffle salubre dans une controverse où la mauvaise foi et le parti pris sont de part et d'autre trop souvent évidents.

Un volume de 300 pages illustré
aux Editions Seghers, 19 F.(L'illustration
de l'article repésente l'édition de poche chez 
10-18 Editeur UGE, 1968, n°387-388)
Le Monde. Supplément au n°7014 du 2/08/1967

15 avril 2014

Marxisme et religion. Le Père Cottier répond à Roger Garaudy (1965)



Le texte ci-dessous n'est pas tiré du livre illustrant l'article.
Sur mon tiré à part de ce dernier figure une dédicace de la main du futur cardinal: A Monsieur Roger Garaudy avec mon estime. Signé: Père Georges M.M.Cottier




Marxisme et religion   
LA POSITION DE M. ROGER GARAUDY

9 avril 2014

Sur l'avenir de l'Europe et de la Méditerranée, par Roger Garaudy




Le passé du bassin méditerranéen pas plus que celui de 1'Europe ne dessinent leur avenir.
Pendant vingt siècles l'Europe fut méditerranéenne aussi bien par la fécondation mutuelle de ses cultures que par ses échanges
commerciaux, et même par ses affrontementsf ceux de Rome et de
Carthage, comme ceux des croisades jusqu'à Lépante.
A partir du XVIe siècle, l'Europe devient atlantique. D'abord par la faim de l’or et l'esprit de conquête découlant de ce qu'elle se croit le "peuple élu", ce qui est la justification traditionnelle des colonisations.
Après les deux guerres mondiales, 1'Europe, que ses rivalités
internes avaient rendue exsangue, fut dépouillée de ses privilèges anciens. Son avenir et celui du monde se décidèrent à Bretton Woods en 1944, avec la création du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, et, peu après, du GATT (OMC).
Une étape nouvelle fut franchie, mais dans le même sens de la
soumission atlantique, avec l'effondrement de l'Union Soviétique
qui ne laissa au monde qu'un seul maître.
L' Europe essaya de retrouver une unité, au moins monétaire et
marchande, avec ce qu'il est convenu d'appeler l e Traité de
Maëstricht, qui est constitué en réalité par une série d'amendements au Traité de Rome, et d'une série d'avenants où il est répété à trois reprises que l'Europe ne peut être que "le pilier européen de l'Alliance Atlantique". Cet amarrage atlantique n'est compensé par aucune considération sur les rapports avec le reste du monde, y compris avec ses voisins du Sud de la Méditerranée.
Tout le reste du monde et la Méditerranée sont livrés aux seuls
diktats du "Fonds Monétaire International" et de la "Banque
Mondiale", réalisant, par les conditions politiques exigées pour
consentir un prêt, une recolonisation des anciens colonisés, comme, par le GATT, une vassalisation des anciens colonisateurs.
L'on comprend dès lors la nostalgie des riverains du Nord et du Sud de la Méditerranée, d'établir entre eux des rapports que le passé, parfois, suggère.
Par exemple, autour de cette mer (dont aucun pays méditerranéen ne peut dire aujourd'hui qu'elle est "notre mer", puisqu'y régnent des escadres venues de loin au delà de Gibraltar), l'on peut imaginer des formes d'aide mutuelle sous formes de prêts ou d'investissements qui ne passeraient pas par les gouvernements pour acheter des armes ou dissimuler des corruptions de la part de ceux qui, aujourd'hui, "donnent" ou reçoivent, (comme par exemple les 40 milliards annuels que l'Etat français consacre à une "aide" dont 5% seulement contribue au développement des destinataires), mais qui seraient
   1) traités directement avec les communautés de base intéressées ( qu'il s'agisse de coopératives, de groupements de producteurs, ou de toute autre forme d'organisation de base).
   2) que ces prêts ou ces investissements soient affectés à
des projets précis: forage de puits, construction de routes ou
d' écoles, ou toute autre entreprise contribuant directement à
l'amélioration des conditions de vie des intéressés, en donnant
priorité aux projets destinés à assurer l'autonomie alimentaire aux pays d'accueil (au lieu du système actuel - imposé notamment par le FMI - pour qui le remboursement  prioritaire de la dette et le paiement des intérêts exige les monocultures ou les monoproductions minières exportables en devises, au détriment des cultures vivrières).
   3) que ces prêts ou investissements  soient remboursables en
monnaie du pays, afin d'encouragez le réinvestissement sur place et non pas la saignée, devenue coutumière, des versements en devises étrangères.
   4) le reéquilibrage des prix des denrées exportées et des
produits importés pour en finir  avec l'inégalité des échanges.

Dans ce nouveau système de rapports,les deux parties oontractantes seraient bénéficiaires.
D'abord parce que répondre aux besoins spécifiques des pays du Sud de la Méditerranée, ne pas prétendre leur imposer nos techniques (souvent mal appropriées à la géographie, à l'histoire et à la culture des autres peuples) obligerait les pays les plus
industrialisés du Nord de la Méditerranée à des reconversions de
leurs industries qui non seulement créeraient des emplois, mais
contribueraient aussi à faire évoluer les mentalités vers des
économies moins gaspilleuses et surtout moins meurtrières;
actuellement, par exemple, la vente des armes représente 7% du
produit national brut en France.
Je ne donnerai qu'un exemple qui vaut pour les deux Afriques: Afrique du Nord et Afrique subsaharienne: le Sahara fut une immense région de forêts et de pâturages, comme en témoignent les fresques du Tassili.
Il comporte, entre autres, des nappes d'eau fossile gigantesques.
Aujourd'hui la refertilisation du Sahara, de Dakar à Mogadiscio, par l'aménagement des ressources en eau et l'utilisation de l'énergie solaire coûterait moins cher que la fabrication d'un porte avion français actuellement en chantier avec les 86 avions Etendards déjà périmés dont il sera équipé.
Combien d'emplois seraient ainsi créés par la reconversion
d’industries perverses en instrument de résurrection pour des
millions d'affamés ?
Car les problèmes du chômage, de la faim et de l'immigration sont un seul et même problème :
Comment résoudre les problèmes du chômage alors que les deux tiers de la population du monde sont insolvables ?
Et comment empêcher que des milliers d'affamés n'essaient, à tous
risques, d'émigrer du monde de la faim, même si c'est pour tomber dans celui du chômage ?
Ce n'est là qu'une ébauche de rapports nouveaux possibles, non
seulement entre peuples méditerranéens mais entre tous les
peuples.

Mais ce n'est qu'un rêve car les uns et les autres sont enchaînés par les organes du véritable "Conseil de la terre" comme dit David Rockfeiler dans sa Préface au livre de Jim Mac Neil: "Au delà de l'interdépendance" (1991) traitant "de nouvelles formes de direction pour piloter la planète". (p. 124)
Le 15 avril 1994, à l'appel du FMI et de la Banque Mondiale fut signé à Marakech, par 121 pays, « L’organisation mondiale du Commerce », première pierre d'un futur gouvernement mondial commençant (comme au XlXe siècle les nations avec le zollverein par une réglementation du commerce assortie de conditions politiques, pudiquement appelées "ajustements structurels".
C’est ainsi que les plus généreux projets sur une unité méditerranéenne sont rejetés dans le royaume des rêves.
Le nouveau gouvernement mondial, qui n'ose pas dire son nom, interdit les initiatives partielles et même nationales.
L'article XVI-4 de l'accord de Marrakech dit expressément:" chaque membre assurera la conformité de ses lois, réglementations et procédures administratives avec ses obligations telles qu'elles sont énoncées dans les accords".
Et ceci sans limite dans le temps. L'article XVI-5 stipule:"11 ne
pourra être formulé de réserves en ce qui concerne les dispositions des présents accords".
Voilà qui est clair. Et les sanctions sont faciles: il a suffi d'un coup d'ordinateur pour que, pour punir le président Zedillo,
l'argent des spéculateurs internationaux soit rapatrié de Mexico à New York. De toute manière, l'article 301 de la loi américaine permet aux Etats-Unis des mesures de rétorsion pour faire tomber toutes les protections et les barrières douanières, sauf les leurs.
Il est remarquable que l'Union Soviétique avait refusé de signer les accords de Bretton Woods en 1944. En 1992, Eltsine, solidement encadré par les experts du FMI et de la Banque Mondiale, qui font la politique russe à sa place (Sachs, puis le trop fameux Soros) se soit aligné depuis 1991.
Il n'y a donc plus d'exception à cette domination mondiale sur toutes les nations, recolonisêes au Sud, vassalisées au Nord.

La seule possibilité de réaliser notre rêve méditerranéen, qui
Serait le prélude à un changement radical des rapports Nord-Sud à
1'échelle du monde, serait de rompre radicalement avec les
institutions nées de Bretton Woods, c'est à dire de nous retirer du FMI, de la Banque Mondiale, de "1'Organisation Mondiale du
Commerce",de se retirer en un mot de toutes les instances globales, non pas pour opérer un repli nationaliste et protectionniste sur notre nation, ou sur un groupe de nations, mais au contraire de reconquérir la liberté de nous ouvrir sur le monde entier.
Nous pourrons ainsi réaliser non pas une unité impériale, qui prétend être une "mondialisation" et n'est en réalité qu'une marchandisation et une américanisation du monde, mais une unité symphonique où chaque peuple, à titre égal, apporte la contribution de sa propre culture en un véritable dialogue des civilisations.
Cinq siècles d'expérience du système marchand ont montré, que par une libéralisation croissante des échanges, l'on aboutissait pas, comme le croyait Adam Smith à ce que chacun poursuivant son intérêt personnel, l'intérêt général soit satisfait.
Tout au contraire, ce système, dont certains continuent à nous vanter les mérites jusqu'à voir dans son triomphe universel la "fin de l'histoire"( le titre du livre de Fukuyama) a conduit en fait à une accumulation de la richesse à un pôle de la société et à la misère des multitudes: selon les chiffres du PNUD, aux Nations Unies: 80% des ressources naturelles du monde sont contrôlées et consommées par 20%. Ces 20% les plus riches disposent de 83% du revenu mondial, et les 20% les plus pauvres de 1,4%. Il en résulte que le modèle occidental de croissance coûte au monde chaque année 40 millions de morts de malnutrition ou de faim, c'est à dire l'équivalent de morts de 1 Hiroshima tous les deux jours.
Pour atteindre ce résultat la dette et les échanges inégaux sont plus meurtriers que les armes: il suffit pour maintenir l'esclavage et la mort, d'imposer le "libre-échange" et d'abandonner au seul marché la régulation de tous les rapports" humains. Comme 1'écrivait déjà au siècle dernier, le Père Lacordaire:"Entre le fort et le faible c'est la liberté qui opprime".
Il est ainsi chimérique, en maintenant les règles de la
"mondialisation", c'est à dire du marché libre à l'échelle mondiale, tel qu'il est imposé par l’ Organisation mondiale du Commerce" de spéculer sur une unité méditerranéenne autonome.
Instaurer les réglementations nécessaires pour créer une communauté méditerranéenne est en contradiction radicale avec la loi d'airain de l'O.M.C. qui en son principe même ne peut subsister que si elle ne comporte aucune exception.
Il n'est donc que deux possibilités : se retirer ou se soumettre.
Monsieur Busch disait:"il faut créer une zone de libre échange de
l'Alaska à la Terre de Feu" et son Secrétaire d'Etat ajoutait:"il
faut une zone libre de libre échange de Vancouver à Vladivostok."
Laisserons-nous crucifier l'humanité sur cette croix d'or ?
Tel est le débat du siècle.

Roger Garaudy

Lisbonne-Mai 1995

7 avril 2014

La fable électorale

Discours de Tommy Douglas en 1944 au Canada.
Thomas Clement (Tommy) Douglas, (1904 - 1986) est un ancien premier ministre de la Saskatchewan (1944-1961). Il a dirigé le premier gouvernement socialiste en Amérique du Nord.

5 avril 2014

La FUNDACION PARADIGMA CORDOBA CONVOCA el III CONCURSO DE REDACCIÔN ESCOLAR




La FUNDACION PARADIGMA CORDOBA

CONVOCA el III CONCURSO DE REDACCIÔN ESCOLAR:
Caminos para comunicar culturas
Plazo de envio de originales: hasta 30 de julio de 2014

2 avril 2014

Le PCF et l'affaire Garaudy: dés le début des années 60 le PCF instruit le procès de 1970

On lira cet article avec des réserves sur quelques affirmations comme celles qui font allusion au "philosophe officiel" ou à l'avis soi-disant émis par Maurice Thorez avant sa mort (sic!)

1 avril 2014

Pionero del dialogos de civilizaciones




En la década de los 90 del siglo pasado, el presidente de Irán Muhammad Jatamí sorprendía al mundo con una iniciativa esperanzadora tras la guerra fría: el Diálogo de civilizaciones como alternativa a la teoría del choque de civilizaciones de Samuel P. Huntington, que le horrorizaba. De hecho, afirmaba, las civilizaciones no han tenido guerras entre ellas. Estrictamente hablando, las guerras del pasado no eran conflictos entre civilizaciones, sino entre imperios, y sus causas están no en las creencias religiosas, sino en los fanatismos, los intereses ilegítimos, el recurso a la violencia para garantizar esos intereses, y la marginación de los que carecen de poder político, económico. "La civilización islámica --afirma-- ha heredado mucho de las civilizaciones persa, romana, griega, hindú, china-, y luego la civilización occidental también se ha dejado influir por la civilización islámica".