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12 avril 2020

Le Père Lelong est décédé

Le père Michel Lelong, pionnier du dialogue islamo-chrétien, est mort

par  | Samedi 11 Avril 2020 

Le père Michel Lelong fait partie des innombrables victimes du Covid-19 en France. Ce prêtre catholique, qui fut indéniablement un chantre du dialogue islamo-chrétien, est décédé vendredi 10 avril à l'âge de 95 ans. Retour sur le parcours d'un homme d'Eglise connu et reconnu pour être un grand ami des musulmans

ARTICLE A LIRE ICI: https://www.saphirnews.com/Le-pere-Michel-Lelong-pionnier-du-dialogue-islamo-chretien-est-mort_a27053.html


Lire sur ce blog plusieurs articles de celui qui fut un ami jamais démenti de Roger  Garaudy:
https://rogergaraudy.blogspot.com/search?q=lelong

27 octobre 2012

Pour un dialogue des civilisations, par le Père Michel Lelong




Au lendemain des événements du 11 septembre [...] à New York et Washington, le Président des Etats-Unis a cru bon de faire de grandes déclarations évoquant la « croisade » et la « lutte du bien contre le mal ». Dans les jours qui suivirent, il nuança quelque peu ses propos, et tout en continuant à tenir un langage parfois aussi naïf que guerrier (« Mais pourquoi ne nous aime-t-on pas, nous Américains, alors que nous sommes si bons ? ») il tint à préciser qu’il ne faut pas confondre « Islam » et « terrorisme ». Comme lui, d’ailleurs, tous les chefs d’États occidentaux –ou presque- tinrent à déclarer que l’Islam est une « grande religion » et une « admirable civilisation ». Pourtant ces belles déclarations furent accompagnées, dans nos journaux et sur nos chaînes de radio et de télévision, d’innombrables commentaires nous expliquant que, décidément, certains enseignements du Coran sont « incompatibles avec nos valeurs occidentales » et, pour tenir un tel langage, se rejoignirent étrangement des gens aussi divers que le très « laïque » Jean-Claude Barrault, le très zélé Pierre Antoine Moussali, auteur d’un ouvrage où sont repris les arguments les plus usés de la vieille polémique anti-musulmane, et le trop médiatique Alain Finkielkraut, sans parler de quelques journalistes catholiques habituellement plus dociles aux enseignements de Jean-Paul II.

Celui-ci en effet, à maintes reprises, et tout récemment à la Mosquée de Damas –où il fut reçu chaleureusement- a appelé les chrétiens et les musulmans du monde entier à découvrir et à approfondir les valeurs spirituelles et éthiques qui les unissent, afin de travailler ensemble –et avec tous les autres- pour promouvoir la justice, condition de la paix, partout dans le monde et en particulier au Proche-Orient. Au lieu d’opposer, comme le font certains, « l’Islam et l’Occident » il faut donc, au contraire, promouvoir le dialogue entre les civilisations, comme l’a demandé, depuis si longtemps Roger Garaudy, et comme le demandent aujourd’hui Jean-Paul II et le président iranien M. Khatami. Car le véritable islam, ce n’est pas tel ou tel courant de pensée, ou telles ou telles pratiques sociales qui, dans certains pays, utilisent abusivement le Nom de Dieu pour tenter de justifier l’injustifiable. Le véritable Islam, c’est le message du Coran, source de valeurs spirituelles et éthiques dont vivent d’innombrables croyants et dont notre monde a bien besoin en ce début du XXIème siècle.

Quant à l’Occident, il ne se réduit pas (heureusement !) à la scandaleuse pratique du « deux poids, deux mesures » dans l’application des résolutions de l’ONU, il ne se confond pas avec l’inacceptable soutien des Etats-Unis à la politique israélienne. Il ne s’exprime pas, non plus, à travers la médiocrité, la vulgarité, la bêtise de tant d’émissions de nos télévisions. Le véritable Occident, c’est l’humanisme gréco-latin, le patrimoine chrétien, le siècle des Lumières, le progrès de la science et de la technique. C’est Pascal, Mozart et le Général de Gaulle. Quand on parle du monde musulman et de l’Occident, on ne doit pas oublier non plus qu’il y a des chrétiens irakiens, palestiniens, iraniens, libanais, syriens, égyptiens et qu’il y a des musulmans français, belges, russes, chinois, américains…. Les uns et les autres contribuent à établir des ponts entre les rives de la Méditerranée, et –au delà- entre le Nord et le Sud.

                                                                                   Père Michel Lelong
Revue A contre-nuit, n°17, octobre-novembre 2001

Jésus et Marie selon le Père Lelong: voir la video: http://www.centre-zahra.com/interviews/pere-lelong-militant-chretien-chercheur-et-ecrivain-627.html

9 février 2017

Dieu aime les justes (Père Michel Lelong)


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S’il est un thème qui est au cœur du message transmis par les Prophètes (…), c’est bien celui de la justice : Dieu aime les justes. Il veut que soit établie ici-bas la justice. Il appelle les croyants à être attentifs à la liberté et au bonheur de chacun, en particulier de ceux et celles qui risquent d’être les plus oubliés, les plus rejetés, les plus écrasés par les épreuves de la vie ou par la méchanceté des hommes. Les Ecritures ne cessent de dénoncer ceux qui, tout en prétendant être de bons croyants, assidus au culte, écrasent le faible, et se détournent de l’innocent persécuté.
Cette insistance, constamment mise dans les Livres saints sur le lien qui existe - qui doit exister - entre foi en Dieu et recherche de la justice, constitue, j’en suis convaincu, le critère décisif de ce qui peut et doit être un véritable dialogue inter-religieux.
Ce dialogue (…) sera sans doute une des réalités majeures du XXIe siècle, compte tenu des relations qui existent désormais entre les continents et aussi des réveils spirituels qui, sous des formes diverses, apparaissent un peu partout dans le monde.
Il serait catastrophique qu’au nom de la « tolérance » on en vienne à accepter un vague « mondialisme religieux », fait de sentimentalisme plus ou moins « mystique », sans références doctrinales ni repères historiques. Mais il serait grave aussi que, sous prétexte de fidélité à leur foi et à leur communauté, des croyants en viennent à mépriser et dénigrer la tradition spirituelle des autres, sans même la connaître. Cela est arrivé souvent, dans les siècles passés, ce qui peut se comprendre en des temps où les relations entre les peuples et les cultures étaient bien différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui. Mais cela arrive encore à notre époque, ce qui est beaucoup moins excusable, car, si on le veut, on peut désormais s’informer sérieusement sur les grandes civilisations de l’humanité.
Autant que le syncrétisme réducteur, le prosélytisme - agressif ou sournois - est contraire au véritable esprit des Prophètes bibliques, de l’Evangile et du Coran, si du moins on ne se contente pas d’en faire une lecture superficielle. (…)
Deux exigences ici s’imposent, nullement contradictoires à mes yeux : approfondir sa propre fidélité et respecter celle de l’autre. (…) S’efforçant d’écouter avant de parler, cherchant à comprendre avant de juger, le croyant parviendra à situer sa propre foi en Dieu par rapport à celle des autres croyants. Il pourra voir alors où se trouvent les véritables divergences doctrinales entre Christianisme, Judaïsme et Islam, ainsi qu’entre ces trois monothéismes et les traditions spirituelles d’Afrique et d’Asie. Il découvrira aussi les convergences spirituelles et éthiques qui unissent, si profondément, tous ceux qui croient que Dieu est notre Créateur et qu’Il a parlé aux hommes par les Prophètes. Cette découverte conduira les croyants à chercher ensemble comment mieux répondre à l’appel de Dieu, et donc comment promouvoir ici-bas la justice, condition de la paix, non seulement au profit de leurs coreligionnaires, mais pour tout homme et pour tous les hommes, croyants ou non.
Pour le chrétien, le juif, le musulman, cet engagement dans « les affaires de ce monde » n’est pas facultatif. La foi qui n’agit pas n’est pas une foi sincère. Certes, le risque existe que l’engagement dans la cité conduise à faire de la religion une idéologie et à se servir abusivement du Nom de Dieu pour tenter de justifier l’injustifiable. L’histoire des peuples, mais aussi l’actualité en témoignent. Alors, les options politiques, les conditionnements culturels, les préjugés sociaux estompent et vont parfois jusqu’à détruire toute dimension d’intériorité, de prière personnelle, de rencontre avec Dieu. Cette tentation est redoutable. Mais il existe un autre péril : celui d’un « mysticisme désincarné », indifférent aux réalités de ce monde et aux drames de la vie. Pour ne prendre qu’un exemple, est-il sérieux et acceptable que des chrétiens, des juifs et des musulmans se réunissent en vue de « prier pour la paix à Jérusalem », s’ils restent silencieux - et donc complices de l’injustice - devant la façon dont est traité, depuis tant d’années, le peuple palestinien ?
Affronter les événements, informer en vérité, dénoncer les impostures, rappeler sans cesse qu’il ne sert à rien de parler de paix si l’on ne cherche pas à établir la justice, chercher enfin, au-delà des conflits, les voies de la réconciliation, telles sont les tâches que doivent s’efforcer d’accomplir ensemble tous les hommes de bonne volonté : « ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas », comme disait le poète. Mais « ceux qui croient au ciel » savent bien que, s’il doit venir « en ce monde », le Royaume de Dieu n’est pas « de ce monde ». Ils savent aussi que le plus dur combat, celui que menèrent les saints et les saintes, dans toutes les traditions religieuses, c’est le « combat spirituel », le « grand djihad », purification du cœur jamais achevée. Ce combat, le croyant est appelé à le vivre au plus profond de lui-même, pour être vraiment « libre », dans la lumière de Dieu.

Père Michel Lelong
, "La vérité rend libre", Ed. F.-X. de Guibert, Paris, 1999.


[Texte proposé par Ahmed)


Lire aussi un texte du Père Lelong, qui fut un ami de Roger Garaudy, texte publié par la revue "A contre-nuit": http://rogergaraudy.blogspot.fr/2012/10/pour-un-dialogue-des-civilisations-par.html
Et également l'appel signé par le père Lelong et le pasteur Mathiot avec Roger Garaudy le 17 juin 1982 dans le journal "Le Monde": http://rogergaraudy.blogspot.fr/2012/06/un-article-du-monde-et-le-proces-qui.html

17 janvier 2017

Lettre à Georges Montaron (1989)



ROGER GARAUDY
Chennevières/Marne le 5 juin 1989


J'ai lu avec joie, dans le dernier numéro de "Témoignage
Chrétien " 1’article que vous consacrez au bouleversant livre de Jean Toulat sur Dom Helder Camara.
Mais j'ai été étonné que vous n’ayiez pas mentionné le fait que Jean Toulat venait de présider, à 1'U.N.E.S.C.0., la rencontre entre Dom Helder Camara et moi-même, devant une salle comble et qui nous fit à tous trois ovation pour notre participation commune à la lutte contre 1'esprit de croisade envers 1'Islam qu'entretiennent les "médias".
Je sais que ce jour-là vous fêtiez la sortie du beau livre de [Maurice] Terrenoire sur la Palestine, une question qui me tient à coeur (vous le savez si vous avez lu mon livre: "Palestine, terre des messages divins"). Mais nous nous sommes étonné, Jean Toulat, Dom Helder Camara ,le Père Lelong,et moi-même qu'aucun rédacteur de T.C. n'ait assisté à cette rencontre, au moins après la réception en 1'honneur de Terrenoire.

Pourquoi ?
Je sais que Monsieur José de Broucker allait, ce soir-là, répétant que "Dom Helder a été piégé !"
Lorsque j'ai organisé à Cordoue le Colloque abrahamique pour réfléchir à ce que peuvent faire ensemble les hommes de foi (chrétiens,juifs ou musulmans) Dom Helder est venu coprésider, comme je le lui avais demandé, avec Mr M Bow.
Cette fois-ci venant de publier " Mon Tour du siècle en solitaire" où, contre vents et marées(et surtout contre la "marée noire" de 1'Islam: l'Arabie Saoudite),je m'efforce de restaurer, dans 1'Islam dévoyé par ses princes et ses "oulémas", la dimension «christique» présente dans le Coran, et vivante chez les plus grands "soufis", j'ai demandé à Dom Helder de venir amplifier ce cri.
Il a accepté, sur ma demande, de faire le détour à Paris. Les jours précédant sa venue, nous étions 1’un et 1'autre à Assise, où l'Abbé Pierre nous avait tous deux invités pour le quarantième anniversaire d'Emmaüs.
J'ai pu pendant trois jours lui expliquer le but, dans cette atmosphère de Croisade, de notre commun appel, que Jean Toulat, dans sa présentation à 1’U.N.E.S.C.O., a magnifiquement précisé.

Alors, pourquoi ce silence ?
Suis-je devenu une bête puante depuis qu'un espion-faussaire du "Globe" relayant Bernard-Henri Lévy, veut me faire passer pour un antisémite et un agent de Khomeiny ?
Le 1er mai 1989, dans "L'Evénement du jeudi" (parce que "Le Monde" et 1’A.F.P. avaient refusé de le publier) j'expliquais pourquoi "je condamne sans réserve" 1'appel de Khomeiny ["condamnant" à mort  l'écrivain Salman Rushdie-NDLR], qui est en contradiction radicale avec le Coran. Je me permets de vous rappeler qu'une telle prise de position me valait (comme à un écrivain marocain) la condamnation à mort par Khomeiny. Qu'importe ! L’espion-faussaire du "Globe" écrit: "Vendus à Khomeiny" !...
Vendu ! Alors que même le faux publié par le "Globe" est obligé de reconnaître , même en tronquant mes propos , qu'aux propositions financières je réponds: (p.67 ): "Je ne
fais les choses que quand j'y crois. Pas question d'argent."
Ma vie entière en est témoin.

Ceci n'a pas empêché :
1 ) Que la "Croix" répercute les mensonges du "Globe" et ne passe pas mon démenti (seule 1' «Humanité» du 17 mai 89 1'a fait (texte ci-joint).
2) Que la "Vie catholique" qui, grâce à Georges Hourdin, m'avait promis de passer en "Carte blanche" un article sur "Qu'est-ce que 1'Islam ?" ne 1'a pas passé.
3 ) Que José de Brouker, qui avait reçu le texte de mon entretien à Saint Wandrille avec 1’Abbé Pierre sur mon livre(Texte lu en intoduction par Jean Toulat à 1'U.N.E.S.C.O.), 1'a éludé pour son mensuel.
Michel Lelong que j'ai informé, était atterré, lui aussi , par cette (sic) "malhonnêteté d'une certaine presse catholique" qui passe le mensonge et non le démenti.

J'ose espérer que "Témoignage Chrétien" n'entre pas dans un tel jeu.
Voici donc quelques éléments de jugements sur cette affaire:
l°) Ma condamnation de 1'Appel de Khomeiny (parue dans «L’Evènement» du 1er mai après "El Païs" de Madrid qui 1'a
publiée un mois avant.
2°) Le «droit de réponse» que j'ai demandé à Pauwels contre le mensonge de Bernard Henri Lévy.
3°) Le démenti publié par «1’Humanité» du 17 mai 89.

Je pars aujourd'hui même pour Toulouse (où, avec le Père Cardonnel, comme nous 1'avions fait à Lyon avec lui, nous aurons une rencontre du genre de celle de 1' U.N.E.S.C.O.
avec Dom Helder) mais à mon retour à Paris, je serais heureux de vous rencontrer (entre le 13 et le 16 juin) et, si vous le voulez, avec Jean Toulat et Michel Lelong.

Fraternellement.
Roger GARAUDY

26 décembre 2012

Lobby israelí en Francia

"Existe en Francia un poderoso lobby proisraelí que ejerce una notable influencia en los medios de comunicación". (General Charles de Gaulle)[1]

Influencia notable

En Francia sólo el General de Gaulle se atrevió a decir "que existía en Francia un poderoso lobby proisraelí que ejercía una notable influencia en los medios de comunicación. Esta afirmación resultó escandalosa en su época. Sin embargo contiene parte de una verdad que hoy en día sigue vigente".[2]
Desde entonces no ha habido un solo candidato a la Presidencia de la República Francesa, sea cual sea su partido, desde Michel Rocard hasta Jacques Chirac y pasando por Miterrand, que no haya ido a Israel para recibir la investidura mediática.
El poder mediático del lobby, cuyo centro dirigente actual está constituido por la LICRA (Liga Internacional Contra el Racismo y el Antisemitismo), es tal que puede manipular la opinión a voluntad. Siendo la población judía en Francia cerca del 2% del total, el sionismo reina en la mayoría de los círculos de decisión política de los medios de comunicación, en la televisión y la radio, en la prensa escrita trátese de periódicos o revistas, en el cine - gracias sobre todo a la invasión de Hollywood - e incluso las editoriales - en las que pueden imponer su veto por medio de los comités de lectura - están en sus manos, así como la publicidad, gerente financiera de los medios de comunicación.
La prueba está en el adocenamiento casi general de los medios de comunicación cuando se trata de invertir, a favor de Israel, el sentido de los acontecimientos y se califica de terrorismo la violencia de los débiles y de lucha contra el terrorismo la violencia de los fuertes.
Un judío enfermo es arrojado por la borda del Achille Lauro por un renegado de la OLP. Se trata, incontestablemente, de un acto de terrorismo. Pero cuando, en represalia, un bombardeo israelí sobre Túnez provoca cincuenta muertos, entre los cuales hubo muchos niños, eso se llama "lucha contra el terrorismo y defensa de la ley y el orden".
Como si estuvieran dirigidos por la batuta de un director de orquesta oculta se escucha el mismo sonsonete en todos los medios, trátese de los atentados contra la sinagoga de la calle Copérnico, de las profanaciones del cementerio de Carpentras, de la invasión del Líbano o de la destrucción de Iraq.
Puedo aportar mi propio testimonio. Hasta 1982 tenía libre acceso a las mayores casas editoriales, a la televisión, a la radio, a la gran prensa. Cuando se produjeron la invasión y las masacres del Líbano, logré de su director, Jacques Fauvet, la publicación en la edición del 17 de junio de 1982 de Le Monde de toda una página pagada en la que, junto al Padre Michel Lelong y el Pastor Matthiot, manifestaba: "el verdadero sentido de la agresión israelí tras las masacres del Líbano".
Demostrábamos que no se trataba de una bravuconada sino de la lógica interna del sionismo político sobre el que estaba fundado el Estado de Israel.
Recibí nueve amenazas de muerte por carta y por teléfono.
la LICRA promovió contra nosotros un proceso por "antisemitismo e incitación a la discriminación racial".
El abogado de Jacques Fauvet recordó que no se podía confundir al Estado de Israel con la comunidad judía y menos todavía con su fe; un estado cuyas exacciones en el Líbano habían sido denunciadas por altas personalidades judías como Mendès France y Nahum Goldmann. Nuestra defensa, la del Padre Lelong, el Pastor Matthiot y la mía, se derivó del propio texto: recordamos todo lo que nuestras vidas debían a la fe de los profetas judíos. Pero el sionismo político ha sustituido al Dios de Israel por el Estado de Israel. Su comportamiento en el Líbano y en Palestina, al crear odiosas amalgamas, deshonra al judaísmo ante el mundo. Nuestra lucha contra el sionismo es, pues, inseparable de nuestra lucha contra el antisemitismo.
Por mi parte, retomé ante el tribunal los análisis de mi estudio "Palestine, terre des messages divins": el sionismo político, fundado por Theodor Herzl - y condenado entonces por todos los rabinos del mundo como traición a la fe judía - no proviene de dicha fe, sino del colonialismo y el nacionalismo europeos del siglo XIX. Los últimos vestigios de colonialismo de poblamiento, tanto en Palestina como en Sudáfrica, se enfrentan por su racismo - oficialmente denunciado por la ONU - a la resistencia de la población autóctona al ocupante colonial.
Como en todo colonialismo y todo régimen de ocupación, la represión se llama mantenimiento del orden, y la resistencia terrorismo. Escuchando al abogado de la LICRA que trataba de hacer un boceto de mi persona como el correspondiente a un antisemita, me veía a mí mismo en Jerusalén, acompañado, en el Muro de las Lamentaciones por el ministro israelí Barzilai en 1967, y, después, en casa de Nahum Goldmann, entonces presidente del Congreso Mundial Judío. Me veía en el campo de concentración con mi amigo Bernard Lecache, fundador de la LICA - que más tarde sería la LICRA - ayudándome a preparar mis cursos para nuestros camaradas, deportados como nosotros, sobre Los Profetas de Israel. Veía a aquel anciano militante comunista y ateo de Tarn diciéndonos tras una lectura de Amós por parte de Bernard y mía: "¡cómo refuerza el ánimo!".

Medios de comunicación

La dominación casi total de los medios de comunicación de América y Francia por parte del sionismo israelí impuso al mundo esta subversión de términos: un diplomático israelí es agredido en Londres (la propia Margaret Thatcher probó ante el parlamento que el autor del atentado no era de la OLP), es terrorismo. El ejército israelí invade el Líbano y provoca miles de muertos, la operación se llama Paz en Galilea.
El 1 de enero de 1989, escucho en la televisión el resultado de la revuelta de las piedras: 327 muertos entre los palestinos - la mayoría niños que arrojaban piedras - y 8 entre los israelíes - la mayoría soldados que disparaban con fuego real -. El mismo día un ministro israelí declara: "la negociación no será posible mientras los palestinos no renuncien a la violencia". ¿Acaso estoy soñando o esta anestesia del espíritu crítico es una pesadilla colectiva? ¡Es el triunfo del sinsentido!
Ya en 1969 el General de Gaulle denunciaba "la excesiva influencia" del lobby sionista en todos los medios: la prensa, la televisión, el cine y la edición. Hoy en día, esta "excesiva influencia" ha logrado operar una inversión total de la realidad, llamando terrorismo a la resistencia artesanal de los débiles y lucha contra el terrorismo a la violencia infinitamente más asesina de los fuertes.

Proceso

El Padre Lelong, el Pastor Matthiot y yo éramos culpables de denunciar la farsa de esta subversión de los términos. El alto tribunal de París, en resolución del 24 de marzo de 1983 "considerando que se trata de la crítica lícita de la política de un Estado y la ideología que lo inspira, y no de provocación racial... desestima todas las demandas de la LICRA y le condena a pagar las costas".
La LICRA se muestra contumaz y apela. El 11 de enero de 1984, la Cámara Alta de la Corte de París pronuncia se veredicto. Cita un pasaje de nuestro artículo en el que acusábamos al Estado de Israel de racismo. La Corte "considerando que la opinión emitida por los firmantes no concierne más que a la definición restrictiva de la judaicidad contemplada por la legislación israelí... confirma la sentencia anterior en lo tocante a la desestimación de las demandas de la LICRA y condena a ésta a pagar las costas".
La LICRA interpone un recurso. La sentencia de la Corte de casación del 4 de noviembre de 1987 priva a los sionistas de toda esperanza e deshonrarnos legalmente. La Corte "desestima el recurso y condena al pago de las costa al demandante".
Pero la operación de hostigamiento continúa más allá de lo jurídico. El lobby sionista tiene los medios para ello. Si hubiéramos sido condenados, la noticia hubiera aparecido en toda la prensa que nos hubiera puesto en la picota como antisemitas. Por el contrario, la condena de la LICRA por los tribunales fue silenciada sistemáticamente; incluso Le Monde, cuyo antiguo director, Fauvet, estaba implicado con nosotros en este combate, se contentó con un insípido articulito.
Pero el bloqueo a mi esperanza ya estaba en marcha y fue magistralmente llevado a cabo. Tras la aparición de la página de Le Monde sobre la lógica del colonialismo sionista, añadí dos líneas llamando a los lectores a suscribirse para pagar los gastos de inserción. El montante era de cinco millones de céntimos. Recibí siete en decenas de pequeños cheques. Entre los donantes, cerca de un tercio de ellos eran judíos, dos de ellos rabinos.
Pero, a partir de ahí, comenzó la asfixia mediática. Ya no tuve acceso a la televisión y mis artículos fueron rechazados. Había publicado hasta entonces cuarenta libros en todas las grandes editoriales, desde Gallimard a Seuil, desde Plon a Grasset y a Laffont. Habían sido traducidos en veintisiete idiomas. Pero ahora todas las puertas estaban cerradas para mi. Uno de mi más importantes editores hubo de oír de boca de su consejo de administración: "Si publica usted un libro de Garaudy, no volverá a tener los derechos de traducción de las obras americanas". Aceptarme hubiese supuesto poner en peligro su empresa. Otro grande, respecto a otra obra mía, dijo a su directora literaria que, apasionada por el libro, me había ayudado durante tres meses a ponerlo a punto para su publicación: "No quiero a Garaudy en la casa".
Así es la historia del emparedamiento de un hombre.

Sistema represivo

Nuestros recursos de resistencia contra el sinsentido están condenados a la clandestinidad. Y yo mismo a la muerte literaria. Por un delito de esperanza. No he expuesto más que un ejemplo en el que personalmente puedo testimoniar acerca de la subversión de la realidad por parte del sionismo. Podríamos multiplicar los ejemplos pero todos somos testigos de ellos cada día.
Un paso más fue dado cuando estos edictos propios de los del Zar ruso fueron impuestos por ley, convirtiendo a los magistrados en jueces de la verdad histórica en perjuicio de las anteriores leyes sobre la libertad de prensa. El delito de opinión está legalizado hoy en día por la ley Fabius (apartado 43) llamada ley Gayssot, por el nombre del diputado comunista que aceptó la paternidad de esta perversa ley en mayo de 1990. Consiste, ni más ni menos, en insertar en la ley de libertad de prensa de 1881 un artículo, el 24 bis, que dice: "Serán castigados con las penas previstas por el apartado sexto del artículo 24 aquellos que hayan puesto en duda... la existencia de uno o de varios crímenes contra la humanidad tal y como han sido definidos por el artículo 6 del Estatuto del Tribunal Militar Internacional anejo al acuerdo de Londres del 8 de agosto de 1945"[3]. El informe del diputado M. Asensi precisaba (pág. 21): "se les pide la creación de una nueva incriminación concerniente al revisionismo". Dicho de otra manera, preconizaba "aumentar las posibilidades de las asociaciones de presentarse como acusación particular en caso de infracción" (artículo 7).
Desde su introducción, el autor del informe definía el objetivo perseguido: "completar el arsenal represivo existente en aras a que la ley penal... desarrolle plenamente su función intimidatoria y represiva" (pág. 5)[4].
El Tribunal de Núremberg, está menos capacitado que cualquier otro, ya lo hemos demostrado, para hacer jurisprudencia.
Un año más tarde, una enmienda a la ley fue propuesta por M. Toubon: "El artículo 24 bis de la ley del 29 de julio de 1881 sobre la libertad de prensa es abrogado". Esto anulaba la represión propuesta por Gayssot contra los historiadores revisionistas y rechazaba poner la crítica histórica en el mismo plano que el racismo o la apología de Hitler. Esta era su argumentación: "Cuando discutimos en 1990, en base a una proposición de ley del grupo comunista, cuyo primer firmante era M. Gayssot, objeté - y no era el único - al principio de este texto, que consistía en fijar la verdad histórica por ley en lugar de dejar hacerlo a la historia. Algunos opusieron que es la historia la que fija la verdad y no le corresponde a la ley fijarla. Algunas opiniones van demasiado lejos y no hay que permitir su expresión. Pero es un camino que lleva hacia el delito político y hacia el delito de opinión".
"El artículo 24 bis representa, en mi opinión, un error político y jurídico muy grave. En realidad constituye una ley de circunstancias y lo lamento mucho. Ha pasado ya un año. Ya no estamos a un mes de los sucesos de Carpentras. No estamos obligados a examinar un texto que la conferencia de presidentes había inscrito, se lo recuerdo, en el orden del día a toda prisa, cuarenta y ocho horas después de su deposición y que había sido discutida inmediatamente porque el Presidente de la Asamblea, Sr. Fabius, había decidido personalmente su inscripción. Un año después, en frío, podemos, tal y como yo acabo de hacer, examinar la validez de esta ley, la vigencia de este delito de revisionismo previsto por el artículo 24 his y concluir, con Simone Veil, que este delito es inoportuno"[5].
En efecto, a partir de ese momento le estaba prohibido a todo historiador poner en duda las conclusiones del Tribunal de Núremberg sobre el cual el propio Presidente americano del mismo había llegado a la sincera conclusión de que se trataba "del último acto de guerra" y que "por lo tanto no se había atenido a las normas jurídicas de los tribunales ordinarios en materia de pruebas ni de condenas".

Régimen de Vichy

En el contexto de esta infame ley la declaración de Jacques Chirac del domingo 16 de julio de 1995 marca un hito importante en la historia de Francia: el de la ruptura con la unidad de la nación en beneficio de la colusión de renuncias. Cuando el Presidente de la República proclama que "la locura criminal del ocupante fue secundada por los franceses y por el Estado francés" comete un doble crimen contra Francia, en primer lugar hablando de Vichy como de un Estado francés, dándole así legitimidad; en segundo lugar envileciendo al pueblo francés confundiéndolo con los adocenados dirigentes que servían al ocupante. Con esta declaración se oficializó la concepción sionista defendida por Bernard-Henri Levy en su libro L'idéologie française en el que escribe: "es toda la cultura francesa... son nuestras más queridas tradiciones francesas las que una a una, evidencian nuestra antigüedad en la abyección". Llama a destruir este "viejo fondo de purulencia" disimulado "en el corazón del pensamiento francés" y que hace de Francia "la patria del nacionalsocialismo en general"[6].
El no va más del asunto es que la ceremonia estaba presidida por el Gran Rabino de Francia Sitruk, el cual, el 8 de julio de 1990, declaraba a Itzak Shamir - el mismo que había ofrecido sus servicios a Hitler y cuya política, la del Estado que presidía, no ha cesado de violar le ley internacional y de no tener en cuenta las decisiones de la ONU: "Cada judío francés es un representante de Israel... Esté usted seguro de que cada judío de Francia es un defensor de lo que usted defiende", sin por ello negar a su regreso cualquier "doble lealtad"[7]. Por tales méritos logrados ante Shamir, que se había ofrecido como aliado a Hitler, deberían haberle asignado en justicia un puesto entre los penitentes y no entre los presidentes.
Por supuesto, este acoso y derribo al pueblo francés fue saludado con entusiasmo por los dirigentes del CRIF (Consejo representativo de las instituciones judías en Francia), que expresó "su intensa satisfacción por ver reconocida al fin, por parte de la más alta autoridad francesa, la continuidad del Estado francés entre 1940 y 1944". Lo más vergonzoso es que los dirigentes de todos los partidos franceses aprobaron en los órganos públicos, desde Le Figaro hasta L'Humanité, esta blasfemia de Chirac. Es una blasfemia contra toda la tradición de unidad francesa y de la resistencia de un pueblo. De Gaulle jamás consideró a Vichy como un Estado. "Hitler creó Vichi", decía[8] y hablaba de los "figurantes de Vichy"[9]. "Proclamé la ilegitimidad de un régimen que estuvo a discreción del enemigo"[10]. "No existe gobierno propiamente francés"[11].
Refiriéndose al acuerdo del 28 de marzo de 1940 con Inglaterra excluyendo toda suspensión separada de armas (I, 74), decía claramente. "el organismo sito en Vichy, y que pretende merecer ese nombre (Estado), es inconstitucional y está sometido al invasor... Dicho organismo no puede ser y, de hecho, no es más que un instrumento utilizado por los enemigos de Francia"[12].
De Gaulle mantuvo esta actitud durante toda la guerra. El 23 de septiembre de 1941, proclamaba en la ordenanza que creaba el Comité Nacional francés: "A la vista de nuestras ordenanzas del 27 de octubre y del 12 de noviembre de 1940 y el conjunto de nuestra declaración orgánica del 16 de noviembre de 1940; considerando que la situación resultante del estado de guerra continúa impidiendo toda reunión y toda expresión libre de la representación nacional; considerando que la Constitución y las leyes de la República Francesa han sido y son violadas en todo el territorio metropolitano y en el Imperio, tanto por la acción del enemigo como por la colaboración de las autoridades que colaboran con él; considerando que múltiples circunstancias prueban que la inmensa mayoría de la Nación Francesa, lejos de aceptar un régimen impuesto por la violencia y la traición, ve en la autoridad de la Francia Libre la expresión de sus deseos y sus voluntades..."[13].
Desligaba así al pueblo francés del servilismo de sus dirigentes. "La condena de Vichy en la persona de sus dirigentes, desligaba a Francia de una política que había sido de renuncia nacional"[14].
De todo esto renegó Chirac, con unas pocas palabras, para contentar al poder mediático de los dirigentes sionistas y, de paso, para rendir pleitesía a los Estados Unidos, proa del lobby sionista, que ya le obligó a abandonar su oposición a Mastricht, la ruina de Francia, y confirmar su sumisión a los dictados americanos del GATT (rebautizado como Acuerdos internacionales sobre el comercio) que destruyen las posibilidades de independencia y de renovación de Francia por medio del cambio radical de sus relaciones con el Tercer Mundo.

Antisemitismo

El sionismo también ha agitado siempre el espectro antisemita para hacer creer en una amenaza contra Israel y en la necesidad de acudir en su ayuda. No faltan provocaciones recientes destinadas a enmascarar las exacciones de Israel. El método es siempre el mismo. Cuando se produjo la masacre de Sabra y Chatila, el escritor Tahar Ben Jelloun escribió: "Hay coincidencias que, a fuerza de repetirse, acaban por convertirse en indicios mayores. Actualmente sabemos para qué sirve un atentado antisemita en Europa y a quién beneficia el crimen: sirve para encubrir una masacre deliberada de las poblaciones civiles palestinas y libanesas. Es constatable que estos atentados han precedido, seguido o coincidido con un baño de sangre en Beirut. Estas operaciones terroristas están organizadas de tal manera y ejecutadas con una perfección tal que han cumplido hasta ahora a la perfección el objetivo político que perseguían: desviar la atención cada vez que el problema palestino gana un poco más de comprensión, de simpatía. ¿No se trata acaso de invertir sistemáticamente la situación para hacer de las víctimas verdugos y terroristas? Convirtiendo a los palestinos en terroristas se les expulsa de la historia y, por lo tanto, del derecho. ¿No precedió acaso en unas pocas horas la matanza de la calle Rosiers, el 9 de agosto, a un diluvio de bombas de todo tipo sobre Beirut? ¿No fue seguido acaso el asesinato de Bechir Gemayel en dos escasas horas por la entrada del ejército israelí en Beirut Este (lo cual, de paso, eclipsó la visita histórica de Yasser Arafat al Papa)? ¿No coincidieron acaso la explosión de un coche bomba en la calle Cardinet y el ametrallamiento, al día siguiente, de la sinagoga de Bruselas con la masacre sin precedentes en los campos palestinos de Sabra y Shatila?"[15].
Hay precedentes históricos de los que deberíamos sacar algunas conclusiones: un esfuerzo sistemático por modelar la opinión pública saturándola de una información de inspiración etnocentrista, nutre el antisemitismo.
"En Berlín, el teatro, el periodismo, etc. eran un asunto judío. El Berliner Tageblatt era el periódico alemán más importante y, tras él, el Vosiche Zeitung. El primero pertenecía a Mossé, el segundo a Ulstein, ambos judíos. El director del Vorwätz, principal periódico socialdemócrata, era judío. Cuando los alemanes acusaban a la prensa de ser judía, Judenpresse, tenían toda la razón"[16].

Misteriosas profanaciones

El ejemplo más reciente de estas maniobras y de su explotación mediática es el Carpentras.
En mayo de 1990, en el cementerio judío de Carpentras, varias tumbas fueron profanadas. El cadáver de uno de los muertos fue empalado y transportado a otra tumba. El Ministro de Interior, Pierre Joxe, declaró inmediatamente: "No es necesario llevar a cabo una investigación para saber quiénes son los criminales responsables de esta abominación racista". Sin embargo, cinco años más tarde, a pesar del trabajo de decenas de investigadores, magistrado o policías, aún nadie ha podido aclarar hoy en día quiénes son los responsables de esta infamia.
Todo lo que se sabe es que hubo una profanación de un cementerio judío y que hubo un montaje, ya que el cadáver del Sr. Germon no había sido empalado, tal y como reconocieron los investigadores algunos días más tarde. ¿Cabe preguntarse, pues, quién fue el responsable de dicho montaje? ¿Por qué? ¿Quién tenía interés en ello para acrecentar el horror del acontecimiento y excitar el odio de la opinión pública?
Este método ya fue empleado en Timisoara donde se sacaron cadáveres del depósito para que las fotografías dieran la vuelta al mundo y desencadenaran la indignación y el odio contra las supuestas masacres colectivas.
Jean Marie Domenach, antiguo director de la revista Esprit, escribía en Le Monde del miércoles 31 de octubre de 1990 bajo el título Silencio sobre Carpentras: "Hace cerca de seis meses que tuvo lugar la profanación del cementerio judío de Carpentras... Seis meses más tarde no se sabe todavía quiénes son los criminales. Hay algo aún más inquietante: los medios de comunicación escritos y audiovisuales que habían hecho de este suceso abominable un escándalo que arrojó a las calles a centenares de millares de manifestantes y empañó en el extranjero la imagen de Francia no han tomado el relevo de la investigación y se callan. Ningún parlamentario, ninguna autoridad moral o intelectual se atreve a interrogar al gobierno. Carpentras parece haber entrado definitivamente en la leyenda negra de la nación sin que se conozcan lo culpables y sin que se sepa exactamente lo que pasó. Nadie puede todavía, o se atreve, a decir la verdad sobre Carpentras".
El extraño "silencio sobre Carpentras" denunciado por Jean Marie Domenach contrasta con el estrépito mediático de los primeros días.
En la manifestación organizada el 14 de mayo de 1990, ochenta mil personas según la policía, 200.000 según los organizadores, desfilaron por las calles de París. La campana mayor de Notre-Dame sonó en su honor. En realidad, nadie sabía quiénes habían sido los autores de la infamia de Carpentras, así que ¿contra quién se manifestaban? ¿Contra qué? Sólo la encuesta podría haberlo dicho y no lo había hecho. ¿A favor de quién? Esto era algo evidente: la bandera de Israel era ondeada en cabeza de la manifestación. Esta extraña Unión Nacional de esta manifestación en la que Georges Marchais estrechaba ostensiblemente la mano de François Léotard permitía lanzar un ataque global contra cualquiera que pusiera en duda los dogmas que colocaban a Israel más allá de toda ley internacional. El Gran Rabino Sitruk, que pronunció el discurso que cerró la manifestación, pudo gritar: "No permitamos decir cualquier cosa. Demos una lección a los profesores revisionistas, a los políticos irresponsables"[17].
La verdad sobre la profanación de Carpentras no ha podido ser establecida porque de todas las pistas sugeridas a los investigadores una sola ha sido excluida, es, sin embargo, la más plausible.
¿Por qué se ordenó callar a aquellos que hubieran podido aportar los testimonios clave?
"El vigilante de la sinagoga de Carpentras y portador de la llave del cementerio, Sr. Kouhana, que había sido uno de los primeros en descubrir el cuerpo de Félix Germon, se niega a hablar con nosotros: 'Incluso si fuesen de la Prefectura, he recibido la consigna de no decir nada'. El Presidente del Consistorio le ha prohibido hablar 'porque diría cualquier cosa en la tele', justifica el Dr. Freddy Haddad, él mismo muy reticente a la hora de evocar la profanación, al igual que el rabino Amar"[18].
"¿Por qué el rabino de Carpentras, al cuál le preguntamos si volvería a consagrar el lugar respondió: '¡Eso no es de mi incumbencia!', el Presidente del Consistorio: '¡eso no tiene razón de ser' y el alcalde: 'no me ha dicho nada'?".[19]
¿Por qué ningún periódico francés evocó el precedente - tremendamente parecido - de una profanación que se produjo en el cementerio israelí de Rishon Letzion, cerca de Tel-Aviv, en la noche del 2 de marzo de 1984? El cuerpo de una mujer había sido desenterrado y arrojado fuera del cementerio judío. "Acto bárbaro de antisemitismo" proclamaron inmediatamente las comunidades judías del mundo entero. Algunos días más tarde la policía israelí, tras una investigación, reveló la verdad acerca de esta abyección. El cadáver tan innoblemente tratado era el de Teresa Engelowicz, esposa de un judío, pero de origen cristiano. Los integristas judíos consideraban su presencia en el cementerio judío como una afrenta para la pureza de aquel lugar, y el Rabino de Rishon Letzion ya había reclamado su exhumación.
¿Por qué ningún periódico francés evocó el paralelismo? Félix Germon, cuyo cadáver había sido también exhumado en la noche y había sido objeto del siniestro montaje del empalamiento, era también culpable de haberse casado con una cristiana, y su cadáver fue transportado a una tumba vecina, la de Emma Ullma, culpable ella también de haber desposado a un católico.
(Extractado del libro "Los mitos fundacionales de la política israelí" de Roger Garaudy)

[NDLR: voir à la page "Biblio"du blogue pour les liens donnant accès au texte français des "Mythes"] 

Referencias

  1. Philippe Alexandre, El prejuicio proisraelí, Le Parisien Libéré del 29 de febrero de 1988.
  2. Ibidem.
  3. Proposición de ley adoptada por la Asamblea Nacional transmitida por el Presidente de la Asamblea Nacional al Presidente del Senado, ¶ 278, anexo al debate de la sesión del 3 de mayo de 1990.
  4. Informe 1296, anexo al proceso verbal de la sesión del 26 de abril de 1990.
  5. Boletín oficial del 22 de junio de 1991, p. 3571. Debates parlamentarios, segunda sesión del 22 de junio de 1991.
  6. Bernard-Henri Levy, L'idéologie française, Grasset, 1981, pp. 61, 92 y 125.
  7. Le Monde del 9 de julio de 1990.
  8. Memoires I, 389.
  9. Idem, p. 130.
  10. Idem, p. 107.
  11. I, p. 388, en Brazzaville.
  12. I, p. 342.
  13. Memoires, I., p. 394.
  14. III, p. 301.
  15. Le Monde del miércoles 22 de septiembre de 1982, p. 2.
  16. Y. Leibowitz, Israël et Judaïsme, Desclée de Brouwer, 1993, p. 113, capítulo sobre las fuentes del antisemitismo.
  17. Le Meridional del lunes 14 de mayo de 1990.
  18. Revista Var Matin del lunes 15 de abril de 1955, artículo de los reporteros Michel Letereux y Michel Brault.
  19. Ídem.


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